"343 salauds" emmenés par Beigbeder insultent le combat pour les droits des femmes

2ou3-ALe 5 avril 1971, 343 femmes célèbres ou moins célèbres marquaient à jamais l'opinion française en co-signant une tribune à l'initiative de Simone de Beauvoir pour défendre le droit à la contraception et à l'avortement.

Vu sous l'angle du marketing politique, c'était un coup de génie : faire appel à plusieurs centaines d' "égéries" (des actrices, des écrivaines, des philosophes...) pour porter un message fort et incarné, suscitant l'adhésion et l'identification, ça n'avait encore jamais été fait. Et ça a eu son poids.

Comme toute action efficace en direction de l'opinion publique, le "Manifeste des 343" a eu ses imitateurs et ses imitatrices.

Parfois pour le meilleur : en se plaçant dans la lignée des femmes emmenées par Beauvoir en 1971, Clémentine Autain lançait il y a un an son "Manifeste des 313" femmes déclarant avoir été victimes de viol, pour dénoncer tous les tabous associés à la violence sexuelle.

Parfois pour le pire, comme ce qui nous attend dans les jours qui viennent avec le "Manifeste des 343 Salauds" emmenés par Frédéric Beigbeder pour défendre "le droit à leur pute".

Qu'il y ait débat sur la prostitution est un fait. Que l'on entende les voix de toutes et tous celles et ceux que la prostitution implique, prostitué-es elles-même et eux-mêmes pour commencer, client-es, responsables associatif-ves de terrain, militant-es pour ou contre l'abolition, expert-es des questions de société, je n'y suis pas opposée. Que l'on en profite pour interroger les notions de "choix", de "liberté", de "travail" dans nos sociétés, je trouve que c'est plutôt porteur pour chacun-e, que ça conduit à questionner son propre réel par-delà les certitudes d'être du côté du bien, de la morale, du juste ou du vrai. Que l'on discute avec lucidité des solutions à apporter aux problèmes très concrets et très urgents que pose une large partie de la réalité de la prostitution (proxénétisme et esclavagisme, trafic humain, conditions de vie et santé des personnes prostituées...), cela me semble normal : faut-il pénaliser le client? Si ce n'est la bonne réponse, comment le conscientiser (puisque j'estime qu'il est au minimum nécessaire, dans une ère où l'on se préoccupe à raison des conditions dans lesquelles les "biens et services" que nous consommons sont "produits", que le "consommateur" de prostitution s'intéresse aussi à l'humain-e qui est derrière la "prestation" qu'il paie)? Comment s'attaquer à la prostitution sans attaquer les personnes prostituées?

Qu'autant de questions soient soulevées, je préfère être claire d'emblée, ça ne me choque pas.

Ce qui me choque, en revanche, dans le "Manifeste des 343 Salauds" qui porte le titre "Touche pas à ma pute" (comme il a du être fier de son jeu de mot, le pubard), c'est qu'il récupère de façon répugnante à la fois un débat complexe pour le réduire à une vulgarité caricaturale et à la fois l'argument de la liberté de jouir, pour servir une cause résolument réactionnaire et délibérément anti-féministe (comme ne s'en cache pas la patronne du magazine douteux qui diffusera d'ici quelques jours ce texte en assumant joyeusement son désir "d'emmerder les féministes d'aujourd'hui").

L'intention des "343 salopes" de 1971, c'était d'affirmer le droit de chacun-e à disposer de son corps. L'intention des signataires du "Manifeste des 343 Salauds", c'est d'affirmer un droit à disposer du corps de l'autre. La nuance n'en est pas une, c'est une profonde divergence de fond sur la notion de liberté. Parce que ce dont parlent Beigbeder et ses recommandables amis co-signataires (Eric Zemmour, Ivan Rioufol, Richard Malka, pour ne citer qu'eux...), ce n'est pas de liberté, c'est de pouvoir ; ce n'est pas de droit, c'est de prérogative. Pouvoir procuré par l'argent dans un contexte "libéral" où tout s'achèterait (faut-il en conclure que les pétitionnaires sus-nommés défendront avec la même ardeur la Gestation Pour Autrui? Je ne cache mon impatience de voir Zemmour engagé en faveur de la liberté d'acheter des bébés, au nom du bon droit à faire ce qu'on veut de son fric pour les un-es comme de son corps pour les autres). Prérogative d' "aller aux putes", implicitement revendiquée comme un droit inaliénable des hommes à baiser quand ils le veulent dans la comparaison voulue avec le droit inaliénable des femmes à devenir mères si elles le veulent.

