Modem: dans la tourmente des assistants européens

Au parlement européen, un député est très richement doté… 24 000 euros par mois pour rémunérer ses assistants. Cette enveloppe aurait-elle été détournée de son usage ? C’est le soupçon qui pèse sur les attachés parlementaires des eurodéputés du MODEM.

DEUX ANCIENS ASSISTANTS PARLENT 

C’est un témoignage qui pourrait peser lourd dans l’affaire des assistants parlementaires payés par l’Europe mais qui auraient travaillé pour le parti. Elle s’appelle Quitterie de Villepin. Attachée à la délégation du parlement européen à Paris de 2005 à 2007, très proche de François Bayrou. Elle participe activement à sa campagne présidentielle de 2007.

Son salaire aurait d'abord été payé par le parti, puis par l’Europe. A cette époque, elle aurait pourtant travaillé majoritairement pour le parti: “oui des assistantes parlementaires payées par le parlement européen travaillaient pour le parti de l’UDF (ancien MODEM). Je le sais car j’ai été l’une d’entre elles payée d’abord à mi-temps puis à temps plein. J’étais trop heureuse de servir à 27 ans ce que je pensais être l’intérêt général. Je n’avais évidemment aucunement conscience que ça n’était pas dans les clous”

Il y a quelques jours, Matthieu, un ancien salarié du Modem, a envoyé une déclaration au Parquet de Paris. Il en a dit un peu plus sur ce système. Le voici sur des images de l’époque. En décembre 2010, il est recruté par le parti pour s’occuper du site internet. Le lendemain de son recrutement, on lui propose de signer un avenant à son contrat. Il est détaché à temps partiel auprès de l’eurodéputé Modem Jean-Luc Benhamias, qui prend en charge, en 2011, une partie de son salaire. Nous avons rencontré Matthieu. Il affirme que ce travail auprès du député était fictif: “je n’ai eu aucun brief avec lui, aucune réunion de cabinet, je l’ai juste croisé comme ça au siège. Je ne suis jamais allé à Marseille (la circonscription de Jean-Luc Benhamias), ni même à Bruxelles. Je suis incapable de justifier du moindre travail pour lui.”

Jean-Luc Benhamias estime lui que Matthieu a bien travaillé pour lui et pour l’Europe: "il s’occupait du site web. Il est assez facile de voir qu’il répercutait toutes les actions européennes que je faisais"

UN SYSTEME ? 

Ce système de contrats à temps partiel, payés pour une part par le parti, pour l’autre par le parlement européen, Corinne Lepage, ancienne eurodéputé Modem, l’a raconté dans un livre. Selon elle, le Modem aurait imposé par écrit à chaque eurodéputé de détacher un de ses assistants parlementaires pour le compte du parti: “je crois me souvenir que c’était au siège, un document que j’ai pas signé. Mes collègues de l’époque n’avaient pas forcément la même réticence, ils étaient plus dépendants du Modem que je l’étais moi même. Leur objectif c’était de pouvoir disposer au sein du Modem de personnel payé sur une enveloppe d’assistanat parlementaire”

Cumuler deux emplois à temps partiel, c’est légal. Exemple : l’eurodéputée Nathalie Griesbek avait une assistante parlementaire Sophie. Elle était aussi secrétaire et standardiste au Modem. A-t-elle vraiment travaillé pour l’Europe ?
A son sujet un ancien assistant parlementaire imagine les questions des magistrats: “quand on va leur demander à la standardiste du Modem : est-ce que vous avez travaillé pour l’Europe ? Si la seule ligne de défense c’est “parfois j’ai répondu à des coups de téléphone et c’était pour Bruxelles, entre nous c’est indéfendable.”

François Damerval était aux côtés de Corinne Lepage à Bruxelles. En charge de collaborer avec les assistants européens du Modem qui travaillaient aussi pour le parti. Son avis sur l’activité de certains est définitif.

