baby-sitting blues (2) ou la der des der

©Ève Omel, 2015

©Ève Omel, 2015

Ça y est, c'était hier, la der des der pour la plus ancienne des baby-sitters de ma fille, celle qui m'a épaulée et plus encore quatre ans durant, qui nous a vu prendre nos marques hésitantes dans une nouvelle vie de famille monoparentale, qui a vu ma fille apprendre à lire, à écrire, perdre toutes ses dents, ne plus croire au père Noël ni à la Petite Souris, celle qui l'a baignée chaque soir, mise en pyjama, coiffée. Ça a nous a fait un coup au cœur lundi soir car aucune de nous n'avait réalisé que ce soir-là était son dernier soir, tous ces jours de kermesses et autres spectacles avaient déréglé notre petite routine et tout à coup ce fut la fin. Ma petite fondant en larmes, la grande aussi, la mère aussi, le déchirement des séparations affectives rejoué dans le salon. On a convenu qu'on ne pouvait pas se quitter comme ça, qu'on allait organiser un apéritif en l'honneur de F... pour tout ce qu'on lui devait. Rendez-vous pris le vendredi soir pour un petit apéro sympathique et des  cadeaux: un beau bouquet des dernières pivoines de la saison, un beau dessin, les petits plats dans les grands déployés par ma fille si joyeuse. On patiente, l'heure tourne, pas de F..., "ce n'est pas son genre, Maman, n'est-ce pas?" Non, ce n'est pas son genre et je vois d'ici arriver que F... nous a oubliées. Mais je ne dis rien à ma petite qui se fait du souci, j'envoie un texto sans réponse, puis un message téléphonique sans réponse, la faim s'installe, la morosité aussi, les pivoines vaporeuses ont besoin d'eau, le dessin de ma fille pâlit, la poulette a envie de pleurer. On décide de manger sans F... "Mais Maman, elle n'a jamais fait ça!", oui c'est vrai, mais voila, le contrat vient de prendre de fin et F... nous a déjà oubliées. Enfin un texto qui dit "désolé, j'ai zappé" qui plonge ma fille dans un chagrin si triste et si vrai que j'en suis toute retournée moi-même. "Allez, c'est pas grave, on va remettre ça à un autre jour et nous on va se regarder un bon petit DVD toutes les deux avec un coca, oui? " Ça ne la console qu'à peine. On remit donc ça la semaine d'après, nous avions eu le temps de digérer ce raté décevant, avec des giroflées à la place des pivoines, mais le cœur n'y était plus, et nous nous séparâmes étrangement sans état d'âme.

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  • lyseam

    1) les enfants s'attachent à qui s'occupent d'eux
    2) le sentiment d'abandon est très très vif chez les enfants de parents séparés (surtout dans certains cas bien sûr mais aussi quel que soit le mode de garde car surtout en fonction de la façon ou pas de prendre en compte l'enfant et dans toute séparation, sans juger pour autant, forcément les sentiments de l'enfant ont été au moins une fois balayés par l'un ou par l'autre ou les 2). Le plus grand risque est d'ailleurs qu'il soit si vif que les enfants prennent pour se protéger le contrepied de ce qu'ils ressentent et refusent de l'exprimer clairement mais le mettent malheureusement en pratique. (on ne fait pas vraiment attention à eux : ils ne feront pas attention aux autres et ne montreront pas que ce mode de (non-) échange les blessent). Une raison à ce basculement est d'entendre que tout comportement se vaut, que le plus malheureux est celui qui fait du mal etc etc...de ne pouvoir mettre des mots vrais sur ce qui se passe : le décalage est tel entre ce qu'ils ressentent (eux ont mal et par caprice de leur part !) et ce qui se dit pour déculpabiliser l'adulte en faute ou en caprice (tout est pareil et tout se vaut) que les enfants en perdent leurs repères même intérieurs.
    3) une baby-sitter même 4 ans (même à ce point) est une employée. Si vous employeur avez cru avoir des rapports particuliers avec elle employée, vous vous êtes abusée : ma preuve.(l'inverse est vrai pareillement)
    Si vous mettez fin au contrat, no comment. (!)
    Si elle a mis fin au contrat, pincement au cœur ou pas pour elle, sa vie est ailleurs et heureusement que comme baby-sitter de l'enfant d'une autre. Bonne nouvelle , elle se comporte donc en professionnelle et même une professionnelle qui passe du temps pour dire au revoir !
    Pourquoi ne pas resituer simplement le problème : F était une bonne baby-sitter et elle a aimé s'occuper de l'enfant : la preuve : qu'elle prenne du temps pour dire au revoir. Bon maintenant, autant elle était sérieuse dans son travail autant il faut comprendre que ce n'était qu'un travail et qu'elle a une vie des impératifs et que quelle que soit la raison quand elle zappe ben en fait ce n'est pas poli ce n'est pas bien mais elle n' a pas non plus à nous dire pourquoi car cela appartient à sa vie privée et d'ailleurs elle est franche (elle a zappée). On ne va pas psychologiser le pourquoi du zapping : zapper est une impolitesse et un mal de notre temps certes mais mal évaluer le type de rapport entre personnes (s'abuser pour un confort mental factice) est une maladresse et aussi un mal de notre temps.
    Elle est impolie en vous (ou l'enfant) zappant mais à part cette politesse sociale elle ne vous doit rien -et n'a aucun droit sur votre vie-
    D'autres sont plus qu'impolis en vous (ou l'enfant) zappant, ils en sont destructeurs et pourtant devraient se devoir (devoir moral) de ne pas le faire car/et on des droits sur votre vie
    On ne doit pas compenser la démission (ou pire) des uns que la société se refuse à juger en surinvestissant les autres. mais pour que les enfants le comprennent il faut arrêter de les abuser à ce sujet.... ce qui est interdit, tabou, prohibé, le statut de parent étant protégé sacralisé même dans le cas d'une enveloppe vide...