Présidentielle : les candidats travaillent leur voix !

Une campagne présidentielle c’est un véritable marathon pour les candidats qui doivent donner de la voix, comme des rockstars en tournée ! Sauf que la scène, c’est un métier alors certains candidats s’offrent les conseils de coachs pour ne pas perdre une seule voix : la leur !

Un baryton pour Macron !

Pour son premier meeting parisien, Emmanuel Macron joue les bêtes de scène devant 15 000 supporters … quand soudain… sa voix déraille !
Sur les réseaux sociaux, les moqueries ne se font pas attendre. Branle-bas de combat au sein de l’équipe : pour éviter un autre déraillement un proche conseiller du leader d’en marche ! trouve la solution, embaucher un baryton basse, Jean-Philippe Lafont est une star de l’opéra, sa mission : lui muscler la voix

Le coach de François Hollande

L’equipe d’Emmanuel Macron refuse de dévoiler les coulisses de ce qu’il se passe « en cuisine ! » Mais qu’est-ce qu’un maître de l’opéra peut bien apprendre au candidat?
Pour le savoir nous avons rencontré un autre coach, un ancien de la Star ac, celui du candidat devenu président ! François Hollande.!
François Hollande qui avait un problème de voix cassée, lui aussi, il y a 5 ans dans un de ses meetings phares, celui du Bourget, le 22 janvier 2012.
Pendant 3 mois, Marco Beacco a appris au futur président à mieux respirer avant ses discours et à placer sa voix. Il nous révèle certaines de ses petites astuces !
Résultat : après quelques semaines de coaching, Emmanuel Macron a la voix grave, et posée.
Et les autres candidats ?
Jean-Luc Mélenchon ? Il se chauffe la voix en chantant du Brassens !
Benoit Hamon, François Fillon et Marine Le Pen n’en auraient “pas besoin” selon leurs proches. A l’oeil on tendra l’oreille !

Le fils de Donald Trump veut embaucher des travailleurs étrangers

Depuis son élection, Donald Trump a deux priorités, stopper l’immigration et donner des emplois aux Américains. "Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays, qui copient nos produits, qui volent nos entreprises et détruisent nos emplois". Mais cela vaut-il pour les entreprises de la famille Trump ? Pas vraiment.

Les vignobles Trump au Sud-Est des Etats-Unis, ce sont 530 hectares de vignes qui font la fierté de la famille. Dans ce domaine, Donald Trump produit du rouge, du blanc, Sauvignon, Chardonnay.

Ce vignoble, le père l’a transmis à son fils, Eric Trump. Et sur les questions d’immigration et d’emploi Eric Trump a la même position que papa : "Nous autorisons la venue de centaine de milliers de personnes, et ils vont continuer à nous prendre nos emplois".

"Il ne faut pas croire tout ce que vous lisez"

Seulement, pour faire les vendanges, Eric Trump a besoin de saisonniers. Dans l’offre trouvée sur le site du ministère du Travail, l’entreprise Trump recrute 23 travailleurs agricoles. Petit détail, la mention H-2A. Elle concerne les visas donnés aux travailleurs immigrés. Ce n’est d'ailleurs pas la première fois que la famille Trump emploie des étrangers. Dans son golf de prestige et son hôtel en Floride, c’était déjà le cas. Mais Donald Trump a une bonne raison : "Ce sont des visas légaux, trouver des employés pendant la haute-saison à Palm Beach c’est presque impossible".

Au total, le Président aurait employé plus de 800 travailleurs étrangers ces 10 dernières années dans son complexe hôtelier. Nous avons contacté l’établissement : "Cette information est confidentielle, je peux seulement vous dire de ne pas croire tout ce que vous lisez".

Les Etats-Unis de Trump, c’est bien "America first" mais pas sans l’aide des travailleurs étrangers.

Disneyland Paris: succès commercial mais échec financier ?

