Rythmes scolaires : un sondage discutable qui consacre la communication Peillon

Dans la foulée des jours de grève et de manifestations d’instits, les 22 et 23 janvier, l’institut BVA a fourni à la chaîne d’info iTélé un sondage sur les rythmes scolaires, repris par l’ensemble de la presse ce weekend et qui semble condamner sévèrement le mouvement des instits. Mais à l’analyse, ce sondage se révèle particulièrement discutable : termes orientés, questionnaire simpliste et binaire, marqué par le contexte et notamment la communication officielle du ministre Peillon. En outre, ses résultats sont à lire à l’aune d’un autre sondage, qui amende celui-ci.

Le sondage

Les résultats du sondage sont donnés en direct sur iTélé dans l’émission de débat du soir, vendredi 25 janvier. Les français sont massivement du côté du ministre de l’Education Nationale : ils approuvent le retour à la semaine de 4 jours ½ à une large majorité, 59%. A gauche et au centre, l’approbation monte à 70%, tandis que les sympathisants de droite désapprouvent à une courte majorité (52%). Même les fonctionnaires approuvent majoritairement (56%). Par ailleurs, les trois-quarts des français (73%) pensent que dans cette histoire des rythmes scolaires, les instits sont motivés par la volonté de conserver leurs avantages acquis.

Sur le plateau, le sondage est commenté : rien d’étonnant à ces résultats si on en croit les intervenants, les français sanctionnent durement les instits pour une attitude jugée corporatiste, sur un sujet où une grande partie de la population approuve le ministre dans sa volonté de réforme.

Décryptage

Les médias qui ont, dès le lendemain, publié les résultats du sondage se sont quasiment tous contentés de reprendre le même communiqué de l’AFP, sans y changer une virgule (on comparera avec amusement les articles de 20 minutes et du Nouvel Obs…). Une pratique de plus en plus courante. Il suffit pourtant de consulter le site de BVA pour constater les lacunes du sondage.

Un sondage politique : le sondage se préoccupe de connaître l’avis des français selon leur orientation politique (ce qui n’est pas inintéressant en soi) mais absolument pas en fonction de leur connaissance du dossier : on aurait aimé avoir un sondage catégoriel, qui renseigne par exemple sur l’opinion des parents d’élèves, les premiers concernés par la réforme… En proposant l’avis des fonctionnaires sur la question, le sondage confirme qu’il vise surtout à établir que l’écrasante majorité de la Nation est derrière Peillon, même les autres fonctionnaires, et que les seuls opposants à chercher figurent dans les rangs de… l’opposition conservatrice réduite à sa plus simple expression (UMP et FN).

Un sondage biaisé : on sait que les termes choisis sont décisifs dans un sondage. BVA demande aux sondés s’ils sont d’accord avec « retour à la semaine de 4 jours ½ ». Il y a ici une imposture, car il ne s’agit pas d’un retour ! Par cette formule, on fait croire aux sondés que tout va redevenir comme avant, alors que le projet Peillon n’a rien à voir avec la semaine de 4 jours ½ de 2007 !... Le mot « retour » contient quelque chose de rassurant, l’idée que les choses vont rentrer dans l’ordre à l’école. Personnellement, si on me pose cette question, je répondrai : « Chouette, vive le retour du samedi matin, et des deux heures de classe hebdo qui me font tant défaut depuis le passage à 4 jours ! ». A aucun moment, les sondeurs ne précisent ce que recouvre exactement la semaine de 4 jours ½ proposée par Peillon. On aurait aimé un sondage circonstancié, abordant les différentes modalités de ce passage à 4 ½…

 Un sondage binaire : on voit bien que les formulations retenues par les sondeurs ne cherchent pas la subtilité ni la nuance. Au contraire, les termes et les propositions sont binaires : vous ne pouvez être que pour, sinon contre. Pas de place pour la complexité, pour les explications ou pour le débat. Le sommet est sans doute atteint dans la seconde question du sondage :

"Selon vous l'oppposition de certains syndicats d'enseignants à la réforme des rythmes scolaires est -elle avant tou motivée :

- par une inquiétude sincère des conséquences de cette réforme sur les élèves

- par une volonté de conserver des avantages acquis".

