SIRHEN, le logiciel très coûteux de l'Education nationale

Dans l’administration, les logiciels informatiques ce ne sont pas franchement des réussites. Louvois, ONP, Sirhen ils portent des jolis noms mais ce sont souvent des fiascos avec à chaque fois des millions d’euros d’argent public qui partent en fumée.

Au ministère de la Défense, le logiciel s’appelle Louvois, il sert à payer les militaires. Un logiciel devenu fou. Il rémunère trop ou pas assez les militaires. Son coût : 200 millions chaque année juste pour corriger ses erreurs. Le ministre de la Défense abandonne le projet fin 2013. Pour lui c’est un "désastre, une vraie catastrophe, indigne d’un pays comme le nôtre".

Bercy a lui aussi connu un raté. L’ONP, opérateur national de paie censé verser les salaires des fonctionnaires. Il a coûté 290 millions d’euros et a été enterré en 2014 car jugé trop complexe.

Budget multiplié par 8

Le dernier en date s’appelle SIHREN, un nom sorti des fonds marins pour Système d’information et de gestion des ressources humaines du ministère de l’Education nationale. Lancé il y a dix ans, il devait coûter 60 millions d’euros. Aujourd’hui, ce budget a été multiplié par 8 : 496 millions pour un logiciel encore loin d’être opérationnel.

Sa gestion est étrillée par la cour des comptes. Dans un rapport, elle dénonce "une complexité sous-estimée, un pilotage gravement défaillant, une dépendance du ministère aux prestataires extérieurs et une équipe interne trop réduite".

A l’Education nationale, nous avons contacté un des utilisateurs du logiciel pas vraiment enthousiaste : "Il y a des gros problèmes de plantage. A chaque fois qu’il y a des mises à jour, on se demande si le produit va redémarrer. Cet outil censé moderniser les pratiques se révèle moins fiable que les applications obsolètes."

Pourtant l’Education nationale l’assure, SIRHEN ne sera pas abandonné. Vint-mille agents sont déjà gérés par le logiciel pour un ministère qui en compte 1 200 000. Le directeur du numérique à l'Education nationale assume le retard : "Nous avons régulièrement choisi dans les phases initiales du projet de prendre du retard plutôt que de risquer qu’il y ait des impacts paye".

C’est promis, SIHREN doit être opérationnel en 2020. Rendez-vous dans quatre ans pour vérifier que le calendrier a bien été respecté.

Publié par L’Œil du 20 heures / Catégories : Non classé

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  • Gilbert

    Face à de tels errements, il n'y a donc pas de sanctions par emprisonnement ? .....
    Les contribuables sont bien bons .....
    Quelles gabegies ....

    • Marc Boyer

      Il ne faut pas se méprendre: de tels échecs existent aussi dans le privé, mais ils sont cachés sous le tapis. Mais l'administration a la cours des comptes, qui rend des rapports publics.

      • Gilbert

        Oui; pareil dans le privé :-).

        • Marc Boyer

          Des chefs débarqués ? Moi, ce dont j'ai entendu parlé, c'est de sous traitants débarqués, de projets dissous. Les chefs est sont promus ailleurs.

          • Gilbert

            Le principe de Peter sévi toujours, oui; mais moins, sur fond de crise; heureusement. Les grosses boîtes se permettent de moins en moins les promotions jusqu'au niveau d'incompétence ...Dans le privé; pour le public, c'est nettement moins évident ! ... Au pays de la garantie de l'emploi, la "promotion" reste un moyen efficace de se "débarrasser" de quelqu'un ! ....

      • Cédric

        Oui, mais dans le privé c'est payé par le donneur d'ordre privé, pas avec l'argent du contribuable...

    • Corsi Toyen

      Le PNF est déjà débordé avec les 1000 € de Fillon

  • Germaine MICHU

    Je comprends rien à tout à ça moi !

  • Rodrigue

    Il faudrait corriger le titre en écrivant SIRHEN au lieu de SIHREN

  • Corsi Toyen

    Et le PNF ne s'en saisit pas ????