Les étudiants masculinistes de l'IEP de Bordeaux méritent l'exclusion

Ils se sont sûrement cru drôles.
Ou bien, ils ont oublié qu'ils étaient là pour étudier les humanités, les sciences politiques, la philosophie, la sociologie, les solutions économiques...
Ou alors, ils sont déjà bourrelés d'amertume à l'égard de leurs camarades féminines dont le potentiel constitue une rageante menace qu'ils préfèrent combattre par la bêtise vengeresse que par l'effort et le travail.
Ou encore, ils n'ont rien compris à ce qu'était l'avenir des relations humaines, dans la vie privée et professionnelle.

Une parodie débilitante d' "Osez le féminisme"

Bref, une petite bande (!) de couillons (!) de l'IEP de Bordeaux a jugé utile de singer le mouvement mixte et constructif  "Osez le féminisme" en lançant un groupe "Osez le masculin", parodie débilitante qui fleure à plein nez le masculinisme primaire (et volontiers extrême-droitisant) et s'auto-gausse d'organiser des débats "Pour ou contre le viol collectif?", de rebaptiser l'équipe de volley de l'école "Les violleyeurs"* tout en brandissant des pancartes "Les féministes sont des lesbiennes".

Pardon, mais pour moi, ça mérite l'exclusion.

Ce qu'on est supposé apprendre à Sciences Po

L'IEP Bordeaux n'est pas mon école, quoiqu'elle se fasse appeler Sciences Po. Je ne sens pas mon propre diplôme souillé par cette tache intellectuelle de niveau pipi-caca répandu à grosses paluches mal dégrossies par des crétins de 20 ans qui insultent l'avenir bêtement (qu'ils ne comptent pas sur une embauche dans une grande entreprise après ça, de nombreuses boîtes du CAC 40 étant aujourd'hui officiellement engagées dans la promotion de l'égalité hommes/femmes).

Sauf qu'à Sciences Po Paris comme dans les IEP de province, on est supposé se former aux humanités, se préparer à la réflexion de fond sur les grandes questions politiques et sociales actuelles pour réaliser son ambition de participer en tant que leader au monde de demain.

Ces étudiants n'ont pas leur place parmi les leaders de demain

Les étudiants qui ont créé le groupe "Osez le masculin" n'ont pas leur place parmi les leaders du monde de demain.

Ils n'ont pas leur place dans les grandes entreprises où l'on recherche aujourd'hui des managers capables de sourcer et de valoriser les femmes de talent pour rééquilibrer les modes d'organisation et mettre en place de nouveaux leviers de performance.

Ils n'ont pas leur place parmi les cadres politiques qui ont compris aujourd'hui que la question de l'égalité des sexes n'était pas un "sujet de femme" mais un vrai sujet transversal, qui parcourt et essaime toutes les problématiques.

Ils n'ont pas leur place dans les médias où il est urgent de donner aussi la parole aux expertes et où la figure de la speakerine potiche a fait long feu.

Ils n'ont pas leur place parmi les intellectuel-les qui apportent au débat public des clés de compréhension pour l'action positive, pacifiante et humaine de toutes les bonnes volontés désireuses de porter notre pays vers la croissance et le progrès.

A la direction de l'IEP de Bordeaux de prendre ses responsabilités

Alors, ont-ils encore leur place à l'IEP de Bordeaux?

A la direction de prendre ses responsabilités, de préserver la valeur du diplôme qu'elle délivre en faisant preuve de courage et de rendre aux étudiant-es de leur institut (qui désapprouvent en masse ce mouvement) des conditions respirables pour étudier sereinement et intelligemment.

Ndla 5 février 2013 - 19 heures 30 - La direction des études de l'IEP et un étudiant me transmettent un communiqué concernant cette affaire et renouvelant son engagement contre le sexisme et l'homophobie. Je le relaie ici.

* Ndla : le diplômé de l'IEP Bordeaux Alexandre Hiélard m'invite à corriger une inexactitude : l'équipe de volley de l'IEP de Bordeaux n'a pas été rebaptisée les "violleyeurs" par le collectif "Osez le masculin", mais porterait ce nom depuis au moins cinq ans, apparemment. Une information qui  confirmerait un certain laxisme de l'administration de l'IEP à l'égard d'une tradition de sexisme qualifiée par elle-même de "potache". La même personne m'indique que l'équipe féminine de rugby de l'école aurait choisi de s'appeler les  "Mi-putes, mi soumises" et l'équipe féminine de volley "Les sans culottes", des désignations qui mériteront sans doute un prochain article concernant le réflexe d'auto-insulte des femmes et de certaines catégories discriminées, sujet passionnant et compliqué s'il en est.

Ndla 3 février 2013 - 18 heures 15 - Un étudiant de l'IEP de Bordeaux m'a signalé sur Twitter le communiqué des élus du MET de l'école à propos de cette affaire. Je relaie ce communiqué ici.

 

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  • http://www.facebook.com/profile.php?id=100002951886138 Yannick Forestier

    Un joli article qui fleure bon le fascisme.

    Tout ça pour une blague potache d'étudiants... Je crains que vous ne desserviez votre cause plus qu'autre chose à sur réagir de la sorte.

    • Donzel_Marie

      Le "fascisme"? Vous, vous n'avez pas peur du Point Godwin! 

      • Baloo93

        Le point Godwin concerne le nazisme. Nuance subtile, certes, mais nuance quand même :)

        • marie

          Le point Godwin concerne par extension toute accusation de fascisme à l'emporte-pièce qui discrédite davantage celui ou celle qui la porte que celui ou celle à qui elle s'adresse.

  • nina.belt

    Le "laxisme" de la direction dont vous parlez invite peut-être plus à croire que l'administration et les étudiants compris, sont assez formés et lucides pour distinguer et même pratiquer le second degré, ce qui prouve en fait qu'ils ont leurs places comme "leaders de demain" (oh mon dieu le Graal de notre génération !). La confiance qu'avaient sûrement les étudiants concernés en leur institut prouve en revanche une grande liberté d'expression et de marge de manoeuvre, valeur fondamentale des IEP. Cessons de tout voir en termes de diplôme, de légitimité, de "leaders de demain". 

    • Donzel_Marie

      Liberté d'expression n'est pas coprolalie. Je me suis déjà exprimé sur cette distinction ici : http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2013/01/26/fini-limpunite-des-tweets-racistes-antisemites-mais-quid-des-tweets-homophobes-et-sexistes.html

      • Isislove

         merci pour la liberté de propos

  • http://www.facebook.com/lorene.bousquet Lorène Bousquet

    Vous faites vraiment feu de tout bois. Franchement, vous n'avez jamais été étudiante ? Faut arrêter de voir les femmes comme des victimes en permanence, on a le droit de s'amuser avec les représentations sexistes sans que cela fasse de nous des victimes inconscientes. Et vous devriez vous remettre en cause un peu aussi. Je vous rappelle que vos livres de cuisine sont roses. Vous véhiculez autant le stéréotype. Mais peut-être que quand ça rapporte de l'argent, on peut? 

    • Donzel_Marie

      J'ai été étudiante et j'ai été jeune. Je trouve que ni l'un ni l'autre n'excusent la grossièreté et l'outrage. J'ai trop de respect pour les jeunes justement pour les considérer comme des sous-adultes dé-responsabilisés dont les paroles et les actes sont sans valeur ni portée. Qu'on les écoute et qu'on les respecte, qu'on les intègre pleinement comme des adultes, mais qu'ils se comportent avec les devoirs et les responsabilités qui vont avec...

  • Mvil

    J'avoue que cette fois-ci vous faites bien un gros fromage à partir d'une simple blague d'étudiants...

    En panne de sujets ?

    • Donzel_Marie

      Jamais en panne de sujets! Le sexisme ambiant me laisse hélas de l'avenir... "simple blague" d'étudiants, un débat pour "Pour un contre le viol collectif"? Vous demanderez leur avis aux victimes d'agressions sexuelles, elles ont beaucoup d'humour...

      • Mvil

        Eh bien voilà, vous trouvez vous même les sujets les plus urgents et les plus inquiétants dont il faut parler !

        • Donzel_Marie

          J'écris sur les sujets qui m'intéressent et m'inquiètent, oui. 

