Les élèves en situation de handicap enfin mieux accompagnés à l’école ?

@MAXPPP

Il y a quelques jours, le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon, accompagné des ministres George Pau-Langevin (déléguée à la réussite éducative) et Marie-Arlette Carlotti (déléguée aux personnes handicapées et lutte contre l’exclusion) mais aussi du premier ministre lui-même, a présenté son plan d’action pour l’inclusion des élèves en situation de handicap. Les mesures annoncées visent à permettre une meilleure scolarisation des enfants handicapés prévue par la Loi de 2005, mais elles paraissent encore lacunaires au vu de la situation actuelle et des besoins sur le terrain.

La loi de 2005

En 2002, à peine élu, le Président Chirac annonce vouloir faire de l’insertion des personnes handicapées l’un des trois grands chantiers de son quinquennat. En 2005 est votée une Loi qui contient un volet scolaire spécifiant que l’école a l’obligation d’intégration des élèves handicapés. Si la Loi est un incontestable pas en avant, elle cache de nombreux dysfonctionnements (lire cette lumineuse analyse) et, dans les faits, l’intégration des élèves handicapés ne va pas être simple, loin de là.

2005 – 2013 : le grand bazar

Pendant huit ans, tout s’est passé comme si on avait dit à l’école et ses acteurs : « vous devez intégrer ces élèves, c’est la Loi, démerdez-vous ». La priorité va aller à l’intégration des élèves handicapés en classe ordinaire, peu importe comment (on parle d’ailleurs désormais d’inclusion, mouvement sémantique cache-misère typiquement français).

L’illusion de la classe ordinaire

Pour Daniel Calin, grand spécialiste de l’enseignement spécialisé, "l’idéologie inclusive de la loi de 2005 a fait croire aux familles touchées par le handicap de leur enfant, même si ce n’est pas vraiment ce qu’elle prescrit, que tous les enfants et adolescents handicapés pouvaient fréquenter avec profit les classes ordinaires. Elle cultive ainsi des illusions ravageuses, qui menacent de se payer très cher à terme pour ces jeunes et leurs familles.

Un des effets de cette priorité accordée à la scolarisation en milieu ordinaire est que l’orientation vers les classes et établissement spécialisés se fait presque systématiquement après un constat d’échec. Ainsi, les enfants handicapés voient de plus en plus souvent l’expérience de l’échec scolaire s’ajouter aux problèmes déjà lourds induits par leur handicap".

De fait, l’intégration d’un élève handicapé dans une classe ordinaire n’a, le plus souvent, pas pu se faire dans de bonnes conditions.

La diversité des handicaps pas prise en compte

Entre un handicap moteur, un élève sourd, un dyslexique, un syndrome d’Asperger, un élève ayant des troubles du comportement, aucun point commun autre que le terme de handicap. Pourtant il s’agit d’intégrer ces élèves coûte que coûte en classe ordinaire, sans que la diversité des handicaps soit prise en compte, sans que soit mis en place un accompagnement spécifique à chaque handicap. On ajoute des rampes d’accès pour fauteuils dans certaines écoles, on ouvre des CLIS pour enfants sourds ou aveugles, mais la gestion des handicaps moins aisément indentifiables, notamment mentaux ou psychologiques, plus difficiles à prendre en charge dans un cadre de vie collective, est largement insuffisante. De nombreux élèves se retrouvent en classe ordinaire sans accompagnement digne de ce nom.

Des AVS précaires, non formés et fréquemment dépassés

Pour accompagner les élèves handicapés identifiés comme tels par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées, où toutes les décisions sont centralisées), un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) peut être affecté afin d’aider l’élève à temps complet ou partiel en classe. Mais il n’y a jamais eu de recrutement digne de ce nom.

