Education : les bonnes idées des candidats à la Présidentielle (sont-elles réalisables ?)

@ Présidence de la République

Après avoir, dans un précédent billet côté jardin, relevé dans les programmes des candidats à la Présidentielle ce qui prêtait à sourire, on a listé les thèmes où les propositions des cinq principaux semblaient plus pertinentes.

Réduire le nombre d’élèves par classe

Ils ne sont que trois à proposer de réduire le nombre d’élèves par classe, une des principales demandes des enseignants d’après le dernier sondage Ifop/Unsa. Mélenchon entend « réduire massivement les effectifs par classe : 20 élèves maximum en maternelle, primaire, collège, lycée professionnel et technologique, 25 en lycée général ; deux enseignants par classe en maternelle et primaire ». Il souhaite également renforcer le dispositif « Plus de maitres que de classes », avec 5000 postes dédiés. Hamon propose également de limiter les effectifs à 25 élèves en CP, CE1 et CE2, et à 20 élèves en REP, dans l’outremer et les territoires ruraux. Enfin Macron veut diviser « par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+ », limitées à 12 par enseignant.

Mais : la première chose à dire, s’agissant de la réduction du nombre d’élèves, est que la recherche n’est pas catégorique sur son efficacité. Seule une forte réduction de la taille des classes serait vraiment efficace, mais elle le serait nettement, d’où les propositions assez fortes des candidats cités, ciblées sur les classes fondamentales de début d’élémentaire. Cependant cette mesure soulève plusieurs problèmes. D’abord son financement, c’est-à-dire le nombre de postes d’enseignants alloués. Macron précise que les 12 000 enseignants portant le projet seront en grande partie des enseignants redéployés : « nous réussirons en réorientant entre 6 000 postes à 10 000 postes des 60 000 postes créés au cours du quinquennat actuel. » Quels postes ? Déshabiller Paul pour habiller Jacques ? Hamon veut créer 20 000 postes dédiés à la réduction des effectifs. Mélenchon ne dit pas combien de postes parmi les 60 000 qu’il entend créer seront consacrés à cette mesure. Il précise néanmoins que 5 000 enseignants seront affectés au dispositif « Plus de maitres que de classes ».

Concrètement, on se demande un peu ce que cela pourrait donner, en termes de locaux. Dans mon école, on serait bien embêtés si une nouvelle classe ouvrait : on n’a plus de locaux disponibles. On pourrait lui laisser la salle des maitres, remarquez, mais bon 12 m², même pour moins de 25 gamins, c’est peu.

Créer des postes

Si Fillon entend supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, donc nécessairement des postes d’enseignants, il ne dit pas combien, pas plus que Le Pen. Trois candidats proposent quant à eux de créer des postes. Macron le moins : entre 4 000 et 5 000 postes seulement (la priorité au primaire passant on vient de le voir par un redéploiement). Hamon, 40 000 postes : 20 000 pour alléger les petites classes, 15 000 pour la formation continue, 2 000 postes de remplaçants, 3 000 pour la scolarisation dès 2 ans dans les REP. Mélenchon encore plus : 60 000 + 8 000 CPE + 6 000 personnels médicaux.