  • http://www.facebook.com/gerardmaurice.mothe.7 Gerard Maurice Mothe

    Arrêtez de tout vouloir régimenter, lachez-nous la grappe

    Nous n'avons même plus le droit de nous exprimer, or le délit d'opinion n'est pas compris dans notre constititions et là, c'est une de nos soupapes de sûreté.

    Nous les hommes ( enfin, je veux dire les vrais) c'est pas demain que nous aurons des seins, des règles, que nous serons enceinte pendanr neuf mois, que nous accoucherons, et que nous allaiterons.

    Nous serons seulement capable de torcher ces marmots, de les aimer et de les élever.

    Vous ne savez donc plus rire !!

    Vous êtes tristes;  mortels

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  • Fyndis

    Bravo. En tant que femme, je trouve que votre réaction dessert notre cause plus qu'elle ne lui apporte. Vous faites passer une fois de plus les femmes pour des hystériques. Les grandes féministes, telle que Simone de Beauvoir doivent se retourner dans leurs tombes ! Pensez-vous qu'elle aurait réagit de la sorte ?

    • Donzel_Marie

      Je vois plus d'hystérie et au moins aussi peu d'humour dans les commentaires qui me sont adressés que dans le billet que je publie... Chacun voit midi à sa porte.

  • Johan Girard

    cet article est très mauvais :(  #colère

  • sylvie gaume

    Mère d'un garçon  de 22 ans, je suis pleinement d'accord avec l'article. Leurs actions et propos ne sont pas dignes de l'école que mes impôts financent. Leur énergie pourrait s'investir ds des actions humanitaires, sociales et feraient connaitre l'IEP autrement. Le ton mysogyne de leur humour est une honte pour des futurs décisionnaires. Je suis très étonnée qu'on les excuse comme de très  jeunes enfants qui ne sont pas capables d'envisager des conséquences à leurs actes. La majorité citoyenne est à 18 ans.
    à Laurène, je comprends et recommande l'auto dérision mais c'est en bonne compagnie et encore ! trouvez moi une blague drôle sur les viols collectifs  pour rire avec mes copines.

  • P984

    Cette succession de poncifs et ce style emphatique mal maitrisé desservent votre cause Madame. C'est bien regrettable. 

    • Donzel_Marie

      La gratuité hors de propos de vous remarques délibérément blessantes sur mon style desservent votre commentaire, Monsieur ou Madame Anonyme. C'est bien regrettable.

  • Aubry_Bailly

    Maintenant je comprend pourquoi les mecs de Bordeaux ont ce sens de l'humour :). Si toutes les nanas prennent ces blagues à fond au premier degré... moi j'aurais fait pareil. Être tellement aveuglé par son propre combat "féministe" pour pas arriver à en rire... c'est grave.

  • Fati33

    Les commentaires virulents postés plus haut montrent que vous touchez une corde sensible : les hommes de l'élite ne sont pas prêts à céder leur place... C'est un rapport de force qui s'exprime à l'IEP de Bordeaux comme sur ce blog. Les propos de ces étudiants sont moyennâgeux ; transposons une seconde la situation : une association d'étudiants "racisés" se monte à l'IEP pour promouvoir les études dites "postcoloniales", et aussitôt, se créé une page facebook intitulée "Osez la blancheur", promouvant les ratonnades et proclamant fièrement "Noirs = singes"... quelqu'un trouverait çà drôle? Allons...

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=1184517593 Damien Cabut

    Il s'agirait surtout d'arrêter de sortir les choses de leur contexte! En trois articles, trois jours de suite, dans trois médias différents, ce qui était à la base une blague (de très mauvais goût, mais une blague tout de même) d'une poignée d'étudiant de sciences po Bordeaux, un épiphénomène, s'est transformé en un comportement sexiste de l'ensemble des étudiants de cette école, cautionné par l'administration... Il faudrait peut être arrêter d'écrire des articles en reprenant et amplifiant les exagérations de l'article précédent... C'est vendeur, aucun doute là dessus, mais au niveau de la rigueur journalistique ça laisse un peu à désirer...
    Je suis étudiant à Sciences Po Bordeaux et je n'avais même pas entendu parler de cette page facebook avant l'offensive disproportionnée de l'association féministe qui a surtout servi à donner de l'écho à cette histoire débile que tout le monde aurait déjà oublié sans ça. Que la page ait été supprimé, c'est tout à fait normal, et oui il s'agissait de provocation gratuite et très déplacée. Mais cela aurait dû s'arrêter là. Oui, comme n'importe quels étudiants, à sciences po on aime aussi faire des BLAGUES potaches et des jeux de mots qui passe par le nom des équipes de sport en l'occurrence. Fin de l'histoire. Sur les trois noms cités dans cet article, deux ont été choisi par des filles pour s'appliquer à une équipe de fille, ce n'est pas du sexisme mais bien de l'HUMOUR, même si bon nombre d'entre vous semble ne pas savoir ce que c'est.

    • Donzel_Marie

      Bonjour et merci pour votre commentaire. Je compte écrire prochainement sur l'humour, justement, car c'est une question sensible qui interroge les contextes et les réceptions. Les étudiant-es de Sciences Po devraient aussi d'ailleurs se pencher sur la complexité de ce sujet. Laissez-moi le temps de prendre le recul nécessaire pour y réfléchir et essayer d'apporter un point de vue honnête à ce débat sur l'humour.

  • Isislove

    la vulgarité....
     

  • 3stelle

    Le plus fort dans cet article c'est quand même que vous arrivez à encenser
    l'enseignement à Sciences Po, sensé former "les leaders de demain" à la
    "réflexion" sur
    des sujets de société, en oubliant totalement que la base la plus fondamentale d'une société démocratique qui avance, c'est tout de  même la liberté
    d'expression ! Exclure des étudiants pour avoir répondu à une réaction
    extrême contre de l'humour (certes stupide, mais de second degré), par
    une autre blague purement provocatrice et moqueuse, en voilà une
    proposition qui va rendre le féminisme crédible !

  • http://www.facebook.com/TotorWarrior Tonio Molitruc

    Je reste sans-voix. Juste sans-voix. 
    Je vais essayer d'oublier tout argument sur la vie étudiante, qu n'est pas une vie où la loi n'existe pas. 
    Mais, par pitié, arrêtez de vous intéresser à ces pseudos-phénomènes pour faire valoir ce qu'on ne peut même plus appeler du féminisme. Vous perdez tout appui et tout l'intérêt de cette cause en vous indignant pour ce qui ne le mérite absolument pas. 
    Encore une fois, le même exemple du nom de l'équipe de volley de Sciences Po' Bordeaux, et lorsqu'on vous répond que l'équipe de volley féminine et de l'équipe de rugby féminine ont aussi des noms disons "provocateurs", vous répondez que c'est un réflexe d'auto-insulte de ces mêmes femmes. Mais vous sentez-vous si supérieure à celles que vous croyez défendre pour penser qu'elles ont choisi de s'auto-insulter pour être mieux intégrées dans un monde où les rapports de domination ne seraient que ceux d'un genre sur l'autre ?!
    Encore un article biaisé où il parait clair que vous n'avez jamais mis un pied dans cet institut pour observer par vous-même que ce que vous décrivez n'existe que dans vos rêves. 

    • Donzel_Marie

      Merci pour ce commentaire qui effectivement m"invite à réfléchir plus avant à la question la plus intéressante et la plus compliquée de cette affaire : le choix d'un nom provocateur et empreint de sexisme par les clubs féminins de sport de l'école. Sans doute que mon interprétation sur l'auto-insulte est hâtive. En tout cas, elle laisse penser que je me sens "supérieure" aux autres femmes et c'est le contraire de ce que je veux exprimer. Même si votre ton est un peu sévère, je suis contente que vous m'invitiez à me remettre en question sur ce point. Je suis aussi là, pour douter, quoique certains commentaires me fassent passer pour la féministe hystérique que je ne crois pas être.

  • lyseam

    "Ils n'ont pas leur place", c'est vrai mais eux et d'autres du même style ont LES places : la preuve.
    Car si à Sc. Po ou IEP Bordeaux  ou ailleurs, l'environnement ("l'encadrement") n'y était pas propice (officieusement), cela ne serait pas arrivé, même avec des idées en tête.