Le monde merveilleux de Disney: 13 millions de visiteurs par an, un milliard 300 millions d’euros de chiffre d’affaires…Mais le Mickey français est fauché: 858 millions d’euros de déficit. Que se passe-t-il dans son Royaume ? L’oeil du 20h a enquêté…

Tout avait pourtant si bien commencé. En avril 1992, Eurodisney est inauguré avec de belles promesses de succès. Dans ce document, l’entreprise promettait 890 millions d’euros de profit pour l’année 2016…Mais en fait, Eurodisney n’a presque jamais gagné  d’argent. Ces petits actionnaires n’ont pas touché un centime de dividendes: le chateau de la belle au bois dormant s'est transformé en cauchemar d'après Pierre Alain Leduc.

Pour Eurodisney, une des explications est à chercher dans le ciel…Si l’on en croit les rapports d’activité d’Eurodisney, il ne fait vraiment pas beau à Marne La Vallée…. En 2000 déjà si les résultats sont mauvais, c’est à cause des “conditions climatiques exceptionnelles”. En 2011, le rapport invoque 3 fois des “conditions météorologiques défavorables” Et deux ans plus tard, il a encore trop plu sur Eurodisney: “avec des conditions météorologiques défavorables”...

Mais il y aurait une autre raison: les liens financiers d’Eurodisney avec les Etats-Unis. Eurodisney est en effet une filiale à 72% de la maison mère américaine, la Walt Disney Company. A ce titre, elle reverse de l’argent aux Etats-Unis, quelque soit son résultat. Le Mickey français se ferait donc vider les poches par son grand frère américain.

Et ces royalties, en voilà le détail, quand vous vous rendez au parc: sur les 20 euros de parking, 10% partent directement en Californie. Pareil pour les deux entrées à 75 euros pièce: 15 euros s’en vont aux Etats-Unis…A midi, on a faim, une salade, une bouteille d’eau, un dessert, et 5% de nos consommations rejoignent la maison mère. Un petit souvenir ? Encore 5%. En tout, on aura dépensé 222 euros, et envoyé 19 euros et 60 centimes de l’autre côté de l’Atlantique.

Des royalties tellement élevées qu’ils empêcheraient Eurodisney d’être rentable: “on a un cheval de course à qui on a mis des boulets à chaque pied” explique Pierre Alain Leduc.  En tout plus d’un milliard d’euros pris à Eurodisney depuis 1992.

Mais pourquoi dépouiller sa propre filiale ? Tout simplement pour payer moins d’impôt. En France, Eurodisney n’aurait par exemple jamais payé l’impôt sur les sociétés. C’est ce que nous explique cet expert français d’Eurodisney, Sébatien Roffat: “pour la Walt Disney Company, la société elle est rentable, et si elle l’est pas c’est aussi bien, elle est en déficit, on payera moins d’impôt en france. C’est un déficit organisé, comme toutes les grandes sociétés Google, Apple, Facebook qui organisent volontairement un déficit par des montages audacieux”

Cela s’appellerait de l’optimisation fiscale: le montage n’est pas illégal, mais bien pratique…  Du côté d’Eurodisney, une source proche du dossier nous explique que le problème est ailleurs: “Les royalties ne représentent que 2 à 3% du chiffre d’affaire. Sans elles, il n’y aurait pas de parc. La vraie difficulté, c’est une dette abyssale, contractée suite à l’ouverture en pleine guerre du Golfe qui avait fait chuter le tourisme.”

Vendredi dernier, la maison mère a décidé d’en finir avec 25 ans de déboires. Elle va reprendre la main et racheter toutes les actions… Une mauvaise affaire de plus pour les petits actionnaires. Certains ont fait appel à la justice pour enquêter sur les poches vides du Mickey français...