Mais : Après les 80 000 postes supprimés sous Sarkozy, Hollande avait promis 60 000 postes. D’une part tous n’ont pas été créés (on serait autour de 54 000), mais ils l’ont été de façon peu visible : près de la moitié a par exemple servi à relancer la formation initiale des maitres ou au « Plus de maitres que de classes ». D’autre part, cela a été fait sans tenir réellement compte de la hausse démographique : entre 2012 et 2016, l’école primaire a accueilli 66 000 élèves de plus, d’après le Snuipp. Dans son rapport sur l’attractivité du métier, fin 2016, le Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) regrettait que « le recrutement ne suive pas mécaniquement les besoins démographiques », et que ses fluctuations, en revanche, « contribuent à alimenter, mécaniquement, l’effet de crise du recrutement ». Car c’est l’autre problème : recruter est louable, mais encore faut-il qu’il y ait des candidats, et de qualité ! Or, si la crise du recrutement a été enrayée ces dernières années, le problème n’est pas réglé (en 2016, six disciplines n’ont pas vu tous leurs postes pourvus au Capes externe, notamment maths, lettres modernes et anglais). Comme le préconise le Cnsesco, il s’agit aussi « d’atteindre des objectifs qualitatifs dans le recrutement, afin de déployer dans toutes les disciplines et sur tous les territoires, notamment les plus paupérisés, des enseignants experts des apprentissages, formés pour faire face aux défis éducatifs (hétérogénéité scolaire des classes, difficulté scolaire grave, numérique, handicap …). » Pour cela, il faut aussi rendre le métier plus attractif, afin d’attirer les meilleurs candidats.

Augmenter les profs

On le sait, les profs français sont parmi les moins bien lotis de l’OCDE. Sur la fin du quinquennat, leur situation s’est améliorée avec le dégel du point d’indice (+0,6% en 2016 et 2017, ce qui couvre juste l’inflation) et la création de l’ISAE pour les instits. Plusieurs candidats souhaitent poursuivre ce rétablissement. Fillon veut revaloriser le traitement des profs en fonction « de leur mérite et en leur demandant d’être plus présent dans l’établissement » sans avancer de chiffres. Hamon veut doubler ISOE et ISAE, soit 800 millions annuels. Mélenchon est le plus généreux, il entend « revaloriser le traitement de 7% pour rattraper le gel du point d’indice entre 2010 et 2016 ». Enfin Macron ne propose pas de revalorisation globale, mais une prime de 3 000 € nets supplémentaire pour les enseignants en éducation prioritaire.

Mais : s’agissant de Fillon, les critères sont flous : qui va établir le mérite d’un prof et qui en jugera ? Quant à être plus présent dans l’établissement, pour le secondaire je ne sais pas, mais pour le primaire, je ne vois pas comment je peux être plus présent qu’actuellement (environ 45 heures par semaine à l’école). Concernant Hamon et plus encore Mélenchon, qui détiennent une des clés pour relancer l’attractivité du métier et attirer les candidats au concours (rehausser le salaire des enseignants permettra de mieux se situer par rapport aux salaires du privé à qualification égale), la question du financement de ces revalorisations se pose. Surtout, augmenter à la fois le nombre de profs et leur salaire est-il seulement budgétairement possible ? Les 9 milliards promis par Hamon pour l’éducation sur le quinquennat (comme celui d’Hollande) et les 24 milliards promis par Mélenchon suffiront-ils à mener de front ces deux chantiers majeurs ?

Revenir sur les rythmes scolaires en primaire

Seul Hamon souhaite maintenir les rythmes scolaires en l’état. Souvenons-nous que c’est lui, lors de son passage éclair au ministère, qui avait assoupli et dénaturé la réforme en permettant de regrouper sur le seul vendredi après-midi les activités périscolaires (mettant ainsi en place le weekend de 2 jours ½, quand deux jours sont déjà jugés néfastes par les chrono-biologistes et l’Académie de médecine). Tous les autres candidats veulent revenir sur la réforme. Le Pen veut purement la supprimer et revenir à 4 jours. Mélenchon veut abroger la réforme mais rester à 4,5 jours et revenir à 26 heures de classe hebdomadaires. Macron et Fillon veulent laisser à chaque commune la décision finale.

Mais : Le Pen, en revenant purement et simplement à 4 jours de travail, décide de priver les élèves d’une cinquième matinée de travail, principal et indiscutable (seul ?) apport des nouveaux rythmes (qui vont finir par ne plus être très nouveaux, vous me direz). Les petits français se retrouveraient avec les journées les plus longues d’Europe et le plus petit nombre de jours travaillés dans l’année, aucune alternative n’est proposée. De même chez Macron et Fillon qui, en proposant le choix aux communes, vont contribuer à accentuer l’un des effets néfastes de la réforme : l’inégalité entre les petits écoliers français. Chez Mélenchon, on reviendrait à une situation proche de celle qui existait avant 2008, avec de longues journées de classe et le mercredi travaillé à la place du samedi (à l'inverse des recommandations de l'Académie de Médecine, donc). On comprend que, globalement, la réelle question des rythmes scolaires (sur la journée, sur la semaine, sur l’année), n’a été réfléchie par aucun candidat.

