"Chèfe d'entreprise", vous trouvez ça "laid"?

 

Bonjour, je suis Marie Donzel et je suis auteure et chèfe d'entreprise. Je tiens sur le site de France TV Info un blog intitulé "Ladies & gentlemen" consacré à l'égalité femmes/hommes. J'ai la chance d'avoir de nombreux lecteurs et de nombreuses lectrices qui prennent le temps de commenter mes propos. Qu'ils et elles soient ici remercié-es.

Mais je m'étonne que quel que soit le sujet que j'aborde, il y ait parmi mes commentateurs et commentatrices toujours au moins une personne pour s'arrêter sur mon titre féminisé : "chèfE d'entreprise et auteurE". Il y a là manifestement quelque chose qui en chagrine plus d'un-e. Qui chagrine et qui irrite, surtout. Mais qu'est-ce qu'il y a de si urticant dans ce E pacifique que j'ajoute à mon titre sans forcer personne à en faire autant?

C'est dysorthographique!

"L'orthographe n'est pas votre fort" m'écrivait récemment une lectrice rejetant si fort mon E qu'elle me requalifiait d'autorité : "Vous n'êtes pas chèfe d'entreprise ni auteure, vous êtes chef d'entreprise et auteur" (ce qui me fit à peu près le même effet de dépossession que si elle m'avait dit : "vous n'êtes pas Marie Donzel, vous êtes Mari (!) Donzl).

La féminisation du titre et du nom de métier est-elle une question d'orthographe ? Pas vraiment. A la rigueur, ce serait plutôt une question de grammaire, interrogeant les éventuelles exceptions à la règle de l'accord des mots en nombre ET en genre dans la langue française. Plus exactement, la féminisation des noms de métiers est un sujet de linguistique. Science passionnante s'il en est, qui étudie le langage en tant que système social en contexte historique.

Dans le cadre de mon job, j'interviewai il y a quelques mois le grand linguiste Bernard Cerquiglini, professeur à Paris VII, recteur de l'Agence universitaire de la francophonie et co-auteur du rapport remis il y a une douzaine d'années à Lionel Jospin sur la féminisation des noms de métier. Lors de notre entretien, il m'apprit que je n'étais absolument pas avant-gardiste en féminisant mon titre mais que j'effectuais tout simplement un juste retour à la nature de la langue française. Zut! Je ne suis pas révolutionnaire! Mais chic, je ne suis pas en train de braquer la langue comme une violente terroriste crypto-extrêmo-hystéro-féministe!

Cerquiglini m'expliqua que jusqu'au XVIIIè siècle, on féminisait naturellement et systématiquement les noms de métier. Olympe de Gouges, parmi mes idoles, était donc une auteuresse. Pas parce qu'elle était féministe mais parce que toutes les femmes de son temps qui écrivaient étaient ainsi nommées.

Mais alors quand et pourquoi cette tradition de féminiser les titres s'est-elle perdue? Au siècle bourgeois! Ah! Le siècle bourgeois, son code Napoléon, ses femmes à la maison, son argenterie à astiquer et sa mode corsetée... Le grand siècle d'un mariage qui fit des femmes les inférieures dociles de leurs époux et des êtres de semi-identité passant de l'autorité et du nom du père à ceux du mari. A cette époque, s'appeler "Madame la préfète", c'était être "Madame l'épouse de Monsieur le Préfet".

Cerner cela, c'est indispensable pour comprendre la réticence qu'ont eu les premières femmes émancipées à féminiser leur titre : elles ne voulaient pas d'un "patronne" qui laisserait penser qu'elles n'étaient que la femme du patron quand elles avaient pris elles-mêmes les rênes d'une entreprise. Elles avaient à coeur de dire que leur "patron" n'était pas celui de la couturière maison mais bien celui de la femme de direction. Curieuse ironie : ce sont des femmes de tête qui ont imposé la masculinisation par défaut des grades et titres de haut niveau.

C'est la fonction qui prime!

Beaucoup de femmes exerçant des responsabilités préfèrent toujours aujourd'hui faire inscrire "directeur" plutôt que "directrice" sur leur carte de visite. Dans l'ensemble, ces femmes "directeurs" justifient ce choix avec une honorable sincérité et un surcroît d'humilité en disant leur souhait de faire passer la fonction avant la personne. Pour elles, ce n'est pas un masculin qu'elles emploient pour désigner leur titre, mais une forme de "neutre" bricolé avec les moyens du bord. C'est à dire avec pas grand chose : la langue française, m'expliquait encore Bernard Cerquiglini, ne connait une forme de "neutre" qu'au pluriel : c'est la fameuse règle du "masculin qui l'emporte sur le féminin" (règle que pour le coup, je transgresse en ayant opté de longue date la langue épicène). Ces femmes "directeurs" veulent être des femmes du corps des "directeurs et directrices" et pour cela, elles se désignent sous le vrai-faux neutre "directeur". Ca va, vous suivez?

Sauf que si on creuse un peu, comme je l'ai fait en interviewant de nombreuses femmes leaders à ce sujet, on découvre que derrière l'arbre de la neutralité affichée et de la "prime à la fonction", se cache la forêt des préjugés auxquelles elles souhaitent échapper. "Directrice, j'aime pas... Pour moi, ça fait directrice d'école..." m'ont-elles souvent dit. Nous y voilà! Directrice n'est pas le féminin symétrique de Directeur. Comme entraîneuse n'est pas celui d'entraîneur. Quand il se féminise, le métier est différemment considéré et souvent moins bien payé. Une de mes interlocutrices le disait sans détour : "Je suis directeur, parce que directrice, c'est 20% de moins sur la fiche de paye!" C'est un argument. Fort.