Des AVS, on en croise beaucoup depuis 2005. Et il faut être honnête : dans l’ensemble, le niveau est pas terrible. J’ai eu la chance d’en croiser de grande qualité, mais c’est loin d’être la majorité. Les AVS compétents que j’ai rencontrés étaient souvent là de passage, et ne devaient leur compétence qu’à leur parcours propre : c’était le hasard qui les avait placées sur le chemin de chaque élève, en aucun cas l’Education Nationale. Dans les autres cas : des étudiants qui faisaient ça comme job d’appoint, sans s’investir outre mesure, des chômeurs de longue durée à qui on avait proposé / imposé le boulot, etc.

Mais, comment attirer des personnes compétentes, avec ce qu’on propose à un AVS ? Un statut précaire, CDD sur CDD, temps partiel souvent, et des rémunérations très faibles : un AVS travaille rarement plus de 24 heures par semaine (temps d’école d’un élève, mais comment trouver un job d’appoint quand on est pris de 8 h 30 à 16 h 30 ?), au SMIC horaire, soit maximum 762 € par mois… De plus, les AVS "ne sont pas formés avant d’entrer en fonction, même s’ils bénéficient d’un droit à la formation en cours d’emploi de 40 heures par an. Ce maigre droit n’est même pas toujours respecté, ce qui a valu des condamnations à plusieurs Académies. En Italie, qui a été pionnière en ce domaine, ceux qui assurent des fonctions similaires sont des professionnels avec une formation de niveau Bac+3, proche de celle des éducateurs spécialisés, mais orientée spécifiquement vers l’accompagnement scolaire des enfants handicapés (D. Calin)." On s’aperçoit de l’imposture française en la matière…

Des enseignants pas du tout préparés

Comme beaucoup de mes collègues, j’ai eu un certain nombre d’élèves à intégrer dans mes classes. J’ai découvert une veille de rentrée que j’aurai une élève autiste. J’ai eu la même année un dyslexique sévère, un handicapé moteur, un dyscalculique / dyspraxique. J’ai eu d’autres élèves encore avec divers troubles envahissants du développement. Jamais, je dis bien JAMAIS, je n’ai eu une quelconque formation. Pas une seule fois, un conseiller pédagogique ou un référent quelconque n’est venu me voir pour me guider. J’ai du, comme la plupart des instits de France, me débrouiller seul, me former sur mon temps personnel, sur Internet, en allant à des conférences, dans les bouquins, en discutant, comme je pouvais.

Peut-on décemment parler d’inclusion en milieu pédagogique ordinaire, si l’enseignant chargé de cette inclusion n’a pas la moindre idée du handicap de l’élève, de ses spécificités, des aménagements pédagogiques nécessaires, du niveau de prise en charge ? Comment articuler le travail avec un AVS, si on ne sait pas quoi lui demander exactement, lui qui n’est pas plus qualifié ?

Ce qui va être mis en place à partir de la rentrée

Voici ce qu’ont concrètement annoncé les ministres le 22 août :

- la création d’un métier d’accompagnant scolaire : aux AVS ayant exercé durant 6 ans sous le statut d’assistant d’éducation, il sera offert la possibilité d’obtenir un CDI à partir de 2014. Pour cela, il faudra entamer une procédure de validation des acquis d’expérience afin de décrocher un diplôme qui sera défini fin 2014. La rémunération de ces nouveaux AVS sera alignée sur la grille de la catégorie C de la fonction publique.

- la formation des AVS devrait être renforcée, les nouveaux recrutés bénéficieront de 60 heures de formation avant leur prise de fonction, en plus des 60 heures déjà prévues ensuite.

- la formation des enseignants sera également renforcée : les futurs professeurs en ESPE auront des modules de "formations dédiées aux enjeux généraux du handicap et à la connaissance des différents troubles des apprentissages". Concernant la formation continue, elle passera par la plateforme de formation en ligne « M@gistère », qui "comprendra d’ici à la fin de l’année deux modules liés au handicap : l’un, portant sur les enjeux généraux de l’école inclusive, l’autre sur les spécificités de l’autisme".