Le "Manifeste des 343 Salauds" est une insulte au combat pour les droits de femmes, en ce qu'il pose le principe d'une équivalence entre la situation des Françaises d'avant 1974 qui risquaient la prison (et leur vie, très accessoirement) en avortant, et celle des Français de 2013 qui ne risquent strictement rien, à l'heure actuelle (et ne risqueront probablement pas grand chose demain, même si la loi sur la pénalisation du client devait passer), en fréquentant des prostitué-es. En ce qu'il renvoie aussi une liberté acquise de haute lutte par les femmes dans une volonté de changement et de progrès pour toute la société au même statut qu'une "cause des hommes" non pas fondée sur une intention d'égalité avec les femmes, mais bien sur une volonté de préserver des "privilèges" aux hommes, dont celui d'avoir "leur" pute.

La liste des "néo-réacs" qui signent cette pétition masculiniste ne laisse planer aucun doute : c'est le vieux monde et ses "vieux métiers", ses vieilles perceptions du désir sexuel (irrépressible, possessif - "touche pas à MA pute" -, étroitement lié à la domination par l'argent) et sa vieille répartition des rôles (entre femmes qu'on épouse et femmes qu'on baise, comme entre femmes et hommes) que réclament les "Salauds", sous couvert hypocrite de prétendue lutte contre un retour fantasmé au puritanisme dans les moeurs.

 

 

 

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  • Aucun article
  • elsa

    brillant, comme toujours !!

  • Erdna

    Effectivement, c'est tout à fait répugnant de s'en référer au manifeste de Simone de Beauvoir, qui plaidait lui, pour le droit des femmes.

  • Guest

    A mon avis il ne faut pas confondre prostitution et prostitution.
    Je pense que les vip genre Beigbeder et autres parlent d'une prostitution "de luxe" et choisie.

    C'est pas la (ou le) toxico du coin quoi.

    C'est ça l'autre prostitution, celle des réseaux mafieux, sale, violente et non choisie.
    Celle que les gouvernements n'arrivent pas endiguer !
    Ils confondent prostitution et proxénétisme !!!

    Stop à amalgame sur les gens contraints et les gens libres.
    De quel droit s'attaquent-ils aux clients ??

    Quand il y aura des viols à la place ce sera mieux ??
    Et après quoi ? On interdit le porno ? Le sexe avant le mariage ?

    Ne pourrait-on pas encadrer ? légiférer ? Comme en Allemagne par exemple !
    Punir, interdire, sévir, taxer, contrôler, voilà les maitres mots et les seuls du gouvernement français !

    Surtout qu'avec cette crise qui dure et qui dure, la prostitution est certainement le seul moyen de subsitance pour certaines personnes.

    Faites votre boulot bande d'incapables et laisser nous vivre tranquille bourdel.

    (pour info, je ne fréquente pas et je m'attends à un max de comms négatifs. Mais nafout !)

    • Marie Donzel

      Pouvez-vous juste préciser le lien que vous faites entre prostitution et viols "à la place"?

      • Guest

        Ce lien là
        (je laisse la parole à une personne bien plus spécialisée que moi)
        http://www.contrepoints.org/2013/10/11/142143-brigitte-lahaie-penaliser-les-clients-prostituee-va-engendrer-viols-divorces-problemes-sante

        edit: j'oubliais y'en a marre de la bien-pensance !

      • victor_t

        hum bah ils peuvent payer actuellement... si demain ils peuvent pas ils vont faire quoi ? s'abstenir ok peut être mais surement pas toute la vie :p

        après c'est un cas qui concerne majoritairement les femmes mais aussi les hommes .. donc on parle de l'humain :p dommage toujours ramener ça au féminisme :p

        • Michel Klaxon

          C'est comme tous les criminels. Si la loi les empêche de commettre leurs crimes, vous croyez qu'ils vont arrêter ? Non ! Alors autant faire disparaître les lois.

          • Thierry Boure

            Il peut y avoir une nuance entre supprimer les lois et ne promulguer des lois moins stupides et contre-productrices, non ?

