Mardi 22 janvier : grève massive des instits parisiens

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On n’en parle nulle part pour le moment et pourtant, mardi 22, veille de la présentation du projet de loi de la Refondation de l’école au Conseil des ministres, aura lieu la première grève d’importance du quinquennat Hollande. Les instits parisiens seront dans la rue pour protester contre les rythmes scolaires prévus pour la rentrée 2013.

Une mobilisation record…

Bertrand Delanoë, sommé comme tous les maires de France de mettre en place la réforme des rythmes scolaires dans les 18 mois, a annoncé il y a quelques jours que Paris passerait à 4 jours ½ dès septembre prochain. Vu l’état des troupes (pour les béotiens qui ne comprendraient pas bien le contexte et les raisons de la grogne, il suffit d’aller plus avant sur le blog, par exemple , ou encore , et même ici), on savait que la réaction serait de taille, mais à ce point là… Les instits parisiens devraient en effet répondre très massivement à l’appel de l’intersyndicale : le Snuipp, premier syndicat du primaire, annonce plus de 90% de grévistes, chiffre énorme, et aux dernières nouvelles, plus de 300 écoles primaires minimum sur les quelques 662 que compte la capitale devraient être purement et simplement fermées (soit 100% de grévistes !). Dans la majorité des autres, seuls quelques instits feront classe.

Une mobilisation d’une ampleur considérable, comme on n’en a pas vue depuis des années, depuis Claude Allègre sûrement (ministre de gauche, déjà), plus loin peut-être. Sur le terrain, des enseignants qui n’ont pas fait grève depuis des lustres, que rien ne fait bouger en temps normal, fermeront leurs classes…

… qui pourrait passer inaperçue 

Si réellement le taux de participation à cette grève est aussi important qu’annoncé, il s’agira d’un mouvement particulièrement significatif. Mais il pourrait paradoxalement passer assez inaperçu, pour au moins trois raisons.

- D’abord parce qu’il s’agit d’une grève locale (Peillon ne s’exprimera probablement pas beaucoup et laissera la parole à Delanoë afin d’insister sur cet aspect…), donc circonscrite, donc limitée dans son impact – a fortiori parce que l’Académie de Paris est une petite académie. Une grève nationale avec la même participation aurait à n’en pas douter eu un retentissement énorme, mais il n’y a pas eu d’appel national, même si des écoles seront en grève ici ou là dans d'autres académies ;

- Ensuite parce que seule l’école primaire est concernée, les collèges et lycées fonctionneront comme d’habitude. Les 330 000 instits représentent seulement 40% des 790 000 enseignants de l’école publique. Comme souvent, les deux mondes, primaire et secondaire, réagissent de manière cloisonnée, le secondaire étant pour l’instant peu concerné par les réformes à venir ;

- Enfin, pour qu’une grève ait du poids, il faut qu’elle intéresse les médias, donc que ceux-ci n’aient pas grand-chose à se mettre sous la dent… Or, le Mali (sujet autrement plus grave, certes).

Aux instits de faire en sorte que cette grève ne passe pas inaperçue...

L’école, le regard braqué sur Paris

Quel que soit le retentissement médiatique, cette grève sera suivie de très près par le monde éducatif, car elle pourrait donner le ton pour les semaines et les mois à venir.

- Par les instits de Province, aussi remontés que leurs collègues parisiens, et qui auraient volontiers fait grève eux aussi. Mais les syndicats nationaux n’ont pas jugé bon emboîter le pas de leurs antennes du 75… Eux qui ont du mal à se situer depuis l’arrivée de Peillon, passant du silence gêné à l’opposition tapageuse, eux qui ont tardivement pris le poult de la colère d’une base qui se détourne d’eux, ont perdu là une bonne occasion de reprendre du poids dans les salles des maîtres ;

- Par les maires, dont l’attitude a paru très ambivalente ces derniers jours : après avoir voté en faveur du décret sur les rythmes au Conseil Supérieur de l’Education le 8 janvier (l’une des 5 voix pour sur 72), l’Association des Maires de France (AMF) a rejeté le texte à la Commission Consultative d’Evaluation des Normes (CCEN), mettant ainsi des bâtons dans les roues de Peillon ; les maires, responsables des écoles primaires, prendront mardi la température du corps enseignant ;

- Par la rue de Grenelle, bien sûr. Peillon minimisera sans doute, il plaidera le contexte local, renverra comme d’habitude aux intérêts supérieurs de l’élève (mais les instits aussi !), parlera certainement de la culture du blocage qu’il faut savoir dépasser pour l’avenir de la Nation, bref, ressortira ses habituels éléments de langage, mais il se tiendra très au courant des chiffres : il sait que si la participation est massive, elle présagera d’une opposition forte pour les mois à venir.

- Enfin, Matignon et l’Elysée se renseigneront sur les chiffres : après tout, il s’agit de la première grève de fonctionnaires du quinquennat… Hollande se demandera sûrement comment Peillon a bien pu se débrouiller pour susciter un tel rejet chez une population électoralement acquise, qui se trouve au cœur d’un domaine, l’école, placé au centre des priorités présidentielles et gouvernementales et pour lequel des choses importantes ont été mises en place (embauches, scolarisation des enfants de deux ans, priorité accordée au primaire avec le "plus de maîtres que de classes"...).

