Grèce : fin du monde ou nouvel espoir ?

Alexis Tsipras, leader de Syriza, le 20 janvier 2015, lors d'un meeting à Thessalonique (Grèce). (GIANNIS PAPANIKOS / AP / SIPA)

Comme prévu, Syriza est arrivé en tête aux élections législatives grecques: Alexis Tsipras est le nouvel homme fort de la Grèce en faisant de son parti de la gauche radicale la première force politique de son pays.

La dernière fois que le monde entier avait les yeux rivés vers la Grèce, c'était en 2004 pour les Jeux Olympiques à Athènes. Evénement planétaire à 9 milliards d'euros. Les plus pessimistes (ou lucides) diront que ce coût exorbitant a fini de plonger dans l'abîme une économie déjà structurellement fragile.

Un peu plus de dix ans, la seule évocation de la Grèce sert de repoussoir dans tous les pays européens dès qu'il s'agit d'évoquer les politiques budgétaires. Avec cette phrase favorite du café du commerce :"si ça continue, on va finir comme la Grèce." Triste réalité pour la mère de la démocratie et pour le berceau de la culture européenne. C'est vrai que les Grecs n'ont pas été épargnés, doublement floués par le jeu pervers de Goldman Sachs et victimes d'une rigueur sans précédent décidée par Bruxelles dont on ne sait pas si elle est pensée pour sortir le pays de la crise ou pour pousser au suicide la majorité de la population.

Avec le victoire de Syriza, une majorité de Français est inquiète. Voire pire. Pour un peu, on parlerait même de séisme en Europe, d'un rebond fatal de la crise. Autant dire de la fin du monde ou presque. Et pour se préparer à cette éventualité, on peut se replonger dans End of The World, tube des Aphrodite's Child, le groupe grec le plus célèbre de l'univers avec Vangelis et Demis Roussos qui, dès 1968, invitait les couples à danser, une dernière fois, joue contre joue en attendant la fin du Monde. L'occasion de découvrir pour certains, un Demis Roussos jeune et mince (si, si) au physique pas si éloigné de Tsipras, les cheveux longs en plus.

En France, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, équivalents chez nous de Tsipras, ronronnent de plaisir, rêvant d'une montée en puissance similaire en France et d'un effet domino sur toute l'Europe. Pour eux, la lecture de la victoire de Tsipras sera totalement différente et sera vue comme un espoir énorme contre la fatalité de l'austérité. De quoi voir Alexis Tsipras avec les yeux de chimène. Avec dans les oreilles les accents séducteurs de Forever and Ever d'un Demis Roussos ayant gagné en poids et en pilosité (mais c'est une autre histoire). "Tu es mon rêve devenu réalité, ma consolation (...), je te suivrai éternellement..." dit le texte et il pourrait être chanté d'une voix de velours par Jean-Luc Mélenchon, flottant sur un nuage.

Alors, quelle bande-son pour la Grèce ? Sans doute entre les deux. Et la mort de Demis Roussos, la veille de l'élection, n'est peut-être pas le meilleur des présages.

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