 

Israël, Chine, Japon... les revirements de Donald Trump


Donald Trump tient-il parole, sur les questions internationales comme la Chine, Israël, ou le Japon ? Depuis qu’il est élu, Donald Trump a déjà changé d’avis. A-t-il le syndrome de la girouette ?

Parmi tous ces boucs émissaires, Donald Trump, en avait un qu’il mentionnait très souvent, la Chine ! Pendant sa campagne, Donald Trump reprochait à la Chine de détruire des emplois américains : “Nous ne pouvons pas continuer à laisser la Chine violer notre pays. C’est le plus grand vol de l’histoire”, tonnait Donald Trump en mai 2016.

Mais il y a une semaine, le nouveau président américain a fait marche arrière. Le président américain a appelé son homologue chinois Xi Jinping. Et ce que Donald Trump lui a dit au téléphone, est bien loin des propos virulents de la campagne. Désormais, il espère travailler de manière constructive avec les Chinois.

Et même une fois élu, Donald Trump fait ce qu’aucun président américain n’avait fait avant lui, depuis près de 50 ans. S’entretenir au téléphone avec la présidente de Taiwan, Tsai Ing-Wen, île non reconnue par la Chine, ni par les Etats-Unis d’ailleurs. Et 2 mois plus tard, Donald Trump dit à Xi Jinping ce qu’il a envie d’entendre. “Il n’y a qu’une seule Chine”, donc on oublie Taïwan.

Cette stratégie, Donald Trump l’a adoptée avec les Japonais aussi. Il y a 4 jours, il s’affichait avec le premier ministre Shinzo Abe, leur poignée de main n’en finissait pas. Comme si les provocations d’avant n’existaient plus. Notamment, sur la présence de milliers de militaires américains au Japon. Donald Trump considérait que c’était un “cadeau gratuit, inutile et sans intérêt”. Aujourd’hui, ses propos se sont adoucis : “Les Etats-Unis d’Amérique soutiennent le Japon, à 100%”, disait Donald Trump le 11 février 2017 à Palm Beach, aux Etats-Unis.

Même sur la question israélienne Donald Trump a changé d’avis. Il avait promis de déménager l’ambassade israélienne de Tel Aviv, à Jérusalem. Aujourd’hui, “la question n’est plus si simple”. Décidément, la diplomatie version Trump promet d’être agitée.

Le cinéma hollywoodien est-il sexiste ?


Pendant les Oscars, les actrices s’élèvent pour faire valoir leurs droits, à l'image de Patricia Arquette qui s'était élevée pour réclamer l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes à l'occasion de la cérémonie des Oscars en 2015. Il ya quelques mois, c'était au tour de Nathalie Portman de s'offusquer contre Hollywood et ses "films qui parlent d'hommes blancs". 

Nous avons analysé les scénarii de 40 films postulants à la sélection des Oscars 2017. Parmi ces films, il y en a un qui a attiré notre attention : le dernier Star Wars. Sur l’affiche, l’héroïne est au premier plan. Mais côté dialogues on est loin du compte. Sur l’ensemble du film, les hommes monopolisent 83% des dialogues, seulement 17% pour les femmes.

Au total, sur les 40 scénarii analysés, 63% des dialogues reviennent aux hommes, 37% aux femmes. La palme d’or de la parité revient aux films pour enfants, Kubo et Zootopie. Pedro Almodovar, avec “Julieta” fait la part belle aux femmes, 77% des dialogues sont féminins.

1 femme réalisatrice sur 24 hommes réalisateurs 

Mais pourquoi les femmes sont-elles si peu représentées dans les films ? Un laboratoire américain a analysé le temps de présence des femmes à l’écran. Selon la directrice de l’Institut, c’est parce que les hommes sont majoritairement derrière la caméra : "Quand il y a une scénariste ou une réalisatrice, nous avons constaté une hausse de 10% de la présence des femmes à l’écran."  