Une grève en trompe l’œil

Il ne faut pas s’y tromper, malgré la très forte participation qui s’annonce, sur l’unanimité dans les rangs des instits. La grève de mardi réunira des instits certes fortement remontés, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons : on croisera, dans les rangs battant le pavé, des instits farouchement attachés à la semaine de 4 jours, d’autres qui pensent que le samedi matin serait plus pertinent que le mercredi, d’autres encore qui seraient d’accord pour le mercredi si seulement ils avaient le sentiment que cela changerait vraiment les choses ; seront, à leurs côtés dans la manif, des instits qui seront là avant tout pour demander une hausse des salaires, touchés qu’ils sont par la baisse de pouvoir d’achat continue depuis 14 ans, ceux aussi qui seront dans la rue parce qu’ils n’en peuvent plus, pour X raisons, et qu’ils n’ont que ce moyen pour dire leur ras-le-bol.

Quiconque a fréquenté une salle des maîtres ces dernières semaines sait qu’il n’y a pas de consensus réel entre tous les instits, mais que chacun a ses raisons, tout à fait audibles.

S’exprimant sur l’opposition au décret sur les rythmes scolaires, Peillon n’a pas tort quand il dit qu’ « il n’y a pas d’accord entre tous ceux qui critiquent. C’est bien tout le problème, chacun voulant midi à sa porte et défendre son point de vue ». Peillon dit vrai, l’opposition à son décret est aussi forte que divisée. Il mise d’ailleurs probablement sur cette division, tout autant que sur l’appui du grand public (qui risque fort de ne pas comprendre la grève de mardi et de n’y voir que d’incorrigibles profs jamais contents, qui ne pensent qu’à eux et pas à l’intérêt des élèves). Mais Peillon aurait tort de balayer cette opposition d’un revers de la main : les résistances qu’il rencontre, de tous bords, ont malgré tout quelque chose à lui dire qu’il ne sait entendre.

Peillon droit dans ses bottes

Pour mieux comprendre le hiatus entre les enseignants et leur ministre, il suffit de se pencher sur la communication de ce dernier en consultant le site web de l’Education Nationale. On y annonçait triomphalement, mercredi dernier (le 16) que le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) avait émis un avis favorable sur le projet de loi de Refondation de l’école : 133 voix pour et 28 abstentions. Le ministère se gargarisait : « Ce vote des représentants de la société civile témoigne de l’adhésion de la Nation à la priorité affichée par le Président de la République et le gouvernement à la Jeunesse à travers la Refondation de l’école de la République ». Rien que ça : Nation / adhésion / Refondation... Outre que cette communication emphatique passe sous silence les réserves dudit CESE (notamment en termes de financement), elle vise surtout à faire oublier le camouflet subi par le ministre la semaine dernière. La communauté des acteurs de l’école, associations, parents d’élèves, maires, syndicats enseignants, tous réunis au sein du CSE, avait rejeté en bloc le projet de décret sur les rythmes scolaires : 23 votes contre, 30 abstentions, 14 refus de vote et seulement 5 voix pour. On comprend que Peillon ait préféré communiquer sur l’avis favorable du CESE, mais il y a dans le triomphalisme affiché par le ministre une manière de dédain voire de déni envers le monde de l’école et les professionnels de l’éducation, une manière de faire mine de rien qui a laissé pantois plus d’un observateur.

Dans une interview au Parisien Magazine parue hier vendredi 18, le ministre vante sa démarche, sûr de lui, affirme faire ce qu’il faut pour « améliorer les conditions de travail » des enseignants, et déclare même que depuis son arrivée, « les professeurs reprennent le contrôle de leur ministère »… Mardi, ils seront en tout cas sous ses fenêtres.

 

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  • Lea34

    Très bel article... qui résume bien tous les enjeux, et le peu d'intérêt que porte le ministre à ses troupes...
    ses troupes en ont assez... Que les enseignants parisiens se sentent soutenus, car ils le sont... par des parents, des enseignants aussi d'autres régions ! Un grand merci à tous ceux qui font entendre leurs voix.

    Léa (maman de 2 enfants et enseignante)

  • http://www.facebook.com/luc.grimonprez Luc Grimonprez

    ça serait comique si ça n'était pas aussi caricatural...je me souviens qu'il y a quelques années les instits parisiens (à l'époque contre l'avis de la mairie, des familles, etc....) étaient tout aussi "farouchement'' opposés à la semaine de 4 jours...défendant bec et onglele samedi matin (souvent sans élèves) pour des raisons pas toujours très pédagogiques ou chronobiologiques....
    les voici vent debout contre le passage à 4,5 jours...pour des raisons multiples mais malgré tout contraires à leur précédent combat...
    ce qu'illustre à merveille cet épisode c'est le conservatisme maladif de notre profession...opposée quoi qu'il arrive à tout changement....même quand le changement change le changement précédent auquel on était déjà opposé...
    bref ! je ne suis pas convaincu que cette réforme des rythmes aille assez loin...je pense même qu'il faudrait réduire plus la journée et du coup réduire un peu les vacances....mais comment défendre aujourd'hui un statu quo après avoir critiqué pendant 4 années la réforme darcos...!

