Ça vaut le coup de jouer à "Batman Arkham Knight" ?

WARNER BROS

Batman est de retour. La saga développée par les Anglais de Rocksteady (Arkham Asylum, Arkham City) débarque sur les consoles next gen avec un dernier opus : Arkham Knight. Le Joker est mort, mais Batman n’a pas vraiment le temps de savourer sa victoire : en cette sombre nuit d’Halloween, une mystérieuse milice, emmenée par l’Epouvantail et le chevalier d’Arkham, a pris le contrôle de Gotham.

Après une bonne quinzaine d’heures de jeu cumulées sur PS4 et Xbox One, Pop Up' a posé le pad pour vous donner son avis.

Oui, Gotham est vraiment réussie

Premier épisode de la série sur les consoles nouvelle génération, cet opus propose un terrain de jeu autrement plus vaste que celui des précédents épisodes. Découpée en trois grandes îles battues par les vents et les pluies glaciales, Gotham City compte un nombre incalculable d’immeubles, de toits, et de ruelles. De quoi donner la sensation d’explorer un monde vraiment ouvert.

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Le système de déplacement, qui repose sur un grappin surpuissant, est par ailleurs très plaisant. Planer de gratte-ciel en gratte-ciel deviendra rapidement l’une de vos activités préférées, et elle vous réservera même quelques frayeurs et rencontres inattendues. Un bémol cependant : évacuation de la ville oblige, les rues sont un peu trop désertes.

Oui, les combats sont jouissifs

Point fort de la série, le système de combats est une nouvelle fois une réussite. Distribuer des baffes et des coups de boule est un vrai plaisir, tant tout est fluide, varié et bien réalisé à grands coups de ralentis. Batman va vite, trop vite pour ses adversaires, et esquive les sabres/battes de base-ball/caisses comme personne. Les armes à feu et autres tourelles automatiques vous donneront davantage de fil à retordre et vous obligeront à planifier un peu plus vos attaques. La technique “je fonds en piqué sur un mec et j’enchaîne tout le monde” ne marchera pas à tous les coups.

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Pour pimenter le tout, les développeurs ont ajouté quelques fonctionnalités plus ludiques que réellement utiles pour avancer : certains combats se mènent en duo avec la possibilité de lancer des attaques coordonnées – comme projeter un soldat en l’air pour que Catwoman le reprenne de volée – ou d’incarner le deuxième protagoniste. Si Catwoman n’est pas là, vous pouvez aussi vous aider de l’environnement – caisses, lampes, bouches d’aération – pour éliminer vos adversaires, un peu comme dans le GTA hongkongais Sleeping Dogs.

Non, si vous êtes un joueur du dimanche qui se décourage facilement

Vous vous êtes déjà frotté à Arkham Asylum ou Arkham City ? Vous êtes plutôt du genre patient ? Si la réponse à ces deux questions est “non”, vous devriez peut-être y réfléchir à deux fois avant d’enfiler votre tenue d’homme-chauve-souris. Les premières minutes passées dans les rues de Gotham sont en effet assez déroutantes pour le néophyte, tant les indications sur la manière de se déplacer ou de combattre sont rares. Ce n’est certes pas insurmontable, mais le nouveau venu risque de découvrir la ville en faisant virevolter sa cape sans raison ou en donnant des coups de poing dans le vide pendant un petit moment.

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En fait, le vrai didacticiel qui permet de se sentir enfin à l’aise manette en main arrive comme un cheveu sur la soupe en plein milieu d’une mission, une heure environ après le début de l’aventure. Alors qu’il doit libérer un pompier retenu prisonnier à une trentaine de mètres de lui, Batman se retrouve d’un coup à devoir réaliser une série d’exercices en réalité augmentée pour préparer son assaut. Pas très discret et bizarre en terme de rythme, mais indispensable pour enfin être un héros, un vrai.

Non, la Batmobile est trop présente

Elle occupe la moitié de la jaquette, et beaucoup trop de place dans le jeu. Nouveauté phare de cet Arkham Knight, la Batmobile vous suivra tout au long de votre aventure et pas seulement parce que les (décevants) combats de blindés reviennent régulièrement dans le jeu. Mi-tank, mi-bolide, elle est surtout un invraisemblable couteau suisse un peu pénible qui vous servira pêle-mêle à : ouvrir des portes, hacker un système, achever un soldat préalablement jeté en l’air par vos soins, éteindre un incendie, torturer un ennemi, faire pousser des arbres ou encore prendre l’ascenseur (véridique).

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Fatalement, ces séquences sont un peu ridicules. Vous vous retrouverez ainsi à devoir la faire grimper sur un toit pour hacker une antenne, à rebrousser chemin pour aller la récupérer ou encore à ouvrir les volets du bâtiment où vous vous êtes infiltré pour que votre voiture, garée à l’extérieur, puisse tirer un levier et désactiver le gaz qui vous barre la route. Surtout, le jeu ne vous laisse pas suffisamment de liberté quant à son utilisation : après un joli salto par-dessus le garde-fou de la tour de l’Horloge, vous vous apprêtez à rejoindre votre cible par les airs. Mais la sentence tombe rapidement dans votre oreillette : il faut aller chercher la voiture.

 

- Thomas Baïetto et Vincent Matalon

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