De sérieux bémols

Bien sûr, il ne faut pas faire la fine bouche, il s’agit là d’avancées réelles. Sur le papier en tout cas. On va encore me reprocher de voir le verre à moitié vide, mais bon, allons-y : il y a, à mon sens, de réels bémols aux mesures annoncées, sur le statut des AVS comme sur la formation.

- il n’aura échappé à personne qu’un AVS verra son statut modifié au bout de 6 ans : c’est-à-dire que pendant des années l’AVS continuera à vivre de manière indécente, payé des clopinettes sous statut précaire.

- on repose donc la question du recrutement : qui donc va accepter de travailler 6 ans dans ces conditions ? On voit qu’il y a peu de chance d’attirer des compétences meilleures qu’aujourd’hui dans ces conditions, donc d’améliorer l’accompagnement des élèves par ce biais.

- l’obtention du futur diplôme se fera par validation des acquis d’expérience : mais de quels acquis parle-t-on, pour quelqu’un qui aura du se débrouiller seul sur le terrain pendant 6 ans, sans réel référent, personne pour l’encadrer et auprès de qui apprendre un métier, ni aucun retour sur sa pratique ? Il faudrait plutôt parler de diplôme obtenu à l’ancienneté… Par ailleurs il s’agira d’un diplôme de niveau bac, alors que de nombreux AVS ont un diplôme de niveau supérieur.

- la formation des AVS prendra-t-elle enfin en compte la diversité des handicaps ? l’AVS sera-t-il spécifiquement formé à l’autisme pour accueillir un enfant autiste, à la dyslexie pour accueillir une enfant dyslexique, etc. ?

- le salaire des futurs AVS en CDI, sera-t-il si intéressant ? Un temps complet sur la grille de catégorie C permet entre 1400 et 1500 € bruts, mais un AVS fait rarement plus de 24 heures… On risque fort de rester en-deçà des 1000 € nets par mois.

- on attend avec impatience la maquette de formation initiale des enseignants… ? Ce qui est annoncé ne doit pas se transformer en un amphi de 3 heures sur l’inclusion. De mon temps à l’IUFM, j’ai aussi eu droit à une « formation » de ce type : elle ne m’a servi à rien une fois sur le terrain. Il faudra également, au-delà de l’aspect "médical", aborder la question du travail entre AVS et instit, de l’articulation de leur action.

- quant à la formation continue, il semble décidément qu’il faille se résoudre, avec ce gouvernement (qui fait mieux que le précédent, mais c’était facile), à se former chez soi sur Internet (pour l’instant, seul l’autisme est au programme, d’ailleurs). L’auto-formation sur des plates-formes numériques semble l’alpha et l’oméga du ministère… Je rêve quant à moi d’une semaine de formation de qualité au début de l’année scolaire pour tout instit ayant un élève handicapé, avec formation spécifique au handicap de l’élève. Vu le nombre d’élèves handicapés dans nos classes, en quelques années une majorité d’instit sera formée à une majorité de handicaps. On peut rêver.

 

Nota : il faut vraiment visiter le site de Daniel Calin. Peu sexy au premier abord, c'est une mine d'informations et de points de vue avisés sur l'enseignement spécialisé. On lira avec intérêt la présentation commentée de la Loi de 2005, une critique de ladite Loi après 7 années d'application, un entretien portant sur l'accueil des enfants en situation de handicap.  

Note du 28 août : signalons aussi l'existence d'un site plus qu'intéressant, handiressources.free.fr ; créé par un enseignant spécialisé, coordonnateur en ULIS, il propose notamment de nombreuses ressources pédagogiques par type de handicap qui pourront être utiles à plus d'un enseignant !