    • marboeuf

      Ce sont vos propos qui me semblent caricaturaux, Luc...
      Si les instits parisiens ont défendu la semaine de 4 jours 1/2 sous Darcos, je ne vois pas pour quelles raisons autres que pédagogiques (meilleur travail, rdv avec des parents ne pouvant pas en semaine...) et chronobio (Académie de Médecine) cela pouvait être ! Pas pour la vie de famille, en tout cas !... Par ailleurs, le samedi matin, il y avait des élèves, il ne faut pas dire n'importe quoi, seules les écoles maternelles étaient désertées. 
      Et puis, il y a une cohérence à défendre la semaine de 4 jours et 1/2 en 2008 et à ne pas vouloir de la semaine de 4 jours 1/2 telle que proposée aujourd'hui : ce ne sont pas du tout les mêmes ! A titre personnel, j'étais contre la suppression du samedi matin car elle me lésait aussi de 2 heures de classe hebdo et je ne voyais pas comment j'allais parvenir à boucler un programme identique...
      Par ailleurs je suis d'accord avec vous, cette réforme ne va pas assez loin : les journées devraient être plus courtes, les vacances d'été raccourcies, mais surtout les programmes allégés... C'est précisément pour cela que je suis opposé à cette réforme ! Il ne faut pas faire les choses à moitié en prétendant que la Révolution est en marche...
      Comme vous le voyez, cher Luc, il faut se garder des avis péremptoires et prôner la nuance...

      • http://www.facebook.com/revesdesiles.guadeloupe Rêvesdesiles Guadeloupe

        Je suis tout à fait d'accord avec vous Marboeuf!!
        Le choix de journée bien allégées sur 5 jours avec activités sportives et culturelles après 14h-14h30 (dignes de ce nom; pas du "bidouillage comme la ville de Paris nous promet...) les vacances raccourcies et réparties autrement aurait un réel effet sur le rythme  des enfants. Mais tout çà est un choix de société et a un coût!! C'est là que le bas blesse... La réforme de rythmes scolaire n'est que la 1ère pierre au "grand" édifice de la refondation! Et la refondation n'est qu'une histoire de "gros sous"! C'est donc très malhonnête de lancer cette réforme au nom du "bien-être" des élèves et de l'enseignement! Comptez combien d'heures par semaine vont passer les enfants en collectivité...et on en reparlera quant aux futures évaluations des compétences fin de cycle ou socle commun!! Hélas, ce sera trop tard!

      • Dinde Dindon

        Tout à fait d'accord.
        Et c'est bien le problème de ce projet ..Il vaut mieux ne rien changer que de changer quelques petites choses par qu'en l'occurrence cela rend la situation encore pire.
        Une refondation comme son nom l'indique c'est changer un système en profondeur.
        On en est loin.
        C'est comme les comparaisons que fait le ministre, il compare par petites touches : le temps de travail des profs allemands, la "réussite des écoliers finlandais", le nombre de jours d'école des autres Européens ..
        .Et finalement, qu'est-ce qui change pour nous : toujours 24h devant la classe entière, 36 semaines d'école, des horaires identiques de la PS au CM2 (on est les seuls en Europe !) avec les mêmes programmes indigestes et mal conçus, le même salaire à la fin du mois, la même bureaucratie insupportable de la hiérarchie et le même culte des évaluations (même les évals nationales CE1 et CM2 tant critiquées par la gauche dans l'opposition) n'ont à ce jour pas été suspendues (seule la remontée des résultats l'est). Ah, j'oubliais : le socle et le LPC tant décriés à juste titre par la profession sont toujours là aussi.
        Désolant !

      • http://www.facebook.com/luc.grimonprez Luc Grimonprez

        pour le premier point, je parle d'experience, et même si c'était une école maternelle cela n'en est pas moins scandaleux...j'ai donc connu une école qui à l'inscription des enfants précisait que le samedi était tout a fait facultatif, et dans laquelle les instits venaient à tour de role assurer la permanence du samedi...!
        quant aux chronobiologistes ils préfèrent tous le mercredi matin travaillé car il évite de casser le rythme...

        la nuance ?...vous trouvez vraiment que les opposants à la réforme font dans la nuance...?
        est ce que le passage de 60 h d'AP à 36h d'APC plus 24 h de concertations n'est pas un progrès.? une reconnaissance suplémentaire des taches annexes à la classe...
        est ce que le "plus de maîtres que de classe" n'est pas une réponse intelligente à la prise en charge de la difficulté scolaire ?
        est ce que la création des ESPE et la rennaissance d'une formation innitiale et continue après leur suppression pendant le mandat précédent n'est pas un bien ?
        est ce que l'attributionde 14 000 postes à l'école primaire l'an prochain ne fait pas un bien fou au système après les coupes sombres des années précédentes...?

        tout le monde se focalise sur le mercredi matin et ne voit dans les réformes de Peillon que les "petits" inconvénients personnels que cela apportera...sans aucun regard global sur ce qui se met en place...sans aucun commentaire sur les aspects positifs des mesures ministérielles...est ce vraiment moi qui manque de nuance...?

        quant à refuser une réforme au prétexte qu'elle ne va pas assez loin... on connait ce discours (le snuipp en est adepte...)
        alors quoi ! on reste sur un rythme de 4 jours avec 60 heures d'aide perso et des programmes ingérables sur un temps aussi ramassé ? et des journées de 6h30 et plus pour les gamins  suivis en aide perso...

        le fait est qu'il est toujours difficile de changer les habitudes : 

        que diraient aujourd'hui nos collègues si en plus des 4,5 jours on leur imposait d'emblée une diminution des congés d'été..?
        tout le monde trouverait encore de très bonnes raisons de refuser en considérant que les conditions ne sont pas réunies...je suis prêt à parier qu'une réforme telle que celle que vous décrivez (et que je défends aussi) : réduction de la journée plus importante, réduction des vacances d'été, allègment des programmes....rencontrerait exactement les mêmes résistances de la profession...avec toujours le même argument..."les conditions ne sont pas réunies"...

        alors on peut penser que le compte n'y et pas...(je le pense !) mais qu'à un moment donné si l'on ne se décide pas à enfoncer un coin pour bousculer les conservatismes et faire changer (un peu) les choses...

        alors il ne se passera jamais rien...