A l'inverse, quand le métier traditionnellement féminin est pratiqué par un homme, il faut alors lui trouver de toute urgence un nom valorisant. L’étymologie gréco-latine et/ou le lexique technique arrivent en renforts utiles : ainsi le sage-femme est-il devenu le maïeuticien. Le boulot est le même, les responsabilités identiques, la "femme" dans le mot "sage-femme" reste celle qui accouche et non la personne qui l'aide à coucher. Mais maïeuticien, c'est quand même plus facile à porter pour un homme que "sage-femme", n'est-ce pas? Ca fait plus sérieux et moins "domestique" (au sens de ce qui se passe dans la maison), plus technique et moins expérimental, plus pro et moins affectif...

C'est prétentieux!

L'homme a donc droit à un autre titre quand il fait un métier "de femme" (notez les guillemets). La femme qui y prétend quand elle exerce un métier plus traditionnellement masculin passera elle pour une arrogante aux yeux de certain-es. Ainsi me dit-on souvent que "chèfe d'entreprise" est une formule "pédante", "vaniteuse", "suffisante" et on me renvoie au rôle de Précieuse Ridicule dans une mise en scène bâclée de Molière ou à celui de bas-bleu dans un roman misogyne du XIXè siècle. Bas-bleu, selon le dictionnaire des Idées reçues de Flaubert : "terme de mépris pour désigner toute femme qui s'intéresse aux choses intellectuelles". Tout est dit : mépris - femme - intellectuelle.

Dans une vie professionnelle antérieure, j'ai exercé un métier très féminisé : j'ai été attachée (enfin quasi ligotée) de presse. En douze ans, personne ne m'a jamais reproché d'avoir un E au bout de ma corde. Personne n'a trouvé ça pédant, vaniteux, suffisant, prétentieux ni ridicule que mon titre soit féminisé. Faire des sourires aux journalistes, emballer des paquets, expédier des communiqués de presse, répondre au téléphone avec une infaillible équanimité, autant de tâches qui ne font pas primer la fonction sur la personne. Au contraire! Il y faut un "tempérament" et si possible "un tempérament féminin", c'est à dire "patient", "flatteur", "charmant", "modeste", "à l'écoute", "organisé"...

Ah tiens, donc c'est à géométrie variable, la pédanterie du nom de métier féminisé? AttachéE de presse, ça va. Mais auteurE, ça tique! Et pire qu'auteurE, il y a chèfE d'entreprise. Faut quand même pas pousser mémé dans l'ascenseur social!

Quand j'ai créé toute seule comme une grande ma propre structure professionnelle, j'ai eu le toupet de me faire appeler d'emblée "chèfe d'entreprise". Je n'aurais pas suscité davantage d'agressivité que si j'avais dégoupillé une grenade lacrymogène. D'ailleurs, ce qu'on m'a souvent dit, c'est "Aïe, ça fait mal aux yeux", "Ca pique". Lire le mot "chèfe d'entreprise" est donc, retenez-le, ophtalmologiquement dangereux.

C'est laid!

"Chèfe d'entreprise", ça agresse le regard, donc. Car c'est "laid". "Horrible" même me disait récemment une commentatrice. Chaque fois que j'entends dire d'une chose qu'elle est "laide", je ressors mon (gros) Bourdieu (même pas illustré) pour me souvenir que le jugement de goût est socialement déterminé et toujours porteur de jugement de valeur.

Est "laid" ce que nous n'aimons pas, ce qui heurte nos conceptions du beau, du juste, du vrai et du bon. En le rejetant, nous affirmons notre sentiment de supériorité ou à tout le moins notre besoin de distinction, incarné dans le "bon goût" qui est le notre mais fait défaut à l'autre. "Chèfe d'entreprise", ce n'est pas pas du goût de certain-es et surtout pas de bon goût du tout à leurs yeux. C'est comme une blague vulgaire pour celles et ceux qui se sentent au-dessus et c'est comme un accent snob pour celles et ceux qui y voient l'expression d'une domination. Dans tous les cas, ça dit "je ne suis pas de cette engeance que je méprise".

C'est bien du mépris, sans fard, sans complexe ni retenue qu'on m'adresse quand on me dit que "c'est horrible", "laid", "immonde" , ce satané "chèfe d'entreprise". A travers ce jugement de goût et de valeur sur mon titre (qui fait aussi partie de mon identité), c'est aussi moi-même qu'on qualifie indirectement de "laide". C'est moi-même non pas en photo figée sur mon CV, mais moi-même en action, quand je m'affirme dans mon rôle de chèfe d'entreprise, quand j'exprime mon ambition de réussir et quand j'assume ma fierté de m'accomplir. C'est la femme qui ne veut pas troquer sa féminité contre les responsabilités, qui ne veut pas prendre le nom ou le titre d'un homme pour se faire valoir professionnellement, qui veut prouver par son travail et sa détermination que la chèfe d'entreprise peut être exactement au même niveau que son alter ego masculin. Est-ce vraiment de si mauvais goût que ça ?

 

 

A lire aussi

  • Caca

    meuf, va t'acheter une vie. tu as trop de temps libre.

    • Donzel Marie

      Ou bien, est-ce vous qui perdez votre "trop de temps libre" à me lire et à m'adresser de doux commentaires de ce type...

      • Donzel Marie

        Mais au fait, d'ailleurs, en quoi ça vous dérange qu'une femme ait du "temps libre" pour réfléchir et écrire, en plus d'exercer sa profession et d'avoir une vie de famille? Vous préféreriez que j'aille faire la vaisselle pendant mon "temps libre"?

  • Mme le Directeur

    La féminisation des fonctions débouche souvent sur des titres ridicules et laids
    Je préfère de loin "Madame le....."
    Ex: Madame le Secrétaire Perpétuel de m'Academie Française"......

