Djihadistes européens en Syrie : un fléau

De plus en plus d’Européens rejoignent la Syrie. En grande partie des jeunes, ils se retrouvent enrôlés dans des milices islamistes hostiles au régime de Bachar el-Assad. Ils viennent pour la plupart de Grande-Bretagne, de France, des Balkans et de Belgique. Mais que font nos voisins européens pour combattre ce fléau ?

La France et la Grande-Bretagne sont les deux pays qui fournissent le plus de combattants djihadistes. Paradoxalement, ils ne sont pas les plus avancés en matière de lutte contre ce phénomène.

La Belgique est également terre de recrutement pour les djihadistes. Malgré une population nettement inférieure à l’Allemagne ou à la France, les Belges seraient environ 300 à être partis combattre en Syrie. A l’origine de ce flux permanent, il y a vraisemblablement le groupuscule Sharia4Belgium, qui recrute auprès des jeunes Belges musulmans.

 Nombre de djihadistes européens en Syrie

Europe

+- 1700

France

+ de 400

Royaume-Uni

+ de 350

Belgique

300

Allemagne

240

Pays-Bas

150

Avant le départ – L’objectif principal des pays européens est de traiter le problème par la prévention et d’éviter à tout prix que les jeunes se radicalisent. Tous les spécialistes le disent : une fois le jeune radicalisé, il est déjà trop tard. C’est pour cette raison qu’en Allemagne, un centre d’appel SOS salafisme a été créé. Son but vise à cerner le plus tôt possible les dérives fanatiques de certains jeunes en sollicitant, dans leur entourage, les proches qui constatent un comportement inhabituel.

Gérer le retour - Mais c’est aussi le retour des djihadistes partis combattre en Syrie qui provoque les plus grandes peurs dans les pays européens. Ces jeunes sont formés au maniement des armes et d’explosifs. Ils peuvent donc constituer un danger potentiel pour la sécurité du pays.

Au Royaume-Uni, le gouvernement s’inquiète des séjours en Syrie de ses ressortissants et compte mettre tout en œuvre pour y mettre fin. Theresa May, la ministre de l'intérieur, a donc adopté une stratégie sans concession : la déchéance de nationalité. Selon les chiffres, 37 binationaux se sont vus retirer leur nationalité britannique.

Aux Pays-bas, plutôt que la sanction, les jihadistes néerlandais sont aidés par les pouvoirs publics à se réinsérer dans la société. En plus d’un toit et d’un emploi, des cours de «déradicalisation» leurs sont offerts par certaines villes. En Allemagne, cette mission revient à "Exit", une organisation à l’origine destinée à «désintoxiquer» les néonazis. Au programme : des thérapies cognitives et beaucoup de relationnel. Les prisons y sont, elles aussi, concernées avec des programmes de « déradicalisation ». Ces programmes, créés pour lutter contre le lavage de cerveau, durent six mois. Ils sont ensuite prolongés à l’extérieur par un suivi pouvant durer jusqu’à un an.

Le phénomène est devenu un problème à l’échelle européenne mais c’est au niveau national que les divers plans et mesures sont mis en place. Malgré tout, l’Union européenne a décidé d’intervenir. Depuis 2011, des experts européens et des acteurs issus de la société civile coopèrent dans le cadre du réseau européen de sensibilisation à la radicalisation (RAN) qui accompagne les efforts des États membres.

 

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