        • marboeuf

          1. Vous avez peut-être raison sur votre dernier point, quand vous dites même si les conditions étaient effectivement réunies, "elles ne seraient pas réunies". Cependant j'attire votre attention sur la méthode et vous invite à lire attentivement ce très bon billet : http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/la-refondation-de-l-ecole-peut
          2. Si votre expérience concernait la maternelle, alors il ne fallait pas généralier, le procédé est très discutable. Je suis entièrement d'accord avec vous néanmoins sur ce point, c'est inacceptable (à moins qu'on considère, comme dans tant de pays, que les petits de 3 ans n'ont pas à faire autant d'heures de classe que les grands de 10 ans...).
          3. SI certains opposants à la Réforme manquent de nuances, ce n'est pas le cas de tous : ne les mettez pas dans le même panier.
          4. Pour les "programmes ingérables sur un temps aussi ramassé", je ne vois malheureusement pas ce que les nouveaux rythmes vont changer, puisque le nombre d'heures de classe annuel reste inchangé, et les programmes aussi.
          5. Je dis dans mon billet que Peillon a mis en place des choses importantes (relisez bien) : scolarisation des deux ans, embauches (au fait, 14 000 postes, c'est pour toute l'EN), plus de maîtres que de classes... En revanche, pour les ESPE, premettez-moi de vous dire qu'ils sont loin de faire, en l'état actuel, l'unanimité (voir par exemple ceci : http://www.humanite.fr/societe/formation-des-profs-le-projet-de-vincent-peillon-e-512957)... Formation initiale et continue restent très insuffisantes dans le projet de loi. De même, le plan numérique serait bien intéressant si seulement il avait une chance d'être financé. Bref, il faut veiller à ne pas se laisser doucement endormir par les beaux discours et regarder ce qui est effectivement proposé...
          5. Si des choses positives sont mises en place, est-ce une raison pour ne pas dire quand d'autres sont insatisfaisantes ? Faut-il, sous prétexte que "les conditions ne sont jamais réunies si on écoute les profs", ne pas dire quand elles ne le sont effectivement pas ? La plupart des enseignants attendaient beaucoup de cette Refondation, et malheureusement la montagne est en train d'accoucher d'une souris.
          SI vous avez un peu de temps, lisez aussi cette tribune de Meirieu : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/01/08012013Article634932191090171137.aspx
          Bon dimanche.

          • http://www.facebook.com/luc.grimonprez Luc Grimonprez

            1/ sur ce point, je suis sur d'avoir raison (malheureusement) ! et je pense que vous en êtes tout aussi convaincu...
            2/même si l'on considère que les enfants de 3 à 5 ans ne doivent pas faire autant d'heures que les CM...les enseignants ont tout de même des obligations de service...
            3/sur l'opposition à la réforme...j'en ai un peu assez de ces soit disant collectifs qui se disent indépendant mais sont souvent manipulés en sous main...ou sont les collègues lors des élections professionnelles ? ou sont les militants et les adhérents qui permettraient aux syndicats enseignants d'être un véritable relai démocratique et représentatif ?.au lieu de cela on se retrouve avec une nébuleuse de collectifs au sein desquels chacun y va de sa position...et ou finalement, de façon très libérale...l'intérêt général n'est concu que comme la somme des intérêts particuliers....
            4/ tout le monde (y compris le ministre) a conscience que ces programmes doivent être réformés...et je serai très surpris qu'ils ne le soient pas à moyen terme....
            enfin tout le monde partage l'idée dans les écoles que les matinées sont des moment privilégié pour travailler...alors oui une matinée de plus ça change la donne !
            je m'arrète là ...car dans le fond je crois que sur l'essentiel je suis d'accord avec vous...en particulier sur vos analyses du resenti des collègues dans les écoles...mais au bou de 20 ans de carrière je constate qu'il est toujours très difficile de faire changer une profession qui vit malgré tout un peu en vase clos et considère que l'école lui appartient...regardons un peu autour de nous....ouvrons nous un peu...au lieu de passer nos journée à nous regarder le nombril !

    • http://twitter.com/sollol Dana creiom

      Non votre commentaire manque de réalité : ce qui a fait déborder le vase c'est le fait que la mairie de Paris veut rallonger la pause méridienne de 11h30 à 14h 15 soit 2h45 de fatigue, de bruit d'agiation d'énervement pour les élèves. Comment les retrouverons nous à 14h15 ?
      Actuellement déjà à 13h30 : les élèves sont fatigués.
      Par ailleurs les salles de classe seront occupés par les élèves et les animateurs de 11h30 à 14h15. où iront les professeurs pour faire leur correction ? Où iront les professeurs pour préparer les video projecteurs de leur cours d'après midi? Les locaux parisiens ne se prêtent absolument pas à un allogement de la pause méridienne. 
      Pour la Mairie de Paris, par contre, ce système permet de garder les animateurs 45 minutes de plus : facile !