D’après une étude de l’université Annenberg en Californie faite sur ces 10 dernières années. Pour 24 hommes réalisateurs, il n’y avait qu’une femme réalisatrice. Or pour la scénariste Fanny Herrero qui a créé la série "Dix pour Cent", les réalisateurs offrent moins de rôles aux femmes.

Nous avons contacté les studios Hollywoodiens pour leur soumettre nos calculs, seul le studio Warner Bros nous a répondu après la diffusion de notre reportage. Une nouvelle intiative visant à "promouvoir les talents sous-représentés" a récemment été annoncée.  

Moins de femmes à l’écran que les hommes, la tendance pourrait bien s’inverser. En 2015, les films portés par des héroïnes ont rapporté 16% de plus, en moyenne, que ceux où les premiers rôles étaient joués par des hommes.

Le très cher train de vie de l’ordre des chirurgiens dentistes

L’ordre des chirurgiens-dentistes est chargé de veiller aux bonnes pratiques de la profession. La cour des comptes a ouvert leurs dossiers. Ce qu’elle a découvert ? Des cadeaux de luxe, et des jolis voyages…L’ordre des chirurgiens-dentistes est financé à hauteur de 20 millions d’euros grâce aux cotisations des dentistes eux-mêmes. Mais où va l’argent ? Parmi les perles relevées par la Cour des comptes : D’importantes indemnités, versées aux 19 membres du conseil national. Plus de 600 000 euros en 2015. Pour les plus privilégiés, 50 000 euros chacun, par an, en moyenne. Ces indemnités sont légales mais très loin de l’esprit de la loi qui voulait que ce travail soit bénévole.8 responsables ont un appartement de fonction. Cela représente 100 000 euros de frais l’année dernière.

Et ce n’est pas fini… L’ordre des chirurgiens-dentistes est généreux avec ses membres et parfois leur famille. ll offre des cadeaux : des bijoux, une montre sertie de diamants, des grands vins, des accessoires de haute couture. Il y aurait aussi des voyages. Comme un séjour de 4 jours en Corse, en 2012. Pour des raisons professionnelles ? Pas vraiment, selon la cour des comptes : "Ce voyage, réalisé sous couvert d’une « réunion confraternelle » avec les membres du conseil départemental de l’Ordre de Corse du Sud, a, en réalité, été conçu et organisé comme un voyage d’agrément : présence de conjoints, traversée depuis le continent avec des motos, hôtel de charme"

Alors comment expliquer tous ces cadeaux ? L’ordre des dentistes conteste en avoir offerts certains cités par la cour des comptes, comme la montre sertie de diamants. Mais son président reconnaît que pour d’autres, une bonne bouteille de vin par exemple, ça peut arriver : " Vous trouvez anormal de temps en temps, de donner un stylo ou un pull ?", se défend Gilbert Bouteille, président du Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes. La cour des comptes, elle ne trouve pas ça tout à fait normal.  Elle demande un contrôle renforcé des comptes et de la gestion de l’ordre des chirurgiens-dentistes.

 

Areva: une usine livrée avec 32 ans de retard ?


Areva, le fleuron français du nucléaire connaît des ratés retentissants. Aux Etats-Unis, une usine d’Areva pourrait être livrée avec 32 ans de retards !

C'est au Sud-Est des Etats-Unis que se situe l’usine Areva. Il s'agit d'un chantier colossal de 1500 ouvriers pour une usine commandée par le gouvernement américain afin de transformer du plutonium militaire et en faire de l’électricité.

Associée à une entreprise américaine, Areva lance les travaux en 2007. Problème, selon un rapport du ministère de l'énergie américain, les erreurs s’enchaînent et les coûts explosent :

  • En 2007, la fin du chantier est annoncée pour 2016 pour un coût de 4,8 milliards.
  • Cinq ans plus tard, le projet est réévalué à 7,7 milliards et prévu pour une livraison en 2019.
  • Aujourd’hui, le coût est faramineux. 17 milliards d’euros. Livraison en 2048.  