Première remarque : le sondage fait une fois de plus l’amalgame entre syndicats et instits, alors que ces derniers sont très remontés contre leurs représentants car ils ne se retrouvent pas dans leur ligne. Par ailleurs, l’intérêt des élèves et celui des instits sont une fois encore opposés ! Quand comprendra-t-on qu’ils se recoupent très largement et qu’il est idiot de les opposer, encore plus de sonder les français sur la base de cette opposition !

Car on n’a pas d’autre choix, soyons clairs : soit les instits se préoccupent de leurs élèves, soit ils sont crispés sur « leurs avantages acquis ». Choisis ton camp camarade, pas la peine de tenter d’expliquer qu’il y a maintes autres possibilités, par exemple que l’opposition peut s’expliquer « Par la déception vis-à-vis d’une réforme qui ne va pas assez loin et ne paraît pas en mesure de remplir ses propres objectifs ».

Et au fait, de quels avantages acquis parle-t-on ? Le mercredi libre est bien sûr dans tous les esprits, mais par ces termes les sondeurs voudraient-ils faire croire que la semaine de 4 jours ne propose que des avantages aux instits ?... Warf.

Un sondage contextuel : le sondage a été fait les 24 et 25 janvier, dans la foulée des mouvements des instits. Autant dire que tout le monde avait encore en tête, bien fraîche, la couverture médiatique de l’événement. Or, le moins qu’on puisse dire, c’est que les médias dans leur écrasante majorité ont été très durs avec la grève, la condamnant dans des termes assassins, le mot « corporatisme » figurant en tête des mots les plus prononcés ou écrits. On se met à la place du français lambda, que la question des rythmes scolaires ne passionne ni ne concerne forcément, et qui a entendu pendant deux jours les commentaires de la presse : qu’on vienne lui demander si les enseignants souhaitent « conserver leurs avantages acquis », que croyez-vous qu’il répondra ?...

Peu importe, BVA, fier de son travail, peut titrer sa synthèse  « Peillon 2 – syndicats enseignants 0 ». Une vraie prise de position, en somme.

Peillon a gagné la bataille de la com’

Au fond, il ne faut pas être étonné par le sondage de BVA, ses résultats, mais aussi, surtout, la méthodologie et la sémantique utilisée. Elle est à la fois le prolongement et la conséquence de la communication mise en place par Vincent Peillon depuis plusieurs mois.

En répétant inlassablement les mêmes éléments de langage, parfaitement et précisément ciblés, le ministre a réussi à confisquer le débat, à le binariser et à installer les instits dans le rôle du méchant égoïste et corporatiste.

Dès jeudi 24, Peillon passait sur France Inter pour déminer le mouvement des instits. « La Réforme doit se faire dans l’intérêt des élèves. Tout le monde convient d’ailleurs depuis des années que nous ne pouvons pas être dans la situation où nous sommes pour nos enfants, c’est-à-dire unique au monde : seulement 4 jours de classe par semaine et des journées très chargées ; il faut donc qu’on ait des journées moins chargées et qu’on étale le temps scolaire. Ca permettra de faire que nous ne soyons pas un pays qui décline profondément dans ses résultats scolaires et qui accroît ses inégalités. (…) Il faut montrer qu’on peut dépasser nos intérêts particuliers pour l’intérêt de nos enfants ». En fin d’interview, il ajoute à l’arrache un de ses arguments phares, s’apercevant qu’il a oublié de le placer : « Nous sommes les seuls à n’avoir que 144 jours d’école par an, une anomalie, contre 180 en moyenne ailleurs ».

L’argumentaire est bien huilé, bien rôdé. C’est le même depuis des mois et il figure en des termes semblables en introduction au projet des rythmes scolaires sur le site du ministère.