  • Wallonmater

    Le mouvement contre les rythmes scolaires a démarré à Gennevilliers le 18 décembre, lors d'une première journée de grève. Ce mouvement prend de l'ampleur dans le 92 : grève le 17 janvier avec audience à l'Inspection Académique. Nous nous joindrons aux collègues parisiens le 22 janvier.
    En tant que "simples enseignants", nous avons réussi à mobiliser nos collègues. Le syndicat majoritaire n'est pas "encore" prêt à nous suivre, contrairement à CGT Educ et SUD qui nous soutiennent depuis le début.
    Il faut dépasser l'appartenance à tel ou tel syndicat et se mobiliser contre cette réforme qui ne vise en aucun cas à favoriser les apprentissages, contre le prône le ministre.

  • http://www.facebook.com/sandra.carlier.79 Sandra Carlier

    En province on aurait bien fait la grève le 22. Maintenant une grève nationale est prévue le 31 janvier. Dommage que les syndicats n'aient pas été capables de réunir tout le monde le 22 !! La position des syndicats n'est pas claire dans l'ensemble! C'est pourquoi nous risquons de manquer le rendez-vous du 31 mai!!! Le fait du Prince ne peut plus être remis en question et ceux qui oseraient s'y opposer sont immédiatement soupçonnés de conservatisme! Et pourtant nous sommes tous dans l'ensemble pour l'innovation mais qui dit innovation dit réflexion, concertation avec toutes les parties concernées. Il paraît qu'on nous a assez concerté, nous les enseignants! J'en doute fort. Enfin, nous n'avons pas la même conception de la démocratie que les technocrates au pouvoir.

  • actarus95

    Oui nous soutenons les instits parisiens et sans une retenue "bizarre" de nos syndicats, la grève aurait été nationale.

  • jean-pierre henri moreau

    A lire l'article et les commentaires, on voit bien qu'il faudrait alléger la journée, par exemple en commençant à 9 heures (7 heures au soleil, plus tôt que dans bien des pays!). Une solution simple, bénéfique, et profitable dans bien d'autres domaines, dont même l'ENERGIE, serait de décider dès maintenant que notre pays reste à l'heure d'hiver fin mars. Il a le droit de le faire, il peut le faire, il doit le faire. Après, on pourrait discuter calmement des horaires et des calendriers, et donc des rythmes, scolaires et autres !

    • Noon92

      Que l'école commence à 9h ? En tant que parent vivant en région parisienne, comment puis-je m'organiser ? arriver au travail à 9h30, au mieux ? mais alors, à quelle heure dois-je quitter mon poste le soir et ensuite récupérer mon enfant ?
      ou alors dois-je mettre mon enfant à la garderie avant l'école ? Quel est le gain pour l'enfant/élève ?
      Je ne vois pas comment on peut discuter du rythme des élèves sans tenir compte de celui des parents. Et, au moins en région parisienne,avec 2 parents qui travaillent, ou des familles monoparentales, celui-ci n'est pas propice à des courtes journées d'activité ou de temps passé en collectivité.

  • http://www.facebook.com/jenni35 Jennifer Clerté

    Je suis parent à Paris, je suis favorable au mecredi matin, car le centre de loisir le mercredi n'offre souvent qu'une solution de dernier recours, les équipes d'animateurs étant mal formés et souvent pas très motivés pour faire de chouettes activités. Du coup, je préfères nettement qu'il ait une demi-journée d'école en plus ce jour là et que les autres jours il est des journées trop courtes. Le problème c'est qu'on comprend pas pourquoi cette réforme passe mal... Ce que j'ai pu lire ne m'a clairement pas convaincu.

    • jean-pierre henri moreau

      Il est certain que des heures réparties sur CINQ jours entiers serait une bonne solution. Cela permettrait de démarrer les classes moins tôt, à condition de transformer la première heure à l'arrivée du matin en "décrassage", pourquoi pas physique, et avec une collation pour ceux qui n'ont pas eu le temps de s'alimenter correctement avant d'être amenés ensommeillés et sans manger pour certains. Cela favorise l'obésité, c'est bien démontré. Moralité : avant de s'attaquer aux rythmes scolaires, examiner en priorité les rythmes journaliers de toute la population et procéder aux changements utiles! C'est une tâche de Premier ministre, au moins,!

    • http://twitter.com/faniebat fanie.b

      Je suis enseignante à Paris et accesoirement aussi parent, cette réforme passe mal car il s'agit d'un bidouillage. Aux dernières nouvelles la mairie compte augmenter la pause du midi de 11h30 à 14h15. Ce qui permettrait aux élèves de ne pas sortir avant 16h30, donc pas d'allègement de la journée et si c'est pour que les élèves passent 3/4 d'heure de plus dans la cour c'est certainement la pire des solutions. La mairie n'a pas les moyens de mettre en place pour tous les élèves des activités de qualité, cela coute trop cher.
      De plus du point de vue enseignant, cette pause du mercredi permet à chacun de prendre du recul, une journée de classe ça se prépare, des copies ça se corrige et nous travaillons tous le mercredi chez nous. De plus nous récupérons les enfants le jeudi matin plus reposés (eux comme nous).
      Si on voulait vraiment parler d'une amélioration pour les enfants, retour au samedi matin où le travail était de qualité, les enfants disponibles et les parents aussi pour partager avec l'école. on pourrait aussi raccourcir les vacances d'été mais les lobbies économiques du tourisme sont bien plus important que le bien être des élèves. Comme vous le voyez les enseignants ne sont pas fermés à toute solutions mais ce qu'on nous propose n'est vraiment bon pour personne.
      Qui plus est, le temps de pause du midi allongé à presque 3 heures n'est pas compté dans le temps de service des enseignants, c'est donc allonger notre temps de présence sur notre lieu de travail sans aucune revalorisation, quel salarié ne râlerai pas contre ce principe !

