Michel Mercier se veut à l'écoute

 
C’est fou comme une passation de pouvoirs fait oublier les tiraillements qui ont existé pendant de nombreux mois. Pendant la cérémonie qui s’est déroulée ce midi Michèle Alliot-Marie n’a pas été avare de « Jean-Marie » pour saluer le travail en commun qu’ils ont accompli pendant 17 mois.
 
Ce n’est un secret pour personne que les rapports étaient tendus entre Michèle Alliot-Marie et Jean-Marie Bockel. La première ne voyait pas l’utilité du second à ses cotés. Ce dernier n’a jamais su qu’elle était son champ d’application à la Chancellerie. Il voulait s’occuper des prisons. La garde des Sceaux ne lui a pas laissé cette part du gâteau. Lors d’un récent déjeuner en tête à tête, il nous confiait qu’il ne souhaitait pas continuer dans ces conditions. L’ancien maire de Mulhouse espérait pourtant faire partie du nouveau gouvernement, peut être à un autre poste. François Fillon l’a appelé dimanche en fin d’après midi pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. Il reste une question. Que va devenir le rapport sur la prévention de la délinquance que l’ancien secrétaire d’Etat a remis il y a 15 jours au Chef de l’Etat ?
 
Les deux ex locataires de la place Vendôme ont quitté le ministère sous les applaudissements des membres de leur cabinet. MAM part au Quai d’Orsay avec plusieurs de ses collaborateurs. Ses attachés de presse et son porte parole, Guillaume Didier. Huit membres de l’entourage de M. Bockel sont à recaser. A commencer par son directeur de cabinet.
 
En arrivant à la Chancellerie, Mme Alliot-Marie avait une légère connaissance des dossiers qui l’attendait du fait de son passage au ministère de l’Intérieur. C’est plus difficile pour Michel Mercier qui vient du ministère de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire. Lors de la prise de parole ce midi, il le reconnait. « J’arrive ici avec humilité. Je connais très peu les questions de droit ». Avant de lui laisser les clés, MAM lui a fait la liste de tous les dossiers et chantiers en souffrance.
 
Michel Mercier a d’ores et déjà compris que les magistrats étaient échaudés par ses prédécesseurs. Alors, il leur tend la main. « J’attends de tous les magistrats une aide forte. Je serais à leur écoute. Ma porte sera toujours ouverte mais j’assumerais mes responsabilités ».
 
Michel Mercier est le troisième ministre de la justice en trois ans. Avant de marquer de son empreinte son passage à la Chancellerie, il doit d’abord finir ce que ses prédécesseurs n’ont pas pu achever.
Publié par Dominique Verdeilhan / Catégories : Ma chronique

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