    • Donzel Marie

      Mais pourquoi "ridicule" ou "laid"? Interrogez ce qu'il y a de "ridicule" là-dedans. Une de mes amies, fervente défenseure de la féminisation des noms de métier me racontait récemment que lors de l'inauguration d'une expo dans un musée, un homme lui disait "madame la conservatrice, c'est un peu ridicule". A quoi, elle répondit "et Monsieur le conservateur, ça fait pas un peu E210 ou parabène de shampooing?". Nous avons tendance à trouver ridicule ce qui ne fait pas partie de nos habitudes et/ou heurte nos conceptions des choses. Mais c'est toujours de l'ordre du jugement de valeur, comme de dire que quelque chose est "laid".

  • Boum16

    J'aime beaucoup votre répartie (j'ai lu les quelques commentaires hostiles à votre égard). Je ne comprends pas pourquoi certains qualifient votre formulation de "ridicule" tout comme le fait de vouloir modifier un langage pour l'égalité des sexes. À la base, le langage est juste un moyen de communication qui permet à tous de pouvoir se comprendre. Je trouve ça dommage de vouloir consacrer un peu de son temps à des "gueguerres" inutiles sachant qu'il y'a bien plus important dans la vie... Un E en moins ou en plus ne changera pas le cours des choses. Cependant, je ne vous fait aucun reproche mais vous expose simplement mon point de vue.

    • Donzel Marie

      Bien sûr, vous avez raison de le faire. Mon E ne me prend pas beaucoup de temps. Il en prend souvent plus à celles et ceux qui y sont hostiles et cherchent des mots fleuris pour me le dire.

      J'avais faite la même observation lorsque j'avais écrit une tribune sur Madame/Mademoiselle (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/madame-repond-a-francois-morel_1092302.html), il y a quelques mois : celles et ceux qui en parlaient le plus étaient celles et ceux qui étaient contre tout en argumentant sur le fait que ce n'était pas un sujet suffisamment important pour qu'on s'y arrête.
      Ma conviction est que les mots méritent toujours qu'on se penche sur eux, sur ce qu'ils signifient, ce qu'ils évoquent, ce qu'ils provoquent comme réactions. Le langage a bien cette fonction de produire du sens dans la réalité... 

      • Boum16

        Je n'ai pas cherché mes mots pour vous exprimer mon point de vue (cf. "des mots fleuris"). Je ne suis pas hostile à votre point de vue, loin de là.
        Les mots ont sûrement plus d'importance pour vous qu'un simple étudiant en informatique de 22 ans comme moi. Je ne retiens du langage que sa première fonction qui permet de communiquer entre nous.
        Je suis déçu que vous ayez comparé mon commentaire à celui des autres mais je respecte votre point de vue.
        Ps. En aucun cas j'ai dis que ce sujet n'était pas important. J'ai seulement évoqué le fait qu'il y'a plus important.

        • Donzel Marie

          Pardonnez-moi si j'ai pu vous sembler agressive. Je voulais au contraire dire que la façon dont vous exprimiez votre point de vue était très juste et que j'étais heureuse que vous le faisiez, vous, sans "mots fleuris". Je vous prie d'accepter mes excuses pour une formulation qui a pu vous laisser cette impression. La preuve même que le langage est porteur de mille parasitages, comme le montrait si puissamment un autre auteur qui me fascine, Blanchot.

          • Boum16

            C'est peut-être moi qui ait mal interprété... Comme quoi les mots n'exprime pas tout :) Vous n'avez pas à vous excuser.
            Je partage votre avis car le langage peut être interprété de diverses manières selon le vécu ou la façon (et bien d'autres facteurs) de voir les choses d'une personne.
            Au plaisir.

  • Zz

    LA grande question : chèfe ou cheffe ? (instinctivement j'aurais dit cheffe...)

    Après, si on veut à tout prix défendre "chef" on peut le prendre dans le sens du chef = tête (couvre-chef, chef-d'œuvre), comme si le/la chef d'entreprise est la tête de l'entreprise.

    Mais sinon il n'y a rien de ridicule à féminiser un nom de métier (ou à le masculiniser, au besoin), comme pour beaucoup de choses il suffit de s'y habituer.

  • Floempa

    Je suis de votre avis.

  • jjrivillon

    Personnellement, je suis pour le maintien des règles de grammaire, s'il venait à chacun l'idée de féminiser - ou de masculiniser - les noms, le discours risque de devenir très vite confus !
    Pourquoi le chef ne deviendrait-il pas cheftaine, chèvre ?
    Pourquoi aussi, dans l'écriture suivante : chèfe, ajouter un accent grave qui ne semble pas se justifier devant un F?  ( Je ne vois pas d'autre exemple de ce type dans la langue française )

    • Donzel Marie

      Au contraire, la variation en nombre et en genre est là pour empêcher la confusion...

  • jjrivillon

    Au fait, entraîneur, au féminin ça fait quoi ? Parce que là, on s'engage dans des chemins escarpés ...

  • Floempa

    Je ne pensais pas déclencher autant de recherches et une si longue dissertation ! A vous lire, je me rends compte que je n'ai pas dû être la seule à avoir ce point de vue !
    Je vous présente mes excuses quant à la conformité de l'orthographe. Mais je suis encore du genre à demander les "clefs" et non les "clés", cette orthographe me donne presque l'impression d'écrire du SMS ! Donc, vous faites comme vous voulez (peu m'en chaut !) mais je n'aime pas du tout et pour moi, malgré toute votre documentation, ce sont toujours les mêmes adjectifs négatifs qui me viennent à l'esprit.
    Les réformes orthographiques ou grammaticales qui choquent mon visuel n'ont pas l'heur de me plaire et je le dis. Libre à vous de faire ce que vous voulez puisque c'est autorisé mais alors ne vous étonnez pas d'avoir des retours négatifs car je persiste à dire que ce n'est pas beau ! Je vous concède qu'on s'affirme comme on peut et/ou comme on veut. C'est notre liberté, il faut bien qu'il nous en reste encore un peu :) !