      • luciussergius

        Sans compter que not'bon ministre compte conserver les 108 heures de service en machins divers créés lors du passage à la semaine de quatre jours une fois remise celle de cinq. Il faut dire que c'est sans doute utile pour justifier la paye de tout un tas de gens mieux payés que les vrais enseignants et qui font peut-être partie de sa clientèle... Ca veut dire pour ceux "qui font en vrai" travail le mercredi après-midi et le samedi matin. Pour les grands esprit du ministère les cours devront donc sans doute être préparés le dimanche et la nuit en semaine.

        Comme chaque mairie va pouvoir en pratique organiser sa semaine, une chose qu'on oublie de dire aussi : dans le premier degré il y avait jusqu'ici un système de remplacement très performant mis au point empiriquement depuis des lustres. Le manque de cohérence annoncé dans l'organisation d'une commune à l'autre va littéralement le faire exploser, il ne faudra pas s'étonner si certaines classes restent indéfiniment "réparties" en cas de maladie, si les enseignants présents sont submergés dans leurs classes et mis dans l'incapacité pratique de faire véritablement cours (la plupart des salles dans notre beau pays sont inadaptées à partir de 28 élèves présents, ce qui est déjà assez sportif).  
        Jetons aussi un voile pudique sur les déclarations de not'bon ministre au cours desquelles il parle à la place de ses personnels pour affirmer que ceux-ci seront ravis de travailler à terme des heures en plus par jour et des semaines par an pour avoir toujours le salaire toujours bloqué comme depuis 12 ans. Avec l'inflation le salaire d'un enseignant du premier degré est ainsi passé de l'équivalent à la moyenne nationale des salaires à 75% de cette moyenne en 14 ans, et le monsieur et ses amis de droite ou de gauche (on sent bien d'après les votes en conseil qu'il a le soutien au moins partiel de l'Association de maires de France qui eux veulent faire des économies de personnels, voire licencier des animateurs, en faisant travailler gratuitement les enseignants placés pour l'occasion sous leur coupe).   Voilà, juste pour donner une vague notion de l'honnêteté globale du machin...

        Et que les non-enseignants se rassurent, si on se permet ça avec les gens qui travaillent dans l'enseignement du premier degré ça donne sans doute un avant-goût de se qui se prépare pour le "grand chantier" de la "réforme du travail" (en novlangue réforme=démolition).

        Voilà, deux ou trois pistes pour expliquer que ça passe TRES mal.

        Ce n'est pas en 2014 qu'il y a 5 élections en France, déjà ?... Pour exprimer ce qu'on pense à ce petit monde qui s'arrange sur le et dans le dos d'une profession ?

        (Il semble que de droite et de gauche du côté des "partis de gouvernement" on ait déjà fait des propositions pour reporter certains scrutins, comme si on avait conscience que même si plus c'est gros mieux ça passe, cette fois certaines choses sont vraiment trop grosses sans risquer d'en obtenir la punition...) 

    • renard10

      Je suis enseignante à Paris (depuis ......) et en grève aujourd'hui ......
      Oui, les enseignants sont certainement divisés : qui pour 4 jours, Qui pour le mercredi matin, qui pour le samedi matin ! Mais ce n'est pas cela qui nous inquiète : Cette réforme va se mettre en place en dépit du bon sens, à la "va vite" . On nous parle du rythme des élèves, c'est un gag,  la réforme va alourdir la semaine et laisser intacte la journée ( même heure d'entrée, 2H30 de pause méridienne, et fin de l'école (étude ou goûter compris) à la même heure On ne change pas le rythme des parents ! ) Comme vous le dites : "les équipes d'animateurs étant mal formés et souvent pas très motivés pour faire de chouettes activités" Comment récupérerons-nous nos élèves et vous vos enfants après un tel traitement : parcage, télévision à haute dose, cour qu'il vente ou qu'il pleuve, bruit, ..... . La ville de Paris refuse de faire d'animateurs un vrai métier, elle va augmenter le quotas d'enfants par adultes . Le mercredi n'était peut être pas toujours fabuleux dans les CL, mais les enfants n'étaient pas trop nombreux, ils pouvaient vivre à un autre rythme, et parfois quand l'équipe était motivée avoir des activités culturelles . Et bien c'est terminé !
      Et je ne parle pas des activités pratiquées par un grand nombre d'enfants parisiens le mercredi .
      Oui, je suis très inquiète :  pour mes conditions de travail mais aussi pour ce que vont devoir vivre vos enfants, nos élèves, et je me félicite de n'avoir plus d'enfant (perso) à l'école primaire .

      • un_instit

         Totalement d'accord avec ça.

    • thierry.mellet

       Cette réforme passe mal parce que vous n'aurez pas des journées plus courtes mais du temps scolaire remplacé par du temps périscolaire avec les mêmes animateurs que vous n'aimez pas le mercredi. Et des journées finissant toujours à 16h30 + le mercredi matin, donc une semaine obligatoire d'école plus longue. (sauf pour la minorité d'enfants qui vont au centre de loisir le mercredi, pour eux pas de changement). Mais dans notre école de ZEP 5, ça ne concerne que 50 enfants sur 315. Tous les autres subiront une semaine plus longue et des journées inchangées. Géniale la réforme, non ?

