Carlos et Chirac ne se rencontreront pas à la cour d'assises spéciales de Paris.

Depuis que Jacques Chirac a quitté les plus hautes fonctions de l'Etat, son nom est régulièrement cité dans les couloirs du palais de justice de Paris. D'abord eu égard à son statut de prévenu dans un dossier sur lequel trois juges actuellement délibèrent. Ensuite le sachant libéré de son immunité présidentielle, certains juges ou certaines parties à un procès veulent le voir comparaître comme témoin. Ce fût le cas dans le dossier Clearstream, durant les audiences de l'affaire Clearstream, lors de l'instruction "Karachi".

Dernière demande: elle émane du terroriste Carlos.

Le nom de l'ancien Chef de l'Etat est apparu dans le dossier concernant l'attentat perpétré le 29 mars 1982 contre le train "Capitole" reliant Paris à Toulouse. Une bombe placée dans une valise avait provoqué la mort de 5 voyageurs et en  avait blessé 28 autres. Cet acte n'a jamais été revendiqué. Mais une hypothèse avait été émise que cet attentat pouvait viser Jacques Chirac qui empruntait fréquemment ce train. L'enquête l'avait écarté sous prétexte que l'élu de Crorrèze n'avait pas pris de réservation. Lors d'une intervention télévisée du 14 juillet 2001, celui qui était alors locataire de l'Elysée avait renforcé cette piste en déclarant: "J'ai moi-même était l'objet d'un attentat dans le Capitole que je n'ai pas pris à la dernière minute, je ne me souviens plus pourquoi".

Dix ans plus tard, les souvenirs de l'ancien président de la République sont devenus plus problématiques encore. "lointains et incertains" écrit-il dans une lettre adressée au président de la cour d'assises spéciales.

M° Isabelle Coutant-Peyre, l'un des avocats de Ilich Ramirez Sanchez, a proposé que la cour se rende au domicile de J Chirac pour l'entendre. Pas sûr que la mémoire de l'ancien président soit alors plus fiable. Pas sûr non plus que l'audition d'une personne éventuellement visée apporte plus que les confidences de celui qui est accusé des faits.

Si Carlos reconnait sa participation à la prise d'otages des ministres de l'OPEP à Vienne en décembre 1975, au détournement d'un avion d'Air France à Entebbe en juin 1976, il a toujours refusé jusqu'à présent d'admettre une quelconque implication dans les 4 attentats qui lui sont actuellement reprochés.

Lors de l'audience d'hier, il a énergiquement répondu au président des assises, Olivier Leurent qui rappelait que Carlos avait revendiqué les actions évoquées ci dessus. "Revendiquer, je n'aime pas ce mot là. Cela fait ridicule. Dire "je revendique" ce n'est pas moi. Il y a beaucoup de revendications fantaisistes. Les gens sérieux ne font pas comme ça...."

Se disant totalement étranger à l'objet de ce procès, Carlos reste dans le registre qu'il affectionne: la provocation et l'arrogance. "Je n'ai pas de regrets personnels parce que je ne suis pas fautif. Ce sont des victimes collatérales".

On l'a compris, pas question pour le révolutionnaire de profession" de revendiquer.

Publié par Dominique Verdeilhan / Catégories : Ma chronique

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