Députés novices: premiers (faux) pas...

Parvenir à l’Assemblée nationale, c’est bien! Mais pour faire passer ses idées ou ses propositions mieux vaut en maitriser les règles! Et certains sont encore en phase d’apprentissage...

Se plier aux us et coutumes de l’Assemblée, à la solennité du lieu, cela s’apprend doucement… quelque tutoiement échappé “vas y… allez y, M. Maillard” se reprend l'un des vices-présidents de l'Assemblée nationale à l'adresse du député LREM... Sylvain Maillard, qui au cours de son intervention hésite, regarde sa fiche... "je n'arrive plus à me relire" s'excuse-t-il. Prendre la parole dans l’hémicycle demande aussi un peu de pratique. Première séance publique au perchoir pour la vice-présidente Danielle Brulebois, un peu perdue dans le déroulé de la séance, heureusement un administrateur est là pour l'épauler... "Mes chers collègues, je voudrais vous remercier, c'était ma première séance... c'est toujours compliqué de concilier l'écoute et la souplesse avec un règlement d'Assemblée nationale mais je vous remercie pour votre compréhension et votre bienveillance", conclut-elle.

Des premiers pas en tâtonnant… parfois, avec quelques conséquences! Le 6 juillet dernier, premier vote dans l’hémicycle, à l’ordre du jour la prolongation de l’état d’urgence! “Le scrutin est ouvert" annonce le Président de l'Assemblée nationale, "le scrutin est clos” lance-t-il à peine cinq secondes plus tard. Brouhaha dans l’Assemblée, 37 députés distraits ont raté le coche “Quoi? Vous n’avez pas eu le temps d’appuyer sur le bouton?” demande, un peu amusé, le président!

Micro coupé
Avec François de Rugy, en séance, ça ne traine pas ! Autre règle sur laquelle le président de l’Assemblée ne transige pas: les questions au gouvernement, c’est deux minutes par personne, pas plus! Eric Coquerel, député de la France insoumise l’a appris à ses dépends: M. De Rugy l'interrompt "merci M. Coquerel” micro coupé! Il n'a pas eu le temps de finir de poser sa toute première question.
Même sanction pour les ministres! La première réponse de Marlène Schiappa... nous n’en connaitrons pas la fin! “Le principe de la séance de questions au gouvernement, c'est que ce soit assez dynamique. Lorsqu'on a une question préparée, c'est très facile de la calibrer pour qu'elle ne dépasse pas deux minutes", explique François de Rugy, qui en est à son troisième mandat de député.

Si certains se voient couper le micro, d’autres en oublient qu’il reste parfois allumé. En fin de séance, la présidente en marche de la commission des lois croit chuchoter avec son collègue… raté! On l'entend clairement tacler ses collègues : “Attends, on a une responsable de texte qui est inexistante, c'est comme si elle était à Nouméa sur une chaise longue. Naïma elle fait ce qu'elle peut. Et on a un groupe qui dort, qui ne sait pas monter au créneau, qui est vautré." De quoi alimenter les critiques sur son propre groupe!

424 députés ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale. Ils ont 5 ans pour devenir... comme leurs prédécesseurs... des professionnels du Palais Bourbon!

Emmanuel Macron a-t-il utilisé les moyens de l’état pour financer sa campagne ?


C’est l’épilogue de l’élection présidentielle. Chaque candidat dépose ses comptes de campagne auprès d’une commission qui les examine. Une campagne qu’Emmanuel Macron a officiellement démarré le 16 novembre 2016.

En réalité, à cette époque, cela fait déjà huit mois qu’en secret Emmanuel Macron se prépare et collecte des fonds. A l'Assemblée nationale, certains députés s'insurgent, à l'instar de Georges Fenech (LR) : "Le ministre de l’Economie a parallèlement effectué une levée de fonds, ce conflit d’intérêts ne peut qu’interpeller la représentation nationale".

Comment cette collecte d’argent s’est-elle organisée ? Emmanuel Macron, alors ministre, a-t-il utilisé les moyens de l’Etat pour financer son mouvement En Marche ? Révélations sur une levée de fonds, hors norme.

"C'est son job de soutirer de la maille aux gens"

En avril 2016, Emmanuel Macron lance En Marche. Pour remplir les caisses, Emmanuel Macron s’entoure d’une équipe d’anciens financiers et cadres du CAC 40. Leur objectif : récolter 22 millions d’euros en un an.