    • Donzel Marie

      Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de réfléchir longuement à ce sujet et de chercher des arguments pour défendre ma position. Sincèrement. 

      Bien sûr, votre liberté est celle du jugement. Reste que le jugement est toujours socialement déterminé et porteur de valeurs. Tant que chacun-e est au clair avec les siennes, ça me va. Je respecte votre position tant que vous respectez la mienne. C'est aussi ça, notre liberté, à chacun-e. 

      • Donzel Marie

        A part ça, le qualificatif de "dissertation" est un peu vachard, je trouve... Je n'ai pas le sentiment d'être si "scolaire" que ça, mais bon.

        • Floempa

           Je suis d'accord pour la liberté quant à la "dissertation"... Je n'ai de meilleur mot pour définir votre texte tant j'ai trouvé le sujet bien fouillé et documenté, n'y voyez rien d'autre sinon un manque de vocabulaire de ma part.

        • Nathalie Trasleglise

          Bonjour, merci pour votre explication, bien plus concrète et passionnante qu une dissertation, je n ai jamais été a l aise avec mes cartes de visites masculines, mais j ai encore plus de mal à me nommer "directrice", ce que je viens d accepter sur mon dernier titre ! A ajouter à ceci ma carrure charpentée, un tempérament assez trempé, facile de tomber dans la carricature !

    • jjrivillon

      Avis complètement partagé !

  • Etienne Cordonnier

     Pour info, le wiktionnaire semble préconiser cheffe et indique "chèfe" comme rare.

    • Donzel Marie

      Il semble effectivement que de nombreuses personnes soient plus à l'aise avec "cheffe" qu'avec "chèfe". Si je suis convaincue de mon choix d'un titre féminisé, je n'ai pas encore suffisamment réfléchi au sens de ma préférence pour une orthographe plutôt que pour une autre. Mais je creuse et promets de donner suite à cette question. 

  • neouvielle

    Et le masculin de sage-femme c'est quoi? Sage-homme?

    Pourquoi pas? Il n'y a qu'à continuer dans le délire!

    Penser aussi à changer les petits rats de l'opéra en petites rates de l'opéra..

    • FredBLC

       Le masculin de sage-femme est maïeuticien.

      Par contre, seules les professions et fonctions importantes ont été féminisées.
      On ne parlera pas "d'éboueuse" etc. On a créé docteure alors que doctoresse existait, certes vieilli mais encore présent, et du coup médecin n'a pas de féminin.

      • Madmeg

        Le mot "éboueuse" fait partie du dictionnaire et il y en a qui balayent en bas de chez moi. Il n'y a pas besoin de féminiser ce mot puisqu'un féminin existe déjà. Quelle sont ces fameuses profession dévalorisées dont le féminin n'existe pas ? Je connait le féminin d’infirmier, d'éboueur, d'ouvrier, d'homme de ménage, de garde malade, d'aide soignant, de garde d'enfants, de chômeur, d'instituteur, de surveillant, de policier... dites moi quels sont ces métiers masculins dévalorisé dont aucun féminin n'existe ?

         Il n'est pas question de féminiser uniquement les fonctions que VOUS jugez importantes, comme si l'entretiens de l'espace publique n'était pas une fonction importante.

        C'est d'ailleurs assez révélateur d'un certain mode de pensé. Que font les éboueurs et les éboueuses ; le ménage, une tâche socialement dévalorisé et qui n'est généralement pas rémunéré lorsque ce sont les femmes qui s'en chargent à leur domicile au grand bénéfice de leurs familles. Les éboueurs et éboueuses font le même travail au grand bénéfice de la collectivité. Ce n'est pas un tâche honteuse ou avilissante, bien au contraire, c'est le ciment de l'harmonie urbaine, lorsque les ordures ne sont pas ramassé, toute la ville en est plongé dans le chaos.

        L'artiste féministe Mierle Laderman Ukeles travaille entre autre sur ce sujet, voici de quoi vous donner matière a réfléchir sur votre perception des éboueurs et éboueuses et la valeur que vous leur accordez :

        http://www.vacarme.org/article2085.html
        http://le-beau-vice.blogspot.fr/2012/08/le-salon-des-refusees-version-2012.html
        «  En tant que femme, j’ai eu le sentiment, et particulièrement lorsque
        je suis devenue mère, que je faisais mon entrée dans la classe
        millénaire des femmes d’entretien. Le problème c’est qu’on ne m’a pas
        demandé d’y entrer. J’ai choisi consciemment ces éboueurs parce qu’ils
        effectuaient une tâche de genre féminin pour la ville, une tâche
        semblable à celle des femmes au foyer. Et ces hommes me disaient  :
        «  Vous savez pourquoi les gens nous détestent  ? Parce qu’ils nous
        prennent pour leur mère, leur bonne  ». Et moi je leur répondais :
        «  Est-ce que vous vous rendez compte à qui vous dites cela  !?  » Pour
        moi, cela signifiait qu’en tant que femme, il est normal de me détester
        parce qu’on dépend de moi.  » confie Ukeles.

    • Donzel Marie

      Le masculin de sage-femme est sage-femme : la femme dont il est question ici est celle qui accouche pas la personne, homme ou femme, qui l'aide et l'accompagne dans ce moment.