Pour François Bayrou et Marielle de Sarnez il n’y a rien d’illégal dans cette affaire. Ce sera au parquet de Paris de se prononcer. Une enquête préliminaire pour abus de confiance a été ouverte la semaine dernière. C’est désormais au parquet de Paris de s’emparer du dossier. Une enquête préliminaire pour abus de confiance et recel de ce délit a été ouverte la semaine dernière.

Majorité En marche aux législatives : ils n'y croyaient pas!

En politique, comme aux cartes, on fait des paris. Une majorité pour Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale, ils étaient nombreux à ne pas y croire. Pari perdu!

Au soir de l’élection d’Emmanuel Macron, Alexis Corbières, porte-parole de la France insoumise, en était certain: “il n’y a pas de majorité politique sur son projet et nous allons le voir dans les élections législatives qui viennent”. Raté ! Benoit Hamon, battu hier soir dès le premier tour des législatives, n’était pas non plus visionnaire au soir de la présidentielle: “si 65% des Français ont voté Emmanuel Macron, cette majorité n’existe pas pour démanteler le code du travail par ordonnance”.

Et que dire de François Baroin, l’actuel chef de file des candidats LR pour les législatives? Le 7 mai, voici ce qu'il disait à François Bayrou, soutien d’Emmanuel Macron : « vous pensez qu’il y aura une majorité parlementaire, nous pensons que ce sujet-là va exploser et nous vous donnons rendez-vous !”

Rendez-vous dans 6 jours. D’après certaines projections pour le second tour, La République en marche pourrait même obtenir seule la majorité à l’Assemblée nationale, sans ses alliés du MoDem.

Gilbert Collard, pour ou contre la corrida?

Dans l’arène politique, on fait parfois volte-face. Sur la corrida par exemple, Gilbert Collard aurait-il changé d’avis?

Dans la 2e circonscription du Gard, il y a 12 candidats. Parmi eux, des amoureux de la corrida, comme Gilbert Collard, député-sortant. Lui la défend depuis toujours. En 2010, il dit « adoré la corrida ». En 2012, sur BFMTV, voici ce qu’il déclare : « je suis pour qu’on respecte au moins dans l’arène le dernier courage de celui qui joue sa vie pour la beauté de l’art ».

Pourtant dans un reportage diffusé la semaine dernière, changement de ton: « si demain il y avait une proposition de loi sur la corrida, faut-il la supprimer ou la maintenir ? je ferai un référendum dans la circonscription. Si les gens disent oui ce sera oui, s’ils disent non, ce sera non ».

Un discours plus nuancé... est-ce parce que dans cette campagne il affronte entre autre une ancienne torera? Marie Sara, la candidate la République en marche, en est persuadée: « un coup il est pour, un coup il est contre, on ne sait jamais où il est. Il récupère ça car il sait que j’ai un passé où tout le monde me connait dans la corrida ». Pour d’autres candidats, ce référendum proposé par Gilbert Collard sonne comme un calcul politique: "ça me fait sourire de voir qu’il est opportuniste et qu’il change d’avis comme ça. Il cherche à piocher des voix”, avance la candidate Europe écologie – Les verts, Béatrice Leccia.

Qu’en dit l’intéressé? Il se dit prêt à mettre ses convictions de côté! “Je dis qu’il y a un débat, et comme moi je ne suis pas acheté par le fait que je tiens des arènes ou que je serais torero, s’il y avait un débat mon opinion personnelle s’inclinerait devant l’opinion générale. Où voyez-vous une contradiction ? » Contradiction ou pas, dimanche, les électeurs trancheront.

Campagne numérique, victoire automatique ?

Faire campagne, c’est vieux comme le monde : démarcher, tracter, frapper aux portes… Au petit bonheur la chance ? Pas du tout. En 2017, place aux données numériques : l’électeur est ciblé et le candidat jamais là par hasard !