    Cela dit, l'humour "potache" des écoles ENS de toujours et maintenant des greffons (maintenant presque  toutes re-nommées écoles polytechniques de ceci ou cela ou d'un autre nom "prestigieux") a toujours existé (non ?) et cet humour "potache" avec moultes chansons grivoises a toujours été sexiste (non ?). Cela n'excuse pas la bêtise mais cela remet en perspective le fait  que ce soit (encore et toujours) d'actualité.

    Pour ceux qui parlent de liberté d'expression là-dedans, le problème est qu'il n'y a pas de liberté pour les femmes (étudiantes) : elles doivent accepter d'entendre (ou de lire dans les gazettes des écoles) des propos sexistes et de chanter aussi et s'il vous plaît de bon coeur (sinon ce sont des coincées qui ne s'intègrent pas DONC qui ne peuvent réussir...).

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  • Thomas Arnaudin

    Ce "buzz" est d'une grande tristesse. Entre mauvaise blague des étudiants, et surtout énorme manque de rigueur des journalistes et bloggers qui affirment et condamnent à tout va sans même connaître les détails de l'histoire. 

    Le revers de la médaille de l'internet, je suppose. La lumière n'a pas encore été faite sur l'histoire, mais l'impatience et le zèle poussent tout le monde à tirer des conclusions hâtives et jeter de l'huile sur le feu... C'est très agacant de voir comment petit à petit, des informations sans liens ("Osez le masculin" et "osez le masculisme" n'ont rien à voir) et surtout totalement décontextualisées amènent à des accusations abusives et des jugements politiques totalement hors sujet. "Extrême-droitisant" ? Pouvez vous développer votre propos ? Laissez les opinions politiques des coupables tranquille, car vous n'en savez rien. D'ailleurs, l'identité même des auteur(s) n'est pas encore connue.L'exclusion pour les coupables ? Ruiner 5 ans d'études pour un trait d'humour, certes condamnable et de très mauvais goût ? Cela montre bien qu'aujourd'hui, la tempérence est morte. Et c'est surtout signe de l'agonie de la notion de "pédagogie" et de "formation". L'administration doit punir, mais former. Apprendre, permettre à ses étudiants de grandir, et de devenir des adultes responsables. Cette noble mission passe par le droit à l'erreur, par une tolérance certaine vis à vis de ses étudiants, couplée à de la fermeté devant les faux-pas. Il existe bien d'autres sanctions disciplinaires, très génantes et handicapantes pour les étudiants, et qui permettent tout de même à des jeunes gens de 20 ans d'ouvrir les yeux et de se rendre  compte de leur erreur, mais surtout de pouvoir se rattraper. Votre conception de la justice est extrêmiste. Il faut connaître toutes les ficelles d'un dossier pour établir un réquisitoire. Ne vous improvisez pas procureure, et s'il vous plaît, gardez-vous de vous prononcer sur des sanctions. Votre titre racoleur envenime les choses. Exclure, dans ce cas, ne produira que la colère, la frustration, et l'amertume des camarades des étudiants fautifs qui, loin de cautionner le message qu'ils ont transmis, déplorent de manière générale l'excessif lynchage médiatique actuel qui n'a que pour effet de rendre l'atmosphère insoutenable.Le seul organe compétent dans l'histoire est l'administration. Laissez-la faire son travail dans la sérénité  L'enquête interne est lancée, laissons le temps pour que la vérité se révèlent, et espérons que notre administration saura se montrer juste et pédagogue sans se laisser influencer par les diatribes des internautes ou des journalistes qui suvient le sujet via la twittosphère, le web, ou grâce aux rumeurs qui fuitent mais n'ont aucune valeur réelle.

    • Donzel_Marie

      Je ne peux que vous donner raison sur les défauts de l'emballement médiatique et quant aux imprécisions que j'ai pu rapporter en me fiant à la lecture d'articles sur la question, j'ai tâché au fur et à mesure qu'elles m'ont été signalées de les transmettre à mes lecteurs et lectrices. Je précise qu'en tant que bloggueuse, j'estime que mon rôle est de réagir à l'actualité (je ne suis pas reporter) et d'y apporter mon point de vue, tout discutable soit-il. Et c'est ici le lieu pour discuter, avec des arguments (comme vous le faites) plutôt qu'avec des invectives, de préférence. Le seul titre du mouvement "Osez le masculinisme" mérite qu'on réfléchisse et qu'on débatte, me semble-t-il, sans se draper derrière le prétexte bien pratique et finalement stérile du second degré ou de la liberté d'expression confondue avec liberté de dire n'importe quoi sans prendre ses responsabilités.

      Le masculinisme n'est pas que potacherie, c'est un mouvement général d'anti-féminisme qui nie les inégalités de genre et leur violence réelle. J'ai coutume de rappeler que "le féminisme n'a jamais tué personne quand le machisme tue tous les jours." Nier les violences faites aux femmes et le sexisme ordinaire, ce n'est pas si anodin et encore moins "innocent" que ça en a l'air.
      Je me méfie aussi de l'excès qui consiste à appeler "lynchage médiatique" toute prise de position qui pointe un fait problématique et des agissements répréhensibles. En matière de lynchage, j'en ai pris pour mon grade aussi, depuis que j'ai publié cet article. Je prends mes responsabilités : j'ai dit des choses qui déplaisent, c'est normal que celles et ceux à qui ça déplait me réponde. C'est plus intéressant quand comme vous, ils ou elles le font en argumentant plutôt qu'en m'insultant. Mais c'est la loi du genre et c'est un autre défaut d'Internet.
      Enfin, pour ce qui est de mon appel à l'exclusion des étudiants masculinistes : là où je vous donne raison, c'est quand vous dites que cela ne peut que renforcer leur amertume et les encrasser dans leur grossièreté. C'est le risque d'un effet contre-productif que j'entends tout à fait. En revanche, que des adultes, même jeunes, prennent leurs responsabilités et assument les conséquences de leurs actes me semble indispensable. Je suis immensément attachée à la mixité générationnelle et je veux tenir les jeunes adultes pour mes égaux, je ne supporte pas qu'on les renvoie à l'insouciance et à l'immaturité car c'est aussi ce qui justifie le fait de les traiter ensuite en sous-travailleurs dont on ne reconnait pas les compétences, en sous-électeurs dont le vote n'est pas pris au sérieux, en sous-citoyens dont la prise de parole est décrédibilisée au seul prétexte de leur âge. Vous avez 20 ans, j'en ai presque 20 de plus, mais votre parole et la mienne ont autant de valeur quand elles se positionnent sur le plan du débat constructif.

      • Jeanne Hirschberger

        Je crois que, si le masculinisme peut être dangereux, il n'en reste pas moins que ce n'était pas le but même de ces jeunes gens. Ils ont fait une mauvaise blague, en utilisant les mauvais termes et de mauvais jeux de mots, mais bon n'allez pas me dire que vous pensez intimement que c'était une revendication sérieuse.
        Quant au sexisme quotidien, rendez à César ce qui est à César: je ne crois pas que les étudiantes de Sciences Po (j'en suis une) se sentent mal à l'aise, ou discriminées, ou je ne sais quoi d'autre. Je suppose que vous le sauriez sinon...

        • Donzel_Marie

          J'ai eu des étudiant-es à Sciences Po (Paris) qui se sentaient discriminé-es, qui m'en ont parlé et qui m'ont parfois dit qu'aborder le genre dans mes cours (sur la littérature contemporaine) leur avait fait du bien, leur avait donné une confiance en soi nécessaire pour s'affirmer et se défendre. Ce n'est pas un fait de gloire ni un mouvement de masse, c'est ma petite pierre à moi. Toute petite, mais qui me fait chaud au coeur quand ces étudiant-es me disent que je leur ai apporté quelque chose, un jour. J'en ai agacé d'autres et je n'ai pas toujours fait l'unanimité. C'est comme ça.

          • Thomas Arnaudin

            Oui, les étudiants sont responsables. Oui, ils doivent assumer les conséquences de leurs actes. Oui, Osez le masculisme est un groupe qui n'aurait pas du se créer. 

            Mais je complèterai par : Oui, les étudiants font preuve d'insouciance, le dernier rempart qui nous sépare de l'âge adulte. Nous ne sommes pas vos égaux, comme vous l'avez dit. Vous avez 20 ans de plus, 20 ans d'expérience, d'erreurs constructives, de réussites ou de regrets. Vous avez commis des erreurs dans votre article, et avez le droit à un rectificatif ! 