      • FredBLC

         Au temps pour moi et merci pour cette précision quant à l'usage du vocable femme dans cette belle profession, même si maïeuticien est quand même le terme généralement employé pour le personnel masculin.
        Suis d'accord avec vous sur le masculin mais le La...sse préconise l'appellation homme sage-femme ; tiens encore une polémique, on mets en avant homme, donc on devrait dire femme sage-femme...
        En fait, c'est pour les gens qui comme moi pensait que la femme en question était "l'accoucheuse".

  • Gérard Caramaro

    Bonjour,

    Pour ce qui est des "-e" ou "-es" ajoutés, je ne comprends pas. Si la finalité (je ne le pense évidemment pas) était de faire oublier votre propos en choquant les lecteurs, ça pourrait être un succès. Cela m'étonnerait que vous preniez par ailleurs vos lecteurs pour des imbéciles, incapables de comprendre que par "les lecteurs", il faut entendre ceux des deux sexes, de toute religion, de toute ethnie, etc.

    "De nombreux lecteurs et de nombreuses lectrices" et "Qu'ils et elles soient ici remercié-es" vous semblent réellement alléger ou affiner votre propos d'auteur(e) ?

    En tout cas, à la première ligne du 8e paragraphe :  "la réticence qu'ont eu les premières", merci de féminiser "eu" ;-).

    Merci pour votre article.

  • Hugo Von Graffenberg

    Chère Madame,
    Bou-Dieu…! que vous êtes belle avec votre cigare: Belle; et fumeuse?
    Mais, évidemment, vous avez parfaitement le Droit de vous enlaidir à loisir. Il faudrait d'urgence mettre à jour la Déclaration Universelle…

    Réciproquement, j'ai certainement le droit de masculiniser mon activité, n'est-ce pas?
    C'est tellement plus joli de dire, en effet, que suis un Estafet. Honte sur moi si je dis "Estafette"? (en un seul mot)

    Bonnes fêtes et Bonne année quand même. 
    A la longue, vous auriez sûrement pu trouver des vocables aussi élégants que conformes à vos revendications (comme l'ont fort bien compris les Québécoises). Mais l'impatience… Ah, l'impatience, à la Bourse aussi bien que l'Enseignement Supérieur de nos bouts de chou(e)x dès l'âge de 5 ans. Vite, vite, encore plus vite.
     
    Tellement vite que vous n'avez même pas appliqué vos propres théories à votre nom de famille, réparez vite cette omission, et tout sera impeccablement cohérent.

    • Kutabare

      le Droit de vous enlaidir ...

      Ah le poncif de la femme qui doit etre belle et se taire! Et qui donc a decide de ce principe?

      L'impatience, l'impatience nous dites-vous. Facile a dire quand les choses ne vous touchent pas, hein! Et le vocable elegant des Quebecoises, il ne vous a pas semble trop rapide j'espere?

      Juste pour votre culture, cher homme qui se croit si savant..... Un nom de famille est un nom propre et pas un nom commun.... et un nom propre.... n'a pas de genre...

  • http://www.facebook.com/thierry.curty Thierry Curty

    Oui, c'est TRES laid! C'est même carrément épouvantable. 

    "Cheffe" est bien évidemment beaucoup plus esthétique!

    Pour ce qui est des capacités de management des femmes, plus discrètes mais pas moins efficaces, ne vous faites aucun souci, bien des hommes vous soutiennent. La plupart du temps, si des femmes n'accèdent pas aux fonctions dans lesquelles elles peuvent faire des dégâts et des conneries, c'est surtout parce qu'elles ne sont pas assez combatives et même se sous-estiment. Mais regardez Meg Withman, ex-présidente de HP, Nelly Wenger, ex-présidente de Nestlé, Anne Lauvergeon, ex-présidente d'Areva, comme elles ont fait des dégats à la tête de leurs entreprises respectives. Presque autant que des hommes.

    Des femmes qui non seulement sont sûres d'elles et qui, du coup, ont accédé à des fonctions masculines. 

    Non non, soyez rassurée, les temps changent et on découvre petit-à-petit que les femmes sont aussi tordues que les mecs. 

    http://www.scoop.it/t/le-monde-en-chantier/p/3439522557/les-50-meilleures-pme-francaises-dirigees-par-des-femmes

    • Kutabare

      Des femmes qui non seulement sont sûres d'elles et qui, du coup, ont accédé à des fonctions masculines.....

      Ah bon? Parce que selon vous il y a en ce bas monde des "fonctions masculines"? Et le grand homme pourrait-il expliquer a la pauvre femme que je suis ce qui definit la masculinite d'une fonction?

  • Kricky

    Personnellement bien qu'étant une femme, je suis régisseur lumière et j'y tiens. La vrai égalité homme/femme au travail, c'est de se moquer éperdument du sexe de notre collègue ou interlocutaire. Je serai plutôt d'avis sur le retour du genre neutre, et y mettre toutes les professions dedans. 

    • Kutabare

      Se moquer eperduement du sexe de notre collegue ou interlocuteur... En effet, ce serait la panacee, encore faudrait-il que ces messieurs acceptent cette idee... ce qui vu la difference de revenus pour un travail identique a competences egales et le fameux plafond de verre qu'ils ont erige pour se proteger... me semble encore bien peu probable.

      Le retour du genre neutre.... Le probleme est qu'il a disparu de notre langue depuis fort longtemps. Et au lieu de vouloir revenir en arriere, il me semble qu'il serait preferable d'aller de l'avant et de creer de mots nouveaux, ces mots que l'on trouve sans peine pour masculiniser les professions (Je vous renvoie a l'exemple de la sage-femme), mais les mots etant le simple reflet de la pensee et de la vision du monde d'une societe, il est urgent a mon avis de changer cette pensee plus qu'archaique de certains et de certaines.