Dans l’Hérault 14 candidats s’affrontent pour la 3ème circonscription.
Tous ne font pas campagne de la même manière : certains font de la politique numérique

Coralie Dubost représente la République En Marche. Dans son ordinateur, un outil précieux: une carte de sa circonscription fournie par son parti. Grâce à des données de l’insee cartographiées, elle visualise qui a voté pour qui à l’élection présidentielle. Une couleur pour chaque candidat, plus la couleur est intense plus le vote a été important. D’après ces enseignements, elle en tire une conclusion politique. Par exemple, elle sait où aller pour consolider les votes pour Emmanuel Macron, ou encore, quelles zones éviter parce que les électeurs qui ont voté pour la France Insoumise ou le Front national ne changeront pas d’avis. Grace à ces données : elle cible ses tractages ! Une fois sur le terrain : c’est plus classique, il faut convaincre !

Pour Stéphane Vidal de la France Insoumise, c’est la même stratégie numérique, il s’appuie sur ces fameuses data électorales qui lui permettent de cibler les électeurs à démarcher comme par exemple ceux qui ont voté Front national, des électeurs eux-aussi anti-système.

Mais pour d’autres candidats, comme Catherine Dardé pour les Republicains, pas de données numériques. Elle utilise bien des cartes électorales mais pour s’assurer que tous les quartiers sont bien visités par ses militants

Alors les données numériques offriront-elles la victoire aux candidats qui les utilisent ?
Premiers éléments de réponse dans 4 jours !

Sushis, paniers garnis, au cœur des petits arrangements du quotidien

La corruption, la fraude, l’usage indu d’argent public…On imagine ça comme dans les films : des parkings sombres, et des valises de billets… Mais parfois, cela prend une forme beaucoup plus prosaïque. L’Oeil du 20H explore les petits arrangements du quotidien.

L’association Transparency International a réalisé cette carte: www.visualiserlacorruption.fr

660 petits points rouges, entre autre, des affaires de:
- corruption
- détournements de fonds publics
- ou encore abus de biens sociaux

Certaines sont retentissantes, d’autres passent inaperçues...
A Beauvais, un policier laisse repartir un conducteur, contrôlé sans permis. En échange: deux places pour un match de foot.
Il écope de 6 mois de prison avec sursis.

A Lettret, dans les Hautes Alpes, un ancien maire est condamné pour avoir fait agrandir le chemin menant à sa propriété… aux frais de la mairie.

LES SUSHIS D'AVIGNON
A Avignon, l’objet du délit : quelques sushis… pour 39 euros 80…

L’affaire dite des sushis commence avenue des Sources, une nuit d’octobre 2016. Nicolas rentre chez lui, et roule un peu trop vite. Il tombe sur une patrouille. Un policier du commissariat d’Avignon l’arrête. Il lui dit:
“- qu’est-ce que tu fais dans la vie ?
- je fais des sushis.
- Tu fais des sushis ? Je te fais une fleur et je reviendrai te voir”

Nicolas n’est pas verbalisé. 5 jours plus tard, le policier se rend dans son restaurant. Nous avons retrouvé l’un des serveurs présent ce jour là. Il nous raconte la scène:
“Il nous a regardé dans les yeux, il nous a dit: ‘pour la dernière fois on aurait pu l’aligner mais bon on lui a fait un cadeau, donc au final il nous a dit qu’il nous ferait un plateau’.”
Le policier part avec les sushis, sans payer.
Au commissariat d’Avignon, l’affaire s’ébruite. Le gardien de la paix se retrouve au tribunal correctionnel pour corruption passive.

Dans cette salle, le jour du procès, il admet :“Je ne l'explique pas, c'est un acte irréfléchi. Je suis mal à l'aise. C'était une bêtise. Ça m'a fait du mal et à mes collègues aussi”

Philippe Guémas a requis contre le policier dans cette affaire des sushis. Bien décidé à être intraitable. “ On peut sourire par rapport au montant du préjudice mais la réalité qui est celle de corruption, quand ça se produit dans la ville où vous exercez, c’est consternant… On imagine ce genre de pratiques dans des républiques bananières ou semi bananière malheureusement c’est dans une ville du sud de la France, ça atteint la police et c’est absolument inadmissible”

Le policier a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, et 3 mois d’interdiction d’exercer. Son avocat estime la sanction trop lourde. Il lui trouve des circonstances atténuantes : “il y a des pratiques dans le sud qui sont plus acceptées qu’elles ne le sont dans le nord”

