Saïd, invité à la table des négociations

Said Moussa avait l'air un peu intimidé ce matin sur la parvis de la préfecture de Bobigny. Cariste au ferrage, il travaille à l'usine PSA d'Aulnay depuis 10 ans. Saïd est un ouvrier non syndiqué, jusque là il n'avait jamais eu envie de se mettre sur le devant de la scène. Mais cette fois, il est décidé à s'investir : "On est dans une guerre, on défend notre pain". Alors il s'est porté candidat pour être membre de la délégation CGT conviée à la réunion de Bobigny.

Sophie, 11 ans à la chaîne : "J'ai beaucoup appris, c'est bête que ça s'arrête"

En 2014, au plus tard, l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois fermera ses portes. D'ici là plus de 3 000 salariés devront se réinventer une vie. Il va falloir quitter l'usine mais à quel prix ? Quelle prime de licenciement en contrepartie de ces années de travail ? C'est au cœur de toutes les discussions de ces derniers jours. Alors que ce mercredi doit se dérouler le premier round de négociations entre PSA et les syndicats et demain se tenir à Bobigny une nouvelle réunion tripartite (représentant de l'état, direction de PSA et syndicats) sur l'avenir des salariés d'Aulnay.

Réactions à la sortie de l'usine

Cette semaine on a beaucoup parlé de PSA : stratégie de groupe, caution bancaire, négociation du volet social, revitalisation du site, réunion tripartite, le dit, le non dit des hommes politiques ceux qui savaient ceux qui ne savaient pas. Bref on a beaucoup parlé de PSA mais on a peu entendu les salariés d'Aulnay. Nous avions envie de les écouter à la fin de cette semaine chargée d'actualité.

Milo et Jadranka : "Nous, on va souffrir"

Milo de son vrai nom, Dreza Milosevic est « tôlier retoucheur professionnel » depuis 22 ans à l’usine d’Aulnay. Plus que son métier c’est sa vie. Il l’aime « énormément ». Il a en retouché des voitures, de l’AX à la nouvelle C3, en passant par la Peugeot 205 ou la ZX. Il en a redressé des portes, des capots ou des ailes, lissé des choc ou des picots.

Gigi : "Même pas peur"

Ghislaine Tormos n'est pas femme à se laisser facilement impressionner. Que son supérieur hiérarchique lui fasse comprendre à mots couverts que ce serait sûrement mieux pour son avenir de ne pas "sortir" (entendez de ne pas manifester) n'a pas empêché Gigi d'être devant le Salon de l'auto ce mardi avec ses copains de la CGT. Bien au contraire. Que son syndicat, le SIA, n'appelle pas à manifester elle s'en moque.