Le mouvement En Marche identifie des profils particuliers chargés de les aider. Dans un échange que nous avons consulté, à propos du fundraising ces levées de fonds, un membre de l’équipe écrit : "Je vous fais suivre le profil de X. (...) Elle serait top pour donner un coup de main sur le fundraising (...) : elle est très maline, hyper sympa, c’est son job de soutirer de la maille aux gens qui ont de la thune..."

Leurs cibles : banquiers, entrepreneurs, cadres du CAC 40

Puis l’équipe d’Emmanuel Macron planifie des déplacements dans toute la France : Orléans le 8 mai, Toulouse le 19 mai, la Grande Motte le 26 mai, Chalon-sur-Saône le 30 mai, Rennes le 20 juin.

Dîners, cocktails, déjeuners, l’équipe d’En Marche a tout prévu pour chercher de l’argent où il y en a. Leurs cibles ? Banquiers, entrepreneurs, Cadres d’entreprises du CAC 40, avocats.

A Bordeaux, le 9 mai 2016, un coktail se tient sur une péniche. Pendant une heure et demie, Emmanuel Macron présente sa vision de la France. Face à lui, une cinquantaine de chefs d’entreprise de la région. Nous avons retrouvé l’un d’entre eux, séduit par la démarche du ministre : "Il a jamais été dit expressément qu’il recherchait des fonds mais quand vous réunissez 80 chefs d’entreprise et que vous dîtes que vous avez pas de réseau, pas de parti rien (…) j’ai fait un chèque parce que je soutenais ses idées".

Les 2/3 viendrait de riches donateurs

Dès les premiers mois, des donateurs, il y en a eu beaucoup. Nous en avons contacté plus de cinquante qui ont mis la main au portefeuille. Fin septembre 2016, en seulement six mois, En Marche a accumulé 1 500 000 euros. Selon nos informations les deux tiers de cette somme viendrait de riches donateurs qui ont déboursé plus de 500 euros.

Mais Emmanuel Macron, ministre à l’époque, avait-il le droit de récolter ces fonds ? L’article 52-8 du code électoral est très clair : "Les personnes morales (...) ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit..." 

"Qui a payé la voiture ? c'est nous."

Ces dons, ce sont par exemple les véhicules ou encore les chauffeurs mis à la disposition du ministre et utilisés lors de ses déplacements. A Londres, le 14 avril 2016, Emmanuel Macron rencontre des start-up du numérique. En marge de ce voyage, il déjeune avec une cinquantaine de riches expatriés et récolte des dons.

Lors de de son déplacement à Bordeaux, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, a-t-il utilisé les moyens de l’Etat, pour récolter des dons ? Un des chefs d’entreprise invité en est convaincu. Cela s’est fait au frais de l’Etat et donc du contribuable. "Il y avait une escorte de police pour l’amener, qui a payé l’escorte ? C’est nous. Qui a payé la voiture ? C’est nous."

Aucune trace de la rencontre dans l'agenda du ministre

Dans l’agenda du ministre de l’Economie, lors de ce déplacement officiel, aucune trace de la rencontre sur la péniche prévue à 19h. Le propriétaire du bateau nous le confirme. Des consignes ont été passées : "On nous a demandé de ne pas communiquer sur les réseaux sociaux, on nous l’a pas dit comme ça, mais on nous a dit que ce n’était pas un déplacement officiel donc il ne pouvait pas y avoir de communication".

Nous avons contacté l’équipe d’En Marche sur ces déplacements. Voici leur réponse : "Aucun moyen du ministère n’a été utilisé pour ces rencontres. Seuls les officiers de sécurité suivent le ministre dans l’ensemble de ses déplacements, y compris privés."

C’est maintenant à la commission nationale des comptes de campagne de se prononcer. A elle de valider, ou pas, les comptes d’En Marche. Elle rendra sa décision d’ici le 8 janvier.

Macron copie-t-il Obama?

Emmanuel Macron s’inspire-t-il des présidents américains et surtout de Barack Obama? Nous avons regardé de plus près! Au jeu de la communication politique, il y a comme des similitudes...

Emmanuel Macron qui s’adresse aux parlementaires réunis en Congrès à Versailles, il le fera désormais chaque année, comme… Barack Obama et tous les présidents américains lors de leurs discours sur l’état de l’union. S’il s’inspire des institutions américaines, Emmanuel Macron s’inspire-t-il aussi de la communication de l’ancien président américain ?