LES PANIERS GARNIS DE SAINTE LIVRADE
A Sainte Livrade sur Lot, cette fois, c’est un petit panier garni qui est tombé sous le coup de la loi… Jus de pomme, pâté, pruneaux, confiture de fraise, et même cassoulet… Il y a deux ans, à Noël, le maire du village, Pierre Jean Pudal les fait distribuer…à 800 personnes âgées de la ville… A l’époque, quelques semaines plus tard, se tiennent des élections départementales. Le maire est candidat. Était-ce un moyen d’influencer les électeurs ?

Odile a fait partie des heureux élus, mais elle ne s’est pas laissée séduire. Dans la ville, ces colis de noël ont fait grand bruit. Claire Pasut opposante socialiste au conseil municipal s’empare de l’affaire. 15 euros le panier garni, multiplié par 800 personnes, près de 13 000 euros d’argent public dépensés, selon elle, indûment: “pour moi c’est grave, les élus n’ont pas à faire des démarches personnelles pour soigner des clientèles”

Claire Pasut a saisi le tribunal administratif. Fait rare, l’élection a été annulée par le conseil d’état, pour “manquement d’une particulière gravité (...) au code électoral” . Pierre-Jean Pudal, le maire, a été condamné à 6 mois inéligibilité. Il nous a fait savoir qu’il prenait acte du jugement.

Dans ces deux affaires, la justice s’est prononcée en moins d’un an. Mais en moyenne, dans ce type de procédures, elle met environ 7 ans avant de rendre son jugement.

Députés cumulards: pas facile de laisser la place!

Le cumul des mandats, c’est désormais très encadré. Alors de nombreux élus ont dû choisir et céder leur place… Mais après plusieurs mandats, difficile parfois de s’en aller. Certains ont peut-être trouvé comment garder un œil sur leur ancien fauteuil.

32 députés sortants, en grande majorité des élus LR ou UDI, ont déjà choisi. Pour rester maires ou présidents de département, ils ont décidé d’abandonner leur siège de député… enfin presque. Car ils se présentent comme suppléants de leurs successeurs!

Comme André Santini. Lui a choisi de rester maire, mais s’affiche quand même aux côtés du jeune candidat de sa circonscription : “Ça apporte de l’amitié, de la continuité. Je suis très apprécié ici vous savez !” Mettre le pied à l’étrier, est-ce la seule raison? Jean-Claude Mathis est député-maire. Lui aussi garde sa mairie, lui aussi se présente comme suppléant. Si sa candidate est élue, il espère rester actif : “ Quand elle voudra bien que je la représente dans telle ou telle manifestation, je le ferai avec plaisir ». Il ne s’en cache pas, « c’est une façon de tourner la page en douceur ».

Mais le passage de témoin fait parfois grincer des dents, surtout quand il se joue en famille. Dans la 10e circonscription du Rhône, il y a 12 candidats. Le député sortant, c’est Christophe Guilloteau. Il préfère rester président du conseil départemental alors pour le remplacer, c’est sa compagne, Sophie Cruz qui part en campagne. Si elle est élue, ce serait, disent ses concurrents, un cumul déguisé. Pour la candidate FN Agnès Marion, “c’est une façon de contourner la loi. Il s’agissait de ne pas cumuler les mandats, et en fait ils ne seront pas cumulés au sein d’une seule personne mais au sein d’un même couple”.

Pour le candidat La République en Marche aussi, cela poserait problème: « quand vous êtes élu local et que vous avez un projet à porter, vous vous adressez au département, à la région, à votre député. Et quand vous avez un seul couple qui concentre l’ensemble de ces pouvoirs, si vous avez une porte qui se ferme quelque part, elle se fermera de partout ».

