Roumanie : un gouvernement sous surveillance

Depuis l’accession de la Roumanie à l’Union européenne en 2007, la Commission de Bruxelles évalue les progrès réalisés par ce pays, dans les domaines de la justice et de la lutte contre la corruption. Ce dispositif intitulé « mecanisme de coopération et de vérification (MCV) » publie régulièrement des recommandations destinées au gouvernement roumain. Le dernier texte de Bruxelles est cinglant : les réformes marquent le pas et Bucarest a fait machine arrière en matière d’indépendance de la justice. La Commission exige donc la suspension de la mise en œuvre des lois sur la justice et des ordonnances, mais aussi la suspension des procédures de nomination et de révocation des procureurs de haut rang.

Dans ce contexte, les dirigeants européens craignent aussi, que Bucarest « n’exporte » dans l’UE ses difficultés politiques internes. La cohabitation au pouvoir entre un Président de centre droit et une majorité parlementaire de gauche (sociaux démocrates) ne favorise pas la prise de décision cohérente.

Fin décembre, Jean-Claude Juncker lancait cette mise en garde : « il faut que le pays lui-même soit uni pour exiger l’unité de l’Europe durant la présidence du Conseil ». Une forme d’ingérence, mais aussi à l’heure du Brexit, un conseil de bon sens, car les 27 doivent continuer à afficher un front commun…

Pour sa part, Bucarest affiche des ambitions modestes : être un honnête courtier sur les dossiers européens.  

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