      Pourquoi tenez-vous a employer tellement ce masculin pour definir votre profession? Une appellation du genre regisseuse des lumieres n'enleverait pourtant rien a vos competences dans le domaine.

  • Lyseam

    Perso, je trouve ça inutile. Le problème n'est pas là.
    Même pas important symboliquement.
    A la limite il serait plus judicieux de "dé-sexuer" les noms de métier, et même s'ils restent masculin ou féminin grammaticalement un peu comme une pomme ou un pruneau pour les fruits, on devrait s'en balancer. Le problème du genre et / ou celui du sexe du travailleur(se) ne devraient même pas exister : au travail, on est supposé bosser pas draguer : le rappel permanent de ce que X ou Y est une femme est déjà lourd alors que ça n'a (ne devrait avoir) aucune importance !

    Pirate était un mot simplement féminin en latin et alors ?

  • Marie-Ange

    Ce n'est pas en étant à ce point donneuse (eur) de leçons que la chose sera acceptée. Il y a un ton de complaisance amère dans la dénonciation combative , voire la détestation, qui gêne, alors que le fond est intéressant, ça vaut le coup d'en parler, sans doute avec un peu plus de hauteur de vue.

    Marie-Ange

    • Donzel Marie

      Désolée si j'ai pu vous paraître condescendante, réclamant moins de mépris pour mes choix, j'essaie en général de ne pas en adresser à autrui. Si malgré cet effort vous vous êtes sentie dominée par mon ton, je le regrette sincèrement. 

      Pour le reste, je ne me sens pas donneuse de leçons. Je partage seulement des choses que j'ai apprises, que j'ai cherchées, sur lesquelles j'ai travaillé... En ayant effectivement la faiblesse de penser que ce qui m'a intéressée pourra en intéresser d'autres. 

    • Kutabare

      Et qu'est-ce qui vous permets de juger de qui est donneuse ou donneur de lecons? Et qu'est qui vous permets de definir quelle est la bonne hauteur de vue?
      Votre masculinite?
      Et sur quels criteres donc?

  • Marie-Ange

    Marie-Ange est le prénom de mon grand père breton. Il m'a été donné. Je suis un homme !
    C'est rigolo dans le cadre de votre article.  Merci de votre réponse.

    • Donzel Marie

      C'est un très beau prénom.

  • FredBLC

    Bonsoir Mme Donzel (en d'autre temps j'aurais dis : salut la donzelle !),

    Pourriez-vous me préciser quelques points qui m'échappent sur la féminisation ? Même si je pourrais effectuer des recherches par moi-même mais votre avis m'intéresse.

    - Premièrement, uniquement les fonctions et/ou professions ayant un statut un peu important ont été féminisés, comme je l'ai dis par ailleurs il n'y a ni éboueuse, ni déménageuse etc. (hormis dans les trucs genre wiki mais ça n'a aucune valeur ce genre de site).

    - Deuxièmement, la féminisation a été effectuée d'une certaine façon, et vous le dites d'ailleurs à plusieurs reprise dans votre article, a été effectuée donc par l'ajout d'un -e. Diable, un mot masculin se finissant par -teur fait son féminin en -trice ou en -teuse, jamais en -teure. Une docteure ? Non, la logique aurait voulu une doctrice (acteur/actrice) ou une docteuse (menteur/menteuse). Sur la plupart des mots féminisés, il y a juste eu ce rajout d'un -e final et un genre devenant également féminin, mais la différence ne se perçoit qu'à l'écrit. A l'oral, vous ne pouvez saisir le genre. Si je vous dis : "l'auteure de cet ouvrage" ou "l'auteur de cet ouvrage" ? Aucune féminisation, sauf en insistant sur la dernière syllabe, ou à ma façon en prononçant le "eure" d'une façon plus ouverte, genre accent grave.

    Après peut-être me trompe-je, mais votre avis m'intéresse, il compléterait ce bien bel article,

    Chèfement d'entreprise vôtre,

    Fréd

    • Kutabare

      Cher Fred,

      Votre entree en matiere, celle entre parenthese, donne tout de suite une idee du niveau du personnage que vous semblez etre.

      Vous vous permettez ensuite des elucubrations grammaticales, d'une grammaire que vous etes visiblement fort loin de maitriser quand on voit les ribambelles de "photes" qui ornent vos "propos".

      Je remarque aussi que la phonetique de notre langue et ses variations possibles pour une raison musculaire, sont un domaine qui vous echappe totalement!

      Alors votre logique!!!!! Il me semble qu'il serait bon que vous la revoyez.

      Pour votre culture, j'ai entendu utiliser frequement autrefois le mot de docteuresse, ou sa version musculairement plus relachee de doctoresse, qui se base sans doute sur la meme idee que celle qui a donne le mot auteuresse dont Madame Donzel fait mention dans son article.

      Et finalement..... quelle est donc votre question? Parce que j'ai beau vous lire et vous relire, je ne vois pas ou vous voulez en venir.

      Mais sans doute est-ce parce que je n'ai pas votre "connaissance" si particuliere de notre grammaire!

      • Donzel Marie

        Bonjour Kutabare,

        J'utilise moi-même pour pseudo "la donzelle" sur mon profil Twitter et beaucoup de mes ami-es m'appellent ainsi. Ca ne me dérange donc pas du tout que Fred utilise ce pseudo que je trouve très bienveillant.

        Pour ce qui concerne les fautes d'orthographe, essayons tous et toutes d'être clément-es. Notre langue est difficile à maîtriser parfaitement et il est encore plus délicat de pratiquer des accords impeccables sur Internet, quand on écrit vite, à la volée... Je ne pense pas qu'il faille y être Alain Rey pour discuter des effets sociaux de la langue et pour tenir un discours légitime sur la linguistique. Autorisons chacun-e à donner son point de vue sans risquer d'être disqualifié-e pour un participe hasardeux ou une double consonne facétieuse. Prenons aussi l'habitude, si vous le voulez bien, de nous signaler mutuellement nos fautes avec gentillesse, car si je suis toujours heureuse qu'on me fasse remarquer les miennes pour me permettre de les corriger, je vis mieux que cela soit fait avec délicatesse, sans ricanement ni marque de mépris.