Qu’en dit la candidate LR Sophie Cruz, compagne du député-sortant? Elle balaie ces arguments! “Je ne suis pas du genre à me laisser dominer par quelqu’un, ce qui voudrait dire que je suis une femme de paille, une potiche et qu’on m’a mis là pour que lui garde le pouvoir. Quand on me connait, j’ai suffisamment de caractère pour défendre mes idées et c’est moi qui serai responsable du mandat pour lequel j’aurais été élue »

Tous les députés cumulards n’ont pas encore choisi. S’ils sont réélus, ce sont 124 parlementaires qui devront abandonner leur fauteuil de maire ou de président de collectivité dans quelques semaines.

TATP l'explosif utilisé par les terroristes : la France en retard sur son encadrement


Contre le risque d’attentat, la France a prolongé l’état d’urgence, et renforcé son renseignement. Mais il y a un dossier, où elle a des années de retard : le contrôle des produits qui permettent de fabriquer des explosifs. L’oeil du 20H vous raconte l’histoire d’un raté... très étonnant. Bruxelles, en mars 2016, Paris, en novembre 2015 et Londres en juillet 2005. Trois attentats, et un point commun : le TATP ! Une bombe artisanale, élaborée avec certains produits grand public qu’on trouve dans le commerce.

Dès 2013, l’Europe alerte sur ce danger et rédige un règlement sur “la commercialisation et l’utilisation de précurseurs d’explosifs”. Il prévoit que les commerçants recueillent des informations sur leurs clients comme le nom, adresse, nom de la substance, quantité, ou utilisation prévue.

Est-ce appliqué dans nos commerces ?

Ces produits qui servent à l’entretien ou aux teintures de cheveux. Nous avons voulu en acheter et nous en avons trouvé un dans une petite boutique en région parisienne. Associé à d’autres produits, il permet de fabriquer du TATP. Au moment de payer, la vendeuse ne nous demande pas notre identité. Elle nous alerte tout de même sur la dangerosité du produit : "Traîner avec ça avec à pied, c’est pas très… C’est des produits chimiques. ils vont se dire qu’est-ce qu’elle va faire avec 10 litres ?

Nous réglons en liquide, aucune trace de notre achat. Dans cette boutique, pas de registre, comme le prévoit l’Europe. Et ce n’est pas surprenant. La France avec la Roumanie et Chypre sont les derniers pays membres de l’union européenne à ne pas appliquer le règlement. 4 ans de retard, comment-ce possible ?

Le ministère de l’intérieur explique qu’il a d’abord fallu changer la loi française pour appliquer le règlement européen. Cela a pris 3 ans ! Ensuite, un premier décret voit le jour. Il prévoit bien un registre, mais seulement en papier. Pas de version numérique. Les vendeurs en ligne ne sont pas pris en compte. Alors le conseil d’Etat retoque le décret. “Il y a eu visiblement ce petit loupé (...) C’est bien dommage, étant donné le contexte qu’on a eu en 2015 (...) Dommage qu’on n’ait pas pris l’arrêté plus tôt même si effectivement, ça ne résoudra pas tous les problèmes”, nous confie amer un responsable de la gendarmerie, en charge d'enquêter sur les explosifs.

Le ministère de l’intérieur l’assure, le décret qui prend en compte internet est prévu avant la fin du mois de juin. Mieux vaut tard que jamais.

Journée type d'un chômeur: la bourde de Pôle emploi

A Pôle emploi, on aurait une vision bien définie d’une journée efficace pour retrouver du travail! On vous raconte l’histoire d’un couac à Pôle emploi.

Il y a quelques jours, une agence de Pôle emploi publie sur Facebook “la journée type d’un demandeur d’emploi efficace”. Selon cette infographie et le conseiller qui l’a rédigée, ça commencerait dés le réveil. 7h45: séance d’exercice à jeun. La fiche précise: “des études prouvent que le sport au réveil permet de booster votre motivation”.
Etre efficace dans sa recherche d’emploi, ça se jouerait aussi... sous la douche! “On profite de dix minutes afin de réfléchir à nos objectifs et nos envies”. Pas de temps perdu selon la fiche.
Et tel un sportif, une bonne préparation, ce serait aussi un bon petit déj'... dans de bonnes conditions : “on boit son café sur le balcon. L’objectif: profiter de la lumière du jour, antidépresseur naturel”.