... et également de ces 10 logiciels ou applications pouvant aider des élèves atteints de handicap moteur ou de certaines dys : http://www.sessd25apf.fr/Docs/Logiciels_Ecoles.pdf

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A lire aussi

  • http://www.facebook.com/viviane.perez.96 Viviane Perez

    Merci pour cet éclairage; directrice en élémentaire je partage votre point de vue sur la précarité de ces personnels et leur (notre) carence en formation pour accompagner les différents handicaps. Derrière les annonces de cet été je sentais venir l'embrouille... pourtant ce n'est pas faute d'avoir espéré et fantasmé sur ce gouvernement qui se déclare plus favorable à trouver des moyens pour accompagner l'enseignement!

  • touriste84

    les éducateurs spécialisés seraient tout à fait adaptés à ces postes. pour être éducateur spécialisé, il faut satisfaire une sélection  afin d'entrer en formation(ne rentre pas en formation qui y veut !). il faut valider ses U.V. chaque année et enfin il faut réussir les examens du diplôme (épreuves régionales. trois années d'études sur le développement psychologique et affectif de l'enfant, du droit, et d'autres matières évidemment. des semaines spécifiques sur chacun des handicaps en lien avec les annexes 24, d'un point vu médical, psy, social, familial et éducatif. ce professionnel a une très bonne connaissance de tous les professionnels et les Institutions (santé, sociale, juridique...) . intervenant autour de l'enfant handicapé. il a même été formé à déceler la maltraitance (mais oui, même les enfants handicapés peuvent être aussi un souffre douleur). c'est le professionnel formé pour prendre en charge l'enfant handicapé, capable de faire lien entre le jeune et les autres (famille, enseignant, ...). il est habitué à travailler à partir de projet personnalisé, évalué. il peut tout à fait intervenir en milieu scolaire, car il le fait déjà dans certains I.M.E..
    sauf qu'un éducateur spécialisé coûte nettement plus cher qu'une AVS. alors on va trouver des arguments pour ne pas suggérer cette possibilité qui va plomber le budget.
    Lorsqu'on est parent d'enfant handicapé ne veut-on pas ce qu'il y a de mieux pour son enfant ? tout comme on va chercher le meilleur toubib pour nos maladies graves ou nécessitant des choix importants. quel choix feriez-vous pour votre enfant si vous aviez à choisir entre un professionnel qui aura maxi 1 mois de formation et un autre qui en a 3 ans ?

  • lyseam

    oui aussi.

    Il reste qu'un jour il faudra accepter de faire -selon le handicap -  des classes adaptées et non inclusives au sein d'un même établissement (mais pas dans tous ?) pour que tous les enfants profitent au mieux de tout l'accès à l' instruction possible au maximum des possibilités de chacun (et non a minima). Sans pour autant y voir une stigmatisation du handicap et ce, selon le handicap et son niveau.

  • yosemete

    AVS pour la première fois il y 5 ans, je n'avais alors reçu aucune formation. J'ai appris sur le tas et j'ai eu la chance de travailler avec des enseignants compétents. Etudiante préparant le CRPE, cet "emploi" m'a beaucoup appris.
    Rentrée 2013-2014, le Master en poche mais pas le concours, je suis à nouveau employée comme AVS en Contrat Unique d'Insertion ( quelle insertion d'ailleurs?) avec un salaire de 628 euros net par mois ( 24h payées 20h). J’exercerai ce poste d'avs à nouveau avec plaisir et avec le plus grand "professionnalisme possible" mais avec un niveau Master je m'interroge beaucoup sur la précarité de mon statut. Il n'est pas possible d'envisager ce poste comme autre chose qu'un échec 
    (je parle de ma situation surtout) quand on sait que pour obtenir un poste d'avs, il faut être en fin de droit en tant que demandeur d'emploi, peu importe le profil du candidat finalement. J'ai des compétences et de l'expérience que j'aurais éventuellement pu faire valoir et reconnaître mais encore faudrait il rendre le "statut" attrayant, en faire un métier. 

    Pour rejoindre le premier témoignage, si mon enfant devait un jour bénéficier d'une aide spécialisée je souhaiterais qu'il soit accompagné par un professionnel, effectivement.