      • Michel Klaxon

        Ben visiblement, si je suis le raisonnement de DavInCcode, les prostituées de luxe doivent se taper les violeurs, pour qu'ils n'aillent pas violer des femmes normales qui n'ont pas choisi d'être violées, elles. Tandis que les prostituées de luxe aiment bien être violées. Imparable logique. (Je rajoute "de luxe", puisque DavInCcode ne parle que des prostituées "de luxe".)

        • Thierry Boure

          Quel brillant raisonnement, encore plus profond que ceux à l'origine de ce projet de loi !

          Faites-vous seulement semblant d'ignorer que des frustrés/violeurs potentiels trouvent un exutoire moins violent chez des prostituées qu'ils payent (ce qui constitue en soi un certain "cadre") ou avez-vous réellement quelques difficultés de compréhension ?

          J'ai parlé d'exutoire, pas de solution enviable non plus.

          • CharenCharenCharentais

            Dans ce cas, violer un.e prostitué.e reste violer quelqu'un, donc inacceptable ! L'argument "aller calmer les violeurs en les envoyant voir une prostituée" est donc, selon moi, totalement farfelu. Voire aberrant.

        • Guest

          Non tu n'y es pas du tout.
          Le fait de pouvoir aller chez les périputéticiennes empêche certains individus de devenir violents voire violeurs... mais pas seulement.
          Individus pouvant parfois s'ignorer violents ou violeurs.

          Suis le lien que j'ai posté plus haut.
          Brigitte en parle beaucoup mieux que moi.

          • Chloé

            C'est dommage que des hommes se considèrent eux-mêmes comme des individus potentiellement violents, violeurs.. capables de payer pour coucher avec une étrangère exploitée (en situation d'esclavage moderne) pour assouvir des désirs, que l'on pourrait placer au dessus de tout, au dessus de la dignité humaine. Certains disent que ce texte ne se rapporte qu'au féminisme. Non : ça laisse aussi penser que l'on considère que les hommes valent mieux que ça, comme plus préoccupés du sort d'autrui et dégoûtés à l'idée de coucher avec quelqu'un qui le fait par intérêt (et pas forcément par volonté). C'est aussi un texte qui place au dessus de tout la dignité humaine, la dignité du corps humain, sanctuaire sacré. ça se rapporte alors à toute l'humanité.
            Mais ce type de critiques rapportées dans le manifeste des quelques salauds montre qu'une logique avant tout avilissante vis à vis des femmes empêche une telle avancée d'où les interventions des féministes (légitimes de ce fait).

            Messieurs Guest et Boure, selon vous la pénalisation ferait augmenter le nombre de viols. Si vous considérez les hommes comme des bêtes c'est finalement votre problème. Les "putes de luxe", ou celles qui vendent leur corps par réelle envie, ou vocation, sont extrêmement rares. La plupart le font pour des raisons économiques, raisons de détresse ou la prostitution reste la dernière solution. D'autres viennent d'autres pays et sont bien souvent exploitées (la moitié). Profiter ainsi de la détresse humaine, je l'espère, n'est une solution envisageable par personne. Heureusement que vous parlez d'exutoire et pas de solution enviable.

            Et tant qu'une logique misogyne d'appropriation du corps de la femme par le pouvoir (la force (viol) ou l'argent (prostitution), et donc de domination masculine dans les rapports sexuels, existe, alors il y aura des viols. Le viol est un acte avant tout misogyne. Conclusion, pour faire baisser le nombre de viols, combattre la misogynie, et donc ce type de salauds, qui croit qu'on peut obtenir quelqu'un par la force.

    • Olivier Grandjean

      Je penserai peut-être à vous donner un vote négatif si vous lisez l'article. Deal?

      • Guest

        Oui certes, j'aurai dû poster ça sur l'autre article prostitution, mais c'est lié.
        Ou alors j'ai pas saisi qqchose ?

  • anisétoilé

    Consternant!!! Pauvres gars !!! Ils ont placé leur soi-disant intelligence bien bas ...... Ils n'ont effectivement qu'une q ......e, mais pas de c....... !!!!
    Pardonnez ma vulgarité, mais je me mets juste au niveau des ces réacs....

    Rien à voir avec le manifeste des Françaises (qui en avaient ELLES .... ) pour avoir eu le courage de signer ce manifeste en 1971 !!

    Plutôt que de se la péter en se prétendant "intellos" ils pourraient se rendre utiles à la société en luttant justement contre l'esclavagisme de la prostitution et de ces pauvres femmes victimes de proxénètes.......