Le problème, c’est qu’on ne peut absolument rien objecter à ce discours, pour la bonne raison qu’il s’agit en fait de diagnostics partagés par la majorité du monde de l’éducation et en aucun cas d’arguments construits de nature à convaincre d’un projet précis. Pour le dire autrement, je suis d’accord avec chaque mot de ce discours, mais cela ne m’empêche pas d’être en désaccord profond avec notre ministre, quasiment sur chaque point de son décret sur les rythmes !... Au fond, c’est un peu comme si Ayrault disait « le chômage en France, c’est pas possible, on peut pas continuer comme ça », mais qu’on n’était pas d’accord avec sa manière de relancer l’emploi…

Pire, il y a dans le discours de Peillon une manière de chantage. Relisons ses propos. Ce qu’ils signifient réellement, en creux, c’est : « J’agis dans l’intérêt des élèves, ceux qui ne sont pas d’accord avec moi agissent donc contre eux, au pire, ne s’en préoccupent pas, au mieux ; tout le monde dit que la semaine de 4 jours est aberrante, exception mondiale, donc ceux qui sont contre mon projet de 4 jours ½ sont des inconscients, au mieux, des égoïstes préoccupés de leurs seuls intérêts, au pire : ils ne veulent pas alléger les journées et étaler le temps scolaire ; les résultats du pays déclinent, les inégalités s’accroissent, ceux qui vont à l’encontre de ma politique ne permettront pas que ça change ; c’est cela, le corporatisme ».

On voit bien que de débat point par point, il ne peut y avoir, que nuances et explications de texte sont interdites, supprimées de facto par la rhétorique peillonnienne. On ne peut qu’être pour, ou contre. Tout ceux qui grognent sont contre les élèves et ne pensent qu’à conserver leurs avantages acquis. Suivez mon regard.

Mis en perspective, ce sondage révèle au contraire un effritement du soutien des français à la réforme des rythmes scolaires !

Mais puisque le sondage existe, il est intéressant de le comparer avec un autre, datant d’il y a quelques mois et signé Ifop. Publié le 27 mai 2012 par Ouest France, il interrogeait les français sur la réforme des rythmes scolaires annoncée par Peillon quelques jours plus tôt. Les français s’exprimaient alors à 67% en faveur de cette réforme ! Dans le sondage BVA, ils ne sont plus que 59%... Autrement dit, il faut bien conclure qu’en quelques mois, Peillon a perdu en cours de route près de 10% des français avec son projet de décret !... On ne parle pas ici d’enseignants, d’instits corporatistes, mais bel et bien des français dans leur ensemble. Un recul qu’on perçoit même chez les sympathisants PS, qui s’exprimaient alors à 80% en faveur d’une telle réforme, et ne sont plus que 75% aujourd’hui.

On avait, à l’époque, relevé comme plusieurs médias que les parents d’élèves étaient assez nettement opposés à la réforme, à 55%... On avait aussi pointé du doigt les intérêts particuliers des uns et des autres (car ce sondage, bien plus complet et circonstancié que celui de BVA, faisait une étude catégorielle et non partisane), professions libérales, cadres, parisiens, artisans et commerçants, etc, sans que l’opinion des instits ne fut encore sondée. Dans cette affaire des rythmes, les instits sont loin d’être les seuls à voir midi à leur porte…

La fabrication de l’information

Les sondages du type de celui fait par BVA, particulièrement binaire et limité, biaisé et incomplet, semblent tout à fait appropriés au genre d’émission dont celle d’iTélé est la digne représentante, où des chroniqueurs spécialistes de tout et surtout et de rien viennent exprimer de doctes avis l’index pointé vers le haut, alignant les poncifs et les énormités dans ce qui ressemble la plupart du temps à des apéros de café du commerce. Mais les autres médias, toujours friands de sondages, ont été nombreux, du plus sérieux au plus populiste, à relayer celui-ci et ses conclusions, via AFP notamment, sans se pencher sérieusement sur la méthodologie, sans le remettre en perspective.

