Enquête sur l'assiduité des conseillers régionaux : comment nous avons procédé

Obtenir les données de présence des conseillers régionaux n'est pas une mince affaire. Pour y parvenir, nous avons sollicité chaque conseil régional, afin d'obtenir les procès-verbaux des séances plénières, et ainsi pointer séance après séance les absents et les présents. Pourquoi les séances plénières ? Car c'est le seul moment où toutes les délibérations sont votées, et où tous les conseillers régionaux sans exception sont appelés à siéger. En cumulant toutes les démissions et remplacements d'élus sur la dernière mandature, soit de mars 2010 à la fin 2015, nous avons calculé les taux de présence de 2 046 conseillers régionaux.

Ces données nous ont permis d'effectuer des moyennes de présence par conseil régional, ainsi que par nuance politique. Par souci de cohérence des statistiques, nous avons regroupé le parti Les Républicains et l'UDI - qui n'existait pas encore lors des précédentes élections régionales de 2010 - pour le calcul des moyennes. Par ailleurs, l'impact de ce regroupement sur la statistique de présence nationale du parti "Les Républicains" est mineur.

Comment est calculé le taux de présence ?

Certaines séances plénières pouvant se dérouler sur plusieurs jours, nous avons calculé les absences par jour, et non par plénière ou par demi-journée comme le font certains conseils régionaux. La journée est en effet le plus petit dénominateur commun pour le calcul de l'assiduité entre toutes les assemblées régionales. Enfin, qu'ils soient là pendant toute la séance plénière ou qu'une seule partie de la journée, les élus sont comptés comme présents à partir du moment où ils signent la feuille d'émargement. C'est la limite du calcul de l'assiduité des élus.

La plupart des services des assemblées ont joué le jeu : ils ont accepté de nous fournir les feuilles d'émargement ou les compte-rendus de séance, permettant de faire des moyennes à partir de documents officiels. Seules les régions Alsace, Paca et Corse nous ont directement fourni des tableaux "Excel" avec leurs propres calculs. Dans ces cas, il nous a donc été impossible de recouper ces calculs.

Les régions sont-elles toutes aussi transparentes ?

Pas du tout. Ce travail de récolte des données à dimension nationale nous a permis de tester le degré de transparence des régions. Nous avons distingué les administrations selon trois catégories.

  • Les régions modèles en termes de transparence sont celles qui mettent en ligne les feuilles de présence des élus sur leur site internet. Tout citoyen peut ainsi consulter les procès verbaux des séances plénières, et retracer l'assiduité des différentes personnalités politiques. C'est le cas des régions Bourgogne, Basse-Normandie, Bretagne, Centre, Picardie, Rhône-Alpes.
  • Les régions qui ne mettent pas les procès verbaux des assemblées plénières en ligne, mais qui nous ont envoyé les données de présence des élus. C'est le cas des régions Alsace, Aquitaine, Auvergne, Champagne-Ardenne, Corse, Franche-Comté, Haute-Normandie, Limousin, Île-de-France, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côtes-d'Azur, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, La Réunion, Guyane.
  • Les régions qui ne nous ont pas transmis les informations de présence des élus, ou qui nous ont transmis des documents que nous avons considérés comme incomplets ou imprécis. Il s'agit des régions Midi-Pyrénées, Martinique et Guadeloupe. Une seule région ne nous a fourni absolument aucune donnée, c'est Languedoc-Roussillon. Nous avons malgré tout pu nous procurer les informations grâce à des conseillers régionaux qui nous ont transmis les procès verbaux.

Comment est calculé le "bonnet d'âne" sur le moteur de recherche de Francetv Info sur l'assiduité des élus ?

En ce qui concerne le moteur de recherche mis en place par Francetv info, la mention "bonnet d'âne" découle d'un algorithme qui permet de reconnaître les élus démissionnaires en cours de mandat en limitant leur pénalisation par rapport aux élus qui ont siégé sur l'ensemble de la mandature. Un élu qui a le taux de présence le plus faible de la région n'est donc pas forcément le bonnet d'âne. Enfin, les résultats auxquels vous avez accès dans le moteur, que ce soit pour les "fiches élu", les "fiches région" ou les "bonnets d'âne" n'expriment que les statistiques de présence aux séances plénières, stricto sensu.

 

Publié par L’Œil du 20 heures / Catégories : Non classé

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  • pl

    Je ne peu pas croire que vous pensiez que ces gens étaient là pour travailler pour la France ! Ils cumulent les revenus donc les mandats et ne travaillent que pour eux.

  • SoDurval

    Beau travail ! , il serait possible de mettre en OpenData vos données collectées ? Merci.

  • Sam

    Et vous voulez pas partager vos données ?

  • jeandera

    Seule solution, interdire le cumul des rémunérations.