Traité d’Aix-la-Chapelle : qu’en pensent les médias allemands ? [revue de presse 22/01]

Emmanuel Macron et Angela Merkel à Compiègne en novembre 2018 © AFP

Le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel viennent de signer aujourd’hui à Aix-la-Chapelle un nouveau traité de coopération. L’occasion pour les médias germanophones d’interroger l’avenir du couple franco-allemand en Europe.

La cérémonie a eu lieu dans la fastueuse salle du couronnement de l’hôtel de ville, cinquante-six ans jour pour jour après le traité de l’Élysée ratifié par De Gaulle et Adenauer en 1963. Composé de sept chapitres et de 28 articles, le nouveau pacte bilatéral vise à « renforcer les liens déjà étroits entre l'Allemagne et la France. » Les pays voisins veulent développer une coopération accrue en matière de politique européenne et étrangère, de sécurité et de défense, mais aussi dans les domaines éducatif et culturel, de protection de l'environnement, ou encore dans la recherche et le numérique.

 Profusion de fake news

Des objectifs très éloignés de ceux prônés par les théories fumeuses qui ont circulé sur la Toile ces derniers jours.  Les rumeurs de partage du siège français à l'ONU ou de rétrocession de l’Alsace et de la Lorraine à l'Allemagne ont fait grand bruit. Jusqu’en Allemagne, où la Frankfurter Allgemeine Zeitung ironise en Une : « Qui l’eût cru... »

La presse locale frontalière réagit également (Saarbrücker Zeitung) avec humour : « Si M. le Président avait vraiment quelque chose à offrir, ce serait certainement la Côte d'Azur que nous prendrions… »

Conjoncture internationale tumultueuse

S’ils saluent la valeur symbolique de ce traité, les médias ce matin ne cachent pas leurs inquiétudes. « Paris et Berlin montrent la marche à suivre [en Europe]. Mais sont-ils capables de l’imposer ? » interroge la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Qualifiées de « forces motrices de l’Europe » par ce même journal, la France et l’Allemagne sont confrontées à une conjoncture internationale tumultueuse. Début de la troisième année de mandat de Trump, puissance commerciale de la Chine, montée du populisme en Europe, Brexit

« Suite au retrait de la Grande-Bretagne, le duo [franco-allemand] est amené à gagner en puissance, et on peut s’attendre à ce que les autres membres de l’UE ne se laissent pas faire » analyse le Tagesspiegel. Selon Die Welt, l’étroite coopération entre les deux nations n’est pas sans dissensions. En témoigne la réaction d’Emmanuel Macron à la crise des gilets jaunes : « c’est tout ce que Berlin craignait, il distribue de l’argent qu’il n’a pas et compromet ses chances d’atteindre les 3% de déficit. » La Süddeutsche Zeitung affirme en contrepoint que ce traité constitue une « incitation pour les autres pays de l’UE à préférer les compromis aux divergences. »

Par Chloé Cosson 

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