C’était le 9 juin dernier, une image jamais vue à l’Elysée. Le Président de la République répond au standard téléphonique du Palais, une séquence diffusée sur la page Facebook de L’Elysée. Une séquence qui rappelle… Barack Obama, lui aussi standardiste sur un plateau de télévision américain!

Sur le terrain, Obama et Macron, deux présidents qui n’hésitent pas à mouiller le maillot! Barack Obama joue au tennis, Emmanuel Macron aussi, c’était pour promouvoir les JO de Paris 2024. Football, basket, vélo… régulièrement, tous deux s’affichent sportifs et décontractés.

Générationnel

Autres images troublantes: leurs portraits officiels. Pour la première fois le Président français pose appuyé sur son bureau, dos à la fenêtre… là encore, comme Barack Obama .
“Quand on fait une photographie officielle on regarde tout ce qui a été fait avant vous, on regarde ce qui a été fait à l’étranger, c’est impossible qu’ils ne soient pas tombés sur la photo d’Obama » avance Christian Delporte, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines et directeur du Temps des médias. « Obama dans l’imaginaire collectif, c’est un type moderne et sympa, et un président respecté. C’est exactement ce que Emmanuel Macron veut communiquer » analyse-t-il.

N’est-ce pas aussi une question de génération? Le Premier ministre canadien Justin Trudeau se montre lui faisant des pompes. Avant eux, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair apparaissait en short, raquette à la main.

A l’Elysée, on se défend de s’inspirer d’Obama. Il y a bien une nouvelle forme de communication politique, mais toute ressemblance serait fortuite.

Gouvernement : une photo bien cadrée!

A chaque nouveau gouvernement, une belle photo de famille. La dernière en date a fait grincer des dents… Emmanuel Macron et ses ministres dans le jardin de l’Elysée ou l’histoire d’une image contrôlée!

jeudi 22 juin, premier conseil des ministres du gouvernement remanié … mais à leur arrivée, les photographes ont posé leurs appareils et scandent « on est en grève Mme la ministre”. Mécontents les photographes. Dans la cour, ils sont une trentaine et ils apprennent qu’ils ne pourront pas tous faire la photo de famille du gouvernement, comme nous l’explique l’un d’eux : “Normalement chaque photographe peut accéder, un par journal, par magazine ou agence. Et là ils avaient aussi décidé de faire un pool réduit à trois journalistes”.

"Entrevoir les affinités"

Moins de photographes et pas de coulisses. C’est la volonté de l’Elysée. Depuis des années pourtant, les photojournalistes pouvaient saisir les instants « avant » et « après » la photo officielle : des ministres qui se tapent dans le dos, qui rigolent et qui papotent. Mais cette fois pas question. Dans la cour de l’Elysée, les photographes ont tenté de négocier avec la communication de l’Elysée : “Si tu ne veux pas qu’on les fasse avant et après, ça ne sert à rien ! On la fait pas. Le Président qui parle avec le Premier ministre, c’est une photo, je suis désolé !»

Une trentaine de journalistes a finalement pu faire la photo posée, quant aux coulisses... “Quand on est arrivé dans les jardins, tous les ministres étaient déjà en place. Ils n’ont pas bougé sur leur praticable» raconte un photojournaliste. « L’installation, ça permet de faire une photo différente, plus naturelle. De voir qui parle avec qui, d’entrevoir les affinités…"

Pas comme Hollande

Des coulisses sympathiques, naturelles… c’est justement selon Philippe Moreau Chevrolet, communicant, ce dont le nouveau président ne veut plus: “ Tout cela était décrypté par les commentateurs et c’est ce que veut éviter Macron. Macron veut chasser le commentaire de la sphère du journalisme politique.”

Mais pourquoi vouloir faire la chasse à ces instants informels? “L’actuel président souhaite changer tout cela, faire une communication plus maîtrisée parce qu’il s’est aperçu que celle de François Hollande qui était très ouverte et très disponible envers les journalistes lui a coûté assez chère » nous explique Jeff Wittenberg, journaliste politique à France 2.

Contacté, l’Elysée assume ce choix. Avec les coulisses de cette photo, il n’y aurait aucune histoire à raconter. Ou pas...

Jean-Pierre Raffarin et ses raffarinades

Jean-Pierre Raffarin quitte la vie politique : elle a été bien remplie ! On retient ces petites phrases bien à lui et une passion pour la Chine : ca donne des formules pas toujours très claires !

Découvrez ce petit lexique des Raffarinades illustrées.