Donner plus de place aux parents d’élèves

C’est le souhait de presque tous les candidats. Hamon souhaite « développer la coéducation, en ouvrant davantage les écoles aux parents, avec des lieux de réunion et des lieux de vie et d’échanges dans les établissements scolaires. Les dispositifs de conseils, de formation et d’informations (notamment les espaces numériques de travail) permettant de mieux accompagner les parents dans les questions qu’ils se posent pour aider leur enfant se construire, seront développés ». Mélenchon entend « créer un statut des parents d’élèves délégués donnant droit à la formation et à congé de représentation opposable à l’employeur, mettre en œuvre des espaces parents, de la maternelle au lycée, animés par les parents d’élèves délégués, organiser les interventions des personnels médicosociaux, psychologues de l’Éducation nationale, des personnels de vie scolaire, afin de favoriser la continuité éducative entre familles et école ». Macron veut favoriser« un lien de confiance renouvelé par une place plus grande donnée à l’échange avec les parents, en généralisant notamment l’expérience de la « mallette des parents ». Cette initiative facile à mettre en place – trois réunions annuelles – permet de renforcer la place des parents et a une influence positive sur les résultats scolaires et le comportement des élèves ». Enfin Fillon souhaite « renforcer le dialogue parents-professeurs sur le suivi des résultats des élèves, le calendrier des contrôles en classe ainsi que les sorties scolaires. Généraliser les outils numériques de partage d’information entre les élèves, les parents et les enseignants (espace numérique de travail). Présenter les résultats de toute évaluation de l’établissement aux parents ».

Mais : On le voit, Fillon entend donner plus de pouvoir de surveillance aux parents, quand les autres veulent davantage leur « ouvrir l’école », dans le prolongement de ce qui a été mis en place par la ministre actuelle. Personnellement, cette idée me parait plus qu’intéressante, décisive, tant la construction d’un triangle éducatif prof/élève/parent est centrale. Il me semble notamment indispensable d’attirer à l’école les parents qu’on ne voit jamais, souvent ceux dont les enfants sont en difficulté, afin de construire du lien. Mais j’ai comme l’impression que les candidats sous-estiment la zone de tensions potentielles entre profs et parents. Les relations entre eux peuvent parfois être compliquées, et nombre de collègues estiment que les parents sont devenus très intrusifs et ont tendance à s’immiscer dans la vie de l’école, se comportant en consommateurs de l’éducation. Il faudra définir et encadrer très précisément la place et le rôle des parents en général et de leurs délégués en particulier, sous peine d’effet contre-productif.

Enrichir la formation

Sur ce sujet les candidats ont de bonnes intentions, notamment pour ce qui est de lier davantage la formation aux recherches en cours. Mélenchon veut « intégrer à la formation initiale des enseignants une solide formation à la sociologie de l’éducation, la pédagogie, la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, et à la lutte contre les discriminations » et aider « au développement de la recherche en éducation et nouerons des partenariats entre l’éducation nationale et des mouvements pédagogiques agréées afin d’enrichir votre formation continue ». Il veut aussi renforcer le pré-recrutement des enseignants dès la terminale et en licence en payant les étudiants qui souhaitent devenir prof (cela ressemble à ce qui existait il y a encore un an sous le nom de Emploi Avenir Professeur, relatif échec).