  • touriste84

    ce qui m'énerve dans cette politique d'intégration ; c'est l'intégration à tout prix.
    il faut savoir que déjà en Institut Médico-Educatif (I.M.E.) une bonne partie des parents d'enfants handicapés sont dans le déni du handicap de leur enfant et c'est humain ; d'abord parce que le (les) toubib (s) n'a pas toujours su ou voulu être clair (s) avec eux sur l'annonce du handicap, l'évolution du handicap et ses conséquences. ensuite parce que franchement vous avez envie de croire à quelque chose plus positif pour votre enfant, voire même un miracle parce que vous espérez une vie plus proche de la normale pour votre enfant et c'est moins angoissant.
    intégrer à tout prix des enfants dans une scolarité ordinaire, c'est aider ces parents à entretenir l'illusion que l'enfant aura une vie normale. tous les enfants handicapés ne sont pas intégrables en circuit ordinaire. il faut savoir que dans l'IME où je travaillais chaque groupe comprenait 5 enfants, 3 éducateurs, et bénéficiait de 2 enseignants spécialisés (mais oui cela existe aussi : des instits avec une formation spécifique pour chaque handicap et non des "généralistes") qui prenaient les enfants individuellement ou par deux, mais aussi tout le reste de professionnels (psychiatre, psychologue, psychomotricien, ergothérapeute, kiné, assistante sociale ...). on ferme les IME car les AVS coutent moins chers qu'une structure de ce type qui implique souvent une prise en charge en internat car il n'y en a qu'un IME par handicap spécifique par région ! Impots quand tu nous tiens !
    que fera-t-on de ses enfants arrivés à 11 ans. vous savez comment sont nos ados face à la différence : cruels ! alors imaginez dans la cour du collège. je pense que déjà en primaire ces enfants vont trinquer. déjà ceux qui n'ont pas de handicaps peuvent trinquer dans la cour, sous le nez des instits alors ...
    et l'enfant dans tout ça ? l'annonce de son handicap c'est quand ? son dénie (si on peut dire dénie) dure combien de temps ?je pense à ces enfants atteints de trisomie 21. intégrés en primaire, intégrés au collège et puis ... l'adolescence, les hormones, les premiers amours. et puis la fille du collège lui dit qu'elle ne veut pas sortir avec un trisomique. et là, l'annonce du handicap tombe comme un couperet. il semblerait qu'il y a plus de suicide d'ados trisomiques aujourd'hui. la souffrance !
    que fera -ton des ces enfants, ces ados ? à 11 ans on va chercher une structure spécialisée ? il aura perdu combien de temps ? à 15 ans on va lui dire qu'il est handicapé et doit intégrer un IME puis un ESAT à 18 ans ? et les structures vont récupérer (quand il y aura de la place) des parents effondrés, maintenus dans l'illusion pendant des années, des enfants en souffrance, en échec scolaire, cassés de l’intérieur, dans l'estime de soi.
    bien sur, avoir son enfant à l'école du village c'est bien. mettre tout ces enfants dans la meme école c'est mieux. faut savoir que les frais de taxi sont prix en charge pour les trajets maison-IME.
    dans l'annonce du handicap, il ne faut pas oublié la fratrie. eux aussi vivent le handicap de frère ou de la soeur au quotidien, les tensions des parents, la lourdeur du handicap, les angoisses quant à l'avenir et avec l'après décès des parents, la gestion du fréro handicapé et de son vieillissement.

    alors je pose encore une autre question : qu'est-ce qui est le mieux pour ces enfants ?

    l'histoire des AVS n'est que la partie visible de l'iceberg. le problème de fond : c'est la prise en charge des enfants handicapés à mon avis. si nous étions au top il y a 20-30 ans avec des projets expérimentaux  innovants. on raisonne un peu trop budget aujourd'hui. c'est normal d'un coté et c'est malheureux.

    pour moi, vouloir intégrer à tout prix avec les moyens d'aujourd'hui, ce n'est pas prendre en compte le handicap de l'enfant. 

    même si certains d'entre vous ne se sentent pas concernés aujourd'hui ; on n'est jamais à l'abri d'un accident de la route, de loisir où notre enfant chéri revête le statut d'handicapé.