    Bravo à Marie Donzel pour son excellent commentaire sur ce sujet pour le moins affligeant !

    • rondd

      "Plutôt que de se la péter en se prétendant "intellos" ils pourraient se rendre utiles à la société en luttant justement contre l'esclavagisme de la prostitution et de ces pauvres femmes victimes de proxénètes"

      c'est exactement ce que je pense mais la priorité n'est là pour personne visiblement et c'est tragique autant qu'indigne.

  • lyseam

    en bon troll :-) pouvoir procurer.(je fais bien pire)

    BRAVO à M. Donzel une fois encore.

    la
    prostitution de luxe et choisie (et hors toxicomanie ou toute autre
    addiction que le sexe donc voulue par la prostituée qui allie son
    plaisir à elle avec ses besoins financiers - selon Darvin-) de Davin me
    laisse perplexe et pantoise face à la naïveté de sa vision "très
    fantasme sur Canal +" ..

    quant aux inquiétudes
    ou menaces indirectes ? de viols si prostitution il n'y a plus alors
    là !, visiblement quand on défend la prostitution c'est le genre de choses
    que l'on ose, c'est dire ce qu'il y a derrière un défendeur (une /se)
    de la prostitution...

  • Martine Pagès

    A retenir, cet extrait: "L'intention des "343 salopes" de 1971, c'était d'affirmer le droit de chacun-e à disposer de son corps. L'intention des signataires du "Manifeste des 343 Salauds", c'est d'affirmer un droit à disposer du corps de l'autre. La nuance n'en est pas une, c'est une profonde divergence de fond sur la notion de liberté".

    • Michele Parente

      L'intention des "343 salopes" de 1971, c'était d'affirmer le droit de chacun-e à disposer de son corps. L'intention des signataires du "Manifeste des 343 Salauds", c'est d'affirmer un droit à disposer du corps de l'autre.

      Non,Madame, pour être plus nuancé, car la question est complexe, il s'agissait aussi, pour celles et ceux qui ne partageaient pas "le Manifeste 1971", moins de bafouer le droits des femmes à disposer de leur corps que de s'insurger contre le fait que par l'acte libre de l'avortement, les femmes disposaient et disposent encore de la vie et de la mort d'un bébé dans l'oeuf, et donc aussi d'un corps qui n'est pas le leur.

      • destartin

        Ce n'est pas un bébé, c'est un foetus.

        • Michele Parente

          Je comprends. Médicalement parlant vous avez sans doute raison quand vous dites "ce n'est pas un bébé, c'est un foetus" Mais connaissez vous beaucoup de coeurs de femmes enceintes qui, pour le petit être qu'elles portent en elles disent: je porte un foetus? Un foetus est un bébé en devenir, tout comme un bébé est un foetus qui l'est devenu.Je pense donc, comme vous, ne pas avoir entièrement tort donc quand je définis, de manière imagée, le foetus comme un bébé dans l'oeuf. Merci de votre réaction que j'apprécie.

          • destartin

            Certes. Mais dans votre message précédent, vous disiez: "Par l'acte libre de l'avortement, les femmes disposaient et disposent encore de la vie et de la mort d'un bébé dans l'oeuf, et donc aussi d'un corps qui n'est pas le leur". Vous revendiquiez donc une certaine objectivité dans votre propos: vous disiez que l'oeuf était un bébé. Vous relativisez maintenant votre propos: l'oeuf est RESSENTI comme un bébé par la mère.

            C'est toute la différence. Pour le législateur, le foetus, jusquà la limite légale, n'est pas un être humain.

            Par ailleurs, quand une femme veut avorter, elle doit affronter toute une série d'obstacles; trouver un endroit pour avorter est difficile en France. Elle doit également avoir un entretien pour déterminer les raisons pour lesquelles elle veut avorter, entretien pendant lequel on essaiera de l'en dissuader.

