La condescendance pyramidale (ou comment les profs passent leur temps à se juger de haut en bas)

Bertrand Guay / AFP

De l’extérieur, les personnes étrangères à l’éducation nationale ne voient, le plus souvent, dans les 860.000 profs de ce pays, qu’une corporation soudée, unie envers et contre tout. « Les profs » seraient une masse indivisible, facilement catégorisable, aisément étiquetable, reconnaissable à ces réflexes grégaires, à cette logique corporatiste raillée et honnie par le reste de la population.

Ceci n’est pas une corporation

Bien entendu, dans les faits, il n’en est rien. Certes le fait d’avoir des élèves constitue un dénominateur commun, cependant le cousinage s’arrête là, ensuite c’est l’éventail habituel des convictions politiques, le grand écart salarial, la variable majeure des horaires devant élèves, la multiplicité des cadres et des environnements de travail, l’infini camaïeu des pédagogies, la gamme complète des relations humaines, la très grande variété des rapports au savoir, de la plus totale polyvalence à la spécialisation ultime, et forcément, les goûts, les couleurs, les sentiments, les aspirations, bref, la nuit tous les profs sont gris sur le mur de la caverne mais le jour, c’est Technicolor, Cinémascope et 3D réunis.

Pour être exact, disons qu’il existe dans la catégorie socioprofessionnelle « prof » de nombreuses possibilités de sous-catégories. Prenons le critère du niveau d’enseignement. Quoi de commun entre un instit de maternelle et un prof de fac, au fond ? Primaire, secondaire, supérieur, encore divisibles en maternelle, élémentaire, collège, lycée, fac, prépa, grandes écoles, etc : des profs, partout, mais qui jamais ne se croisent, qui ne savent pas grand-chose les uns des autres – et d’autant moins qu’ils sont éloignés sur le spectre scolaire – et qui pour tout dire, se foutent royalement de leurs congénères.

Qu’ont dit, qu’ont pensé les profs de secondaire ou du supérieur quand la réforme des rythmes scolaires a été mise en place dans le primaire ? Rien, pour la plupart, ceux qui avaient un avis n’ont pas tous parlé et ceux qui ont parlé n’ont pas dit autre chose que ce que disait monsieur tout le monde – les profs ayant des enfants en primaire ont réagi en parents.

Qu’ont dit, qu’ont pensé les profs de primaire quand la réforme du collège a été mise en place ? Rien, pour la plupart, ceux qui avaient une opinion l’ont souvent gardée pour eux, et ceux qui l’ont partagée rejoignaient la doxa – les profs parents de collégiens ont réagi comme d’autres parents de collégiens.

On a tort de considérer les profs comme une corporation : ils sont trop nombreux pour fonctionner comme tel, à de rares exceptions.

Regard supérieur sur le niveau inférieur

Il y a cependant une chose que la très grande majorité des profs de France, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils en soient conscients ou pas, partage : ce qu’on pourrait appeler la condescendance pyramidale, et dont l’expression la plus simple est ce petit regard supérieur invariablement porté vers le collègue de niveau inférieur.

Les profs qui enseignent en post-bac sont bien contents d’enseigner à ce niveau, ils ont affaire à des esprits plus évolués et n’ont pas à subir des classes qui n’ont pas choisi d’être devant eux, au contraire de leurs étudiants. Ils ne changeraient pour rien leur place avec les profs de secondaire, ils ont souvent tout fait pour ne pas les rejoindre et se distinguent d’eux par le fait qu’ils sont agrégés et docteurs, d’ailleurs ils consacrent une partie non négligeable de leur temps à la recherche et publient, de loin en loin. Au sein de l’université, il faut cependant faire la différence, par exemple, entre le maitre de conf et le chargé de TD, prestige oblige.

Dans le secondaire, les agrégés forment une caste supérieure à celle des certifiés, d’ailleurs ils touchent plus et enseignent moins, c’est sans doute qu’il y a une raison, ils ont bien mérité ce statut distinctif, l’AGREG est autrement plus difficile que le CAPES, c'est bien connu. Toutefois parmi eux, les profs de prépa sont les plus forts, incontestablement au-dessus du lot. En-dessous, il faut sortir du rang les profs qui ont les Terminale S, ce sont les meilleures classes, on les réserve aux meilleurs profs, forcément. Je ne parle pas des lycées professionnels, il est évident que les profs qui y officient ne valent pas les autres.

