En attendant le père Noël

Il y avait du monde sur le pont vendredi, au complexe sportif Pierre Peugot de l'usine d'Aulnay, autour de Tanja Sussest, déléguée du SIA (Syndicat indépendant de l'automobile). Aujourd'hui, Tanja a mis sa casquette de secrétaire du Comité d' Entreprise de PSA-Aulnay et de main de maître elle dirige la bonne trentaine de délégués ou militants du SIA qui s'activent pour préparer la venue du Père Noël samedi. Treize palettes de jouets à réceptionner, les enfants ont déjà choisi leur cadeau. Un manège, une piste d'auto tamponneuses, des gonflables, une montagne de bonbons. Pour Noël, le comité d'établissement de PSA à Aulnay a l'habitude de mettre les petits plats dans les grands. Mais cette année la fête doit être encore plus belle. C'est probablement le dernier Noël que l'on fêtera à l'usine. Les gorges se serrent un peu, les yeux se mettent à briller, personne aujourd'hui n'a envie de parler de la fermeture annoncée.

Bernard Jullien : "Aulnay va fermer mais PSA n'est pas sauvé pour autant"

Bernard Julien est le Directeur du GERPISA (Groupe d'études et Recherche Permanent Industrie et des Salariés de l'Automobile). Il nous a reçu dans son bureau à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan. Un économiste qui a envie de "challenger" l'analyse communément donnée de la situation de PSA. Il pose clairement la question : "Le plan social, la suppression de 8000 emplois et la fermeture de l'usine d'Aulnay va-t-il assurer l'avenir de PSA, rien n'est mois sûr ?".

"Rien de concret" pour les ouvriers d'Aulnay reçus au ministère du Travail

Ils sont venus plaider leur cause. Douze salariés de PSA se sont rendus au ministère du Travail, mardi 27 novembre au matin. Une délégation un peu originale puisqu'elle était composée de cinq délégués syndicaux (CGT, SIA, CFTC, FO et CGC) et de sept représentants des ouvriers élus lundi, en assemblée générale. Dans le lot, il y a ceux qui sont aguerris, rompus à l'exercice de la négociation, et d'autres comme Rachid, Fernand, Radia ou Ahmed qui débutent, ou presque. Nous avons suivi leur expédition.

PSA : les américains débarquent, les salariés s'inquiètent

Les investisseurs étrangers sont bienvenus à Aulnay.
Sur le site PSA d'Aulnay-sous-Bois, Nolan Rollins est un peu perdu. La quarantaine élégante, il a débarqué de Louisiane il y a quelques jours. Notre pays a beau être à l'origine de la découverte de cette partie de l'Amérique, pour lui, la France n'était qu'un vieux souvenir d'écolier. Jusqu'au jour où Gérard Ségura, maire d'Aulnay-sous-Bois, lui a fait comprendre qu'il pourrait y faire des affaires.

Lhoussain Boujioui : "depuis 1982 on ne se laisse plus faire"

Les vétérans d'Aulnay, on en parle beaucoup ces jours-ci, alors que les négociations ont débuté entre les syndicats et la direction PSA sur la question des seniors. 3 000 emplois doivent être supprimés à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, parmi eux 640 ouvriers ont plus de 55 ans. Lhoussain Boujioui, est l'un d'entre eux. Ils ne sont plus qu'une poignée à porter ainsi la mémoire de l'histoire d'Aulnay. Alors, nous l'avons rencontré cet homme discret. A la descente du bus venant de l'usine dans un café à Saint Ouen.

Fati, 35 ans à l'usine d'Aulnay, et maintenant ?

Fati Afane, qui vient de fêter ses trente-cinq ans d'usine, a prévenu ses camarades : "S'ils donnent quelque chose aux seniors, ça va, les autres auront quelque chose, mais s'ils ne nous donnent rien, personne n'aura rien." Les négociations reprennent jeudi 15 novembre à Poissy (Yvelines) entre la direction de PSA et les syndicats. Et c'est le sort des plus anciens dans le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui sera discuté en premier. Le PSE prévoit la suppression de 3 000 emplois à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dont un millier de salariés ont plus de 50 ans.

Attendre : "ça prend la tête"

Depuis le 12 juillet, le jour de l'annonce de la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, le plus dur pour les ouvriers de PSA à Aulnay semble être l'attente. Attendre la fin des négociations, attendre des propositions concrètes de la direction. Attendre pour envisager la suite. Une incertitude qui commence à les miner.