Christine Boutin et la honte à géométrie variable.

Notre Christine Boutin nationale n'a pas signé la tribune anti-harcèlement sexuel paraphée par 17 anciennes ministres et publiée dans le JDD du 15 mai. D'ailleurs celle qui twitte plus vite que son ombre n'a pas tardé à le faire savoir

 

En même temps, c'est sûr que demander à Christine Boutin de se prononcer sur le sexisme, c'est un peu comme demander à Lance Armstrong de se prononcer sur le dopage.  Pour rappel, juste quelques lignes de ce petit bonheur de lecture, publié chez un éditeur véreux (Les insolences de Christine Boutin, Jacques-Marie Laffont éditeur)

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Hé, les geignardes, vous entendez ce que vous dit votre soeur, la dame Boutin ?  Quand un homme écrit : "Je suis dans un train et j'aimerais te sodomiser en cuissardes", et que cet homme n'est pas celui avec lequel vous partagez une sexualité amoureuse et complice mais seulement un collègue de boulot - (au passage j'ai toujours pas compris qui porterait les cuissardes dans l'histoire, le Denis Baupin ou Elen Debost, la destinataire du SMS, la suite étant à peine un peu plus éclairante si l'on considère que la cuissarde est la pompe fétiche de la femme dominatrice "J'adore les situations de domination, tu dois être une dominatrice formidable") -  c'est qu'il rend hommage à votre FE-MI-NI-TE.

Pareil pour "J'ai envie de voir ton cul" : c'est  un COMPLIMENT comme on complimenterait une femme sur sa toilette ou sur ses chaussures. "J'adore ta robe", "J'adore tes pompes", "J'adore ton cul", c'est quoi la différence ?

Bon sang de bonsoir un homme est un homme, une femme est une femme et DSK un libertin, combien de fois il va falloir que dame Boutin vous le rappelle ! Ces pauvres hommes que l'on bâillonne, à force on risque d'en faire des gonzesses, des pleurnicheuses, des geignardes. Déjà que...

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Assez ri pour aujourd'hui Christine. Juste un truc, à toi, la présidente d'honneur du parti dit "chrétien-démocrate"  :

Garde ta honte, garde ta honte pour ce qui en vaut la peine, ce qui vaut que l'on ait de la peine.

Garde ta honte pour dénoncer haut et fort cette église qui, arc-boutée sur ses dogmes, ensouchée dans ses certitudes, fabrique des pédo-criminels.

Garde ta honte pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui humilient, insultent, violentent d'autres hommes et d'autres femmes en raison de leur orientation sexuelle.

Tu sais, la honte, chez les pédés, chez les gouines, chez les bi-e-s, chez les trans, chez les intersexes, on sait ce que c'est. Le rapport annuel sur l'homophobie 2016 en est plein de ces histoires qui nous collent ou nous ont collé la honte, des histoires de famille, de boulot, de santé, des histoires politiques aussi. Des histoires faites par des gens qui, parfois même avec les meilleurs intentions du monde, se moquent, nous diminuent, nous humilient.  Combien de vies homo ou trans ont été nourries par ce sentiment permanent et dévorant de honte qui accompagne la révélation de son identité, la tentative d'acceptation de soi et l'impression d'appartenir à une classe "d'individus pas comme les autres", ce qu'une partie de la société nous fait comprendre au quotidien ? On pourrait en parler pendant des heures, nous dont les amours sont une "abomination". Tiens maintenant ça me revient. Dans le rapport que j'évoquais ci-dessus, je crois bien bien avoir lu ton nom. Si, si. A la page 79. Je t'assure. J'AI LU TON NOM. J'ai lu ton nom dans un rapport qui dénonce l'homophobie, fille de la haine et du sexisme. Christine, dis-moi, t'as pas un peu honte ?