Hollande réélu en 2017 ? C’est possible !

François Hollande à Bruxelles (Belgique), le 14 décembre 2012. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Au-dessus de l’Elysée, sur fond d’une crise comme la France n’en a pas connu  depuis au moins un demi-siècle, les nuages noirs s’accumulent : hausse continue du chômage, croissance en panne, tensions sociales, sondages en berne, interrogations croissantes à gauche sur la stratégie suivie et, pour couronner le tout, un alourdissement de la fiscalité qui, tout l’indique, ne permettra pas pourtant de tenir l’objectif qui avait été fixé en matière de réduction de la faramineuse dette publique.

Seule évidence : François Hollande n’a pas « inventé » la crise. Tout juste peut-on lui reprocher de n’en avoir pas pris durant sa campagne électorale la complète mesure, et d’avoir à l’époque préféré « surfé » sur les anti-sarkozysmes plutôt de préparer l’opinion à « la sueur et aux larmes ».

La gauche a le moral à zéro

Au total, aujourd’hui, une situation inouïe : huit mois seulement après l’accession de Hollande à l’Elysée, la gauche a le moral à zéro. Le chef de l’Etat  et son ministre des Finances admettent que 2013 sera une année très difficile. Le rumeur d’un remaniement circule, et apparait plausible. Et le PS -divisé en « courants » contradictoires : sociaux-libéraux pro-européens d’un côté, socialistes d’inspiration néo-marxiste de l’autre- est travaillé par le doute. Du coup, voilà la gauche qui craint déjà  l’échec, et devine qu’il  serait alors historique.

Le scénario de la cohabitation

Et pourtant François Hollande, expert dans l’art de naviguer par vents contraires, n’a pas perdu !  Il peut même espérer une réélection en 2017. Premier scénario : dans les 12 à 18 mois qui viennent,  la houle s’amplifie et les contradictions de la majorité deviennent non maitrisables. Le président dissout l’Assemblée. La droite l’emporte haut-la-main.  Et c’est sur elle que retombe la gestion du fardeau de la crise. François Hollande, lui, cohabite, façon  Mitterrand. En 2017, en bon manœuvrier, il a trouvé ou retrouvé une part de popularité. Il joue le président au-dessus de la mêlée. Et il gagne.

Le scénario Attali

Second scénario, dessiné implicitement par l’économiste Jacques Attali, qui fut le sherpa de François Mitterrand. Courant 2013, la crise s’aggrave mais, à la fin de l’année, un petit coin de ciel bleu surgit avec le retour de la croissance américaine. Au total, les croissances chinoise, américaine et allemande font redécoller –lourdement et en retard,  mais peu importe- la France. Et comme, sous l’impulsion des sociaux-libéraux, elle  joue à fond une plus grande intégration européenne (ce que souhaite… le « monde de la Finance »), l’horizon, petit à petit, s’éclaircit pour de bon. En 2017, le mal-aimé Hollande est récompensé d’avoir tenu bon dans la tempête.  Il est réélu… au centre. On n’en est pas là mais, en politique, tout est possible : Hollande n’a-t-il pas été  élu le 6 mai 2012 président de la République ?

 

 

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