  • zabeillon

    bonjour cher lucien marbeuf
    je vous ai cherché car vous aviez disparu de l'express.fr , heureusement je vous retrouve ici.
    alors la les bras m'en tombe :l'ecole primaire priorite du gouvernement et deja une mega gréve sur le dos(et croyez moi si ça marche à paris le prochain mouvment sera national ) d'autant plus etonnant que les instits ont en majorité voté françois hollande !
    En ce qui me concerne je crois que la seule revendication valable c'est LES SALAIRES  et non il n'ya pas de honte à demander une augmentation quand les instists sont probablement parmi les fonctionnaires  les moins bien payées.Le reste :rythmes scolaires , samedi ou mercredi , et même augmentation des effectifs c'est SECONDAIRE .Commençont d'abord par payer correctement les gens et le reste suivra! bon courage.

    • un_instit

       Bonjour,

      Je ne suis pas du tout d'accord avec l'importance première
      donnée aux salaires. Certes on aimerait mieux (n'oublions pas que tout le monde
      est dans la mélasse), mais si les conditions de travail ne sont pas là, alors
      rien ne suit justement. L'argent ne fait pas l'bonheur.

  • jean-pierre henri moreau

    Je lis  " "Les rythmes scolaires sont fixés depuis 1961 en accord avec le ministère du tourisme", souligne Lucien Marboeuf. Vincent Peillon a notamment révélé en juillet avoir été contacté par l'association des propriétaires de résidences secondaires."
    Cela fait donc 51 ans d'immobilisme ?  Quel pastis !En 1961, nous avions l'heure GMT+1 toute l'année. On disait "l'heure, c'est l'heure". Maintenant, beaucoup de responsables ne savent plus ce qu'est l'heure! Des chronobiologistes s'occupent du temps (chronos) et pas des heures...

  • jlb93

    Enseignant en retraite depuis 8 ans (déjà ?!) j'ai exercé durant une vingtaine d'années dans une école maternelle d'une ZEP  de la proche banlieue parisienne. Je m'intéresse à la question des rythmes de vie et de ses conséquences sur la fatigue scolaire depuis... les années 80 ! Et je suis effaré par ce que je lis ou entend parfois à propos de cette réforme que tente de mettre en place l'actuel gouvernement. Dire par exemple que cette réforme est improvisée, alors que le débat est sur la place publique depuis des dizaines d'années, c'est soi être de mauvaise foi, soi être ignorant en la matière !
    De quoi parle-t-on ? L'école française est mal en point au plan des résultats scolaires (voir les derniers résultats PISA : mauvais en lecture, moins bons qu'avant en maths, l'élève français est par contre dans les premiers en matière d'ennui à l'école, de manque de confiance en soi...) ; pourtant notre année scolaire est la plus contrainte (la journée scolaire la plus longue, l'année la plus courte !) ; notre système est très élitiste, très discriminant et ségrégatif sur le plan socioculturel. Bref, il y a le choix pour qui voudrait améliorer le tableau !
    Mais il suffit qu'un ministre propose quelques modestes mesures pour que tout s'embrase, tout se fige ! La semaine de 4 jours a été plébiscité par une majorité de parents parce que ça permettait d'avoir de vrais week-end ... oui mais force est de constater que la majorité des élèves en ont pâti sur le plan scolaire (notamment en terme de fatigue). Les chronobiologistes avaient prévenus, on ne les a pas écoutés.
    Revenir sur cette erreur en repassant à 4 jours 1/2 me paraît plutôt une sage décision.
    Ceux qui ont observé de près les capacités d'attention et de vigilance aux apprentissages des enfants l'ont souligné depuis longtemps, avec constance et quasiment unanimement : il y a deux creux importants dans la journée pour la majorité des élèves : le creux d'avant-repas (11h-12h), celui d'après-repas (13h-15h). Là encore, ce sont les chronobiologistes qui le certifient. En proposant d'amputer le volume d'enseignement de 45mn, pour en faire un temps de pause à dominante récréative et de loisirs, le ministre ne fait qu'écouter (enfin ?) ce que l'on sait sur la fatigue scolaire depuis longtemps. On pourrait aussi parler dece qu'on sait des "bons" et des "mauvais" jours sur la semaine ainsi que des effets négatifs de chaque rupture de rythme (après les week-end et les congés longs surtout). La question des "grandes vacances" (trop longues) est aussi problématique mais chut...
    Au lieu de s'en féliciter, c'est une levée de boucliers quasi générale. Je ne comprends pas.

    Dans les années 90, dans l'école maternelle où je travaillais, nous avons mis en place un fonctionnement en ateliers décloisonnés de début d'après-midi avec reprise des cours en classe à partir de 14h30 et suppression des temps de récréation. Avec l'aide de la municipalité les ateliers étaient conduits par les enseignants de l'école et les animateurs du CLAE, ce qui a permis de proposer une dizaine d'ateliers chaque semaine aux enfants avec des taux d'encadrement de  10 à 15 enfants par atelier. Le fonctionnement de l'école était par ailleurs classique le matin. Ce type de fonctionnement a perduré plusieurs années (une dizaine) et ne fut abandonné que parce que le renouvellement progressif  des enseignants de l'école y a contraint l'équipe ; certains enseignants souhaitant revenir à une organisation plus traditionnelle.