De l’autre côté de la fenêtre, le téléspectateur, le lecteur, l’auditeur, bref, le français lambda qui regarde / lit / écoute les infos, prend connaissance sans recul des résultats d’un sondage qui contient également en bonus ce qu’il faut en penser.

C’est ainsi que la communication ministérielle, rouée, s’allie à la médiocrité d’un sondage intellectuellement suspect pour, grâce à de complaisants médias, fabriquer l’information et façonner l’opinion publique.

 

Nota : à lire, sur le traitement médiatique de la grève du 22, cette excellente analyse sur le site d'acrimed.

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A lire aussi

  • un_instit

    Excellente analyse, rien à en redire. Merci.

  • http://twitter.com/EmelineEmma Emeline Emma

    "retour à la semaine de 4 jours 1/2", rien n'est moins vrai, notamment en Gironde, où nous sommes à 4 jours depuis 20 ans... Nos élèves sont-ils plus mauvais qu'ailleurs???

  • lilise17

    Salut... voila un nouveau sujet d'ecoeurement.
    Je suis sans vous, on se retrouve dans dix ans, l'école sera u. Champ de ruine... qui sera responsable? Certainement pas m. Peillon qui se gaussera d'avoir reformé l'école, et en manipulant les chiffres, il niera l'évidence...

  • YVON39

    BonjourLes déclartations provocatrices de Mr Peillon alors qu'il n'était pas encore ministre ont  été faites à dessein . Les "recadrages" de Mr Ayrault n'étaient  que de la mise en scène pour désamorcer: On déclare, on provoque et ensuite on calme le jeu ce qui permet de familiariser, d'habituer à certaines idées qu'on fera passer plus tard. Ca permet aussi de prendre la "température" de l'opinion publique.Mr Peillon est arrivé à ses fins en imposant son projet. Il est même arrivé à obtenir un  sondage favorable surmédiatisé par des gens qui n'ont pas la moindre idée de la vie d'une classe. La possibbilité de travailler le samedi matin est bien évidemment un faux choix laissé par ce monsieur. "Touche pas à mon week-end". Le sondage aurait sans doute été moins bon... (rire!) Quant à la scolarisation des moins de trois ans, mesure phare, parait-il, ce n'est certainement pas une priorité aujourd'hui quand on vit chaque jour l'incapacité de l'Education nationale à proposer des solutions d'aides adaptées pour les enfants en difficulté dès le CP ou la GS dans des classes de 25, 28 élèves. L'administration vous fait confiance (une fois n'est pas coutume) pour gérer au mieux les difficultés (du moment que vous ne faites pas de vagues).J'arrête, il vaut mieux.... Un peu dégoûté par ces incompétents.Très bonne analyse, Merci.

  • bebidou92

    Comment arrivez vous à écrire de tels articles sur le site TVInfo, quand on voit la façon dont Fce Television couvre le sujet?
    Mystère, mais ... tant mieux. Un peu de bon sens ne nuit pas.
    Quant à l'article d'ACRIMED, ... excellent aussi.
    et Heureuse de voir que vous avez "digéré" votre déception de la semaine dernière.

  • Christophe62

    Bonsoir à tous,

    Votre analyse des sondages et de la communication gouvernementale me fait penser à l'analyse que faisaient Socrate et Platon des discours des sophistes qui n'avaient pas pour but la recherche de la vérité, mais la persuasion d'un auditoire. Ces philosophes pourraient encore nous apprendre  à avoir un regard critique sur les discours manipulateurs de ces politiques. Je constate aussi qu'en changeant de majorité gouvernementale, la méthode semble malleureusement demeurer la même. Je souhaite qu'un jour les médias osent porter ce regard critique à l'égard du pouvoir en place afin que la démocratie puisse s'exercer. Je pense que certains essaient de le faire mais ils sont trop peu nombreux et mal diffusés.
    Merci de continuer le combat pour la vérité et la justice.