Les profs de collège sont de niveau inférieur, ce sont seulement des certifiés, rares sont les agrégés qui s’abaissent ici. Cependant plus on a de classes de 3ème ou de 4ème, mieux on se porte et mieux on est vu.

Ici s’opère une cassure : certifiés et agrégés ont beau former deux castes distinctes, ils se situent néanmoins nettement au-dessus de ce qui suit, à savoir les instits – on a beau les avoir appelé professeurs des écoles, personne n’est dupe, d’ailleurs ils ont plus d’heures de cours et gagnent nettement moins, ce n’est pas pour rien. Peu importe leur bac + 5, leur polyvalence est, finalement, un aveu d’incapacité dans tous les domaines.

On peut éventuellement faire la distinction entre instit de cycle 3 et instit de cycle 2, mine de rien en CM2 ce sont de presque collégiens, et en CP encore des petits qui débarquent de maternelle. Les instits de maternelle, justement, sont bel et bien tout en bas de l’échelle : bien des profs ont ri en entendant Darcos les accuser de changer les couches – au fond, c’est un peu ça, quand même, non ?

Le coupable, c’est l’autre

Il faut ajouter, à ce regard condescendant porté au-dessous, une insatisfaction constante de ce qui en provient : forcément, le collègue d’en bas n’a ni complètement, ni très bien fait son travail. Le prof de fac se plaint du manque de méthodologie des élèves de première année, le prof de lycée pointe le peu d’autonomie des ex-collégiens, le prof de collège constate que les 6ème ne savent plus lire ni écrire, à peine compter, l’instit de cycle 3 considère en grognant que les fondamentaux devraient être stables et ne le sont pas, l’instit de CP rouspète contre ces petits mal socialisés incapables de concentration et qui ne tiennent pas en place, et les collègues de maternelle, qui prennent pour tout le monde, doivent sans doute regarder la crèche, et bien sûr les parents, de travers.

L’autre, celui d’en bas, est toujours l’auteur du manque, le responsable du pas assez, le coupable du déclin constant. Moi, je ne fais que me débrouiller avec ce dont j’hérite, et croyez-moi, c’est pas facile vu ce qui m’arrive chaque année.

Il est donc tout à fait logique que, à l’autre bout de la lunette, le prof d’en bas se sente jugé, et qu’en réaction, le ressentiment l’étreigne, l’amertume l’enceigne. Le voilà qui, à son tour, jette un regard noir vers le haut, empli d’un sentiment d’injustice – la question de l’inégalité salariale est ici centrale – augmenté de la rage de celui qui se sent méprisé.

Ce complexe de supériorité finalement très bien partagé repose sur les dogmes suivants :

- dans la logique de concours propre à l’éducation nationale, le CRPE est plus facile que le CAPES, lui-même plus facile que l’AGREG, le Doctorat et la Recherche universitaire se situant encore un degré au-dessus (et légèrement de côté) ; il semble évident que l’agrégation est hors de portée d’un instit – c’est certainement vrai –, de même il coule de source qu’un agrégé se baladerait au concours de PE – c’est sans doute faux.

- dans l’imaginaire collectif, il est plus facile de s’occuper de petits que de grands, les petits sont moins pénibles et moins difficiles à gérer que les plus grands, surtout plus on avance et plus c’est à l’intellect pur que s’adresse l’enseignant, un prof de fac ne va pas moucher un étudiant ou régler un conflit à la récré.

- on trouve la preuve des deux précédents arguments dans le fait que la proportion de femmes enseignantes tend à diminuer à mesure qu’on grimpe dans la scolarité : c’est bien connu, les femmes sont moins aptes que les hommes au haut niveau, et plus portées sur l’aspect maternant que requiert de toute évidence le travail dans les « petites classes ».

S’inspirer

Les croyances ont la vie dure, il ya peu de raisons pour que change cette condescendance pyramidale qui irrigue le corps enseignant. Et pourtant… Tout le monde gagnerait d’une part à se garder de porter un jugement sur ce qu’il ne connait pas, et partir au contraire du principe que chaque enseignant intervient à un endroit, à un moment qui possède ses spécificités et nécessite une expertise propre, sans échelle de valeur. D’autre part, débarrassé de ses préjugés, chacun a sans doute beaucoup à apprendre des niveaux scolaires précédents : les instits d’élémentaire devraient s’inspirer de ce qui se fait en maternelle (le travail à partir de projets, la manière de donner du sens aux apprentissages, l’organisation spatiale de la classe…) ; la bienveillance de l’évaluation au primaire, le rapport privilégié aux élèves et aux parents, la place accordée à la durée et à la reprise, peuvent être source d’inspiration pour les profs de secondaire ; les profs de collège qui parviennent à captiver un public qui est probablement le plus difficile qui soit (hormones oblige) méritent qu’on se penche sur leurs méthodes, et ainsi de suite.

