Idée reçue n°6 : Face à la crise économique, l’Europe n’a rien fait rien

Dans la tourmente, la Commission européenne aurait pu jouer un rôle de leader. Sous présidence française, même s’il s’en défend, Jose-Manuel Barroso, son président, s’est surtout placé « dans les traces » de Nicolas Sarkozy. Ensuite, sous présidence tchèque, plus rien...

Or s’il est vrai que la commission européenne n’est pas un gouvernement de l’Europe (elle n’en a ni les pouvoirs, ni le budget), elle peut agir. Elle l’a montré par le passé

Jacques Delors lorsqu’il la présidait, a par exemple proposé que l’Europe participe au financement de la réunification allemande. Il y voyait un moyen de prévenir une crise qui affecterait tous les Etats Membres…
 
Pour autant, au-delà de la personnalité peu aventurière et sans réelle vision pour l'Europe de son Président,  la réponse timide de la Commission face à la crise est aussi simplement due au fait qu’elle n’a, selon les traités, pas la compétence pour agir. La politique budgétaire restant en effet dans les mains des Etats Membres, la taille microscopique du budget européen ( moins de 1 % des PIB nationaux) ne permettait pas à l’Europe de réagir. La crise aura donc relancé le débat sur l’absence d’un gouvernement économique européen qui aurait pu faciliter une coordination des politiques économiques. En l’état actuel, cette coordination dépend encore du bon vouloir des chefs d’Etats. Mais qu’aurait pu faire l’Europe exactement ?
 
Elle aurait pu agir en lançant un grand plan européen de soutien au secteur automobile. Cette industrie est au cœur des économies françaises, allemandes, italiennes ou slovaques.  Il aurait donc été logique qu’un plan de relance automobile soit décidé au niveau européen. Sauf que  les gouvernements européens n’ont pas réussi à s’entendre sur ce point. L’idée était pourtant défendue par certains Etats Membres, dont la France. L’UE et ses gouvernements ont donc incontestablement raté le coche.
 
Peut-on cependant parler d’un échec total ? Non, parce que l’Union Européenne a tout de même agi, quoique à minima. 5 petits milliards d’euros ont notamment été débloqués pour financer des infrastructures énergétiques dans un programme qui s’assimile à un embryon de relance par l’investissement au profit d’une économie verte. De plus, 1 milliard d'euros a été alloué à un fonds permettant d'aider les employés licenciés dans la crise. La Banque Européenne d’Investissement a pour sa part, augmenté le nombre des crédits qu’elle accorde aux PME.. Enfin, la Banque Centrale Européenne a – de l’avis général – parfaitement réagi dans la tempête. D’ailleurs, les récriminations françaises se sont tues.
 
Alors, c’est vrai, ces actions sont insuffisantes. L’Europe a déçu par le manque d’ambition de sa réaction. Mais quelle Europe a échoué exactement ? Celle des institutions, définies par les traités et qui limitent considérablement l’initiative de la Commission en matière budgétaire ? Ou plutôt celle des Etats  qui n’ont pas su s’entendre ? Les deux et c’est peut-être d’ailleurs ce que l’Histoire retiendra.

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