    • luciussergius

      "Je souhaite qu'un jour les médias osent porter ce regard critique à l'égard du pouvoir en place afin que la démocratie puisse s'exercer."
      Les journalistes des grands médias sortent, dînent, vivent avec les politiques. Ils sortent souvent du même monde. Il n'y aura jamais de regard critique.
      Il suffit d'avoir vécu des évènement et d'avoir pu constater le traitement de ce que la "presse" audiovisuelle ou les grands quotidien en ont fait pour comprendre qu'information n'est jamais très loin de propagande. On pouvait bien railler certains régimes à ce sujet, les modalités ne sont pas les mêmes mais le résultat n'en est pas si éloigné. Les journaux TV de 20 heures présentent  au même moment, parfois à la minute près, les mêmes "informations" qu'ils ont comme par hasard choisies à l'identique et dans le même ordre (à part certaines parfois omises puisque gênant les intérêts de tel ou tel actionnaire de telle ou telle chaîne privée, mais ça c'est encore autre chose). C'est sans doute le hasard qui est redoutable.
      J'ai connu un journaliste plus modeste que ceux inamovibles des "grands  médias" qui disait qu'il ne pouvait pas parler de ce qu'il voulait, et même qu'on lui interdisait d'aborder ou de faire allusion à certains sujets...
      Ceci dépasse de loin le mouvement actuel des PE, les "journalistes" de premier plan font partie d'un monde où le salaire comporte plusieurs zéros, ce n'est pas le monde des instits :-))) . Ils agissent dans le monde à plusieurs zéros, ils servent ce qui va dans le sens des institutions ou des intérêts auxquels ils participent, ils n'auront jamais le point de vue de ceux qui subissent le jeu de ces intérêts. 
      En matière d'information ou de renseignement les règles sont toujours les mêmes : qu'est ce que ce document qu'on me présente ? Qui l'a produit, dans quel contexte, comment, pourquoi, quelle est la formation de son auteur, quel est son monde ?
      Les vrais sondages sont normalement des outils d'analyse et d'aide à la prise de décision. Ils sont une photographie de l'opinion ou de la situation à un moment donné. Quand on les publie ce n'est plus du tout la même chose : ils deviennent évidemment de puissants outils d'influence de l'opinion. Surtout les sondages de commande qui arrivent à point nommé et orientés avec les questions et les éléments de langage qui vont bien... Là aussi on est bel et bien dans le domaine de la propagande.

      • Christophe62

        Merci à vous Luciussergius pour votre éclairage et le partage de votre expérience. Au delà de ce constat, nous pouvons ressentir également que notre société est encore administrée par des concepts inventés par les Romains comme le contrôle de la plèbe par l'omniprésence de pain et de jeux "Panem et circenses". Tant que la population bénéficie d'une nourriture facile à se procurer et tant qu'on lui propose des jeux du cirque : des jeux modernes bien sûr, elle ne songe pas trop à se soulever contre le pouvoir en place. Si l'un des deux vient à manquer ou les deux, le risque de révolte devient plus fort et les moutons peuvent alors se métamorphoser en loups. Tous ces pouvoirs oligarchiques qui nous gouvernent n'ont de cesse que d'entretenir cette situation.
        Ce qui m'étonne davantage c'est que dans notre démocratie, la liberté d'expression peut encore s'exercer. Peut-être pas trop par les grands médias mais par les réseaux sociaux, Internet. La communication est beaucoup plus importante et plus riche maintenant. Nos échanges en sont une preuve. Malgré cela, nous ne réussissons pas à réaliser la démocratie et c'est encore une poignée de gouvernants qui décident pour la nation ; sur l'instant, souvent dans l'urgence et en veillant à conserver les avantages de la caste élististe dont ils font partie. Je sais bien que nous sommes dans une démocratie représentative par le biais des élus mais nous sentons de plus en plus que cette démocratie est en panne. Que faut-il faire pour la faire repartir ?

  • http://www.facebook.com/berangere.delhom Bérangère Delhom

    Il y a eu un sondage dans le journal 19-45 de M6 pas plus tard que la semaine dernière et les majorité était pour la semaine de 4 jours. A quand une demande à chaque parent d'élève de France?