Chaque enseignant nourrirait sa pratique de celle du collègue et mettrait son enseignement en perspective, chaque niveau de classe s’en trouverait renforcé, enrichi de ce qui a marché précédemment. C’est toute la scolarité qui gagnerait en cohérence, une corporation entière qui gagnerait en cohésion.

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  • Jean Giblin

    Ce sentiment de supériorité, nous l'avons tous plus ou moins pour les "inférieurs", et d'ailleurs il est officialisé par des différences de salaire ; à ce sujet, trois remarques : le doctorat , on peut s'en étonner , n'apporte rien de plus en terme d'émoluments , deuxièmement contrairement à ce qu'on croit il y a des promotions au mérite dans l'éducation nationale, trois allures d'avancement qui font en fin de carrière une vraie différence , enfin une grande injustice dans la réussite aux concours CAPES et AGREG selon les matières et les années : quand j'ai passé le CAPES de lettres pour la première fois, il y a eu un seul reçu sur 80 candidats ; à l'inverse maintenant en mathématiques, tous les professeurs ou presque d'un lycée sont agrégés, ce qui est loin d'être le cas des professeurs de philo ou d'allemand.

    • momo

      Votre résonnement est fondé sur l'ancienne génération de profs, avec les nouveaux venus, une seule règle s'applique "le tout pour ma gueule".Là, votre analyse ne tient plus la route.

      • fanette

        qu'est-ce que c'est ce délire "nouveaux profs - tout pour ma gueule" ??? Suis prof depuis des lustres, enfin, instit, enfin, prof ; et j'ai toujours été épatée par la qualité, le sérieux, l'esprit de partage de mes collègues, vieux ou jeunes. Les rares qui ne pensaient qu'à eux (c'est-à-dire qu'à leurs élèves ?) ne résistaient en général pas bien longtemps à deux trois collègues dynamiques.
        Je suggère à momo une séance de rattrapage sur les homonymes, ce sera peut-être plus constructif !

  • grietje de graeve

    Vrai et dommage! Le vrai défi consiste à essayer d'enseigner comme il faut à tous les niveaux. Mais c'est au plus jeune âge/ à la puberté
    que c'est le plus difficile à mon avis. (mes étudiants ont 18 ans et plus)

  • Gérard Bligny

    Bien des remarques faites ici paraissent relever du vécu, mais elles ne sont que des lieux communs venus tout droit du passé.

    Cette condescendance supposée du "niveau supérieur" pour "le niveau inférieur", c'est d'abord et avant tout dans l'opinion publique, hors les murs qu'elle a lieu. Cette hiérarchisation est le fait des parents eux-mêmes.

    C'est vrai que la tentation est grande de mettre en cause "le niveau inférieur" quand des pré-requis permettant de suivre valablement les contenus "du niveau supérieur" ne sont pas acquis, mais, généralement, ce type de mises en cause ne dépasse pas le niveau de la boutade.

    Car enfin, l'échec scolaire massif, l'évolution des savoirs et des savoirs faire vers de simples produits de consommation, comme tant d'autres, ont conduit les apprentissages à perdre l'essentiel des valeurs éducatives qu'ils portaient avec pour conséquence, dans la conscience des Personnels Enseignants, de rendre totalement inopérante cette condescendance rapportée ici.

    A l'extrême, dans ces quartiers de nos villes, zones de non-droit, c'est l'échec scolaire et la difficulté d'être dans son métier qui fédèrent toutes les catégories d'enseignants.

    Certes la France n'est pas à l'image de la Seine Saint-Denis ou des quartiers nord de Marseille, mais tous les ordres d'enseignement sont touchés.