            L'exclusion est sans appel, et détermine la vie professionnelle entière d'un jeune. Les autres sanctions disciplinaire (conseil de discipline, avertissement, blâme assorti au dossier universitaire de l'étudiant, rapport de l'administration...) sont très dures, et punissent déjà lourdement un étudiant, tout en lui donnant une seconde chance. A 20 ans, on peut être un petit con, s'en rendre compte, et changer. Encore faut-il qu'on nous en donne les moyens. L'exclusion doit intervenir en dernier recours, dans les cas ou, après des avertissements, un étudiant continue sciemment dans une mauvaise voie.

            Je pense que vous vous êtes laissée emporter par l'ardeur de vos convictions (qui sont tout à fait respectables, et dont il n'est pas question ici), et que votre revendication n'est pas rigoureuse. C'est une réaction à chaud qui oublie d'être mesurée, et de prendre en compte la reálité du terrain, et l'avancée de l'enquête interne en cours.

            Comme vous le dîtes, vous êtes bloggueuse et non reporter. C'est votre droit que de réagir à l'actualité, sans vérifier parfaitement vos sources. Mais je voudrais que vous compreniez aussi que vous êtes un échelon dans la grande machine médiatique. L'effet boule de neige, la "viralité" de l'information sur internet... voilà des dangers qui nuisent au débat, l'envenime, et détournent la réalité. C'est une logique de consommation rapide de l'information, qui oublie trop souvent le plus important : le fond. 

            Comprenez que chaque mot que vous écrivez pèse lourd. Vous êtes hébergée sur France TV info, votre résonnance est grande. Si chacun de vos lecteurs prend votre article au pied de la lettre, et le relaye auprès de ses amis en en déformant quelques traits (comme cela arrive tout le temps... après une lecture on ne peut être totalement précis), pouvez vous imaginer le contenu de ce qui arrivera aux oreilles de la 3ème, 4ème ou 5ème vague de personnes ? Vous êtes le maillon d'une chaîne. Vous êtes bloggueuse, certes, mais réalisez bien votre responsabilité : celle de la qualité des informations que vous relayez. 

            Depuis le début de l'affaire, nous, les élèves de l'institut, assistons à une déformation progressive de la réalité. Alors que l'Administration devrait pouvoir régler ce problème (interne à l'école) en toute sérénité, nous craignons, comme le laisse entendre le communiqué du MET, qu'elle sur-réagisse devant l'ampleur du "buzz". 

            C'est vrai, vous n'avez pas due être épargnée depuis la parution de votre billet, mais force est de constater que vous avez négligé certains points importants dans l'affaire, et que vous avez sous-estimé le sentiment d'injustice, d'impuissance, et de frustration ressenti par une grande majorité des étudiants de l'IEP de Bordeaux qui se voient bien malgré eux projettés au centre de l'actualité sulfureuse à cause d'une bête affaire de "blague" facebook qui n'engage qu'une ou deux personnes tout au plus.

            Et le pire, c'est qu'en voulant défendre la réputation de notre école, et en revendicant un peu de mesure, de calme, et de vérité, on a le sentiment d'être pris pour des anti-féministes... 

          • Donzel_Marie

            Thomas, je suis émue en vous lisant et je vous félicite pour votre grande maturité et votre sérénité qui est une vraie leçon. J'accepte vos critiques très intelligemment et très puissamment amenées. Bravo, je crois que pour le coup, vous avez l'âme d'un leader, de ceux que je croise et admire dans mon travail et qui appartiennent aux deux genres et à toutes les générations, dont la vôtre. 

            Je reconnais donc m'être emportée en réclamant l'exclusion. Ma colère a parlé un peu vite, sans doute. Même si je maintiens qu'une sanction est nécessaire, parce que la prise de conscience a son importance.
            Je suis moins insouciante que vous, sans doute, parce que oui, j'ai plus d'expérience, parce que je suis mère, parce que j'ai aussi fait et dit des conneries et que quand ça m'arrive encore, je suis peut-être un peu plus armée pour les assumer et quand c'est possible, les rattraper. Mais la colère que j'avais déjà à 20 ans quand j'étais confrontée au sexisme est intacte, elle. Depuis, parce que c'est un sujet sur lequel je travaille depuis longtemps et sur lequel j'essaie d'enrichir ma réflexion (y compris en me confrontant à des arguments qui ne vont pas dans mon sens), j'observe incessamment les dégats réels et signifiants de la permanence des mentalités sexistes qui font du tort aux hommes comme aux femmes : de nombreuses femmes entretiennent des complexes d'imposture dans le milieu professionnel et restreignent leur audace et leur ambition de peur de perdre "en féminité" quand elles s'affirment, de nombreuses femmes se sentent coupables quand elles traversent une agression sexuelle, de nombreuses femmes vivent des conflits internes douloureux quand elles veulent articuler vie professionnelle intense et maternité, de nombreux hommes se disent aussi oppressés par la culture de virilité qui les obligent à se comporter en "mecs, en vrais", de nombreux hommes vivent le chômage comme une humiliation terrible quand leur compagne continue elle à travailler et que le regard social les fait passer pour de paresseux gigolos, de nombreux hommes disent combien il est difficile de faire le choix de s'occuper davantage de leurs enfants sans être renvoyés à la figure bé-bête du papa-poule nunuche et sans ambition... Ce n'est pas anodin, le sexisme ambiant. Et ce n'est pas qu'une affaire de femmes.

          • Thomas Arnaudin

            Merci de reconnaître vos torts. Vous savez accepter les critiques et apporter des rectificatifs bienvenus, c'est rare et agréable. Toute la suite de votre commentaire, je la partage. 

            Malheureusement, je pense que le féminisme est aussi perdant dans cette histoire, et c'est bien dommage car tous les problèmes que vous évoquez sont réels et méritent des réflexions de fond. 

            Finalement, les féministes sont sur le devant de la scène, mais je doute que cette affaire débouche sur les débats que mérite leur cause. J'ai bien peur que seules de la tension et de la rancoeur ressortent de cette histoire. Espérons qu'on ne jettera pas le bébé avec l'eau du bain. Encore une fois, c'est un buzz bien triste, dans tous les sens du terme.

            Bonne continuation.

  • Jeanne Hirschberger

    Personnellement, étudiante à l'IEP de Bordeaux, je trouve aussi que ça fait beaucoup de tapage pour un truc qui était tellement stupide qu'il n'en valait pas la peine...
    Moi non plus je n'avais pas entendu parler de ce groupe avant tout ce barouf fait autour, et, si je n'excuse pas le fait que ça soit stupide, déplacé et con, je ne me suis pas sentie pour autant insultée. Je crois que beaucoup ont pris ça au second (troisième voire quinzième) degré, ou encore ont dit que c'était une mauvaise blague mais sans les lyncher.

    Si j'en crois votre article, étant une fille, ce que je dis est donc forcément de l'auto-insulte? Le fait que les chansons paillardes et les noms d'équipe ne me dérangent pas plus que ça (ils sont bêtes, mais là encore c'est du second degré), c'est de l'auto-discrimination? Le fait de passer au-dessus de ça parce que ce sont des blagues de mauvais goûts qui ne méritent pas le détour, même chose?

    Je crois que si vous interrogez ces garçons, ils ne vous apparaitront pas comme "misogynes" ou "extrême-droitisants", parce que ce sont des jeunes comme les autres, qui font des conneries, plus ou moins de bon goût (et qui plus est, les IEPiens bordelais sont loin d'être les seuls), et qui ne doivent pas être excusées, mais 1. je crois qu'ils ont compris, et 2. les lyncher médiatiquement ne fera pas avancer les choses. S'attaquer à une seule école, ça n'est pas très sympa (aussi fautive soit-elle), parce que je crois que si vous attaquiez toutes les écoles qui sont limites sur ce plan là, vous n'auriez aucune chance de gagner. Pourquoi ne pas vous attaquer aux chansons paillardes aussi, ça me semblerait plus logique? Mais ça risque d'être assez difficile.

