Crise de l'euro : l'accalmie, c'est fini

Aujourd'hui, les bourses de Madrid, Lisbonne, Rome et dans une moindre mesure Paris viennent de dévisser. Les taux d'intérêts de la dette de l'Espagne à 10 ans repassent au dessus des 6 %, l'euro flanche. Bref, tous les clignotants repassent au rouge.

Pourquoi ?

1/ Avec les manifestations violentes de Madrid hier soir (rare en Espagne), d'Athènes aujourd'hui, les marchés se rendent compte - en direct - que les gouvernements d'Europe du sud risquent de ne pas réussir à imposer plus d'austérité à leurs citoyens : ils n'en veulent plus !

2/ L'Espagne est de plus de plus proche d'un appel à l'aide européenne mais elle tergiverse, car elle a peur des contreparties qui seront exigées d'elle justement en matière...d'austérité !

3/ L'effet "miraculeux" de la BCE qui a fonctionné tout cet été et depuis les annonces de Mario Draghi début septembre est en train de s'estomper.

4/ Enfin, plus grave encore : les responsables politiques européens retombent dans leurs vieilles querelles : leurs désaccords perpétuels. Hier, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande ont dit "non" à l'essentiel de ce qui avait été convenu lors du sommet européen de juin en matière de recapitalisation directe des banques en difficulté. Du coup, le MES, le pare-feu contre la crise de l'euro est remis en cause avant même d'avoir été mis en place !
La zone euro tangue de nouveau dans la tempête et les marchés l'ont bien compris.

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