        • FredBLC

           Merci Mme Donzel (j'ai fais un effort...), une réponse sage, posée et qui ne provoque pas de polémique.

          Fréd

      • FredBLC

         Vous m'énervez mais bon je rajoute un P.S.

        Vous m'écrivez : "Pour votre culture, j'ai entendu utiliser frequement autrefois le mot de
        docteuresse, ou sa version musculairement plus relachee de doctoresse," hors si vous lisiez mes propos, j'ai mentionné auparavant, dans un de mes premier message, le fait que doctoresse existe dans le L.....sse... Donc, même si ma culture est sûrement moins évoluée que la vôtre, avant d'avancer des "pour votre culture" relisez mes propos s'il vous plaît.

        Je ne vous salue toujours pas, mais je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à vous et à votre famille.

        Cordialement, votre obligé,

        Fréd

      • jjrivillon

        Vous reprochez à Fred ses "photes" d'orthographe, mais que dire de votre "frequement" cité ci-dessus ? Et les accents, ils font aussi partie de la langue !
        Alors, avant d'émettre une critique sur un internaute, balayez, chère Kutabare, devant votre ordi !

  • Karine

    Merci Marie, vous transcrivez parfaitement ma pensée! Rien d'autre à ajouter... Ah si, je suis également cheffe (que perso, je préfère à chèfe) d'entreprise!

    • Csylvie16

       S'il fallait choisir entre chèfe et cheffe, je choisirais moi aussi cheffe. Mais ce qui est important ici, c'est la notion de féminisation du métier, quel que soit son orthographe. Merci pour cet article qui a le mérite de relancer la discussion sur le sujet.

  • Marie

    Article très intéressant, merci! Pour ma part sur mon CV c'est ingénieure et point barre! :)

  • Freudenreich Claire

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant! Je suis étudiante en linguistique et c'est passionnant de voir ce que l'évolution de la langue nous dit de la société...

  • Pingback: Chèfe d'entreprise, vous trouvez ça laid? | Revue de presse féministe et féminine | Scoop.it()

  • Pingback: Chèfe d'entreprise, vous trouvez ça laid ? | Le temps du citoyen | Scoop.it()

  • Bruno Aebischer

    Bravo et merci. J'approuve à 100% votre démarche.

  • Deusio

    La langue française est belle dans ses règles établies avec discernement.
    Je rappelle que la grammaire du siècle dernier définissait deux genres: un genre indéfini, qui était  utilisé pour le masculin et le neutre, et un genre défini pour le féminin.  
    Même "commerciale", au féminin,cn n'existe que pour l'adjectif...
    Allez donc sur pôle emploi et vous constaterez les dégâts de la féminisation des noms de métiers. Quelques exemples (certains sont plus évidents que d'autres dans le ridicule): Agente; Carrossière;
    Magasinière; Métreuse; Professeure*; Projeteuse; Vitrière; Coffreuse; Plombière; Dépanneuse; Décapeuse; Menuisière; Charpentière et il se trouve des nouveautés tous les jours...
    *Professeuse ou professoresse se disent.

    • Donzel Marie

      En quoi les exemples que vous citez sont-ils des "dégats". Votre oreille et votre oeil y sont seulement peu habitués...

  • I Gueguen

    Très bien dit, très bien écrit et très bonne vulgarisation (je n'aurai pas fait mieux) sur les stéréotypes et mécanismes à l'oeuvre dans la reproduction de la hiérarchisation d'un genre sur l'autre ... il faut vraiment que l'on se rencontre (moi c'est Perfégal, une Scop et deux Chèfes d'entreprise...).  A bientôt !!

  • Vincent

    Bonjour,
    J'ai repensé de nombreuses fois à cette tribune depuis sa première lecture il y a quelques jours, et décidément, l'ensemble de vos arguments résiste extrêmement bien à la critique. De plus, la lecture des non-dits qui accompagnent le choix d'accorder ou non les titres en genre éclaire très bien les comportements.
    Bref, ceci a largement précisé ma pensée à ce sujet.

    En ce qui concerne l'orthographe cependant, si j'admets volontiers "auteure" - les alternatives "autrice" ou "auteuse" me semblant effroyables, faute à la brièveté de la racine - "chèfe" continue à me piquer les yeux... L'accent sans doute. Je préfère "cheffe" qui utilise (habilement, n'est-ce pas) le doublement de la consonne, plus naturel. Car tout ceci est aussi une bête question d'habitude : des éléments connus, même assemblés d'une manière inconnue, sont me semble-t-il toujours faussement familiers.

    Je me rends néanmoins compte à l'instant que le doublement de la consonne finale est souvent une marque de diminutif...

    Une chèfe est-elle à vos yeux une grande, une vraie cheffe ?

    • Donzel Marie

      Non, une fois qu'on est chef-fe, reste à prouver qu'on est une- bon-ne et grand-e chef-fe. Mais pour cela, inutile de se draper dans un costume masculin. C'est le sens de mon propos : ma réussite, quand et si elle survient, m'appartient, je n'ai pas besoin de prendre le nom d'un homme pour la faciliter ou la légitimer. 

      (merci en tout cas de votre lecture attentive et de votre apport à la discussion. Vous êtes nombreux-se à m'avoir fait réfléchir au choix de l'orthographe féminisée chèfe versus cheffe. Il se peut que je décide prochainement de passer à "cheffe", mais avant de le faire, je veux cerner pleinement ce que ça signifie pour moi, toute convaincue que je suis que les mots signifient toujours quelque chose).

