Milan, Lorient, San Francisco : ces villes qui collectent les biodéchets

Crédit - Emily Estienne

Épluchures de légumes, coquilles d’oeufs, pain sec… Ces déchets d’origine végétale ou animale, appelés “biodéchets”, sont nombreux dans nos poubelles. Mais le saviez-vous ? En les triant dès la cuisine et en les collectant séparément, ils deviennent de véritables ressources. Des villes comme Milan, Lorient ou San Francisco l’ont bien compris et pour les habitants, trier séparément les biodéchets est devenu un réflexe.

Un geste qui fait toute la différence

Épluchures, restes de repas, marc de café et sachets de thé, pain rassis, os, viandes, produits périmés et fleurs fanées, les biodéchets représentent plus d’un tiers de nos ordures ménagères. Aujourd’hui, les biodéchets sont soit enfouis en décharge soit brûlés en incinérateur où ils provoquent des nuisances au cours de leur dégradation (odeurs, production méthane, dioxines…). Pourtant, les trier permettrait de produire un compost de qualité pour le jardinage et l’agriculture et une énergie renouvelable (le biogaz).

De la terre à la terre, c’est finalement le cycle naturel de la matière organique qui est respecté ! En se dégradant en présence d’oxygène, celle-ci produit un compost chargé en carbone et en phosphore qui vient enrichir les sols agricoles et peut se substituer aux engrais importés, pour la plupart issus de la pétrochimie.

Ces villes qui collectent séparément les biodéchets

A Milan, Lorient ou San Francisco, les habitants disposent de trois bacs collectés séparément : la poubelle de tri, la poubelle d’ordures ménagères et une troisième poubelle dédiée spécialement aux biodéchets.

Aux Etats-Unis, San Francisco recycle ou composte près de 80% des déchets collectés. En Italie, Milan trie et recycle 50% de ses poubelles, démontrant qu’une ville de 1,4 millions d’habitants du sud de l’Europe peut déployer un vaste système de collecte séparée. Enfin, en France, Lorient fait figure d’exemple. C’est la plus grande ville dont 100% du territoire est couvert par une collecte séparée des biodéchets, ce qui lui permet d’atteindre un taux de valorisation matière de plus de 50%.

A grande échelle

Ces bons résultats de recyclage s’obtiennent grâce à la valorisation des biodéchets collectés. Les déchets organiques récupérés sont en effet compostés dans des plateformes pour ensuite être utilisés en agriculture. A Lorient par exemple, la Communauté d’agglomération a acheminé en 2014, 8000 tonnes de biodéchets sur une plateforme de compostage. Le compost est ensuite revendu aux agriculteurs de la région ou donné aux particuliers lors de manifestations de sensibilisation aux méthodes de jardinage respectueuses de l’environnement.

Une habitude à prendre

Au quotidien, trier ses biodéchets ne représente pas une grande contrainte, plutôt une habitude à prendre. Les biodéchets sont aisément identifiables ce qui rend le tri facile à comprendre et à respecter. Comme le prouvent les exemples de Milan ou San Francisco,, la collecte des biodéchets est possible en milieu urbain. Dans les immeubles, les habitants sont équipés de bio-seaux, des petits contenants qui prennent peu de place, dans lesquels on insère éventuellement un sac compostable. Cela limite les odeurs et les écoulements de jus et une fois plein, il suffit de descendre le sac dans les bacs prévus pour accueillir les biodéchets en bas des immeubles. A Lorient, ce geste est devenu une habitude pour la population.

Les retours d’expérience de ces villes montrent que la communication et la sensibilisation sont essentielles pour permettre aux habitants d’adopter les bons gestes. A Milan, l’effort de communication a été très important dans les premières années du dispositif, avec de nombreuses actions menées dans les écoles. Quant à Lorient, bien que  la collecte séparée soit en place depuis plus de 10 ans, l’agglomération continue de profiter de toutes les occasions pour sensibiliser au geste de tri, par exemple lors du festival interceltique.

Un intérêt pour le porte-monnaie

En plus d’un geste en faveur de l’environnement, le tri à la source des biodéchets peut faire une différence sur la facture des habitants. A San Francisco, l’argument du coût a été un véritable accélérateur. En effet, la ville a mis en place un système de tarification incitative : chacun paye en fonction de la quantité de déchets qu’il produit. Mais les tarifs sont évidemment différents selon le type de déchets. Les ordures ménagères non-recyclables ou non-compostables coûtent très cher, alors que les prix sont réduits pour les biodéchets et les déchets recyclables. Cela constitue un vrai encouragement au tri, pour les ménages mais également pour les professionnels, qui peuvent parfois voir diminuer leur facture de moitié en se mettant à trier.

Et si on s’y mettait tous ?

Le tri des biodéchets, encore peu développé en France, devrait faire partie de notre quotidien d’ici quelques années. La nouvelle loi de Transition énergétique votée cette année prévoit en effet une généralisation de cette pratique d’ici 2025 et des villes comme Paris réfléchissent à une expérimentation de collecte sur certains quartiers.
Et pour ceux qui ne voudraient pas en perdre une miette en attendant, il reste toujours la solution du lombricompostage, du compostage de jardin ou du compostage collectif pour commencer dès à présent à valoriser ses biodéchets !

Auteur : Laura Chatel - Zero Waste France

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