    Je conclurai en disant que dans ce billet il y a ce côté d'une école de l'encre violette et de la plume sergent-major, d'une école passéiste. De la nostalgie pour l’École d'autrefois, comme ce lycée prestigieux du centre d'une ville Préfecture de province, avec sa salle des Profs réservée aux Agrégés 1ère chaire ainsi que les tables réservées dans la salle à manger "de la cantine".

    Sans doute encore quelques survivances ici ou là.

    • marboeuf

      SI j'en crois l'accueil fait à ce billet, l'écho sur les réseaux sociaux et les commentaires qui l'accompagnent, ce que j'y décris témoigne de bien autre chose qu'une survivance... Beaucoup de collègues semblent voir, eux (et parmi eux les plus progressistes), à quoi je fais allusion. Je ne sais pas quelle est votre expérience de l'enseignement, quel est son ancrage dans le réel, aujourd'hui, mais à n'en pas douter, votre analyse manque (de) quelque chose...
      Quant à l'encre violette et la plume sergent-major, ma foi, c'est bien la première fois en 280 posts sur ce blog qu'on me voit ainsi !

  • https://chriseus.wordpress.com/ Rapaporte

    Bonjour,
    Me contenterai de la réflexion sur la pyramide symbole si souvent usité pour expliquer la hiérarchie, l'optimisation et l'excellence 😉 voir l'élitisme, mort de rire quoi ...
    La pyramide en économie est juste une arnaque, rien de plus rien de moins. celui qui est au dessus exploite celui qui est en dessous. Par exemple le Madof, la sous-traitance ou encore la bourse (actionnariat, rachat, à développer mais pour faire simple : pluqu't'en as, plu'qu'tu peux en avoir et plu'qu'tu fais qu'ec'tu veux).
    Historiquement la pyramide est un tombeau qui tends vers le ciel construit par des esclaves qui se tuent à la tâche.

    Alors que dans un cheminement personnel cette fameuse pyramide peut prendre tout son sens au travers du parcours d'une vie qui mènerait vers une forme de plénitude ou de compréhension ou encore ce qui vous arrange : une illumination 😉 Donc ici pour le sujet du billet ça donnerait d'étudier le moyen le plus adéquat possible pour accompagner l'épanouissement et l'émancipation de l'individu au cours de sa jeunesse afin de lui permettre de décoller tel un avion low-cost à l'aéroport Charles-de-Gaulle lorsque vous passez en voiture sous le tunnel de la A1. Quelle vision féérique, ça laisse rêveur ...

    Du coup c'est quoi le sujet ici, la condescendance entre enseignent de différents niveaux scolaires, du haut vers le bas faut-il supposer. M'est d'avis que c'est l'emploi du mot "pyramidale" et sa logique la première responsable, elle entraine ce phénomène de cons-descendants que vous voulez pointez du doigt 😉

  • Céline Peynichou

    Bonsoir,

    Je souscris totalement à vos propos!
    J'enseigne en lycée professionnel, mais je suis fille d'instit' et connais pas mal de profs de tous niveaux (de la maternelle au lycée)...

    Il est malheureux qu'il n'y ait pas plus de coordination entre les niveaux, qui paraissent complétement étanches, surtout entre collège et lycée (en tout cas au niveau des enseignants, car les chefs ont, eux, des "réunions de bassin"... qui ne servent pas à grand-chose d'un point de vue de l'échange nécessaire dont vous parlez, notamment en ce qui concerne les pratiques pédagogiques).

    Quant à la rémunération des instituteurs (professeurs des écoles, pardon!), elle est indigne de leur implication et du temps passé avec les élèves et en-dehors, et de leurs savoirs pédagogiques et didactiques (pardon pour le jargon). J'ai énormément de respect pour ce métier qui est un des plus difficiles dans le monde de l'enseignement.
    Même si je reste parfois effarée par les nombreuses erreurs d'orthographe voire même de syntaxe qui émaillent les leçons de maternelle et de primaire. Mais là, c'est sans doute le parent "bon en orthographe" qui parle...

    Bonne continuation à vous!

  • Jean Giblin

    Je crains qu'il s'agisse davantage d'envie que de mépris.