Côté formation initiale, Hamon souhaite que « des pré-recrutements soient mis en place dans les territoires et dans les disciplines déficitaires en enseignants pour encourager et faciliter les étudiants des milieux populaires à se préparer à devenir enseignants. Ils prendront la forme d’une formation en alternance en L3 puis en M1, à raison d’un quart de temps en situation professionnelle en L3 et d’un tiers de temps en M1. ». Côté formation continue, il veut mettre en œuvre un grand plan pour aider notamment les enseignants « à l’analyse des obstacles aux apprentissages et à la gestion de l’hétérogénéité de leurs classes ». Chaque enseignant pourra bénéficier chaque année « de 3 jours, 5 jours ou 10 jours de formation » en fonction de son ancienneté et des besoins qu’il exprimera. « Une bonification du nombre de jours de congés de formation sera attribuée aux enseignants en fonction du temps passé en REP. Cela suppose la création de 15 000 postes pour la formation continue. Le plan de formation concernera également l’encadrement (inspecteurs, chefs d’établissements, formateurs, coordonnateurs) pour un management plus participatif et bienveillant, et permettra des formations collectives locales à partir des questions professionnelles identifiées collectivement par les équipes ».

Macron promet l’extension de la formation en alternance dès la licence pour les étudiants qui se destinent aux métiers de l’enseignement, mais aussi que « chaque année, tout enseignant, du premier comme du second degré, bénéficiera d’au moins trois jours de formation continue adaptée aux besoins rencontrés dans sa classe – la moitié de ces heures de formation pourra être effectuée via des modules en ligne. »

Mais : On ne cesse de le dire, la formation des enseignants est sans doute un des leviers majeurs pour l’avenir de notre école. Les propositions de ces trois candidats vont dans le bon sens. Mais aucun ne décrit dans le détail comment il entend revoir, par exemple, l’insuffisante formation initiale en ESPE. D’autre part, en annonçant 3 jours de formation continue, Macron ou Hamon (qui annonce aussi 5 et 10, tous les trois ans) ne font qu’un petit pas en avant : actuellement, le nombre de jours annuels de formation continue des profs français est de 2,5, contre 8 dans le reste de l’OCDE ! On aurait aimé que l’obligation de formation soit écrite quelque part (même si on se rappelle que Peillon, en 2012, avait voulu l’inscrire dans la loi de refondation de l’école et que les parlementaires l’avaient renvoyé à la question du financement).

Revaloriser les conditions de travail

Ils ne sont que deux à parler explicitement des conditions de travail des profs et à se montrer soucieux de les revaloriser. Hamon promet « revalorisation salariale, amélioration de la première affectation et de la gestion des carrières, amélioration de la formation initiale et de la formation continue, meilleure gestion des parcours individuels (possibilité de parenthèses professionnelles, de mobilité au sein de la fonction publique). » Hamon entend aussi « associer les enseignants à la prise de décision par un management plus horizontal, par la création de collectifs de travail, et par la prise en compte de leurs responsabilités au sein des écoles, collèges et lycées. » Une action sociale sera mise en place avec notamment « la réservation de logements sociaux pour les néo-enseignants en Ile de France et dans les zones tendues ». Hamon promet aussi de renforcer « le rôle de la médecine du travail au sein de l’éducation nationale pour agir contre la souffrance au travail (service de prévention accessible aux agents dans chaque académie, partenariat avec les mutuelles) ».

Finalement assez proche sur ce sujet, Mélenchon promet aussi, dans sa lettre aux enseignant.e.s, de créer « une médecine du travail pour les personnels de l’Éducation nationale », laquelle existe déjà mais à l’état de désolation. Il entend aussi se pencher sur les possibilités d’évolution de carrière, en déconnectant « l’avancée de votre carrière de l’inspection qui doit devenir un temps de conseil et de formation », en formant « des volontaires au co-enseignement » et en offrant « la possibilité de consacrer les deux dernières années de carrière au suivi des élèves en difficulté, à la coordination des projets de l’établissement et à la formation des enseignant.e.s stagiaires ». D’un point de vue pratique, il entend également « créer une base de données de ressources pédagogiques libres de droits pour une utilisation en classe déconnectée des éditeurs privés » et « assurer la gratuité des droits de diffusion des œuvres culturelles en milieu scolaire ».