    • bidouille

      Sauf que lorsqu'on regarde l'évolution a l'âge adulte des enfant a handicap et niveau de handicap égaux, ceux qui reste en ordinaire s'intègre bien mieux a l'âge adulte et sont bien plus autonome, que ceux qui on fini dans le spécialisés.
      De plus en IME on cache la réalité, l'enfant est entourée d'autres enfants comme lui, on le maintien dans un dénie de son handicap, il ne le découvrira qu'a la sortie et la en effet il va déchanter. Découvrir la violence des personnes non handicapé, la violence de la société dans laquelle ils vont devoir vivre, et cela d'un seul coup... Ou alors on peux directement les interner a vie loin des autres... ca s'appelle la ségrégation, la ou il ne dérangerons pas.

  • céline

    je suis evs même pas avs et pourtant je fais exactement le même travail. j'adore ce travail enfin mais je n'ai pas été renouvelé au bout de 3 ans!!!!!!!!! j'ai aprris sur le tas comme tout le monde et quel bonheur de pouvoir aider tous ces enfants quelle leçon aussi.  j'attends qu'une chose c'est de pouvoir recommencer mais pour l'instant ce ne sont que des promesses de l'état et les formations on attends tjs malheureusement.
    je pourrais polémiquer pdt des heures mais à quoi bon personne n'entend!!!!!!!!

  • louloulefou

    Je suis mère d'un enfant dyspraxique de 16 ans et je tiens ici à remercier les différents AVS qui ont suivi mon fils durant toute sa scolarité, et par extension tous les autres AVS impliqués et efficaces dans l'aide qu'ils apportent aux enfants handicapés scolarisés dans des classes dites "ordinaires".
    Leur rôle est primordial auprès de l'enfant : ils sont au plus près de lui ET 12 heures par semaine. Certes, ils ne sont pas enseignants, ils sont sous la responsabilité directe du chef d'établissement, ne sont pas chargés de faire le lien entre les enseignants ou avec les parents... mais ils méritent l'attention et le respect de tous. Enfin leur travail est reconnu par l'Etat et sanctionné par un vrai "diplôme", par un nouveau statut !!!
    Prise de notes quand il est fatigué, répétition de la consigne, aide à la gestion du matériel, du temps, repérage dans l'espace... pendant les cours. Et même durant les heures d'étude : aide pour comprendre certains points en réexpliquant les leçons, refaisant des exercices... sans compter sur leur capacité d'écoute de l'enfant en difficulté, qui a besoin parfois d'être encouragé, stimulé... Nous (notre fils dyspraxique et nous, parents) avons eu des "perles" d'AVS !!!
    L'établissement fréquenté a aussi joué un grand rôle : il a autorisé les changements dans leur emploi du temps pour qu'ils soient présents durant des erreurs effectives de cours et dans les matières principales. A notre demande, le chef d'établissement leur a aussi donné la possibilité d'assister aux équipes éducatives car, de notre point de vue, le travail d'AVS est aussi important que celui des autres intervenants (enseignants "volontaires" pour accueillir un enfant handicapé, personnel para-médical, aides rééducatives extérieures à l'établissement). Il paraissait inconcevable de leur demander d'aider l'enfant sans qu'ils aient eux aussi des clés de réussite proposées par l'ensemble des personnes gravitant autour de l'enfant handicapé.
    Le référent scolaire et l'équipe enseignante ont toujours été à l'écoute des difficultés rencontrées par NOTRE enfant car chaque cas est "dys"-fférent et que, malheureusement, et même avec toute la bonne volonté du monde, il n'existe pas UNE solution pour toutes les catégories d'enfant (autisme, dyslexie, handicap moteur...). Et prévoir une "formation poussée" sur TOUS les cas de figure, même en 60 heures, est utopique...
    Alors oui, la compétence de tous, la bonne volonté de chacun, la collaboration... saisissons-nous de toutes les possibilités pour permettre à TOUS les enfants de réussir leur scolarité. Et ca n'a pas de valeur matérielle, ça ne vaut assurément pas quelque centaines d'euros pour nos AVS !
    Mais ça vaut vraiment AU MOINS toute la reconnaissance des parents d'un enfant handicapé -mais très motivé par sa réussite scolaire- qui vient de décrocher son brevet des collèges et qui va rentrer en seconde dans quelques jours... avec une nouvelle AVS...