  • lyseam

    Vous regrettez 2 h d'enseignement par semaine : j'en suis fort aise.

    Mais pourquoi par ailleurs dans d'autres articles, vous positionnez vous du côté des prétendus rythmes chronobiologiques des enfants (qui selon moi feraient mieux de se coucher à 20 ou 21 h).
    (ou plutôt de celui de l'instit d'ailleurs!)

    La semaine des 4 j 1/2 si c'est pour espérer réduire le temps de travail des femmes-mères (voire les sortir des actifs qui n'incluent pas les femmes au foyer) parce que dans 1 ou 2 ans, les enfants sortiront à 15h30 ou 15h45 et que sinon il faudra payer le service de garderie (ou simplement parce que c'est tentant en fournissant un alibi) : on est d'accord c'est de l'arnaque.

    La semaine des 4j1/2 si c'est pour amener justement à augmenter le temps de travail pour ,oui , un retour et même de 30 ans en arrière, alors c'est tant mieux (avec le mercredi au lieu du samedi), avec plus d'heures de cours, plus de travail effectif en classe en Fr. et Maths ( et en corrections de devoirs à la maison), et moins de sortie à la noix (ou etc) , c'est génial : vous même regrettez ces 2 h...

    Bon, après les sondages, on sait très bien qu'"on" leur fait dire ce qu"on" veut : le(s) gouvernement(s) comme vous-même.

    Mettre à jour la mauvaise foi des uns n'empêche pas de l'être soi -même quand ça arrange.

  • http://www.facebook.com/luc.grimonprez Luc Grimonprez

    Manipulation pour manipulation, la manoeuvre de certains syndicats (FO SUD et quelques autres ...) parfois sous couvert de pseudo collectifs, en est une belle...!
    combien de nos collègues sont aujourd'hui en grève pour protester contre un décret sur les rythmes (que pour ma part je défends malgré ses défauts) et se retrouvent au milieu d'un mouvement fonction publique ou il n'est nulle part question de ce problème...
    c'est sur que pour grossir les cortèges s'assurer du soutient des instits est un bon calcul...mais combien vont se sentir floués ce matin en écoutant les infos...pas un mot sur les rythmes !
    enfin concernant le sondage...il serait sans doute bon malgré tout que les collègues qui s'opposent à ce passage à 4,5 jours sont motivés d'abord et avant tout par le sentiment de perdre quelque chose...et pas par le bien des élèves...l'opinion publique ne s'y trompe pas...alors c'est vrai que l'on peut trouver toutes sortes d'arguments pertinents et de spécialistes qui vont dans notre sens...mais le contraire est tout aussi vrai...pensez vous vraiment que vous et les contributeurs de votre blog sont plus objectifs que les journalistes et sont moins dans la propagandes...!
    il y a enfin un argument que je trouve innacceptable , qui consiste à considérer que seuls les personnes concernées directement...(instits et parents d'élèves) seraient les seuls autorisés à avoir un avis sur la question...l'école est le problème de tous, parent ou non , enseignant ou pas...l'école c'est une institution de la république, elle est lieu ou se construit le projet d'une société..elle n'est en aucun cas la propriété des enseignants...je trouve toujours étrange cette vision finalement très libérale du métier d'enseignant...
    pour terminer, honnètement, qu'auriez vous écrit sur ce sondage si le résultat en avait été contraire ?

    • lilise17

       le sne et quelques autres syndicats appelent à la grève le 12 février contre les rythmes.... contrairement au snuipp et au se-unsa dont on se demande ce que le gouvernement leur a offert pour qu'ils nous laissent tomber ainsi.

      • fred021

         C'est faux, le Snuipp va normalement (au moins localement) appeler à la grève sur ce sujet le 12 février.

        • lilise17

           ça j'attends de le voir... allez voir la position du snuipp national et du se unsa national dans le cafe pedagogique... ediffiant!!!