          • Michele Parente

            Je vous remercie de vous soucier de me répondre et ainsi d'avoir accepté ce dialogue qui s'est porté sur un tout autre domaine pas moins intéressant. Pour n'être ni francais ni de France, je ne suis pas suffisamment informé de la législation francaise à ce sujet, mais permettez-moi de vous dire qu'au dessus de l'opinion du législateur je mets, tant qu'elles ne nuisent pas à autrui, toujours la liberté et l'objection de conscience de chaque individu. Ici je rejoins donc le choix des femmes "hors-la loi" du "Manifeste 1971" que je peux respecter tout en en regrettant les conséquences. Je note que quand la legislation avait du mauvais en 1971, elle semble avoir du bon quand elle traite de l'identité du foetus. Il me semble qu'ici aussi il y a de la relativisation dans une partie de vos propos qui fait vous arranger avec les législateurs, selon que. :) Avons-nous besoin du pouvoir législatif pour nous dire qui est un être humain et qui ne l'est pas? Aux yeux de la loi, oui, me diriez-vous. Cette même loi de la Cité, seulement, et qui a condamné Antigone, en faisant fi de la conscience individuelle, du coeur humain et de la morale. Bien à vous, destartin, et merci encore de cet échange.

          • destartin

            Personne n'oblige une femme à avorter. La loi est seulement censée le permettre à celles qui le désirent. Je ne comprends donc pas très bien ce débat.

    • Christian Mavrides

      Faudrait arrêter de rêver , 99/100 des personnes ( femmes et hommes ) qui font le tapin ( désolé ) c'est un besoin économique . En faire une question philosophique relève de l'obstination au martyre !!!

      • Thierry Boure

        Vous pensez réellement que la majorité des français qui se bourrent de tranquillisants vont vraiment au travail par plaisir ?
        La prostitution devrait être un travail comme un autre, simplement une autre façon de disposer du corps et de l'esprit de "l'employé(e)", par toujours plus destructrice!

  • Guy Liguili

    Je peux comprendre l'indignation face à cette liste des 343 salauds mais le diable est dans les détails. Après la pénalisation du client de prostitué(e)s, à quand la pénalisation de celui qui donne une pièce au mendiant(e)s, souvent aussi tenus par des groupes mafieux ?

  • pascal en Lozère

    ils insultent aussi les hommes!

    • Marie Donzel

      Très vrai.

  • Achacunsavoix

    Pitoyable cet article

    • mariette

      ce n'est pas un article de journaliste c'est un billet de blog. sinon vous pouvez aussi argumenter, c'est quand même plus intéressant. encore que je ne sois pas sure d'avoir envie de vous lire mais au moins j'en saurais plus...

  • Cedric Citharel

    Un revenu minimum décent pour tou(te)s, ça ferait moins de monde sur le trottoir, mais aussi moins de monde à l'usine... C'est peut-être pour ça que le gouvernement préfère punir.

  • oim75

    Mais dans quel monde vivez-vous ?!
    "Conscientiser" le client :D Qu'il s'intéresse à la prostituée ?!
    Il a juste envie de baiser, rien à faire de la femme qui lui permettra de se soulager, c'est déjà peu le cas avec les femmes "normales" alors avec les prostituées qui ne lui servent qu'à être fourrées 5 minutes... Si le client avait pleinement conscience de ce qu'il faisait, s'il n'était pas dans un état de manque physiologique il n'y aurait plus de prostitution tout simplement. C'est la base de la prostitution, aller se vider quand c'est impossible autrement. Pour s'intéresser à une personne, lui faire l'amour, lui reconnaître une légitimité il y a la vie "normale".

    Si la prostituée n'était pas utile en tant qu'objet sans conscience justement, si le client ne pouvait pas faire abstraction de tout ce qu'elle peut penser, de son être, il se contenterait de séduire les femmes qui l'entourent.
    Aller voir une pute est une petite défaite, un client n'a aucune bienveillance envers ce qui le tire vers le bas.

    • Michel Klaxon

      Je pense que c'est justement le principe de "conscientiser le client". Un "client conscientisé" arrête de recourrir à la prostitution, donc arrête d'être client. C'est peut-être complexe, ça n'est peut-être pas LA solution, mais ça mérite d'y réfléchir. La pénalisation du client va d'ailleurs dans cette optique. Si la société juge moralement répréhensible le fait d'avoir recours à la prostitution, au lieu de juger cela "normal" comme elle le fait aujourd'hui, alors le nombre de clients diminuera.
      C'est d'ailleurs un raisonnement valable pour toute évolution morale de la société au cours de l'histoire. Le jugement des autres, de la société, a un poids énorme dans la façon dont chacun de nous perçoit "le bien" et "le mal".

      • Thierry Boure

        Complexe un raisonnement aussi partiel et simplifié ???