Bien évidemment, la journée est essentiellement consacrée aux recherches: mise à jour de CV, réponses aux offres, connexion aux réseaux sociaux... Mais à 17h30, le conseiller recommande de se sociabiliser: “il est important de rester en contact avec sa famille, ses amis, pour ne pas rester seul dans sa recherche”.

"Des enfants de 8 ans"

Une vie de chômeur bien réglée qui a fait bondir les internautes! “Pôle emploi prend les chômeurs pour des enfants de 8 ans” écrit un internaute sur twitter. “Scandaleuse cette fiche chômeur, il est même pas marqué quand est-ce qu'on doit se laver les dents", s'énerve un autre. Même réaction du côté de certains syndicats: “c’est assez maladroit et fort dommageable. Un document aussi générique, aussi cadencée, donne l’impression qu'il y a une formule magique dans la recherche d'emploi, la réalité est plus complexe" précise David Vallaperta, élu CFDT CCE Pôle emploi.

Qui a imaginé cette journée type? La direction de Pôle emploi affirme que c’est l’initiative d’un conseiller seul, qui n’a reçu aucune validation: “c’est une initiative que nous ne connaissions absolument pas, une initiative locale, maladroite. On ne cautionne pas”.

L’infographie semble s’inspirer d'une autre réalisée il y a deux ans par une journaliste américaine, publiée sur le site spécialisé Business Insider puis en février dernier. L’auteure précisait que cette journée type n’était pas forcement valable pour tout le monde.

Aujourd’hui, cette infographie a été retirée de Facebook. A l’avenir, c’est peut-être l’utilisation des réseaux sociaux à Pôle emploi qui sera mieux encadrée.

L'Arabie Saoudite élue à la commission des droits des femmes de l'ONU !

A l’ONU pour améliorer la conditions des femmes il y a une commission… Et elle vient d’élire son dernier membre… Un pays dans lequel les femmes n’ont pas le droit de conduire et doivent demander l’autorisation pour sortir du territoire…
Un pays tout en bas du classement sur l’égalité hommes / femmes. 141 ème sur 144... C’est l’Arabie Saoudite.

Cette commission, appelée aussi “ONU femmes”, favorise le développement des femmes. Au Liban, elle les aide à monter un petit commerce: “j’ai appris comment commercialiser mon produit”. Au Rwanda, l’agence soutient cette agricultrice: “je suis libre de faire ce que je désire avec cette terre”. Elle proclame dans ses vidéos promotionnelles: “l’égalité des sexes est possible, ça se passe maintenant”.

En avril dernier, l’ONU femmes annonce: “je déclare élue l’Arabie Saoudite à la commission de la condition de la femme” . La décision fait scandale. Moudhi Al-johani est saoudienne réfugiée aux Etats-Unis. Elle publie cette vidéo.
“Ca fait mal. Les Nations-Unies ne condamnent pas l’Arabie Saoudite. En fait ils récompensent nos oppresseurs. Bien joué l’ONU, bien joué ”

Des associations comme UN Watch, qui surveille le bon fonctionnement de l’ONU, dénoncent cette décision:“je ne comprends pas comment un être humain rationnel qui se préoccupe des droits humains peut voter pour le pire régime concernant les droits des femmes. C’est comme choisir le renard pour garder le poulailler, alors qu’il est entrain d’enlever les dernières plumes de la poule qu’il va manger.”

ALORS QUI A VOTE POUR ?

Qui a voté pour que l’Arabie Saoudite siège à cette commission ? L’élection s’est faite à bulletins secrets. 47 pays sur 54 ont voté pour.
Qu’a décidé la France qui en est membre ? Réponse du quai d’Orsay toute en diplomatie.

“Pour la France, la mission fondamentale de la commission de la condition de la femme est de promouvoir les droits des femmes ;
Dans les instances onusiennes, la France agit en cohérence avec ses principes”

Comprenez, la France aurait voté contre.