        • lilise17

          Effectivement, depuis hier, le snuipp appelle a la grève, demarant après les autres et surtout en sabottant le mot d'ordre initial...
          L'intersyndicale a l'origine de cet appel a la grève demandait le retrait de cette reforme stupide... le snuipp (seul syndicat que l'on entend dans les médias). Appelle au repport de la réforme ( alors que cette possibilité existe déjà).
          Quel objectif a leur appel a la grève sinon ne pas passer pour des rigolos avec une forte mobilisation a laquelle ils n'auraient pas appelé et surtout neutraliser le mot d'ordre original qui était de retirer cette reforme? On a l'impression que le snuipp rend un grand service a m. Peillon en vidant cette mobilisation de sa substance avant même qu'elle ait eu lieu...
          ecoeurant.

    • fred021

       Je ne vois pas de manipulation ! Les appels des syndicats chez moi sont clairs ! Il s'agit aujourd'hui de défendre le pouvoir d'achat, de dénoncer le Service Minimum d'Accueil et la journée de carence ! Il faut savoir chercher les infos quand on se mobilise !
      Pour une vraie refondation de l'école, c'est la journée du 12 février qui est prévue !
      Et tout à fait d'accord pour dire que le débat est ouvert à tous les citoyens.

      • http://www.facebook.com/luc.grimonprez Luc Grimonprez

        "pour "une vraie refondation dites vous ?...quand j'ai lu l'appel de FO, j'ai bien vu qu'ils étaient contre tout ....mais j'ai du mal à trouver les "pour"....?

  • lilise17

    on organise bien des élections de parents, on pourrait organiser un referendum des parents et des enseignants pour choisir un rythme national....

    ah, petite précision, j'écris ce mail car je suis en grève, contrairement à nos amis du privé dont bon nombre passent leur temps sur internet (il n'y a qu'à regarder l'heure des posts dans les forums, en particulier celui du figaro...).

    Je suis en grève mais je me suis levée à 6h 30 comme d'habitude et aujourd'hui, je m'avance dans mon travail de classe... ça fait deux heures que je bosse... je m'avançais devrais-je dire... car après avoir fait un petit tour sur votre article sur la tentation du service minimum, je viens d'arrêter... en me disant que j'étais vraiment une pomme de bosser un jour de grève.... d'ailleurs ça m'a donné des idées cet article....

  • Marc Sinniger

    A lire sur http://regardpointe.blogspot.fr/
    "Lettre ouverte d'un directeur d'école du 18e arrondissement de Paris au sujet de la réforme des rythmes scolaires"
    L'appel a normalement été diffusé dans toutes les écoles parisiennes.

  • http://profile.yahoo.com/O3PFE4Z4UT73PMTKROGQIDB6VI Nicolas

    Fo n'a pas fait d'appel à la grève pour les raison que vous évoquez : rythmes noyés dans la masse des protestations ce 31/01. Le 12/02, une grève contre cette réforme sera bien plus étoffée car les instits  ne veulent pas être les dindons de cette farce...Vous êtes le français lambda qui lit les grosses lignes d'un sondage politisé sans savoir ce qui sera amélioré pour les élèves. En fait cette réforme, c'est pour les citoyens : augmentation impôts locaux(transfert de compétence vers les communes), pour les élèves augmentation de la fatigue(journée aussi longue+ le mercredi), pour les enseignants : augmentation du tps de travail et baisse du pouvoir d'achat...je fais simple, vue que vous avez l'air simpliste dans votre argumentaire.

  • EX4321

    ... et pourquoi ne pas garder la semaine à 4 jours, tout en raccourcissant les journées temps scolaire avec en contrepartie moins de vacances d'été ?!! Ah oui, le tourisme... vous avez dit "intérêt des élèves" ?!!!...

    • lu

      C'est bien ça le problème, c'est que c'est l'industrie hôtelière que le ministre ne veut pas fâcher, et non un problème de corporatisme des enseignants ou de fainéantise des parents.