  • Bill Billobill Bilquin-tintoui

    très bien écrit, et c'est un pubard emplumé qui vous le dit :)

    • Marie Donzel

      J'en suis aussi :-)

  • François DUSSE

    Par expérience je sais que ce sont souvent les hommes farouchement hostiles aux prostituées au grand jour, en "ON ", qui bien souvent, sont les plus fidèles clients de celles-ci la nuit, en '' OFF ".

    Quant aux femmes, ce sont toujours celles qui ont épousées une " carte bleue " qui sont le plus méprisantes envers les prostituées. Allez savoir pourquoi...

    __

    • Marie Donzel

      "les femmes qui ont épousé une carte bleue", en voilà une belle expression sexiste...

      • François DUSSE

        Ah !

      • François DUSSE

        Pour partie seulement je dirais plutôt... Si-Si !!! :-)

      • rondd

        les femmes qui épousent des cartes bleues ? ça n'existe pas. mais des femmes qui épousent des cartes gold ou master card ou platinum, ça oui ça existe, évidement. c'est pas sexiste de le dire, c'est juste réaliste MD. enfin, vous avez peur de la vérité ou quoi ? allez, pour vous faire plaisir : et les crétins qui épousent une bimbo juste parce c'est une bimbo, oui ça existe aussi. faut-il être dans le déni de réalité pour ne pas être sexiste à vos yeux ?

        • Luug

          très bien remarqué.
          ce qui aurait été sexiste, ç'aurait été de dire que toutes les femmes épousent des CB et non certaines d'entre elles.
          Il faudrait que Donzel revoit ses fondamentaux...

  • Niko Belic

    343 imbéciles qui fournissent des arguments de choc au camp des abolitionnistes extrémistes, qui vont en profiter pour enfoncer le clou et mieux faire avaler leur loi hypocrite. Alors qu'il y a un vrai débat a avoir sur l'inefficacité de ces lois et ses effets dévastateurs sur les conditions de vie des prostituées, une population déja vulnérable et marginalisée.

    • Guest

      C'est pas faux. N'oublions pas qu'ils sont provocateurs.

  • 8Pompon8

    J'aime beaucoup le parallèle avec les mères porteuses parce qu'il y a exactement le même problème qu'avec les prostituées : d'une part, des femmes qui sont volontaires (comme il en existe aux USA par exemple) et d'autre part, des pauvres femmes exploitées (comme on l'a vu avec cette sordide "usine à bébés" en Inde).

    Et si on me rétorque que dans le cas des mères porteuses, ça implique aussi la vie d'un enfant, je leur répondrai que de nombreuses prostituées commencent leur carrière alors qu'elles sont encore mineures. D'ailleurs les hommes n'en ont pas toujours conscience ou ferment les yeux parce que ça leur convient (ex. l'affaire Zahia). Et quand ces mêmes mineures sont jetées sur le trottoir par des maquereaux exploiteurs où est la moralité de ceux qui en profitent sans se poser de questions ?
    D'ailleurs combien de clients se soucient de la prostituée, de son parcours, de son degré de consentement, de l'éventuelle exploitation dont elle fait l'objet ?
    Ils sont là pour assouvir un plaisir égoïste et se fichent complètement du reste.
    Qu'en pense Zemmour, lui qui nous parle tout le temps de morale ?

    Au sujet de la proposition de loi, je trouve qu'elle a un bon côté : pour une fois, on ne jette plus l'opprobre que sur la prostituée. Ce serait la honte d'en être une mais pas d'aller en voir une ? Où est la logique ?

    J'attends que l'insulte : "Ta mère la pute" se transforme en : "Ton père le client de la pute".

    Mais c'est bien le seul point positif d'après moi. Je pense que si la loi est adoptée, elle aura des effets pervers. Non seulement elle n'empêchera pas la prostitution mais en plus elle rendra l'activité encore plus clandestine qu'elle ne l'est déjà, échappant à tout contrôle et par conséquent sujette aux pires dérives.
    Il faudrait au contraire rouvrir les maisons closes et permettre un contrôle de celles-ci par des services compétents (pas de mineures, pas de macs, maisons cogérées par les prostituées elles-mêmes ou par des personnes qu'elles embaucheraient, services de sécurité, hygiène, lieux décents, souscription obligatoire à des régimes de sécurité sociale, de retraite etc...). Seuls les clients qui continueraient à avoir recours aux services de prostitué-e-s hors de ces réseaux seraient alors passibles d'amendes. Pour l'Etat, ce ne serait pas devenir complice de la prostitution mais au contraire faire preuve de réalisme. La prostitution continuera d'exister quelles que soient les sanctions qui sont prises contre elle. Comme l'alcool a continué à être consommé durant la prohibition. Alors autant faire en sorte que les prostituées exercent dans les meilleures conditions possibles. L'Etat est aussi là pour protéger les citoyens, quoi qu'ils fassent.
    D'ailleurs, ça pourrait aussi s'accompagner de programmes de réinsertion dans des activités salariées plus classiques : formations, aide à la recherche d'emploi...