Comment en est-on arrivé là ? A Washington, nous avons retrouvé l’une des rares personnes à avoir visité le site. C’était en mars dernier. Il a relevé des erreurs grossières : "Le problème avec ce projet c’est qu’il n’a pas été bien planifié. Ils ont livré des équipements mais ils n’avaient nul part où les stocker".

223 millions d'euros pour racheter du matériel mal stocké qui a rouillé

Des erreurs étonnantes sont décrites dans ce rapport du ministère de l’énergie américain. 

En voici quelques unes :

  • Pour du matériel mal stocké qui rouille et qu’il faut remplacer, le surcoût est de 223 millions d’euros.
  • Pour des équipements devenus obsolètes à cause des retards et qu’il faut changer, 470 millions d’euros supplémentaires.

Cette usine sera-t-elle finie un jour ? Rien n'est moins sûr. Entre le gouvernement américain et Areva, il y a comme un léger désaccord sur l’avancement du chantier. Dans ce rapport on lit que "66% des tuyaux ont été livrés". Mais pour le gouvernement américain, "seulement 1% a été installé, inspecté et contrôlé".

Résultat, pour l’administration américaine, moins d’un tiers de l’usine est terminée et sera livrée en 2048. Nous sommes allés poser la question à Areva. Son porte-parole conteste : "On ne cautionne pas naturellement le délai de 2048, on en est à 72% d’avancées, si le budget du département à l’énergie est conséquent, le projet va continuer d’avancer et sera fini d’ici une dizaine d’années."

Une dizaine d’années, c’est déjà ce que promettait Areva lors du lancement des travaux. Rendez-vous donc en 2027 pour une nouvelle estimation... si le projet n’est pas enterré d’ici là.

Les Camembert: sont-ils tous normands ?

Vous raffolez peut-être de Camembert, mais avez-vous bien regardé les étiquettes ? Sur certaines boites, il est écrit « Camembert de Normandie », sur d’autres « fabriqué en Normandie ». Quelle différence ? Ces fromages sont-ils tous vraiment normands ?

Le Camembert de Normandie est bien 100% normand, certifié par une AOP, une appellation d'origine protégée. L’un des derniers à en produire, c’est Patrick Mercier, éleveur-producteur à Champsecret. Il doit respecter un cahier des charges bien précis : utiliser du lait cru, le moulage à la louche doit être manuel. “ On doit mettre 5 louches à 40 min d’intervalles” précise le producteur. Et 50% du troupeau doit être composé de vaches normandes, et pâturer 6 mois de l’année dans une zone géographique bien précise.

En revanche, pas de cahier des charges aussi strict pour le Camembert “fabriqué en Normandie”, souvent produit par des industriels. Malgré de belles images de vaches normandes sur la boite ou des références à la tradition, seule certitude : l’usine de production est en Normandie, mais le lait peut venir d’ailleurs.
Patrick Mercier dénonce une pratique mensongère : « les grandes marques utilisent l’image de la vache normande, les prairies, le savoir-faire traditionnel… vous entendez tout ça sur toutes les grandes marques de Camembert de copie et nous qui faisons le vrai, nous le disons mais rien de plus qu’eux. Le consommateur est trompé quand il achète. »

"Fabriqué en" non conforme à l'UE

D’autant que, selon le règlement européen, le mot « Normandie » est réservé à l’AOP : “les dénominations enregistrées sont protégées contre (...) toute usurpation, imitation ou évocation” précise-t-il.

Alors pourquoi les industriels utilisent-ils tout de même la mention “fabriqué en Normandie? Aucun n’a accepté une interview. Au téléphone, l’un d’eux nous explique que la Normandie, c’est vendeur. “Aujourd’hui, on sait que tout ce qui est régional, local est important aux yeux des consommateurs. Et puis il y a l’export aussi, le mot Normandie est autant connu que le mot Paris et France.”

