Le Vin dans la mondialisation

Sascha Etezazi

Restons un peu dans l'actualité avec le résultat de l'élection présidentielle. Cette course ultime s'est jouée entre les deux échappés du premier tour dont les projets étaient diamétralement opposés. Opposition entre l'ouverture au monde et le repli sur soi avec la fermeture des frontières.

Dans ces perspectives comment se situe le marché du vin ?

Il est clair que la vente du vin a besoin d'une ouverture sur l'Europe en particulier et sur le monde en général. Les pays producteurs de vin ont besoin d'exporter et cela pour deux raisons distinctes : soit parce que la taille du marché intérieur est limitée comme au Chili, en Afrique du Sud ou encore en Nouvelle-Zélande, soit parce que la consommation intérieure est en baisse comme en Espagne où elle a baissé de 35% ces dix dernières années, ou en France où elle a encore baissé de 10% en dix ans.

L'exportation est donc devenue une nécessité et la France tire bien son épingle du jeu dans ce domaine. J'en ai pour preuve l'exemple de mon neveu, viticulteur alsacien, qui s'est forgé des débouchés importants et solides en Belgique, au Danemark et en Finlande.

Pour preuve également cette enquête de la Sopexa auprès des distributeurs de sept pays sur leur perception du marché pour les deux années à venir. Elle révèle que la demande internationale pour l'origine Languedoc va progresser et souligne la montée en puissance de la concurrence espagnole. En terme d'image la France devance encore ses concurrents, notamment en Asie. Pour 69% des répondants à l'enquête les vins français sont jugés les plus performants, tous critères confondus, loin devant l'Italie avec 13% des suffrages. La perception des vins français reste très favorable sur des critères tels que les « vins pour les grandes occasions » ou le « relationnel avec les fournisseurs » ou encore « la prise en compte du développement durable ».

Une autre enquête très intéressante menée par l'agence marketing Sowine a décrypté les habitudes de consommation des « millénials » new-yorkais et londoniens.

Qui sont les millénials ?

Les millénials, appelés également « génération Y » ou « digital natives » sont les personnes nées entre 1980 et 2000 environ et représentent 20% de la population. Ils ont grandi avec l'évolution des technologies de l'information et de la communication, ce sont aussi les consommateurs de demain. Il faut noter aussi leur attrait pour l'informatique qui fait partie de leur vie ordinaire. Ils sont souvent considérés comme un « marché » car ils consomment énormément et ont un pouvoir d'achat important.

Pourquoi New-York et Londres ?

Car, selon le magazine Forbes, ces deux villes ont été élues les plus influentes du monde. Par ailleurs, dans son rapport d'avril 2016, l'OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin) a établi que les États-Unis et Londres ont été, respectivement, les deuxièmes et troisièmes importateurs de vin en 2015.

Les millénials sont devenus le moteur de la consommation de vin aux États-Unis. Un quart des millénials new-yorkais achètent leur vin principalement sur internet contre 16% des londoniens. Les supermarchés et les cavistes restent cependant les fournisseurs privilégiés mais le web les concurrence sur les prix et sur la diversité des produits proposés.

L'apprentissage passe également par le Net : 57% des jeunes new-yorkais considèrent que les cours de dégustation en ligne sont un bon moyen de s'instruire sur le vin. Les cours sont proposés en français et en anglais, la plupart gratuitement. Sinon pour 51% des millénials new-yorkais et londoniens la source d'information reste l'entourage.

Les millénials ou « génération sans pareille » sont en train de casser certains codes en privilégiant la fluidité des réseaux. Le commerce du vin se fera donc dans et grâce à la mondialisation, par delà les frontières. Rappelons que les vins et les spiritueux représentent le deuxième excédent commercial de la France derrière l'aéronautique.

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