  • fritz

    Les néo-réacs, ce sont ces féministes haineuses, qui sous couvert de vouloir mettre à bas la société patriarcale s'en prennent depuis plus de quarante ans à la figure du père puis maintenant de l'homme. Car leur combat, il ne faut pas se méprendre, est une guerre des sexes, une volonté de gagner de nouveaux territoires tout en préservant leurs privilèges séculiers.

    Car où est l'égalité en matière de droit familial? Combien de générations de pères sacrifiés? Et lorsque ces papas du 21ème siècle se perchent sur des grues pour hurler leur désespoir d'être exclus de la vie de leurs enfants, elles les traitent avec mépris de masculinistes!

    En substance, leur position c'est oui à l'adoption pour les couples homosexuels, oui à la PMA, oui au droit des beaux-parents (c'est à dire dans 80% des cas des beaux-pères) mais non à la résidence alternée par défaut, non à la GPA, non au droit des pères biologiques. L'homme réduit au rôle de géniteur et de banquier, et dans le meilleur des cas, à celui d'auxiliaire d'éducation d'enfants qui ne sont pas les leurs...

    Alors maintenant une nouvelle brèche est ouverte en matière de prostitution. Quelle relation avec ce qui précède me direz vous?

    C'est pourtant clair, avec la pénalisation du client les féministes et leurs auxiliaires socialistes qui ont troqué depuis longtemps la défense des classes populaires pour celle des femmes et des minorités, visent la pénalisation de la sexualité masculine. On est dans la logique de prééminence de la parole féminine sur la parole masculine et de la théorie du viol conjugal.

    Mais êtes vous sûrs que la tyrannie dans le couple est toujours du même côté?

    Alors oui je revendique le droit de pouvoir vivre ma sexualité comme je l'entends et avec qui je veux, en payant ou pas. Car in fine, pour être épanoui sur le plan affectif, vous conviendrez qu'il vaut mieux afficher une réussite sociale et financière plutôt que d'être réduit au rôle de sous prolétariat voire de SDF par une justice sexiste.

    La résistance s'organise, Mesdames et Messieurs les féministes et je me revendique comme le 344ème Salaud!

    • Thierry Boure

      Ah, on ne déplorera jamais assez les ravages de Daniel Balavoine avec son tube opportuniste "c'est mon fils, ma bataille" sur les divorcés aigris qui découvrent qu'ils ont une progéniture au moment de la revendiquer avec le partage de la voiture et de la maison !
      PArdon à Mr Fritz : je ne parle pas de VOTRE cas mais mes paroles ne me semblent pas plus partiales que les vôtres.

      • rondd

        vous rigolerez moins quand ça vous arrivera. quoi ? de voir votre ex partir à 900 km avec votre enfant en vous disant "tu ne le reverras jamais mais tu vas raquer toute ta vie". je suis aigri ? non mais il y aurait de quoi. c'est rare ? je ne sais pas, une fois sur deux c'est rare pour vous ? ça n'arrive qu'aux autres ? c'est que chacun pense et dit jusqu'au jour où ça lui arrive. bonne chance.

  • fritz
  • Herakles

    L'Etat se trompe de cible et fera sans doute machine arrière comme d'habitude.
    Doit on punir les clients ou les proxénètes???
    La prostitution libre est un choix sans autre.
    Les réseaux de ceux qui en profitent sont à poursuivre, détruire et leurs membres durement condamnés;
    Qui est d'accord??