En France, le gardien des appellations, c’est l’INAO, l'Institut national de l'origine et de la qualité. Son président, Jean-Luc Dairien, reconnaît que le “fabriqué en Normandie” n’est pas conforme aux textes européens, alors il espère trouver une solution… par la négociation : “notre objectif est d’être en conformité avec le règlement, il n’est pas de donner un coup de frein aux uns et un coup d’accélérateur aux autres », explique-t-il.

En 2015, d’après le centre national interprofessionnel de l'économie laitière, il s’est vendu 65 000 tonnes de Camemberts fabriqué en Normandie et 5000 tonnes de Camemberts de Normandie. Le pot de fer contre le pot de terre...

Hamon / Macron : les députés PS voteront pour qui ?

Entre rester loyal à Benoît Hamon ou rejoindre Emmanuel Macron, le coeur des députés socialistes balance. Pour qui voteront-ils ? L’Oeil du 20h leur a demandé.

Sur les 227 parlementaires qui nous ont répondu, à ce jour, 146 assurent Benoît Hamon de leur fidélité. 19 soutiennent Emmanuel Macron. 62 n’ont pas encore pris leur décision.

Une hémorragie limitée

Premier constat, peu de députés PS font défection. La vague Macron n’a pas submergé le parti socialiste. Luc Carvounas, un soutien de Manuel Valls lors de la primaire, ironise sur cette « hémorragie qui n’a pas eu lieu et qui s’est transformée en un petit ruisseau vis-à-vis d’Emmanuel Macron ».  Les 62 députés indécis le sont-ils vraiment ? Ils pourraient tourner le dos à Benoît Hamon à en écouter certains.

Quoiqu’il arrive, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a prévenu : ceux qui parraineront Emmanuel Macron seront exclus du parti à la rose.

Attachés parlementaires : les députés respectent-ils la loi ?

A l’Assemblée nationale les députés font la loi. Mais eux-même la respecte-t-il ?
Nous avons enquêté sur les contrats de leurs attachés parlementaires : ceux qu’ils embauchent pour les assister. Des contrats pas toujours respectueux du code du travail. C’est pourtant la règle !

50 heures par semaine au moins, payées 35

Ils sont 2018 collaborateurs, embauchés en CDI mais en fait il s’agit d’un CDD puisque le contrat s’arrête à la fin de chaque mandature des députés. En fait, le contrat du collaborateur parlementaire est « attaché » à celui du député. Le contrat mentionne, à l’article 4, que le salarié est employé pour une durée légale du travail de 35 heures. Sauf que les assistants parlementaires, souvent non-cadre, font plutôt 50 heures par semaine et touchent 2500 euros bruts par mois, en moyenne.
Ce sont des heures supplémentaires non déclarées et donc non payées : ça n’est pas très légal ! Un avocat nous le confirme. En 2015, un rapport commandé par l’assemblée nationale souligne les risques qu’encourent les députés : des peines de contravention, d’amende, voire d’emprisonnement.

Des contrats flous qui facilitent les abus

Nous avons rencontré un des rares parlementaires qui acceptent de nous en parler, ouvertement, et de reconnaître des abus. Et c’est justement parce que les contrats de travail sont imprécis, sans cadre juridique que ces abus sont possibles. Dans le contrat, aucune précision sur le travail à fournir pour des employés souvent très diplômés, qui n’ont pas de convention collective. Cela mène parfois à des dérives. Une ancienne collaboratrice accepte de nous raconter certains de ces abus. Par peur de briser leur carrière, peu d’assistants osent attaquer leur député en justice.

En novembre dernier, les attachés parlementaires ont obtenu quelques avancées avec un accord collectif, qui propose une indemnité de fin de contrat aux collaborateurs. Mais attention ! Ces avancées restent au bon vouloir du député… Pour la reconnaissance du statut des assistants parlementaire : il y a encore du travail !