27 Mai

Ouestgo : le Blablacar breton et gratuit des déplacements du quotidien

Crédit photo : François Destoc / Maxppp

Lancée il y a un an, au mois de mai 2019, Ouestgo est une plateforme de co-voiturage dédiée aux courtes distances. Portée et financée par différentes collectivités locales de Bretagne et de la Loire-Atlantique, en lien avec l’association éhop, elle compte plus de 44 000 inscrits et continue de progresser à un rythme de 600 nouveaux venus par mois.

Pour les petits trajets du quotidien

Si le succès du co-voiturage longue-distance est indéniable, il n’en est pas de même pour les petits trajets du quotidien. Avec un taux d’occupation qui n’excède pas 1,1 à 1,5 % personne par voiture, « Plus les trajets sont courts, plus le taux d’occupation est faible. Quand il s’agit de faire 5 à 600 kilomètres, on est plus apte à faire un détour, à s’organiser, alors que pour le covoiturage courte-distance, il y a plus d’appréhension, beaucoup de freins. Notre travail consiste à les lever », explique Benjamin Duine, chargé de communication d’éhop.

Mettre en relation les conducteurs avec les passagers pour les petits trajets du quotidien, c’est l’objectif de Ouestgo. La plateforme est publique et libre. « C’est-à-dire que le code source du site est libre, et demain, si vous êtes une collectivité qui n’a pas encore adhéré à Ouestgo, vous pouvez le faire et pourquoi pas et pourquoi pas développer votre module. Tout est ouvert, ce qui est inédit en France », précise Benjamin Duine. Elle est aussi ouverte à tous et gratuite. Si sur le site, un coût de référence est bien proposé pour chacun des trajets, c’est ensuite aux covoitureurs de se mettre d’accord sur le partage des frais.

Du covoiturage solidaire

Trois types de voyages sont proposés : le covoiturage régulier, covoiturages événementiel (pour les grandes manifestations), ou covoiturage dit solidaire (éhop solidaires) dont l’objectif est de venir en aide aux demandeurs d’emploi. « On estime qu’un tiers d’entre eux a déjà refusé un entretien d’embauche ou un emploi en CDD faute de solution de mobilité. Donc nous, on a mis en place un service où toutes les personnes en insertion professionnelle peuvent nous appeler, et nous, on va mobiliser tous les covoitureurs de Ouestgo pour leur trouver une solution. »

Ainsi, sur les trois départements bretons, 340 demandes de covoiturage solidaires ont été traitées par éhop et 107 ont trouvées une issue favorable. Soit un taux de réussite de 31 % et plus de 35 000 km parcourus ! Pour pouvoir répondre à toutes les demandes, l’association invite tous les covoitureurs à s’inscrire sur le site.

Ils ont fait appel ou ont été sollicités par éhop solidaires et témoignent 

Fabrice, 37 ans, demandeur d’emploi – Maure de Bretagne (35)

Fabrice reprend une formation sur Rennes de plusieurs mois. Il habite au sud du département, dans la campagne de Maure de Bretagne. Il ne peut pas conduire pour des raisons de santé, ce n’est pas la première fois qu’il sollicite le service de covoiturage solidaires. « éhop solidaires est une super initiative. Ce n’est pas facile de monter sur Rennes quand on habite en campagne et qu’on n’a pas de voiture. » Suite aux recherches d’éhop, Fabrice a été mis en relation avec Marcel, covoitureur inscrit sur ouestgo.fr au départ de Comblessac. « Avec Marcel ça se passe très bien on covoiture du lundi au vendredi. » Fabrice commence son trajet en covoiturage jusqu’à rennes ensuite, il prend le métro jusqu’à son lieu de formation. « Le service est très réactif, j’ai parlé d’éhop à mes collègues de formations qui recherchent des stages non-accessibles en transports en commun ».

Régine, 60 ans – Tinténiac (35)

À deux reprises Régine a sollicité éhop solidaire pour se rendre à Pôle Emploi. « J’ai connu ce service par le Pôle Emploi qui m’a donné sa brochure. Ça c’est très bien passé. J’ai covoituré avec une jeune fille, elle est très sympathique. C’était notre première fois à toutes les deux. Elle est en alternance à Combourg, et elle a bien voulu me déposer au pied de Pôle Emploi. Par contre pour le retour, j’ai été obligé de me débrouiller pour rentrer ».

Anne-Marie – Guichen (35)

“Ce qui peut faire peur, c’est la fiabilité parce qu’on ne veut pas covoiturer avec une personne qui est en retard ou une qui ne conduirait pas très bien. Mais une fois qu’on pratique le covoiturage, on se rend bien compte que les personnes sont dans une démarche de ponctualité, de faire attention à la route, car on n’est plus tout seul dans sa voiture. On partage notre voiture donc on partage aussi la route. Le covoiturage, c’est un état d’esprit, on veut échanger, faire confiance et aussi être solidaire au niveau du transport.

Olivier – Tinténiac (35)

“J’ai rendu service à une personne qui avait un entretien d’embauche. J’ai l’impression que le fait de discuter et de ne pas stresser avec les horaires de transport lui a permis d’aborder son entretien sereinement. Je serais curieux de savoir ce que cela a donné.