    • Thierry Boure

      Hélas, des lois imbéciles comme celles-ci peuvent être votées parce qu'elles ne coûtent pas un centime et que le débat soulevé permet un écran de fumée pour en faire passer d'autres en douce ayant beaucoup plus d'effets sur la majorité des français. Je pense par exemple au tapage organisé autour du mariage pour tous qui a masqué tranquillement la destruction du CDI. Je me suis d'ailleurs fait avoir aussi! ;-)

  • Michelot

    Inutile de rajouter que la prostitution est le plus vieux métier du monde et il ne faut pas voir que le coté perverse de la chose, des veufs des hommes solitaires ou célibataires ont besoins de ce contact physique exercé par des femmes consentantes (oui ça existe) alors éternelle question pourquoi ne pas réglementer avec des hotels conçus pour cela comme dans d'autres pays européens un peu moins moralisateurs

  • Francois

    Le problème avec les activités qui touchent au corps de la femme, de l'homme et des enfants (sous d'autre aire géographique), c'est qu'elles sont liées de prés ou de loin à la traite humaine.
    L'amalgame de DavInCcode, n'est pas celui de la prostitution avec le proxénétisme, mais bel et bien de la prostitution avec la traite de l'homme, et sous nos latitudes, qui s'incarne plus communément par la traite des femmes.
    Le flou entre les deux est pertinemment maintenu pour faire appel au levier moral dans le discours. Pourtant sur d'autre activité du corps, nous faisons mieux la distinction entre ce qui est de la liberté de choix, la contrainte socio-économique et la contrainte forcée : le travail des enfants.
    A partir de là, on peut discuter la prostitution de plusieurs façon. Est-ce de l'esclavage ou de la traite des femmes ? Non ! Tout comme le travail n'est pas qualifié d'esclavage ou de traite de l'homme parce qu'une partie de celui-ci est réalisé dans de telles conditions.
    Pratique-t-elle la prostitution pour des contraintes socio-économiques ? Les études sociologiques plus pertinents que le discours du café semblent tendre vers cette hypothèse. Ceci dit, c'est une identité qui est revendiquée par certaine comme des "travailleurs". Et si l'on est assez critique dans le processus et le discours, l'aliénation du travailleur à son travail à l'usine ou au bureau n'est pas si différent. La pratique de la prostitution est souvent un choix personnel, pris de façon légalement libre, rarement en connaissance de cause, mais par des personnes dont l'horizon des choix pertinents est limité par leurs conditions socio-économiques et culturelles (expériences passés, relation à l'autre, etc..).

    Quant à l'image de l'homme que je lis dans les commentaires, il ne se résume pas à un être soumis physiologiquement à des pulsions qu'il doit assouvir. C'est une question de la représentation de l'acte de prostitution et du poids moral d'aller voir une prostitué qui jouent plus que ses pulsions sexuelles. D'ailleurs, n'oublions pas que la prostitution à l'usage des femmes se développent dans le monde depuis qu'elles s'émancipent du pouvoir des hommes. De plus l'homme qui va voir la prostitué ne la limite pas à de la chaire d'après les multiples entretiens réalisées avec ces hommes, et la prostitué ne les considèrent pas non plus comme des relations à part entière.
    Le féminisme avait de beau qu'il souhaitait l'égalité entre les hommes et les femmes. Aujourd'hui féminisme veut dire tellement de chose contradictoire...

  • Christian Mavrides

    Nous sommes nombreux à dénoncer le fait que ceux d'entre nous les plus favorisés ( au sens du blé !!! ) ne s'engagent jamais !!! pour une fois qu'ils sortent du bois pour une cause !!! faut laisser aller !!! Ils ( les représentants du Peuple ) sont tellement débordés par l'actualité et les vraies raisons de s'inquiéter qu'ils se sont trouvés un sujet qui fâche . C'est grave . C'est aberrant pour le niveau de notre démocratie représentative !!! Vu de chez les casques à boulons , des mangeurs de pizzas ( que je respecte ) et des producteurs de tomates cela doit relever du hold-hup du siècle . Basta ... basta .... basta ....

  • FREDO

    Laissez les Prostituées et leurs Clients TRANQUILLES Le Gouvernement ferait mieux de s'occuper de ceux qui ne peuvent pas VIVRE CORRECTEMENT MEME en TRAVAILLANT et avoir recours aux Resto du Cœur ATTENTION aux URNES aux Prochaines Elections

  • marccharles

    Ce projet de loi est d'une
    hypocrisie risible car il tend plus a satisfaire les partisans d'un
    certain ordre moral qu'a protéger les prostitués (homme ou femme). Il
    est évident qu'il faut combattre le proxénétisme mais ce qu'il se passe
    entre deux adultes consentants ne regarde personne...