    Le système allemand des après-midi sans cartable n'est pas satisfaisant mais le nôtre ne l'est pas plus. Il y a en France, depuis de nombreuses années des écoles primaires et même quelques collèges et lycées qui fonctionnent autrement et de façon bien plus respectueuse des rythmes et des capacités d'apprentissage des élèves. Je pense à des collègues lyonnais notamment, aux enseignants d'Hérouville St Clair aussi...
    Mais on ne les entend pas tant le brouhaha et le chahut est grand... Pour que rien décidément ne change ? Je ne peux pas croire à une telle sottise irresponsable.

    • thierry.mellet

      Les chrono-biologistes, vaste blague ! Le rythme naturel de l'enfant, c'est de rester au lit le matin et de jouer toute la journée. Alors supprimons l'école, ce sera plus simple, s'il s'agit de respecter les rythmes naturels...
      "En proposant d'amputer le volume d'enseignement de 45mn, pour en faire
      un temps de pause à dominante récréative et de loisirs, le ministre ne
      fait qu'écouter (enfin ?) ce que l'on sait sur la fatigue scolaire
      depuis longtemps."
      Non, mais franchement, dans quelle école avez-vous enseigné ? Le temps périscolaire de 2h45 ne sera que de la garderie sur fond de bruit, de violence et d'ennui,avec plus de 250 à 300 élèves surexcités dans des espaces réduits, comme nous le vivons tous les jours dans notre école. C'est un NON SENS absolu. Résultat : les élèves seront encore PLUS fatigués et stressés qu'avant. Le résultat de cette réforme est de maintenir le statu-quo sur la journée d'école (toujours aussi longue, et qui peut sérieusement penser que le temps périscolaire est moins stressant que le temps scolaire ???) avec une semaine plus longue. L'élève est perdant sur toute la ligne.
      Quant à la question des vacances d'été trop longues, sachez que je viens de vérifier sur le net et les pays les mieux classés à PISA (Finlande, Suède) sont ceux qui ont les vacances d'été les plus longues (10 semaines) et le temps annuel d'enseignement le plus court (600h en Finlande, 700h en Suède).
      Quant à la question des coupures de rythme, après le week-end (sic) vous suggérez quoi ? De supprimer le week-end ? De mettre les enfants à l'école H24 et 365 jours par an ? Histoire de les sortir de leurs déplorables familles pauvres (j'ai entendu cet argument dans mon école...) ?
      Que vous ayez expérimenté des ateliers soft en début d'après-midi en maternelle, je n'en doute pas, et pour cause : vous n'avez aucune pression des programmes délirants que nous subissons en élémentaire. Si l'on allège les programmes, moi aussi je peux faire du récréatif et du culturel toute l'après-midi...
      Je me demande si je ne vais pas commencer lundi... si les chrono-biologistes sont d'accord bien-sûr...
      Au fait ils en pensent quoi les chrono-biologistes du fait de rester assis 5h par jour le.... vissé sur sa chaise sans espace pour bouger à 27 dans des classes minuscules ? Tiens, bizarrement, pas de réforme en cours sur ce sujet (les locaux, l'architecture, l'organisation moderne de l'espace, l'espace modulaire, etc....)
      Bien à vous.

      • jlb93

         "Que vous ayez expérimenté des ateliers soft en début d'après-midi en
        maternelle, je n'en doute pas, et pour cause : vous n'avez aucune
        pression des programmes délirants que nous subissons en élémentaire. Si
        l'on allège les programmes, moi aussi je peux faire du récréatif et du
        culturel toute l'après-midi..."

        ********************************
        Cet argument-là, je l'ai entendu quasiment durant toute ma carrière : "Oui mais pour vous en maternelle, c'est beaucoup plus facile !"
        Comme si toutes les maternelles de France mettaient en place des ateliers décloisonnés ! Nous étions les seuls sur la commune à l'époque sur 13 écoles maternelles. Vous avez dit facile ?

        Quel rapport y-a -t-il entre des programmes et le fait que des enseignants ET des animateurs BAFA (rémunérés par la municipalité dans le cadre de leur forfait horaire CLAE) décident/choisissent de co-gérer une partie du temps scolaire ? Pourquoi serait-ce possible en maternelle et pas en élémentaire, des choix pareils ? Pourquoi est-ce possible dans certaines écoles, certaines communes et pas dans d'autres ? Connaissez-vous ce qui s'est fait et se pratique sans doute encore en région lyonnaise dans les écoles de St Fons par exemple ?
        Vous partez battu d'avance ! Voilà votre problème. Vous n'arriverez effectivement à rien, sinon à vous plaindre indéfiniment comme vous le faîtes ici et ailleurs. Vous mettez vos verbes au futur en décrivant l'apocalypse à venir, mais qu'avez-vous fait, qu'avez-vous tenté à ce jour ? Vous dénoncez le statut-quo mais en ne proposant rien d'autre, dont vous semblez bien vous satisfaire. Bougez-vous, innovez au lieu de vous agitez stérilement !
        Et puis vous méprisez les chrono-biologistes... vous avez tort de faire ça, vous vous décrédibilisez. Vous avez des compétences en chrono-biologie et en psycho-chronologie vous ? Lisez-les, ça vous calmera peut-être. Rien ne se fera sans tenir compte de leurs apports scientifiques. Que ça vous plaise ou non. Au moins, j'espère que vous n'êtes pas contre la Science ?