Le budget 2018 : de droite ou de gauche ?

Il paraît qu’Emmanuel Macron n’est «ni de droite, ni de gauche».

D’autres, comme Jean-Luc Mélenchon, l’imaginent plutôt «président des riches». A droite au contraire on le dépeint volontiers en «clone de François Hollande».

Le premier budget du quinquennat nous aiderait-il à y voir plus clair ? Emmanuel Macron penche-t-il plutôt à gauche ou bien à droite ?

L’Oeil du 20h a fait les comptes.

Parmi les mesures déjà connues : la réforme de l’ISF, la suppression de la taxe d’habitation, ou encore la baisse des emplois aidés… En tout, plusieurs dizaines d’annonces budgétaires depuis le début de l’été.

 

Certaines sont plutôt de droite.

  • La réforme de l’ISF

Désormais, seul le patrimoine immobilier sera taxé.

Moins imposer les plus fortunés, François Fillon dans son programme lui aussi le proposait en supprimant l’ISF. Et Nicolas Sarkozy avait divisé par deux les contribuables concernés.

  • La baisse des emplois aidés

Le budget en prévoit 120 000 de moins.

François Fillon voulait tous les arrêter. Nicolas Sarkozy en a supprimé 300 000 pendant son quinquennat.

  • La «flat-tax», cette taxe sur le capital, qui touchera certains produits d’épargne.

Comme Emmanuel Macron l’annonçait dans son programme, le budget prévoit un impôt unique de 30%... soit exactement la même mesure que celle proposée par François Fillon.

 

Et des mesures plutôt classées à gauche, il y en a ?

  • La suppression à 80% de la taxe d’habitation

Lionel Jospin proposait une réforme comparable dans son programme en 2002 !

  • La hausse de la prime d'activité pour les bas salaires

C’était la première phase du revenu universel du candidat Benoît Hamon.

  • 2 500 professeurs supplémentaires pour encadrer certaines classes de CP ?

François Hollande voulait en créer 60 000 en 5 ans.

 

Voilà qui a l’air équilibré ? Pourtant quand on additionne le coût de toutes ces mesures, la balance penche nettement d'un côté. «A gauche, on a un budget global inférieur à 4 milliards d'euros, calcule pour nous Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. A droite, on arrive à 7,2 milliards. On voit donc bien que le rapport de force est clairement en faveur des mesures traditionnellement ancrées à droite.»

D’ailleurs à l’Assemblée nationale, certains députés de droite le reconnaissent. «Je dirais que c'est un budget de centre-droit, c'est-à-dire qu'il est libéral-social, estime Pierre-Yves Bournazel, député LR-Constructifs de Paris. Sur l'essentiel, ça me convient.»

Même dans le camp du président, certains pensent que le budget aurait pu mieux cibler les plus modestes. «On a un plan de relance de l’activité, il faut un plan de relance social, jugeait Brigitte Bourguignon, députée LREM du Pas-de-Calais, dans les colonnes de l'Opinion la semaine dernière. “Pauvre”, ce n’est pas un gros mot !»

Conclusion : le budget 2018 penche plutôt à droite. En même temps, avec un Premier ministre et deux ministres à Bercy issus des Républicains, est-ce étonnant ?

Publié par L’Œil du 20 heures / Catégories : Non classé

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  • La chèvre de M. Seguin

    De droite ? de gauche ? Ni de droite et Ni de gauche ?
    ou Et de droite Et (en mème temps) de Gauche ?
    Vaste question qui fait enrager Mélenchon et ses insoumis vénézuéliens, Hamon, Hol ' ane, un certain nombre de médias qui veulent se poser en arbitre des questions existentielles... (idem pour Masculin ? féminin ? neutre ? ou Et masculin Et féminin... j'en passe et des pires...).

    Ma réponse : je m'en contre-fiche. Pour moi, il n'y a que le résultat qui compte.
    Que je sache, c'est Emmanuel Macron qui a été élu, "la rue" lui a donné le pouvoir (!), c'est donc lui qui doit gouverner, à sa façon, avec son style qui est très régalien. Ça change de la cruche (style 4è république) d'avant.

  • Célestin Nls

    Sérieusement. Y a t-il encore quelques personnes qui pensent que Macron et son Gouvernement sont, même un peu, de gauche? Est-il aujourd'hui possible, avec nos institutions Françaises et européennes de l'être vraiment (Sénat, GOPE; lobbys, modes de scrutins etc)? De répondre aux défis de demain avec de vraies réformes intelligentes sur le travail et sa raréfaction, l'écologie, la répartition des richesses etc.
    Comme d'habitude les politiques proposées sont encore et toujours, indéfiniment depuis quasiment 30 ans, dans une ligne droitière. Ce n'est pas le problème de nos politiques, ils sont les fidèles petites mains du MEDEF et obéissent à à peu près tous les lobbys. L’intérêt général n'est pas vraiment leur cheval de bataille, même si cela créé de plus en plus un boulevard pour le FN, que ces politiques ont été un désastre social à peu près partout et que cela a fait exploser l'extrême droite à peu près partout en parallèle. Tout est à revoir. Ce n'est pas encore demain la veille que l'on aura des politiques intelligents, intègres, courageux et vraiment réformateurs.

    • Edualc

      Il me semble au contraire que les adjectifs de votre dernière ligne décrivent exactement Macron.
      J'ai cru pendant plus de 50 ans qu'une autre ligne politique était possible que la droitière (et j'ai voté en conséquence). Mais nulle part, la prétendue alternative n'a marché. Après 1981, 1983 est arrivé inévitablement. La vraie question n'est pas d'opposer des options plus ou moins fantasmées, mais d'additionner des intelligences qui ont le souci de l'intérêt général. Il nous faudrait 70% de syndiqués, ce qui suppose, entre autre, des syndicats réalistes.

      • Célestin Nls

        Une politique de gauche n'est pas forcément qu'une politique de relance. C'est réducteur. D'autant plus que si c'est le cas, cette relance doit être ciblée afin de limiter l’inflation, de ne pas trop s'endetter et de permettre aux secteurs ciblés de se développer, de faire de la recherche etc, entre beaucoup d'autres, vaste débat.
        Pour ma part et sans vouloir vous offenser, je pense que nos institutions sont depuis longtemps dans les mains des plus forts/plus riches plutôt que celles des citoyens et qu'énormément de choses sont à revoir si l'on veut vraiment une vraie démocratie. Ce n'est pas particulier à la France d'ailleurs. Quels que soient les résultats des élections, on ne se voit proposer peu ou prou que la même politique.
        Je pense de plus que ces politiques sont très dangereuses et qu'elles sont en train de préparer le terrain au FN dans 5 ou 10 ans alors que les signaux d'alarmes sont nombreux et que la maison brûle depuis quelques décennies déjà. Je pense que c'est tout le contraire d'une capacité à réformer que de céder à tous les groupes de pression pour faire encore et toujours la même politique qui ne marche pas.
        Nous sommes comme souvent en politique en plein dans le cynisme, la soif de pouvoir, la vision à court terme etc.. Encore 5 ans de perdus, et avec l'occasion de réformer vraiment courageusement et intelligemment.