L’information de service public. Réalité ? Attentes ? Défi ?

Avant l’émission nous avons soumis le thème à notre réseau de 200 « Guetteurs » téléspectateurs, avec lesquels nous avons des liens réguliers. Voici quelques extraits de leur verbatim :

« Oui pour moi l’information de service public DOIT exister. C’est une priorité absolue surtout quand on entend ce qui se passe dans d’autres chaînes : groupe Canal + en particulier... »

« Pour moi il n’y a pas d'information de service public, dans la mesure où l'information est neutre. Chacun d'entre nous n'attend plus "la grand messe" du 20H pour s'informer. La radio, internet, les réseaux sociaux, la presse, les chaines info etc... font que nous sommes déjà informés avant 20H ! A mon avis, le journal télévisé devrait beaucoup plus expliquer, démontrer avec des spécialistes sur le plateau. Laissons les chaines commerciales faire du "sensationnel" avec souvent pas grand chose ! Je rencontre par exemple des personnes qui ne comprennent pas pourquoi nous vivons une vague de migration en ce moment. Les journaux s’arrêtent toujours aux images des migrants qui arrivent, leur détresse etc... mais pourquoi ? comment ? C'est beaucoup plus rare… J'attends du journal TV le traitement plus complet de l'information. Pas de sensationnel pour faire de l'audience ! Des explications, grâce aussi à l'apport de spécialistes. » CB

« La marque du service public : c'est peut-être de prendre le temps. Prendre le temps d'expliquer des sujets complexes...; prendre le temps d'analyser sans chercher à faire de l'audimat; prendre le temps de ne pas réagir à l'événement mais de le suivre, de le critiquer et de le mettre en perspective. C'est aussi prendre le temps d'écouter des grands reporters qui sont sur le terrain depuis longtemps et qui font preuve d'un professionnalisme à toute épreuve » C.C

« L'information est disponible en temps réel pour tous ceux qui veulent la connaître : un bémol elle est brute ... et pas recoupée, vérifiée. Autre inconvénient trop d'info tue l'info.
Le JT de 20h n'est plus, pour beaucoup de monde, le moment où l'on reçoit l'information.
Grand consommateur de réseaux sociaux je m'éloigne de la TV pour l'info. J’attends du service public plus de recul, d'analyse ». P. R

« J'attends finalement des journaux télévisés de France Télévisions une information plus objective et indépendante avec des reportages longs et précis. Je suis particulièrement attachée aux enquêtes approfondies diffusées dans le JT et à la diffusion de reportages sur des sujets qui différent vraiment de ceux qu'on peut entendre à longueur de journée sur les chaînes d'infos ou sur les chaînes privées. Je pense que le JT doit pour être attractif réellement se démarquer du simple catalogue des 4-5 infos importantes de la journée, que l'on retrouvent en un clic sur internet, et qui pour la plupart sont connues avant 13h ou 20h pour proposer des reportages d'investigations, des débats » C.L

« Je suis très attachée au service public, car ce sont les seules chaînes où l'on retrouve de la diversité, et de la qualité dans les programmes proposés. Je regarde aussi les chaînes d'infos en continu. Mais elles se ressemblent toutes. Je consulte également des sites d'infos sur Internet. Néanmoins j'apprécie le contenu exhaustif des infos journalières données sur les chaînes publiques...Je salue le travail des envoyés spéciaux, toujours au centre des conflits, et également toutes les enquêtes d’investigation, très bien documentées, et très bien menées. » LS

"Je dirais que je suis particulièrement attaché au service public. Je suis d'ailleurs un fidèle téléspectateur du JT de 20H sur France 2. A l'inverse de l'offre télévisée privée, le service public se doit d'être garant d'une information de qualité, qui soit objective et loin des logiques partisanes. Il doit à mon sens représenter un repère fiable pour informer les citoyens que nous sommes sur le monde qui nous entoure.
Oui, le service public a donc une spécificité dans la mesure où il se doit d'être au service de l'information des citoyens et non au service de la rentabilité et de l'audience.
La démocratie ne peut fonctionner qu'avec une population informée sur le monde dans lequel elle vit et capable de raisonner de manière indépendante sur les problèmes qui l'entoure. On peut donc dire que d'une certaine manière, le service public est un des garants de la démocratie en France.
Enfin, pour ma part, en tant qu'étudiant en sciences politiques, j'essaye de multiplier les sources d'informations à la fois françaises et étrangères. J'ai peu de temps pour regarder la télévision et je m'informe donc plutôt à l'aide des applications Smartphone telle que celle du journal "Le Monde", qui je peux importer partout. » S.S

«Je trouve que le traitement de l'information sur les réfugiés était déjà présent dans les journaux télévisés, mais ne donnait pas à voir suffisamment l'ampleur du phénomène et les enjeux à l'échelle européenne. Cela n'a vraiment débuté qu'après la triste photo de l'enfant échoué gisant noyé sur une plage, comme si la prise de conscience de l'ampleur n'avait eu lieu qu'à ce moment là. » S.B

« Je n’ai pas l’impression d’une « vraie spécificité » de l’information de service public. L’information de service public doit être totalement repensée.
Les nouveaux modes d’approche de l’information ont affaibli l’importance d’un journal télévisé. On ne regarde plus seulement le JT de 20h par exemple. Il n’est qu’un support consulté éventuellement avec d’autres supports. Un jour il faudra repenser le journal télévisé et sa place à 20h. Les médias n’arrivent plus à évoluer dans la manière de traiter l’information et de la faire vivre réellement » L.C.