Sur l’entrée dans le métier, Macron promet quant à lui de ne plus affecter « aucun professeur (hors choix motivé) en zone prioritaire pendant ses 3 premières années d’enseignement ».

Quelques bonnes idées des candidats

Pour terminer ce rapide panorama, voici quelques propositions intéressantes de certains candidats (bien sûr, tout ceci est subjectif et non exhaustif, ce post est déjà long !).

Hamon et le service public de soutien scolaire

Hamon mettra en place un service public de l’aide au travail personnel et du soutien scolaire. « Pour donner à tous les élèves les moyens de réussir à l’école, il faut inclure dans le temps scolaire des élèves le travail personnel et les devoirs qui, aujourd’hui, sont à faire à la maison. Les difficultés rencontrées en classe ne doivent pas être renvoyées aux parents, au risque d’accroitre gravement les inégalités. L’école et le collège doivent organiser en leur sein l’accompagnement des élèves pour que l’aide aux devoirs soit directement liée au travail fait en classe. Ce n’est pas au marché d’être la roue de secours de l’école. L’école doit être son propre recours et ne doit pas externaliser les difficultés rencontrées en classe (les exonérations fiscales du marché du soutien scolaire coûtent plus d’1 milliard à l’Etat). Cet accompagnement du travail personnel des élèves doit être pris en charge par des enseignants volontaires dès le cycle 3 (CM1, CM2) ».

Les devoirs sont interdits depuis 1956, mais pas les leçons. Certains estiment qu’il ne faut plus en donner du tout, d’autres au contraire qu’ils constituent un lien entre la maison et l’école. Mettre en place un service public de soutien scolaire peut s’avérer un bon compromis, en permettant d’amoindrir les inégalités. Hamon fait une allusion directe au marché de l’angoisse scolaire sur lequel prospèrent les Acadomia et autres. On aurait d’ailleurs aimé que la proposition soit assortie de la fin pure et simple des avantages fiscaux dont elles bénéficient (50% déductibles des impôts, autrement dit ces boites se rémunèrent à hauteur de 50% sur nos impôts…), ce milliard récupéré pouvant largement financer la mesure (400 millions). Notons que Mélenchon évoque succinctement la chose, proposant d’« assurer un soutien scolaire gratuit par le service public d’éducation » et que Paul Vannier, principal rédacteur du livret éducation et porte-parole de Mélenchon, a précisé que ce service serait financé "en reprenant à Acadomia et aux entreprises privées de soutien scolaires les privilèges fiscaux dont elles profitent". 

Ajoutons que les nouveaux rythmes scolaires peuvent sans doute aménager un espace pour ce soutien scolaire public : dans la commune où mes enfants sont scolarisés, les nouveaux rythmes ont permis la mise en place d’une étude d’une heure surveillée par les enseignants de l’école (qui sont payés en contrepartie), à 17 heures les élèves sont libérés devoirs faits et leçons apprises (ou presque).

Macron et le recrutement à profil en REP

Macron entend mettre le paquet sur l’éducation prioritaire : effectifs limités à 12 élèves en CP et CE1, aucun jeune enseignant (moins de 3 ans) nommé en zone prioritaire, prime annuelle de 3 000 € nets pour les enseignants qui y travaillent, mais aussi une certaine « autonomie de recrutement » qui serait déployée « à titre expérimental dans les seuls établissements de l'éducation prioritaire (REP +), afin d'attirer des enseignants, sur des postes dits « à profil », dans les écoles qui ont du mal à recruter » d’après les Echos. En éducation prioritaire, la réussite réside essentiellement dans les équipes, dans leur permanence dans la durée, dans leur volonté commune de parvenir à construire. Attirer des enseignants chevronnés est indispensable, mais pas suffisant : encore faut-ils qu’ils puissent s’inscrire dans un projet, sur la durée, en équipe. Donner la possibilité à un directeur, à une inspection, de « recruter » une équipe en fonction d’un projet et du profil des enseignants, si cela est fait de manière très précise, est une expérience qui mérite d’être tentée.