La marque de fabrique de Jean-Pierre Raffarin: une réthorique politique très imagée ! Comme lors de son discours de politique générale, en 2002, il explique : “notre route est droite mais la pente est forte”

Il n’hésite pas à destabiliser son auditoire, en pleine campagne pour le « OUI » à la constitution européenne, il s’exprime en anglais, en français : parfois on dirait du chinois ! Comme avec cette formule : “the yes needs the no to win against the no” qu’il traduit en français par : “le oui a besoin du debat pour gagner”

Cet ancien communicant de Jacques Vabre sait trouver les slogans : « une région c’est un petit matignon »

Il s’adresse aux jeunes : « Je dis aux jeunes la fête c’est la vie, la vie c’est ton visage » et aux syndicats, en reprenant une chanson de Lorie sur «la positive attitude »

Le tout pimenté d’une bonne dose d’humour !

Terminée la politique, Jean-Pierre Raffarin lance une ONG internationale.

Comme il aurait pu le dire :  “le chemin le plus long, c’est la marche d’après”

Comment garder son salaire quand on perd son mandat : des députés ont trouvé la parade


Pour les députés battus ou qui ne se représentent pas, terminés les 5 600 euros d’indemnités chaque mois dans la tirelire. Mais pour ces élus, il y a un moyen tout à fait légal pour compenser la baisse de leur pouvoir d’achat. 

A Orléans, l’ex député Oliver Carré, frappé par le non cumul des mandats, est resté le maire de la ville. Le lendemain des élections législatives, le conseil municipal vote son augmentation. Son indemnité passe de 958 euros à 4 100 euros net par mois. Mais ce n’est pas tout. Jeudi 22 juin, il est élu président de la métropole d’Orléans. Un nouveau mandat et 3 700 euros de plus par mois.

Au total, Olivier Carré perçoit 7800 euros net d’indemnité, proche de ce qu’il touchait lorsqu’il était député. Pour M. le maire, rien d’anormal : "Il y a beaucoup de gens qui ont été choqués d’apprendre que le maire ne touchait que 900 euros. Quand vous n’êtes plus député, c’est le montant normal de la rémunération de maire qui reprend et arithmétiquement ça remonte".

La conseillère municipale d'opposition Corinne Leveleux-Teixeira (PS) reproche à Olivier Carré un mauvais signal envoyé aux électeurs : "C’est pas juste un augmentation, c’est une multiplication par 5, on a été surpris par le choix du timing. Beaucoup de citoyens s’interrogent sur la moralisation de la vie publique. Là on trouvait que le signal envoyé était particulièrement malvenu."

80% d'augmentation à Cholet

L’augmentation d’Olivier Carré est légale. Il a le droit de cumuler deux indemnités. Il est proche du maximum permis par la loi.

D’autres maires n’ont pas attendu longtemps avant d’augmenter leurs indemnités. A Roanne, le traitement de l’ancien député Yves Nicolin est passé de 2 757 euros à 5 187 euros mensuel.

Il préside aussi l’agglomération. Au total, il perçoit environ 8 200 euros brut, le montant maximal autorisé. Yves Nicolin assume : "je suis président d’une agglomération, je suis maire d’une ville, je dois être payé pour ce que je fais. Je ne connais personne qui vit de l’air et du temps".

A Cholet, l’indemnité du maire Gilles Bourdouleix a gonflé de 80% : passant de 2 323 euros à 4 182 euros bruts par mois.

Pour les députés, le cumul des mandats prend fin dès le 1er juillet. Mais pour les élus locaux, ce n’est pas près de s’arrêter.

La République en marche : comment le parti prépare ses nouveaux députés ?


Ils sont 308 députés LA REPUBLIQUE EN MARCHE à faire leur entrée à l’Assemblée.

174 sont novices en politique et bientôt ils voteront des lois. Alors comment sont-ils formés et encadrés par le parti pour appliquer le projet du président ?

Cette semaine, ils sont venus des quatre coins de la France pour chercher leurs préciseuses « malettes » à l’Assemblée.

Ils sont encore un peu perdus dans leurs nouvelles vies, pas très au courant de leur nouveau métier, et question protocole : pour le premier jour, tout n’est pas encore très au point. Nous avons suivi les premiers pas de 6 députés LREM du Maine et Loire.

 

Eux comme tous les autres nouveaux venus sont pris en main par le parti :  D’abord en les conseillant. A l’Assemblée, c’est François de Rugy qui s’en charge.

lui en est à son 3eme mandat.