  • agathe

    Bonjour à tous,

    j'avais besoin d'apporter un témoignage sur mon métier d'auxiliaire de
    vie scolaire. Parce que nous ne sommes pas que des mères de famille qui
    souhaitent un mi temps ou des étudiants ou bien des chômeurs de très longue durée désocialisés. Nous sommes avant tout auxiliaire de vie scolaire. Notre rôle n'est pas qu'être un stylo en attendant mieux.
    Voici mon témoignage, copier partagez, commentez à votre guise.

    Lettre d’une AVS…Une quoi ?
    J’éprouve un besoin, une obsession, mieux une obligation.
    Témoigner.
    Je suis auxiliaire de vie scolaire.
    Ce que j’éprouve n’est pas de l’aigreur ou de la fatigue mais plutôt un sentiment d’impuissance et d’injustice.
    Je suis une femme, j’ai 37ans, je vis en couple et j’ai deux enfants en bas âges.
    Je possède une maîtrise d’arts plastiques. J’ai travaillé dans le domaine du social tout en étant bénévole dans une association d’arts plastiques et en ayant passé un certificat d’art thérapie.
    Depuis 8 ans je travaille en tant qu’auxiliaire de vie scolaire.
    Vous savez ces personnes sans qui les enfants handicapés ne pourraient ou auraient de grandes difficultés à être scolarisés.
    Vous connaissez ? Ces personnes qui sont embauchées avec un baccalauréat minimum, qui tentent d’adapter la pédagogie des professeurs au handicap de l’enfant qu’ils accompagnent, qui assistent aux réunions pluridisciplinaires pour mettre en place un projet d’accueil de l’élève dans l’école.
    Vous savez ces personnes qui s’informent, se documentent sur le handicap spécifique de l’enfant dont ils s’occupent.
    Ces personnes qui aident l’enfant à la bonne mise ne œuvre de son intégration sociale avec ses camarades, avec le personnel de l’école, celles qui font le lien entre les parents et l’école, celles qui dialoguent, qui écoutent, qui essaient de comprendre, d’expliquer.
    Celles qui aident l’enfant à aller aux toilettes, qui le nettoient, qui le recoiffent, qui le rhabillent, qui l’accompagnent dans toutes les activités scolaires extérieures à l’école.
    Celles qui proposent avec l’accord de l’enseignant des ateliers, des activités pour tous les enfants de l’école.
    Ces personnes payées une misère auxquelles aucun CDI ou titularisation ne peuvent être promis.
    Et bien, ces personnes c’est moi et quelques milliers d’autres qui aiment leur travail, qui se sentent utiles et qui réfléchissent à leurs rôles professionnels dans leur établissement, qui s’adaptent aux différents enfants qu’ils suivent, qui sont surdiplômés par rapport à la fiche de poste qu’ils ont. Ce sont ces personnes qui depuis des années ont réfléchi et ont créé le métier d’auxiliaire de vie scolaire.
    Après 6 ans de contrat d’un an, renouvelé tous les ans, je suis virée, non pas que je travaille mal, que j’ai commis une faute grave, non il s’agit de la fin de ce système de renouvellement qui mettrait l’éducation nationale en infraction si elle me proposait un autre contrat.
    Deux ans de chômage où je vous passerai les détails pour trouver un emploi ou prétendre à une formation professionnelle. Puis un autre contrat, privé, en CAE-CUI. Qu’est-donc ?
    Mon salaire est subventionné à 70% par pôle emploi pour permettre à un autre établissement de me recruter. Il s’agit à la base d’un contrat pour aider les plus démunis, les plus mal diplômés à être embauchés.
    J’ai droit à ce contrat car cela fait 2 ans que je suis au chômage.