« Je pense qu’il existe une information de service public. Elle est plus encadrée au niveau déontologique que celle distillée par les chaînes privées. Elle a une mission éducative aussi. Le respect d’une certaine déontologie peut s’inscrire également dans l’évolution des médias à travers un mouvement plus général de participation collaborative. Je n’abuse guère des chaînes commerciales d’info en continu. Le mode de fonctionnement occasionne souvent des dérives quant à la vérification de l’information. C’est dû, peut-être, à la rapidité de la transmission. Je me défie aussi de l’emballement médiatique et du manque de recul. Je ne suis pas toujours satisfaite des journaux télévisés. Il faudrait repenser beaucoup de choses. Le JT se doit d’informer le plus objectivement possible. S’efforcer de ne pas de ne pas tomber dans le suivisme, le voyeurisme » E LB.

« L’info de service public est fondamentale car elle doit être indépendante et solidement construite. Pour ma part, elle est l'information qui mène à l'éducation et à une meilleure compréhension du monde qui nous entoure afin de s'y insérer le moins mal possible.
Recevoir une information est une chose, la traiter, voir l'apprécier, la comprendre, la critiquer en étant en mesure de la resituer dans son contexte en est une autre. L'information est, bien sur, l'instantanéité, mais c'est également le recul, le décryptage, la mémorisation... et cela prend du temps ! L’information en continu est appréciable pour « se tenir au courant ». Mais il y a la seconde phase qui est celle de la compréhension, de la mise en situation, de la comparaison avec les informations antérieurement reçues et de la critique ».

« J’en attends un suivi et une mise en perspective des informations les plus importantes. Le JT doit être une fenêtre sur le monde. L'image du petit garçon sur la plage m'a profondément choquée, vraiment traumatisée... Mais elle m'a valu un électrochoc qui m'a amenée à traiter plus en profondeur ce drame humain » F.

« L'information de service public existe. Elle est objective et indépendante des partis politiques ou des lobbys des groupes industriels. C'est une information sans influence, et donc d'autant plus vraie pour le spectateur/l'auditeur.
Par exemple, le magazine Cash investigation illustre bien selon moi le service public d'information : des journalistes qui analysent les faits, sont de vrais reporters, cherchent à comprendre et à faire connaitre la vérité au spectateur.
Hormis Internet pour des recherches sur des faits d'actualité, les nouveaux modes d'information n'ont pas changé mon rapport à l'information et aux journaux télévisés (à part peut-être la souplesse de pouvoir revoir un reportage en replay ou envoyer le lien par mail à des contacts si besoin). Je ne commente pas l'actualité sur les réseaux sociaux. Même si je sais que cela se fait beaucoup, je n'en vois pas l'utilité.
Je consulte de temps en temps FrancetvInfo, faute de temps je me limite le plus souvent à l'actualité nationale/internationale plutôt que régionale).
Mes attentes : des informations locales, nationales et internationales, pas axées sur les faits divers. Des experts qui apportent leurs éclairages (tout en étant compréhensibles par le plus grand nombre). L'enjeu est à mon avis de mettre des images sur les faits d'actualité, mais aussi de permettre de mieux les comprendre. Car une liste d'événements bruts peut se trouver sur n'importe quel site internet ou chaine d'information en continu. Mais la plus value réside dans l'analyse et le regard portés sur les faits »

« Il va de soi que la consommation « d’information » est en pleine évolution. Moi-même, malgré mon âge avancé, je consulte ma tablette, mon portable toute la journée, et je suis bien content d’avoir de l’info toute chaude. J’apprécie d’ailleurs, dans cette perspective le site Francetv info. Pour autant, le journal télévisé reste un point d’ancrage fondamental, un « carrefour » indispensable. À part çà, j’adore l’information du service public ! Je serais tenté de proposer quelques mots-repères : être PRESENT, ATTENTIF, OUVERT, NEUTRE et ne pas omettre le CÔTE EDUCATIF. Tout un programme !.» JMM

« Le reportage du 11 septembre 2015 sur la consul honoraire en Turquie est l’exemple que je veux mettre en avant prouvant que le journal du service public peut présenter des vrais reportages, fondés sur des vraies enquêtes, et faisant vraiment avancer les choses.
Cet exemple me réconcilie avec le journal télévisé. J’avoue que je préfère l’information oui l’information du service public existe si vous continuez à valoriser le reportage-enquête qui reflète un contact avec la vraie vie, ce reflet vous n’arriverez pas à l’avoir par la simple présence d’experts sur votre plateau. Vous avez tout à gagner à privilégier le terrain, y compris au local, via France 3 » G.L.

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