Ensuite, Le parti En marche facilite la vie à ses députés. Il leur propose une liste de cv pour qu’ils choisissent plus facilement leurs attachés parlementaires.

Enfin, tous les députés suivront ce week-end un séminaire à l’Hôtel de Lassay.

Et même au sommet de l’Etat, on accompagne ces nouveaux députés En Marche invités pour un cocktail dans les ministères, ou un déjeuner à Matignon.

Accompagner, encadrer, les nouveaux députés, pour qu’ils soient disciplinés? Reponse dans l’Hémicycle - la rentrée c’est mardi

Turbulences pour l’avion militaire A400M

La star du salon du Bourget : l’A400M ! Un avion militaire européen : "C’est un excellent avion. C’est l’avion de transport militaire du 21ème siècle”, se vante un responsable d'Airbus. Ce dont il parle moins : les turbulences que traversent l’avion. L’oeil du 20H vous raconte l’histoire d’un gouffre financier à plusieurs milliards d’euros.

A l’inauguration du salon du Bourget, Emmanuel Macron arrive en A400M. Avant lui, en 2013, François Hollande. Deux VRP de luxe, pour un appareil qui en a bien besoin. Aujourd’hui, la France en possède 11. La première livraison est arrivée avec 4 ans de retard. Et le budget de l’A400M a explosé. Montant prévu : 20 milliards d’euros. Aujourd’hui, c’est 30 milliards, en partie financés par les 7 pays associés pour construire l’avion. Un dérapage financier souvent dénoncé par la cour des comptes, et plusieurs rapports parlementaires : problèmes financiers, difficultés techniques, retards pris pour sa livraison”. L’avion s’est même écrasé lors d’un vol d’essai, il y a deux ans, faisant 4 morts.

Comment expliquer ces déboires ?

D’abord les pays à l’origine du projet voulaient un avion sans doute trop complexe. L’A400M doit transporter des troupes, du matériel, des hélicoptères, atterrir sur du sable. Bref : un 4x4 de l’aviation. Un défi gigantesque, difficile à relever.

Problème principal : le moteur, il a fallu des années pour le mettre au point, entraînant retards et surcoûts. Ensuite l’A400M, ne remplit pas toutes ses missions. Impossible de larguer 116 parachutistes d’affilés, comme c’était prévu. Les militaires risquent de se heurter à cause des perturbations provoquées par l’avion. Enfin, le ravitaillement des hélicoptères en vol. Raté. Le tuyau prévu pour relier les deux appareils est trop court. Alors pourquoi autant de dysfonctionnements ? “Notre part de responsabilité est certainement due au fait que nous avons sous-estimé l’aspect technique et industriel du programme”, confesse Sylvain Goldberg, responsable des relations clients d’Airbus.

Et vous savez quoi ? Ces dysfonctionnements ont des conséquences pour l’armée française, financières encore une fois. Pour Patrick Gaillard, directeur du bureau d’études en technologie de défense, AA/ROK, L’A400M était très ambitieux ». Selon lui, cela oblige l’armée française « à acheter des avions plus petits ». Il s’agit de quatre C130 américains estimés à 400 millions d’euros.

Les militaires français qui utilisent les premiers A400M notamment en Afrique, se disent eux, satisfaits. Airbus promet que les dernières turbulences techniques seront bientôt résolues. A l’oeil du 20H, on remontera à bord pour vérifier.

Modem: dans la tourmente des assistants européens

Au parlement européen, un député est très richement doté… 24 000 euros par mois pour rémunérer ses assistants. Cette enveloppe aurait-elle été détournée de son usage ? C’est le soupçon qui pèse sur les attachés parlementaires des eurodéputés du MODEM.

DEUX ANCIENS ASSISTANTS PARLENT 

C’est un témoignage qui pourrait peser lourd dans l’affaire des assistants parlementaires payés par l’Europe mais qui auraient travaillé pour le parti. Elle s’appelle Quitterie de Villepin. Attachée à la délégation du parlement européen à Paris de 2005 à 2007, très proche de François Bayrou. Elle participe activement à sa campagne présidentielle de 2007.