En revanche, l’affaire a secoué le gouvernement belge. Le pays a voté pour. Au parlement, le premier ministre, Charles Michel, est un peu embarassé: “ il y a un vote qui a éte exprimé par nos diplomates, je regrette ce vote”

L’explication de ce vote serait en partie économique. A chercher du côté de l’une des plus grandes entreprises d’armement belge… la Fabrique nationale…
C’est en tout cas la conviction de Benoit Hellings, député d’opposition. “La fabrique nationale malheureusement aujourd’hui son principal client c’est l’Arabie Saoudite. Je pense que la Belgique essaye de maintenir une relation discrètement convenable avec l’Arabie Saoudite pour garantir ses intérêts économiques”

Du côté d’ONU femmes, on se félicite de cette élection. Selon eux, elle “manifeste une volonté de l’Arabie Saoudite de travailler sur ce sujet”...

PS ou En marche ? Quand les candidats socialistes aux législatives brouillent les pistes…

Sur leurs tracts, pour les législatives, certains candidats investis par le Parti socialiste ont brouillé les pistes. Le logo PS a parfois disparu, certains s’affichent même avec Emmanuel Macron… au point d’installer une certaine confusion...

Des candidats investis par le PS, qui se revendiquent majorité présidentielle, il y en plusieurs. Comme Anthony Pitalier, en Vendée : sur son affiche officielle, le poing et la rose ont même disparu.
Dans la Drôme, Pierre Jouvet se montre aux côtés d’Emmanuel Macron. C’est aussi le cas dans la première circonscription du Maine et Loire. Parmi les 16 candidats, Luc Belot et Mathieu Orphelin s’affichent tous les deux sur leurs tracts avec Emmanuel Macron!

Luc Belot, lui, est investi par le PS. Mais ce n’est pas du tout ce qui est écrit sur sa voiture. Sur son tract, une grande photo du président Macron, et en tout petit, le logo du PS: "Aujourd’hui, pour les électeurs, la question qu’ils se posent ce n’est pas de savoir si je suis socialiste, ils le savent tous. La question qui se pose aujourd’hui, c’est dans ou en dehors de la majorité présidentielle ? Je serai vigilant, exigeant, mais dans la majorité d’Emmanuel Macron" , explique le député PS sortant.

Mais dans cette circonscription, le candidat officiel de la République en marche, c’est Mathieu Orphelin, l’ancien porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. Et le tract de son concurrent PS l’agace ! "Je pense qu’il fait ça pour profiter de la dynamique En marche. Mais les électeurs ne seront pas dupes", analyse-t-il.

A droite, la concurrente LR-UDI se frotte les mains d’une telle confusion: “aujourd’hui, la gauche part en ordre très dispersée, et la droite au contraire part très unie » Cela fera-t-il ses affaires ? « clairement » répond Caroline Fel.

D'anciennes ministres couleurs En marche

Certains candidats investis par le PS vont même jusqu’à emprunter le graphisme de la République en marche. Même d’anciennes ministres. Sur le tract de Myriam El Khomri : du blanc et du bleu clair! ça ne vous rappelle rien? Ce sont bien les couleurs de la République en marche! Dans l’entourage de la candidate, on ne s’en cache pas: “le visuel, les couleurs, c’est absolument assumé, ce n’est pas un graphiste qui a eu une lubie soudaine. On veut dire aux électeurs d’Emmanuel Macron que s’ils veulent voter en cohérence avec la présidentielle, ils peuvent voter pour Myriam El Khomri !” explique-t-on.

En Indre-et-Loire, le nom de Marisol Touraine s’affiche aussi en bleu. Et le logo du PS est absent. Alors comment le parti gère-t-il ces candidats aux doubles casquettes? Rue de Solférino, on nous dit avoir mis les points sur les “i” hier soir: " Nous avons demandé à ce qu’ils retirent les éléments de majorité présidentielle, voilà la demande qui a été faite", précise Rachid Temal, le secrétaire national en charge de la coordination du PS.

L’information n’est peut-être pas encore arrivée aux bonnes oreilles. Dans l’entourage de Myriam El Khomri, on nous dit ne pas avoir reçu cette demande.