Mélenchon, reconversion, mixité, médias…

Pour relancer l’attractivité du métier d’enseignant et attirer les salariés du privé, Mélenchon propose d’ouvrir « des cycles rémunérés de préparation aux concours permettant aux salariés de s’engager sans perte de salaire dans une reconversion professionnelle » et de reconnaitre, dans ce cursus, « l’expérience professionnelle des salariés en reconversion titulaires d’un concours de l’enseignement ». De plus en plus de profs ont connu une autre vie professionnelle, il semble en effet pertinent de construire des passerelles favorisant le passage salariés / enseignement. Le candidat insoumis, concernant la mixité sociale et la carte scolaire, souhaite également « mettre en place un groupe de travail associant universitaires, élus locaux, parents d’élèves, syndicats, ministères de l’EN, du logement, des transports, chargé d’établir une carte scolaire intégrant les établissements privés ». Une idée intéressante, mais qui devrait susciter une levée de bouclier de la part des établissements privés. Autre mesure proposée par Mélenchon, « développer l’éducation critique aux médias dans les programmes d’enseignement moral et civique » : bien des instits le font déjà, les programmes actuels l’abordent, mais c’est un sujet d’éducation majeur pour les années à venir, il faut en effet le développer, et former les enseignants sur ces sujets.

 

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  • Aucun article
  • Sepp

    Très bon article qui est objectif et non-partisan. Plusieurs points sur lesquels je souhaite réagir:

    *Moins d'élèves, plus d'enseignants mais à quel prix? Car il y a de moins en moins d'investissements des communes du fait du désengagement progressif de l'Etat, avec une privatisation "croissante" de l'éducation. Sur cette question je reste encore dubitatif.
    ** Un candidat parle de salaire au mérite certes mais comment l'évaluer en laissant la main aux collectivités locales et de manières plus insidieuse aux parents? Déjà que nous avons des soucis de communications auprès des parents dès qu'une nouvelle mode, vague pédagogique est diffusé par les écrans.
    ***Les rythmes sont devenus un serpent de mer dont la solution viendra du champs sociologique et économique et non pas du chronobiologique.
    **** Si j'ai bien lu, nous avons pour le recrutement et la formation des propositions allant d'un retour d'un modèle de l'Ecole normale à une formation très universitaire en sciences de l'éducation mais pas si éloigné de l'ESPE. C'est le grand écart d'un coté, avoir des candidats bien formés et motivés mais dont les débouchés , les éventuels désirs de changements seront plus que limités ( c'est déjà la cas, je pense) et de l'autre une formation à coup de lecture de C. Alvarez et de magistère.

    *****L'heure d'étude, le soutien scolaire c'est une bonne réponse face à la privatisation et aux inégalités mais sur quels temps? et comment cette proposition sera-t-elle valorisée ?
    ******Attiré des enseignants en REP+ c'est très louable mais jusqu'à présent c'est un échec et je doute encore des suggestions qui nous sont présentées sauf si on revient au modèle de l'Ecole normale.

  • un physicien

    Rien que du "formaté" ! Est-ce que les candidats s'intéressent peu à l'éducation et se contentent de répondre aux éléments de langages usuels ? Ou qu'ils n'osent rien exprimer d'original ? En effet imaginons (imaginons) qu'un président pense améliorer grandement l'efficacité de l'enseignement en s'inspirant par exemple (par exemple) de l'expérience de C. Alvarez. Il verrait vite, si l'on en croit ce blog, qu'elle "divise" ses collègues, ce qui ne rapporte pas de voix...

  • da pred

    Je sais qu'il y a beaucoup de candidats, mais c'est dommage que l'on se concentre sur ceux présentés comme favoris dans les sondages (quand je dis "on", ce n'est pas nécessairement vous).