Son salaire aurait d'abord été payé par le parti, puis par l’Europe. A cette époque, elle aurait pourtant travaillé majoritairement pour le parti: “oui des assistantes parlementaires payées par le parlement européen travaillaient pour le parti de l’UDF (ancien MODEM). Je le sais car j’ai été l’une d’entre elles payée d’abord à mi-temps puis à temps plein. J’étais trop heureuse de servir à 27 ans ce que je pensais être l’intérêt général. Je n’avais évidemment aucunement conscience que ça n’était pas dans les clous”

Il y a quelques jours, Matthieu, un ancien salarié du Modem, a envoyé une déclaration au Parquet de Paris. Il en a dit un peu plus sur ce système. Le voici sur des images de l’époque. En décembre 2010, il est recruté par le parti pour s’occuper du site internet. Le lendemain de son recrutement, on lui propose de signer un avenant à son contrat. Il est détaché à temps partiel auprès de l’eurodéputé Modem Jean-Luc Benhamias, qui prend en charge, en 2011, une partie de son salaire. Nous avons rencontré Matthieu. Il affirme que ce travail auprès du député était fictif: “je n’ai eu aucun brief avec lui, aucune réunion de cabinet, je l’ai juste croisé comme ça au siège. Je ne suis jamais allé à Marseille (la circonscription de Jean-Luc Benhamias), ni même à Bruxelles. Je suis incapable de justifier du moindre travail pour lui.”

Jean-Luc Benhamias estime lui que Matthieu a bien travaillé pour lui et pour l’Europe: "il s’occupait du site web. Il est assez facile de voir qu’il répercutait toutes les actions européennes que je faisais"

UN SYSTEME ? 

Ce système de contrats à temps partiel, payés pour une part par le parti, pour l’autre par le parlement européen, Corinne Lepage, ancienne eurodéputé Modem, l’a raconté dans un livre. Selon elle, le Modem aurait imposé par écrit à chaque eurodéputé de détacher un de ses assistants parlementaires pour le compte du parti: “je crois me souvenir que c’était au siège, un document que j’ai pas signé. Mes collègues de l’époque n’avaient pas forcément la même réticence, ils étaient plus dépendants du Modem que je l’étais moi même. Leur objectif c’était de pouvoir disposer au sein du Modem de personnel payé sur une enveloppe d’assistanat parlementaire”

Cumuler deux emplois à temps partiel, c’est légal. Exemple : l’eurodéputée Nathalie Griesbek avait une assistante parlementaire Sophie. Elle était aussi secrétaire et standardiste au Modem. A-t-elle vraiment travaillé pour l’Europe ?
A son sujet un ancien assistant parlementaire imagine les questions des magistrats: “quand on va leur demander à la standardiste du Modem : est-ce que vous avez travaillé pour l’Europe ? Si la seule ligne de défense c’est “parfois j’ai répondu à des coups de téléphone et c’était pour Bruxelles, entre nous c’est indéfendable.”

François Damerval était aux côtés de Corinne Lepage à Bruxelles. En charge de collaborer avec les assistants européens du Modem qui travaillaient aussi pour le parti. Son avis sur l’activité de certains est définitif.

Pour François Bayrou et Marielle de Sarnez il n’y a rien d’illégal dans cette affaire. Ce sera au parquet de Paris de se prononcer. Une enquête préliminaire pour abus de confiance a été ouverte la semaine dernière. C’est désormais au parquet de Paris de s’emparer du dossier. Une enquête préliminaire pour abus de confiance et recel de ce délit a été ouverte la semaine dernière.

Majorité En marche aux législatives : ils n'y croyaient pas!

En politique, comme aux cartes, on fait des paris. Une majorité pour Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale, ils étaient nombreux à ne pas y croire. Pari perdu!

Au soir de l’élection d’Emmanuel Macron, Alexis Corbières, porte-parole de la France insoumise, en était certain: “il n’y a pas de majorité politique sur son projet et nous allons le voir dans les élections législatives qui viennent”. Raté ! Benoit Hamon, battu hier soir dès le premier tour des législatives, n’était pas non plus visionnaire au soir de la présidentielle: “si 65% des Français ont voté Emmanuel Macron, cette majorité n’existe pas pour démanteler le code du travail par ordonnance”.

Et que dire de François Baroin, l’actuel chef de file des candidats LR pour les législatives? Le 7 mai, voici ce qu'il disait à François Bayrou, soutien d’Emmanuel Macron : « vous pensez qu’il y aura une majorité parlementaire, nous pensons que ce sujet-là va exploser et nous vous donnons rendez-vous !”

Rendez-vous dans 6 jours. D’après certaines projections pour le second tour, La République en marche pourrait même obtenir seule la majorité à l’Assemblée nationale, sans ses alliés du MoDem.