Un point sur la récolte 2017

Samuel MARIOT

Les vendanges, pour la plupart sont terminées et les dernières arrivent à la fin.

Je rentre d'Alsace où, comme chaque année, j'ai passé une dizaine de jours chez mon neveu pendant ses vendanges.

J'ai pu observer des raisins de bonne maturité, parfaitement sains, des jus bien équilibrés entre sucre et acidité. Autrement dit, la promesse d'un millésime de belle qualité. Ce serait parfait si la quantité était à la hauteur de la qualité, ce qui est loin d'être le cas. En effet les gels de printemps, la chaleur et la sécheresse de l'été et malgré la pluie au dernier moment sont la cause d'une forte diminution des volumes. C'est le cépage Gewurztraminer qui, ici, a le plus souffert, on constate au domaine un rendement d'environ 15 hectolitres par hectare, soit le cinquième d'une année normale.

Intéressons nous au Beaujolais puisqu'à partir du 16 novembre prochain une partie de la récolte 2017 se retrouvera sur le marché en Beaujolais Nouveaux. Le vignoble a été marqué par les aléas climatiques, mais aucune maladie, un état sanitaire parfait. La pluie à la veille des vendanges a permis au Gamay de pouvoir exprimer tout son potentiel fruité et aromatique. Les premières dégustations révèlent des vins équilibrés entre acidité, fruit et tanins. Le millésime s'annonce de grande qualité et rappelle 2015 avec des aspects plus élégants. Par contre les volumes sont faibles.

On s'aperçoit à présent que le point commun à toutes les régions est une récolte de qualité mais de quantité très faible à cause des conditions climatiques subies tout au long du cycle aboutissant à la maturité du raisin. La plus petite récolte depuis 1945 se confirme mais un millésime d'excellente qualité selon les professionnels.

La faiblesse des volumes va donc être source de difficultés, surtout financières, pour bon nombre de viticulteurs. Des aides sous diverse formes se font jour : mon neveu, par exemple a reçu ces jours ci un avis de dégrèvement pour une partie de ses taxes foncières à cause du gel qu'il a subi au printemps.

Dans d'autres régions des initiatives privées ont vu le jour comme par exemple dans l'ouest où une trentaine de restaurateurs nantais ont organisé trois soirées qu'ils ont baptisées « l’Épaulée nantaise » et les bénéfices réalisés seront reversés à des vignerons du Muscadet. Il faut rappeler que ce vignoble a perdu environ 50% de sa récolte cette année.

De la même manière, un restaurateur et un agent de vignerons parisiens ont créé en automne 2016 « les vendanges solidaires » pour soutenir les vignerons sinistrés par les catastrophes naturelles. Ils ont réitéré l'opération en 2017 en organisant, du 25 septembre au 16 octobre une vaste récolte de fonds auprès de restaurateurs, de cavistes et de brasseries partenaires qui reverseront 2€ par bouteille vendue à l'association.

Malheureusement, à cause de ces baisses de volume certains viticulteurs subissent une double peine car certains d'entre eux, peu scrupuleux, n'hésitent pas à couper les raisins dans les parcelles du voisin. C'est ainsi que dans le bordelais qui annonce une perte de volume de 40% cette année, près de 7 tonnes de raisins ont été volées sur pied en une dizaine de jours à Pomerol, Montagne Saint-Emilion et le libournais. La gendarmerie a annoncé le 27 septembre 3 vols pour lesquels une plainte a été déposée.

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  • etienne.louis2@wanadoo.fr

    Ils se plaignent sans arrêt, aujourd'hui, récolte médiocre en quantité, les autres années, ils n'avaient pas de place car leurs cuves étaient remplies et le vins ne se vendait pas.
    Ce sont des râleurs de métier