    Enfin, ce qui m'a le plus énervée dans votre article, c'est que vous généralisez votre sentiment à toutes les femmes. Non, toutes les étudiantes de l'IEP de Bordeaux ne se sont pas senties profondément insultées. Non elles ne demandent pas toutes le renvoi des initiateurs de ces blagues vaseuses. Non, elles ne se sentent pas forcément discriminées en voyant des noms d'équipe plus ou moins de bon goût. Oui, elles peuvent aussi les accepter, en rire et même en jouer sans que ça soit de l'auto-insulte ou auto-discrimination.

    Ne vous méprenez pas, je suis reconnaissante envers les associations féministes pour tout ce qu'elle ont fait, et ce qu'elles sont en train ou vont réaliser. Mais ne croyez-vous pas qu'elles ont justement mieux à faire que de généraliser à une école et limite à une société entière un phénomène certes de très mauvais goût, mais qui n'en reste pas moins isolé?

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=1434004499 Drissou Ilatou

    Cet article est affligeant de bêtise. Ce n'est pas la déontologie qui vous étouffe. Vous avez repris telles quelles des informations mensongères diffusées par la presse locale, sur la base de l'unique témoignage d'une militante féministe qui a pris soin de déformer et les faits, et l'intention de leurs auteurs, et leur portée réelle, sans bien sûr prendre la peine de le mettre en balance avec le ressenti des centaines d'autres étudiants de l'IEP, qui je vous l'assure pour en faire partie, n'ont pas du tout l'impression d'évoluer dans l'environnement sexiste et homophobe que vous décrivez, bien au contraire ! Et je dis cela en tant qu'homosexuel assumé (nous sommes très nombreux) entre ces murs. Beaucoup de mes camarades, fort heureusement, font depuis quelques jours du lobbying actif sur la toile afin de restaurer la vérité et préserver l'image de leur école.

    Vos accusations diffamantes n'ont absolument aucun sens. Elles sont même insultantes à l'égard des jeunes étudiantes de l'IEP, que vous qualifiez ni plus ni moins de "potiches" trop sottes pour se départir d'un humour "potache" dont elles ne comprendraient pas les aboutissants, pour reprendre l'expression d'une amie. Bien évidemment, ça ne tient pas la route. Et de tirer de grandes conclusions sur la déliquescence des élites, qui se complaisent dans le stupre, etc., blablabla... PITIE, c'est tellement cliché, facile, POUJADISTE ! VOUS relayez un discours d'extrême-droite. Les étudiants de l'IEP, eux, ont suffisamment d'intelligence pour mettre à distance la "culture potache", c'est-à-dire la considérer pour ce qu'elle est, à savoir un humour bien beauf, bien lourd, sans grand pouvoir de nuisance, qu'il faut savoir prendre au 15ème degré. Pour information, je suis très gender, j'abonde les thèses d'une Caroline Fourest par exemple. Mais avouons tous que si le monde devait lui ressembler, il serait bien triste. Un peu rugosité dans les relations humaines ne fait pas de mal. Sinon quoi ? Vous allez envoyer au bûcher les garçons qui tiennent la porte aux filles ? Ceux qui leur paient un verre ? Ceux encore qui fantasment sur des infirmières candides à forte poitrine ?

    Quant au ton méprisant de l'auteure, semble-t-il issue de l'IEP de Paris, à l'égard des IEP de province ; JE VOUS RASSURE, VOTRE BEAU DIPLÔME EST SOUILLE PAR BIEN D'AUTRES CHOSES QUE CES BLAGOUNETTES DE GARÇONNETS, AUXQUELLES S'ADONNENT A CŒUR JOIE LES ÉTUDIANT.E.S (clin d’œil grammatical qui devrait vous ravir) DE TOUS LES IEP A L'OCCASION DE CHAQUE CRITERIUM, Y COMPRIS CEUX DE SCIENCES PO PARIS, OU ON SE FOUTAIT OUVERTEMENT DE LA SEXUALITÉ DE DESCOING A CHAQUE COIN DE COULOIR...  ! La voilà, votre belle hypocrisie. Vous vous croyez subversive, pourfendeuse d'injustice, vous êtes juste à côté de la plaque et bien peu professionnelle.

    • Donzel_Marie

      Je préfère qu'on argumente plutôt qu'on m'insulte, mais puisque vous vous êtes donné la peine de m'écrire, je réponds sur un point précis de votre commentaire : je n'exerce pas ici en tant que journaliste. Je suis bloggueuse et mon rôle est de réagir à l'actualité en y apportant un point de vue, discutable évidemment, si possible avec respect dans les échanges. J'ai apporté des rectificatifs quand on m'a signalé les erreurs factuelles que j'avais rapporté de mes lectures d'autres articles sur ce sujet : j'aurais pu corriger mon papier pour "effacer" mes erreurs ponctuelles, mais j'ai préféré les assumer et apporter les précisions utiles à part, en citant leurs auteur-es que je remercie au passage d'avoir eu le réflexe constructif de proposer des éléments nouveaux et précis plutôt que de rejeter en bloc mon propos.

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=100002101741028 Aw Zulong

    A en voir les commentaires, quand on dénonce un humour aussi sexiste et méprisant que celui des beaufs de 50 ans (et qui d'ailleurs en dit long sur l'éducation et la place du féminisme dans la société) c'est celui qui dénonce qui devient oppresseur et en plus réactionnaire (fasciste, poujadiste et allez pourquoi pas nazis, staliniste, Benoît XVI etc etc... comme quoi quand on sort de l'école on a des notions "maîtrisées" et parfaites pour couper court à un débat 😉 ).

    • Donzel_Marie

      Puisque je suis dans une démarche d'honnêteté, je dois dire que ces insultes me blessent effectivement, même si c'est l'intention de leurs auteur-es et que je ne devrais pas leur offrir ce plaisir. C'est la rançon de la prise de parole.

      Mais je veux redire ici aussi que je suis en revanche très sensible aux commentaires qui ne vont pas dans mon sens mais qui argumentent utilement : je suis et serai toujours heureuse qu'on m'apporte de la contradiction et qu'on me pousse à douter, à me remettre en question, à prolonger ma réflexion au-delà de mes intuitions et parfois de mes réactions de colère immédiates. Que celles et ceux qui jouent dans cette catégorie-là soient chaleureusement remercié-es, sincèrement... Quant aux autres, je tâche de m'épargner de leur retourner leur mépris et je lèche mes plaies auprès de celles et ceux qui m'aiment et me soutiennent, dans l'intimité.

  • Baloo93

    A dire vrai, la création d'une association d'étudiants de couleurs, dirons nous, aurait de réelles revendications à faire valoir aujourd'hui à Sciences Po Bordeaux. Quand on compte le nombre de Noirs, de beurs ou d'asiatiques sur les doigts de deux mains, cela pose un vrai problème - alors que dans le même temps on compte plus ou moins 60% de filles dans l'établissement. Leurs revendications (quelles sont-elles d'ailleurs?) semblent alors assez peu prioritaires, ce qui est d'autant plus paradoxal quand on voit la place qui leur est accordée. 

    Mais bon, rassurez-vous les blagues racistes (contre Noirs, asiatiques, Belges, Américains, juifs, ou que sais-je d'autre) existent déjà et sont généralement acceptées entre gens pratiquant le second degré - mais l'entendre d'un inconnu pose toujours le problème du sens réel accordé à ce genre de blagues, je vous l'accorde. 

    • Donzel_Marie

      Je suis évidemment très engagée dans la promotion de la diversité (d'origine et sociale) dans le management et donc dans les écoles qui forment ces futurs managers. Je ne peux qu'approuver cette part de votre commentaire. Toutefois, je pense que ça ne rend pas moins urgente ni moins nécessaire la lutte contre le sexisme, lequel, on l'observe dix ans après dans l'entreprise, est si inscrit dans les cultures et les mentalités, que c'est à ce moment-là que beaucoup de femmes regrettent de ne pas s'en être précédemment préoccupé. Quand elles voient leurs carrières ralentir et leur légitimité professionnelle pas tout à fait considérée comme celle de leurs confrères aux étapes clés de leur parcours professionnel.

      Cependant la GenY à laquelle appartiennent les étudiant-es d'aujourd'hui a d'autres ressources que la GenX dont je fais partie pour faire valoir ses talents et installer d'autres formes de la mixité... C'est très intéressant à suivre. J'ai une certaine confiance dans les vingtenaires d'aujourd'hui, mais pas dans tous et toutes, vous l'aurez compris.