    • http://www.facebook.com/people/Hélène-Millaud/100001133236370 Hélène Millaud

      cette soi-disant "féminisation" des termes masculins frise le ridicule! si c'est tout , je ne sais quel esprit bien pensnat... a trouvé, c'est totalement nul!! à croire que vous ignorez les règles les plus élementaires de la grammaire, de la syntaxe et de la langue Française!! et là, c'est la

  • Lucienne Lenoir

    S'il n'y a qu'un e qui démontre qu'une femme est respectable,digne de dominer sa profession,apte à régler tous ses comptes,digne d'être tout simplement UNE FEMME dans toute l'acception du terme........c'est que cette femme qui se place au niveau d'un e...ne mérite aucune considération des autres femmes.

       Il existe bien d'autres façons de montrer qu'on est FEMME.

    • Vanessa

       Vous n'avez malheureusement RIEN compris....

    • Donzel Marie

      Il n'y a pas qu'un "e" mais ce "e" compte aussi...

      ... Et tout le monde mérite de la considération des autres femmes et des autres hommes.

  • Petitponeypaillete

    Je réfléchie. Je sais que je hais le mot "femme" (pourtant j'ai un vagin, je suis douce, tendre je parle beaucoup blablablaaa). J'aime penser que je suis neutre. Que je n'ai pas un genre précis.
    Du coup le mot femme m’énerve. J'aurais voulu naitre plus tard. Quand la société arrêtera de différencier les caractères en passant par le filtre du genre. (Et qu'elle accepte qu'il y ait plus que deux genres).
    Je pourrais détester aussi le mot "homme" s'il ne signifiait pas aussi "humanité". Hors j'aime l'humanité, j'aime les Hommes.

    Alors je réfléchissais au terme sage-femme, et franchement, si je pratiquais ce métier je préférerais qu'on m'appelle Maïeuticienne que sage-femme. Et la masculinisation du métier en masculin n'aurait pas donné sage-homme plutôt que le sage-femme ?

    Je trouve que le chèfe pique les yeux, oui, effectivement cheffe est visuellement plus agréable. Auteure ne me choque pas non plus. Mais ce "e", pour moi, prône la différence entre les genres. Alors que rester dans les orthographes classiques, pour une féministe, ce serait crier "rien à battre de vos catégories" je suis ni féminin ni masculin.
    Mais de l'autre côté ce n'est que ma vision des choses, je n'aime pas qu'on me dise fille/femme/féminine. Mais je détesterais tout autant qu'on me dise masculine/virile/homme. Parce que ces termes sont encore trop plein de clichés. Et que même si, en tant que détentrice de vagin la société  m'a donné des valeurs féminines (d'ailleurs je remercie mes parents d'avoir limité ce terrain. Me faisant jouer à des jeux neutres surtout)(les légos, les cubes en bois, les peluches, ça n'a pas de genre, hein ?)

    Et voila que je m'auto contredis, je dis ne pas aimer les termes féminins et je m'écris "détentrice".

    Je ne sais pas, mon raisonnement est trop jeune, je le sais bien.
    Peut être que dans quelques années je me sentirais femme, et penserais avec mépris à mon moi d'aujourd"hui reniant ses valeurs.
    J'en sais rien. Je suis pleine de doutes. Mais je ne me reconnais vraiment pas dans la féminisation des mots. Je me dis féministe parce que je n'ai pas le choix réellement. L'égalitarisme est un terme qui veut die "je suis encore dans le stade je suis pas féministe mais", je me reconnais plus dans le mouvement queer, mais les gens voient juste "kikou je suis homo". Or queer dans le fond ne veut pas dire homo, homo ne veut pas dire queer (dans ce que j'en lis en fait)...

    Bref, je suis perdue ^^

  • Pascalito

    Bonjour, je découvre votre blog un peu tard. Je ne sais pas si vous verrez ce message. C'est un sujet qui m'inspire beaucoup.
    Je ne comprends pas en quoi vouloir féminiser des noms de métier peut faire avancer la cause féminine. Pour moi, un nom de métier, il a un genre qui est déterminé grammaticalement. Le nom du métier est " UN pompier", comme on dit UNE maison, ou UN chevalet, ou que sais-je. De la même façon, je suis UN homme mais n'en suis pas moins UNE personne. Je ne me vois pas revendiquer que l'on m'appelle désormais UN PERSON.
    Ce pour quoi il faut se battre, c'est que l'accès aux professions ne soient pas interdit à tel ou tel... genre. Ceci dit, il faut quand même bien se rendre compte qu'un homme et une femme, c'est physiologiquement différent. Génétiquement, la musculature de l'homme par exemple est plus développée que chez la femme, et ça vous n'y pouvez rien! Une femme bodybuildée à mort reste musculairement plus faible qu'un homme bodybuildé à mort. Donc, on peut raisonnablement penser que déménageur est un metier plus APPROPRIE aux hommes. Ceci dit, si une femme bien musclée désire faire ce métier, il ne devrait pas y avoir de problème. Mais pourquoi son métier ne pourrait alors pas être déménageur ? C'est juste le nom du métier. Et je dirais même plus: est-ce que garder le genre masculin ne rappellera pas aux générations féminines futures qui seront pompiers ou déménageurs le combat que leurs ainées ont dû mener pour avoir un accès plus libre à ces métiers ?
    Je ne sais pas... je pose la question.
    Je ne suis pas sûr que là se situe le combat.

  • Marc

    Pour une raison que j'ignore j'ai l'impression que ça devrait s'écrire "cheffe".