  • ML

    bonjour
    un petit commentaire-témoignage perso sur cet article
    qui me parle bien. Je me permets de raconter d'abord mon parcours pour
    dire la légitimité que j'ai à parler de ce problème "de l'intérieur".
    J'ai "fait l'école normale-futureIUFM-futureESPE" de 1983 à 1986, après
    un concours post-bac. Je suis devenue instit, puis professeur des
    écoles. 10 ans plus tard, j'ai (re)pris des études à la fac tout en
    travaillant toujours comme enseignante 1er degré et, chemin faisant,
    j'ai soutenu ma thèse 10 ans plus tard, soit à 40 ans... Après le
    passage presque obligé des années d'attaché temporaire à l'enseignement
    et à la recherche (avec un statut de professeur des écoles en
    détachement), j'ai obtenu un poste de maitre de conférences en 2006. Ce
    jour là, j'ai fait le grand saut et j'ai été radiée du corps des
    professeurs des écoles. Je suis aujourd'hui professeur à l'université.
    Pour rajouter à mon cas, mes recherches portent sur les apprentissages
    scolaires en lien avec le langage écrit (lecture, orthographe...), je
    vais souvent dans les écoles maternelles, élémentaires et collèges pour
    mes recherches et pour participer à des conférences ou réunions
    d'information.

    C'est peu dire que je pratique le monde enseignant
    depuis toujours... La condescendance dont vous parlez existe, elle se
    met en place dès l'entrée dans le système, avec notre fonctionnement
    cloisonné en concours plus ou moins prestigieux (ah, les salles de
    cantine au collège où les agrégés ont une table interdite aux CAPES...),
    mais elle est aussi et surtout véhiculée par l'ignorance, la peur du
    jugement de l'autre et les stéréotypes véhiculés dans la société sur
    les profs de tel ou tel niveau. Le principal, après ce constat, est de
    lutter contre, avec des explications, des rencontres et des
    collaborations entre les niveaux.

    Pour ma part, j'essaye de le faire dans mon travail sur l'apprentissage de la lecture, en collaboration avec des enseignants; en général la glace est rompue dès que j'explique que j'ai été instit pendant 17 ans... Pour ne rien
    oublier, je consulte régulièrement avec grand bonheur l'instit humeur,
    ça me parle souvent et mes étudiants d'ESPE savent qu'il faut aller lire
    ce blog pour se faire une idée de la vraie vie d'instit (en gif ou pas).
    Bravo pour votre blog

    • marboeuf

      Un énorme merci pour ce témoignage, particulièrement éclairé. Et aussi pour les dernières lignes... 😉

  • gaelle Limoge

    Euh, bon, je ne ressens aucun mépris je vous rassure(en tant qu'agrégée dans le supérieur), et je n'ai pas l'impression d'être un ovni. Que les fâcheux ou les indifférents à tout sort qui n'est pas le leur existent, et se fassent entendre plus que les autres, certes. Mais faites un petit effort et voyez les autres, qui prennent parti quand il le faut, et pour tout niveau d'enseignement (entre autres contre cette réforme des rythmes qui n'est pas une réussite) et ne passent pas leur temps à essayer de savoir qui sont les plus beaux ou les plus forts..

  • Toufou Larirette

    Belle observation ! On pourrait développer encore. Je me souviens d'une (future) bibliothécaire documentaliste qui narrait son parcours du combattant. Une prof de collège l'arrête avec un méprisant "eh bien évidemment, vous, dans le privé..." La bibliothécaire était dans "le public"... Je crois que c'est à partir de ce jour-là que j'ai commencé à cesser de croire la religion affirmant que l'EN était au service du public.

  • Celine Pontier

    Honnêtement je trouve cet article tout aussi réducteur que la grossière vision extérieure qui semble être dénoncée dans l'introduction. C'est assez insultant. Il y a aussi, dans tous les établissements, des professeurs qui travaillent à créer des passerelles, à échanger sur leur pratiques, à s'inspirer de telle ou telle façon de faire du primaire qui peut faciliter les apprentissages dans le secondaire. Les professeurs des écoles, dont la rémunération est scandaleusement basse, sont en général admirés et reconnus par la profession et leurs collègues du secondaire, et leurs pratiques de plus en plus partagées d'ailleurs. Des agrégés (pas si rares) enseignent en collège, sans avoir du tout l'impression de "s'abaisser". Enfin, les deux "castes" soi-disant "bien distinctes" que forment certifiés et agrégés sont plus mélangées et moins visibles sur le terrain que ce qui est prétendu : on ne connait pas forcément le grade des collègues, et en général, on s'en moque, d'ailleurs. Bref, je trouve cet article erroné voire grotesque sur certains points, et surtout nourri d'une grande amertume. C'est dommage.