      • Baloo93

        A dire vrai, je réagissais à un commentaire de fati33 situé un peu plus bas. 

        Je comprends tout à fait votre point, mais comme je vous l'indique précédemment, les revendications de OLF ou A-bord à Sciences Po Bdx sont assez floues (voire inconnues) tant elles se préoccupent de points de détails au sein de l'IEP (cf. les noms des équipes qui relèvent plus de l'humour potache/beauf étudiant que d'un réel sexisme). A l'inverse, je pense qu'il existe un vrai consensus quant à la parité des salaires et l'égalité sur le monde du travail, qui plus est dans un établissement où la gente féminine représente la majorité des effectifs, ce qui n'empêche pas les blagues à côté, aussi regrettables soient-elles. 

        • Donzel_Marie

          Mais l'égalité dans le monde du travail se joue dès maintenant et même avant. Les étudiant-es ne sont pas dans un monde à part où les règles sociales écrites (et non écrites) sont différentes. La confiance en soi des femmes se construit dès leur enfance, en famille, dans le milieu scolaire, dans les activités, dans les jeux, dans les répartitions des rôles... Vous n'allez pas basculer dans un autre monde en commençant à travailler, vous allez poursuivre votre vie dans ce monde et la blague potache, quand elle ne viendra plus du camarade rigolo mais du supérieur hiérarchique ou du collègue qui cherche à établir son emprise n'aura peut-être plus tout à fait le même caractère de "second degré". Je le redis comme dans d'autres commentaires, je ne souhaite à aucune femme d'être confrontée à la violence sexiste dans sa vie personnelle ou professionnelle et je serais sincèrement ravie de ne plus servir à rien sur ce terrain. Mais en attendant, mon expérience me dit combien cette violence est destructrice et comme ça a du sens de la combattre, pied à pied.

  • http://www.facebook.com/Flora.C.Fettah Flora Claire Fettah

    Bonsoir,
    suite à la lecture de votre article et des différents commentaires je décide de réagir alors que ce n'était pas mon intention première.
    Je suis étudiante à Sciences po Bordeaux et véritablement blessée par votre article : penser que nous, étudiantes, subissons la domination masculine dans un institut où nous sommes majoritaires est insultant. Nous sommes des jeunes femmes modernes qui acceptons l'idée qu'un peu d'auto-dérision et d'humour potache n'a jamais tué personne si l'on est suffisamment intelligent-es pour percevoir la nuance.
    Votre contribution au buzz médiatique suscité par cette histoire en relayant une parole journalistique de seconde zone (bordeaux matin)  parait tout à fait inconsidérée : vous faites des amalgames et ne vérifiez pas vos sources sans réfléchir aux conséquences de vos actes. Il faut tout d'abord différencier "osez le masculin" d'"osez le masculisme" (et non pas le masculinisme : en effet, les étudiants ne ce référaient pas à ce mouvement directement, il s'agissait plutôt de singer une association qui, parfois, s'égare dans ses combats et peu agacer. Je parle évidement en tant que féministe convaincue que des combats restent à mener pour l'amélioration de la condition des femmes dans nos sociétés), ces deux pages facebook n'impliquent pas les mêmes personnes. Par ailleurs, les propos que vous leur prêtez dépendent d'autres personnes, et ceci a même été reconnu par le journal (le débat sur le viol collectif, notamment). Enfin par rapport à la question des noms des équipes sportives, vous serez ravie d'apprendre que l'équipe de volley de l'école "Les violleyeurs" n'a pas été rebaptisé par ces pauvres garçons mais porte son nom depuis un bon moment. Il s'agit d'un humour potache qui s'applique à toutes les équipes sans exceptions : MPMS, Sans-culottes, rugbeaufs,.. un jeu de mot relatif du sport choisi la plupart du temps.
    Également, vous parlez d'étudiante qui se sentent oppressées, mais il s'agit de Sciences Po Paris dont le fonctionnement et les étudiants ne sont pas les mêmes que chez nous.
    Il me semble que d'autres points restent à éclaircir sur la question et je suis prête à y revenir avec vous, mais encore une fois faites attention avant de faire un procès d'intention à quelques étudiants à l'humour peu fin.

    • Donzel_Marie

      Je regrette d'avoir pu vous blesser. A la suite de plusieurs commentaires comme le vôtre, j'ai souhaité interroger une de mes anciennes étudiantes pour comprendre un peu ce qui se jouait dans les réactions des jeunes femmes que mon billet a hérissées. Je comprends que vous viviez comme une forme de domination aussi déplacée que la domination masculine qu'une femme plus âgée que vous interprète le choix de vous identifier d'une façon ou d'une autre comme de l'auto-insulte. Sans doute que c'est effectivement plus compliqué et que vous ne vous sentez pas aussi oppressées que j'ai pu le supposer. En tout cas, je prends acte de ce que vous dites, je prends votre parole au sérieux et je la respecte, même si elle ne va pas dans mon sens. Je vais prendre le temps de réfléchir longuement à cette question avant d'y revenir, sans doute dans un prochain billet. 

      Je veux cependant éclaircir une chose : mon billet vise uniquement les étudiants masculinistes, pas les autres étudiant-es de l'IEP de Bordeaux. 
      Et je veux encore dire que ma porte est ouverte à toute femme qui, un jour ou l'autre, se sentirait effectivement agressée par le sexisme, même si à d'autres moments de sa vie, elle ne l'a pas ressenti comme une violence. Ce que je vous souhaite du plus profond de mon coeur, c'est que vous n'ayez jamais besoin de frapper à cette porte. Mais si d'aventure cela se produit, je serai là et d'autres aussi. 

  • http://twitter.com/Gerlier simone

     Pour ma part je suis d'accord avec cet article.
    Quand on fait ces études-là, on aimerait que ces jeunes aient un peu de plomb dans la tête, parce qu'après tout en choisissant cette orientation, ils prennent des responsabilités. Personnellement, je n'ai pas du tout, mais pas du tout envie d'offrir un avenir aux autres jeunes, dont mes fils, qui ne font pas sciences po, mais qui au même âge, sont mécanicien et charpentier, une politique dictée par des tels irresponsables dignes d'être accompagnés dans les parcs d'attractions.

  • Ginette Raveau

    en vieillissant,les blagues potaches se comprennent moins bien et on intellectualise de trop,et trop de féminisme tue la lutte pour les femmes,parfois ne rien dire est la sagesse.

    • Donzel_Marie

      Mais parfois dire est nécessaire. Voire vital. Je ne nuis pas à une "cause", c'est un argument trop facile pour me faire baisser les yeux et fermer ma g***. Je m'exprime en mon nom et en mon nom seul. Cet humour n'est pas le mien, il m'insulte et insulte des personnes auxquelles je tiens. J'ai le droit de le dire où ça fait juste de moi quelqu'un qui "intellectualise trop" (comme si on pouvait trop intellectualiser, by the way)?

  • lyseam

    WAOH ! Le déferlement !

    Entre les mises au point (fascisme/nazisme) à la gomme, (marquer un point de vocabulaire n'est pas marquer un point de raisonnement ni un point de positionnement éthique, Mr Baloo93),
    et l'étudiantE qui revendique d'avoir plus d'humour parce que c'est juste fun de s'autonommer de façon désobligeante (Ah oui ! pardon j'oubliais : "comme ELLE veut bien l'être, cela est fun et pas désobligeant... et c'est ainsi pour toutes" ,
    on est servi !

    Finalement,c'est comme les masochistes, "comme ils le sont .... le sont-ils encore ?" ou bien "les gens vivant  dans des sectes voire qui ne connaissent rien d'autre, pourquoi ne pas considérer alors que cela relève de leur liberté " ?....)

    Peut-être chères étudiantes ou autres parce que tout ne se résume pas à votre perception, que celle-ci est d'ailleurs faussée parce que vous ne voyez que ça, que vous êtes de la pâte à modeler conditionnée à accepter les critères qui vous entourent , voire que vous avez pré-choisis, autant que les courants de pensées (ça s'applique aussi à certaines écoles de pensées pseudo- scientifiques) que l'on y enseigne (d'ailleurs si vraiment -même et surtout avec de solides arguments- vous les contestiez, vous ne seriez plus étudiante là-bas .. ou en échec)  et que vous n'êtes pas en position, du fond de votre caverne, de réaliser ce que tout cela recouvre pour les autres et même pour vous.

