La rencontre entre Erdogan et deux stars de la Mannschaft met le feu aux poudres [revue d'actu 15/05]

La Bild de ce matin en fait son gros titre, les chaînes d’info en continu ouvrent leur journal dessus: la rencontre entre deux stars de la Mannschaft, l’équipe nationale de football, et le président turc Erdogan fait polémique en Allemagne. « Misérable propagande pour Erdogan », titre le journal le plus lu d’Allemagne, qui revient sur cette visite, dans un hôtel de Londres, de Mesut Özil et Ilkay Gündogan au président turc. Du pain béni pour ce dernier qui veut mobiliser l’électorat turc en Allemagne, dans la perspective des élections anticipées du 24 juin. « Ils jouent pour l’Allemagne, et se battent pour Erdogan », s’exclame la Bild. Les deux joueurs ont offert au président turc, un « despote » selon la Bild, des maillots dédicacés, Gündogan (qui a à la différence de Özil la double nationalité) ayant écrit sur le sien: « pour mon président vénéré »… Les réactions, depuis, sont innombrables dans la classe politique allemande. « Il ne faudrait laisser jouer dans la Mannschaft que les joueurs qui reconnaissent Steinmeier [le président fédéral allemand] comme notre président », selon ce responsable du SPD. A la fédération allemande de foot aussi, les condamnations ne se sont pas faites attendre. « Le foot et la fédération soutiennent des valeurs qui ne sont pas celles de Monsieur Erdogan », a déclaré le patron de la fédé. « Voila pourquoi il n’est pas bon que nos joueurs se laissent abuser par ses manoeuvres électorales. Ces deux joueurs n’ont assurément pas aider la fédération dans le travail qu’elle mène sur l’intégration. »

Soros quitte la Hongrie

Les politiques répressives mises en place par Viktor Orban en Hongrie auront donc fonctionné. La fondation du milliardaire américano-hongrois George Soros, qui finance de nombreuses ONG, a annoncé ce matin quitter le pays où elle est présente depuis plusieurs décennies et déménager ses activités à Berlin. Depuis plus d’un an et de façon croissante à l’approche des législatives qui se sont déroulées le 8 avril, Viktor Orban a tourné sa vindicte contre George Soros, qu’il a élevé au rang d’ennemi numéro un du pays, avec une campagne aux accents antisémites. Selon le Premier ministre hongrois, réélu sans problème pour un troisième mandat consécutif, Soros veut inonder la Hongrie et l’Europe d’immigrants et les organisations qu’il finance dans le monde entier, notamment en Europe de l’Est, seraient son bras armé pour atteindre cet objectif. Plusieurs lois avaient été adoptées par Budapest en 2017 renforçant le cadre de contrôle des ONG travaillant en Hongrie et menaçant notamment la présence dans le pays de la la prestigieuse Université d’Europe Centrale (CEU) également créée par George Soros. Le parlement hongrois doit examiner dans les prochaines semaines un nouveau paquet législatif baptisé « Stop Soros » qui prévoit de taxer les ONG « qui soutiennent l’immigration ».

Bonne journée.

Toute l'équipe du bureau de Berlin.

Publié par Amaury Guibert / Catégories : Non classé

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