    Quelle aubaine pour les principaux d’établissement qui peuvent embaucher à 20h, pas plus, au smic (675€ par mois) des personnes soit diplômées en psychologie, soit avec une expérience de plusieurs années dans le monde du handicap, soit ayant un master I, II etc.
    Je ne les blâme pas, au contraire, eux aussi font ce qu’ils peuvent et reconnaissent nos compétences à leur juste valeur.
    Ce contrat est valable 2 ans et ne peut être renouvelé.
    J’ai fait une demande de validation des compétences pour obtenir le diplôme d’éducateur de jeunes enfants car je trouvais que les compétences requises et demandées étaient similaires à celles de l’auxiliaire de vie scolaire.
    Première lettre, premier refus.
    Je renvoie une lettre de recours expliquant exactement ce qu’étaient les fonctions d’un AVS (auxiliaire de vie scolaire). Deuxième refus : « en effet, les fonctions et activités ciblées pour établir le rapport direct précisant la dimension collective et non individuelle de l’accompagnement effectué par l’EJE. »
    Ce que je fais pour un enfant, je ne peux le faire pour plusieurs avec une quotité d’heures de travail supplémentaire et un meilleur salaire!!!!????
    D’autant plus que la VAE peut être acceptée partiellement et permet de valider les modules non recevables, par la suite, grâce à l’entrée en formation en IRTS (institut régional du travail social).
    Voilà j’ai 37 ans, une famille, une expérience professionnelle qui n’est absolument pas reconnue, et quoi ? Il faut que je refasse 2 ans de chômage pour pouvoir être à nouveau rembauchée ? 675€ de chômage ça fait… Oups, à peu près 400€ par mois pendant 2 ans. Quelle aubaine ! (bis)
    J’avais envie d’expliquer ma situation qui est semblable à beaucoup d’autre et encore, je peux prétendre avoir de la chance d’avoir un compagnon qui travaille.
    Une collègue doit aller au resto du cœur pour nourrir sa fille. Elle rentre dans les statistiques des travailleurs pauvres surdiplômés. J’en deviendrais cynique si ce n’était pas à pleurer ! Comment être disponible et à l’écoute de tous ces enfants emprisonnés dans leur handicap lorsque l’on ne sait pas si son propre enfant mangera à la fin du mois ? Et pourtant, elle parle de son métier comme d’une passion.
    Impuissance, injustice, dégoût, voilà mes sentiments, mes sensations face à l’immobilisme des pouvoirs publics. Ne me dites pas qu’ils ne savent pas, au vue des centaines de pétitions, manifs et autres revendications de notre part. Je crains que cette situation ne les arrange.
    Non reconnaissance=emploi précaire=moins d’argent à dépenser devant la demande grandissante d’accompagnants scolaires=surtout ne rien faire! Ben oui c’est la crise, y a pas d’argent ! Enfin soyons raisonnable.
    Voilà, je ne sais pas ce que je ferai de cette lettre, à qui l’enverrai-je, qui la lira, peut-être vous, et peut-être entièrement… Ceci est une réponse à un besoin, une obsession, une obligation. Une colère aussi!

  • bidouille

    On se rejoins, je crois.
    J'aimerai aussi que lorsqu'il y'a un enfant handicapé dans une classe l'effectif s'en trouve réduit.
    J'aimerai qu'on essaye vraiment et pour ca qu'on y mette de véritable moyen et pas juste une loi, inapplicable en l'état, et des personnes payé au lance pierre choisi sur des critères comme chômeur de longue durée, plutôt que sur leur motivation ou leur compétence pour faire le métier d'AVS...