    Rque : si cela s'avère, il est honteux de tourner en dérision un mouvement comme ni-putes ni-soumises qui peut faire l'objet de débat sur ceci ou cela mais pas de dérision de la part d'étudiants, qui plus est étudiantes, qui plus est dans cette branche.

    Maintenant, ces commentaires ont un avantage :
     ils montrent bien que la phallocratie marche tout aussi bien dans les milieux de diplômes qu'ailleurs, ... je rajoute : mais d'ailleurs comme une pression de mode de pensée parmi d'autres
     (même si ce n'est pas une pression comme les autres, on est d'accord).
    On l'y enrobe (c'est le cas de le dire) davantage et différemment et on y force bien souvent le consentement des femmes qui veulent y perséverer et qui baignant là-dedans, doivent faire avec, voire s'en servent elles-mêmes (ne soyons pas naïves) ou alors qui  détonnent ... et sortent ou s'en sortent...tiens donc comme ailleurs, mais dans plus de soie et moins de coton (très couture non ?).

    Sans compter (aucunement justificatif) que cela ne date pas d'hier.

    Peut-être Marie Donzel, êtes-vous passée à travers ou cela ne se pratiquait pas les années où vous étiez là ou vous étiez, ou peut-être était ce  d'une façon à laquelle vous étiez moins sensible ?

    En même temps, certains ou un de vos articles (il y a un certain temps, peut-être 1 ou 2 mois) aiment bien taquiner de l'encanaillement verbal, très réducteur et déplacé aussi surtout si c'est pour traiter de l'égalité homme-femme. Mais il faut tellement répondre à l'image de la femme EPANOUIE ,vous dis-je, et PAS COINCEE, n'est-ce pas ?

    Plus généralement, ces diktats institutionnalisés que vous reprochez (à raison) à ces lieux d'étude, ou à la société percent parfois dans certains de vos articles
    et si vous rétorquez que tout est une question de mesure, alors je dirai "mettons" et que cela est votre choix, alors là je réponds " mais alors , autant alors que l'étudiante qui s'autoinsulte".

    Oui je sais : ce commentaire n'apporte rien si ce n'est un petit pois dans la balance (très cuisine non ?).

    Mais cela fait du bien.

    • Baloo93

      Vous avez dû remarquer que le commentaire sur le point Godwin avait avant tout un but informatif et non pas éthique ou que sais-je d'autre. 

      Tout comme l'abréviation de monsieur n'est pas Mr (affreux anglicisme) mais M.. =)

      • lyseam

        Je reconnais l'anglicisme : cela est bien triste, n'est-il pas ? Si vous ne trouvez que celui-là, c'est que j'ai fait des progrès pour m'en débarasser.:-)

        • Donzel_Marie

          Ah ! ah! ah! Je les aime plus que tous les autres, les trolls correcteurs d'orthographe et défenseurs du correctement français. 

          • Baloo93

            Heureux de voir que nous partageons certains attraits humoristiques. 

    • Donzel_Marie

      Lyseam, oui, je suis aussi dans la contradiction et dans l'ambivalence. Je fais le choix de l'assumer, pas toujours fièrement, mais parfois si quand même. J'aime qu'on m'apporte comme vous le faites des éléments qui me poussent dans mes retranchements, qui m'invitent à la remise en question. En revanche, les insultes et les disqualifications sur mon style ou sur ma capacité de réflexion proférées par certain-es me paraissent vaines, et comme vous le dites, révélatrices du fait que j'ai touché là où ça fait crier. Ce n'est pas non plus une fierté en soi, mais c'est une leçon de réalité...

  • Pingback: féminisme ?()

  • http://twitter.com/AAA_rthur Arthur ナンセル

    Entièrement d'accord avec Lorène. C'est vraiment le genre de choses qui ne choquent que les gens qui veulent bien se laisser choquer. Il existe un folklore d'école, sans doute pas très fin voire parfois déplacé, mais on ne va pas faire mine de le découvrir aujourd'hui.

    Au passage, merci pour cette savoureuse tranche de condescendance Paris/province (oui les IEP s'appellent Sciences Po, ça vous chatouille ?) et pour ce bel éclat de rire sur "les leaders de demain".

    • Donzel_Marie

      Vous pouvez rire sur les "leaders de demain", le pays n'a sans doute pas besoin de gens qui prennent les choses en main, qui ont les capacités de manager et l'ambition de réussir. Pataugeons dans la médiocrité, ne valorisons pas les talents, ne cherchons pas de solutions, c'est un bel avenir qu'on se promet.

      • http://twitter.com/AAA_rthur Arthur ナンセル

        Le pays n'a pas besoin d'une pseudo fabrique d'élite standardisée. La reproduction sociale se porte déjà très bien, merci pour elle. Et je trouve ça d'une parfaite vulgarité de s'auto-attribuer un pin's (une épinglette, excuse my French) "élite". Je suis sorti de la même école que vous et je ne me considère pas comme faisant partie d'une quelconque élite. Ah non pardon j'y suis, j'ai fait mes études à Lille, c'est sans doute pour cela que je ne sais pas ce qu'est l'élite :/

        http://enseignementsup.blog.lemonde.fr/2013/01/29/pierre-mathiot-je-nappartiens-pas-a-cette-elite-du-pouvoir/

      • Un homme

        un avenir sans des truies décérébrées comme vous, d'accord

    • http://twitter.com/ob_parker Oriane B. Parker

       Et alors c'est parce que ça existe depuis toujours (cf votre terme de "folklore") qu'il faut l'accepter et laisser perdurer la chose ? A ce rythme là les femmes n'auraient pas encore le droit de vote !

      • http://twitter.com/AAA_rthur Arthur ナンセル

        Comparer le droit de vote à une blague de potache, rien ne vous effraie.

  • http://www.facebook.com/philippe.brus.7 Philippe Brus

    Article d'une

  • http://www.facebook.com/ArnO37 Arnaud Gautier

    Quel torchon mal écrit. J'ai arrêté de lire après " (et volontiers extrême-droitisant)". Il faudrait songer à une reconversion ma petite dame, l'écriture ce n'est pas donné à tout le monde. 

    • Donzel_Marie

      C'est hors de propos. Je comprends bien que vous ayez envie de me disqualifier en mettant en cause mes compétences, mais c'est vain, mon p'tit bonhomme. La qualité d'argumentation n'est pas donnée à tout le monde.

    • Donzel_Marie

      Et vous, au fait, où écrivez-vous? Que je puisse aussi aller torcher un commentaire aussi hâtif et rageur sur votre style que celui dont vous me gratifiez faute d'arguments solides à m'opposer.

  • http://twitter.com/YannBougaret Berlioz Bogaert

    Sinon y a une autre solution pour 21,75 € : http://www.amazon.fr/LHumour-pour-nuls-Gordon-Zola/dp/2754019561

    • Donzel_Marie

      ce qui vous fait rire ne me fait pas rire et vice versa. Si je fais de grosses bonnes blagues potaches sur les bienfaits de la castration, vous riez avec moi ou vous me traitez d'hystérique? Voilà, quoi...

  • http://twitter.com/YBousenna Youness Bousenna

    C'est paradoxal pour une féministe affichée, avide d'émancipations, de se retrancher aussi vite dans son petit esprit de corps "IEP Paris vs province". D'autant quà lire la tribune de Pierre Bénichou dans le Nouvel Obs d'il y a quelques mois, titrée "Adieu, Sciences Po", on relativise largement l'érudition postulée de cette institution : http://lafautearousseau.hautetfort.com/media/02/02/3604390728.pdf

  • celinev_camus

    J'ai moi même fait 5 années d'études à Sciences Po, Aix cette fois, et je pense qu'il faut voir ce fait divers graveleux et douteux dans la perspective des querelles internes au sein d'une même promo. Guéguerre entre comités qui se détestent cordialement, détournement de slogans (et oui sciences pipeau, sciences des mots) sont monnaie courante. J'espère que les blagueurs lourdingues ne se feront pas virer, en revanche, si j'étais le CA/Conseil de Discipline, je leur donnerai comme travail d'intérêt général la gestion de l'organisation d'une conférence (féministe) sur le genre. Notée. Eliminatoire. Parce que si l'humour potache à Sciences Po doit perdurer, la capacité de recul, de réflexion également et apparemment ces jeunes gens n'ont pas tellement de jugeote...
    L'auteur de ce blog ne doit pas assez bien connaître l'ambiance CRIT + BDE pour prêter de réelles convictions machistes aux abrutis du groupe. Ils veulent juste faire le buzz, je doute qu'au fonds ils soient convaincus de ce qu'ils font et prétendent.D'où l'idée d'une punition "pédagogique"...

    • Donzel_Marie

      J'ai précisément bien connu cette ambiance et je l'ai détestée. J'ai aussi détesté a posteriori mon attitude de l'époque qui a pu consister, pour plaire ou pour me conformer, pour survivre seulement dans cette ambiance, à me taire, voire à me faire complice, en certaines heures, de ces "potacheries". Pour moi, ça a été aussi une violence en soi, de ne pas oser prendre la parole et me défendre, à une autre époque de ma vie. Même si j'entends parfaitement que d'autres femmes n'ont pas la même expérience ni les mêmes perceptions que moi et qu'elles peuvent vivre mieux tout ça.

      Votre idée de punition pédagogique sous forme de conférence mixte sur le genre, sur les effets réels et mesurables de la violence sexiste (même quand elle s'avance sous la forme de l'humour) me parait excellente. Je n'ai qu'une crainte : que ce genre de conférences, pour être moi-même intervenue dans l'organisation ou comme débattrice à l'occasion, n'accueille qu'une majorité de femmes et que les hommes ne se sentent pas concernés. C'est dommage, le sexisme les concerne aussi et leur fait beaucoup de tort, les oblige à ne pas être eux-mêmes et les inscrit dans une permanence emprisonnante.

      Juste un détail encore concernant le buzz : ce n'était pas mon intention. Ce que vous appelez le buzz quand on blogue vous expose violemment à la critique et parfois à l'insulte (lisez certains commentaires pour vous en convaincre). Mon intention était d'exprimer une colère sincère. Je vous trouve comme d'autres bien plus sévère avec moi qu'avec ceux qui me crachent dessus, sans y mettre les formes, sans se donner la peine d'argumenter ni de me traiter seulement avec respect.

  • caliban_prospere

    Cette sévérité à votre égard s'explique peut-être par la violence de votre propos, la condamnation de tout un établissement et une certaine lassitude que l'on peut avoir vis-à-vis de votre colère de féministe qui part sur tous les fronts.

    Personnellement, j'ai été extrêmement peinée par votre article. Je m'excuse par avance si cette réponse est mal structurée, il est tard et je ne sais comment mettre en forme mes différentes idées.

    Bien sûr, la misogynie et les violences contre les femmes sont des problèmes graves. Jeune issue de la génération Y, j'ai subi comme d'autres des remarques déplacées durant mes stages par de vieux briscards par encore habitués aux femmes hors de la cuisine, ou encore dans le RER ou dans la rue par de jeunes roquets en chaleur.

    Mais je ressens aussi votre propos comme une agression. On n'a plus que des bribes de ce qu'était la page FB incriminée et ces morceaux choisis n'étaient pas vraiment drôles, mais de là à condamner toute la culture potache étudiante et de traiter toutes les filles qui y participent de soumises...
    Bien souvent, les blagues potaches d'iepien passent par le détournement de sujets tabous ou considérés comme politiquement incorrects. C'est dit avec la certitude que toute l'assistance comprendra que personne n'y croit.

    Personne n'est obligé de participer au CRIT+BDE et à cette ambiance particulière, beaucoup ne vienne en AS et aux compet' que pour pratiquer leur sport de prédilection et sont tout à fait intégrés dans les promos. Il s'agit pour les autres de faire les idiots, relâcher la pression et leur imagination se porte sur des sujets de société car, après tout, c'est ce qui nous préoccupe le plus en cours et en dehors. Certes, c'est un groupe, un esprit de corps et cela ne vole pas très haut, mais cela nous soude. J'ai quitté mon IEP il y a 3 ans, et aujourd'hui encore mes camarades et moi rions de ces bêtises.  

    Enfin, si beaucoup réagisse mal à votre article, je pense aussi que c'est parce qu'ils ressentent comme moi une certaine lassitude.

    Je ne veux pas d'une société française où comme aux Etats unis, nous devrons faire attention à chaque phrase de peur de blesser une communauté ou une minorité. Lisser tout discours empêche le débat et la réflexion. Empêcher les gens de parler librement, c'est cache misère. Parodier Osez le féminisme, cela peut être intéressant comme miroir déformant. Je ne veux pas que l'on me confisque le féminisme pour qu'il ne signifie plus que paranoïa et haine du mâle. Je ne veux pas qu'on me dise que je suis soumise à la phallocratie parce que je passe indifféremment du madame au mademoiselle et que les blagues graveleuses me font rire. Ces blagues s'appliquant autant aux hommes qu'aux femmes.

  • bodumorange

    Vous répondez à ces abrutis de sexistes par un suprême de pédantisme parisien ! Vous avez fait "Sciences Po", nous avons fait un "IEP de province" ? Vous savez ce qu'ils vous disent les beaufs ? 

  • Psychose

    "L'IEP Bordeaux n'est pas mon école, quoiqu'elle se fasse appeler Sciences Po."
    Splendide condensé de snobisme parisien résumé en une phrase! A quand un collectif "Osez le provincialisme" pour faire face à tant de sectarisme? Vous qui semblez sortir d'une si prestigieuse école, on se serait attendu à un soupçon de parallélisme des formes pour ne pas remplacer une intolérance (homme vs femme) par une autre (paris vs province)! 

    Pour le reste, l'humour potache étudiant ne brille certes pas par sa subtilité mais est-ce l'objectif recherché? Oui, on peut chanter des chants misogynes (ou autres) à souhait lors de Crit ou de soirées arrosées, sans être nécessairement un gros macho dépourvu de tout sens moral ou une étudiante écervelée incapable de prendre du recul sur ses actions ! Tout comme une bonne vanne sur les bienfaits de la castration que vous mentionnez dans un de vos commentaires pourrait pour ma part tout à fait me faire rire! Et encore heureux! Sinon les journées de paliens ne se résumeraient qu'à ces longs débats (que vous semblez affectionner!) très sciences pipo, i.e. aussi creux qu'inutiles, sur la pauvreté dans le monde ou le changement climatique. 

    C'est ici votre blog et vous utilisez donc cet espace d'expression comme bon vous semble. Mais je me permets néanmoins de vous suggérer de ne pas perdre votre temps avec ce genre d'épiphénomènes et de plutôt mener, comme je suis sûr que vous le faites, d'autres combats bien plus importants pour défendre la cause féminine (égalité des salaires, parité dans les CA et dans les Assemblées aussi bien locales que nationales...)

  • CYRIL MARTIN

    J'aimerais connaître un peu mieux les conceptions d'Osez le féminisme, pas claires à la lecture de cet article. Si effectivement un collectif "sérieux" nommé Osez le masculin se mettait en place pour lutter contre la culpabilisation permanente de la moitié de la population, pour promouvoir par ex la galanterie, le jeu de la séduction, le considéreriez-vous comme sexiste ou l'accepteriez-vous?

  • Georges Montclos

    Il y a une chose que je supporte encore moins bien que le machisme, c'est l'absence totale de sens de l'humour. Votre petit militantisme morbide prompt à s'indigner de la moindre plaisanterie de carabins est un bel exemple de sectarisme dogmatique. Que vous ne souffriez pas leur humour, soit. Mais rien ne vous oblige à réclamer leur exclusion.

    Signé : un étudiant à l'IEP de Paris encore attaché à une tradition rabelaisienne qui fut la fierté de ce pays.

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  • http://www.facebook.com/yorick.noctalis Yo Noctalis

    Et pendant ce temps, la vaisselle n'avance pas...

  • Un homme

    Les vrais féministes de première génération qui ont fait de grandes choses méprisent les soit disant féministes dans votre genre qui sont sexistes, fascistes et mauvaises.