Sony et sa PS4 se moquent de la XBox de Microsoft

Jack Tretton, patron de la division américaine de Sony, présente la PlayStation 4 lors du salon de l'E3, lundi 10 juin à Los Angeles (Californie). (ERIC THAYER/GETTY IMAGES/AFP)

Le salon de l'E3, grand raout du jeu vidéo qui ouvre ses portes mardi 11 juin, a cette année des allures de séance de tirs au but pendant une finale de Coupe du monde de foot. Au point de pénalty, sur le point de tirer : le constructeur japonais Sony, et sa PlayStation 4. Dans les cages, à l'affût : Microsoft et sa nouvelle console, la Xbox One. Ces dernières semaines, Sony a bien observé les matchs de Microsoft. Il sait quelle direction son adversaire prend, et de quel côté le gardien va plonger. Du coup, le Japonais s'élance, et place précisément son ballon à l'opposé. Imparable.

Microsoft tente de rassurer les joueurs...

La métaphore footballistique est un peu lourde, mais parlante. Depuis la présentation de la Xbox One, le 21 mai, Microsoft n'a cessé de préciser ses ambitions : faire de sa nouvelle machine davantage qu'une simple console de jeu. On pourra s'en servir pour regarder la télé, des Blu-Ray, commander de la vidéo à la demande, surfer sur internet d'un mouvement de la main grâce à la reconnaissance gestuelle de Kinect... et − quand même − jouer. Mais avec des restrictions : la console devra pouvoir se connecter à internet une fois par jour, et les éditeurs de jeux vidéo pourront choisir de rendre accessible ou non leurs titres au marché de l'occasion. Autant d'annonces distillées ces dernières semaines, et qui ont inquiété les joueurs.

Avec sa conférence d'ouverture de l'E3, Microsoft avait donc à cœur de les rassurer. Il s'y est largement employé, en dévoilant pendant une heure trente des jeux impressionnants pour son bébé, comme Metal Gear Solid V, Ryse ou encore Killer Instinct. De quoi en mettre plein les yeux aux spectateurs, et tenter de leur faire oublier les polémiques des jours précédents.

... et Sony se moque de lui

De son côté, Sony s'est chargé lors de sa propre conférence de renvoyer son concurrent dans les cordes. Après avoir à son tour étalé une belle brochette de jeux (Final Fantasy XV, Assassin's Creed 4 ou encore Mad Max), il a pris l'exact contre-pied de Microsoft en matière de stratégie. La Xbox One doit se connecter pour laisser l'utilisateur jouer ? Pas la PS4. La console de Microsoft coûtera 499 euros lors de sa sortie en novembre ? Celle de Sony sera moins chère de 100 euros, et sera dans les rayons à peu près au même moment. Tous les jeux Xbox ne pourront pas être revendus ou prêtés ? Voilà comment cela se passera sur PS4.

Tout n'est pourtant pas rose dans le petit monde de Sony. Contrairement à ce qui existe sur PlayStation 3, il sera par exemple obligatoire de débourser une cinquantaine d'euros par an pour jouer en ligne avec la PS4. Et il serait absurde d'enterrer aujourd'hui la Xbox One, qui pourrait très bien conquérir les salons. Mais dans l'arène de l'E3, où il faut impérativement séduire les joueurs chevronnés, Sony semble bien avoir gagné la bataille.

Publié par Vincent Matalon / Catégories : Non classé

A lire aussi

  • Fake.

    Ces conférences se sont déroulées comme je m'y attendais : accentuation sur les jeux pour la XBOX, sur les défauts du concurrent pour PS.

    La conférence XBOX était objectivement plus intéressante, plus proche des attentes des Gamers en s'attardant uniquement sur les jeux vidéos. Pas de mention du mot télé (a contrario de la conférence du 21 mai), on présente peu un jeu avec une façon particulière de jouer (les manettes quasiment invisibles, de même Kinect est mis au ban). 
    Et pourtant, la sauce n'a pas prise. Beaucoup de trailers se sont enchainés, beaucoup d'exclusivités d'éditeurs tiers également mais peu d'originalité ou de grand éclat. Mais cependant tous les genres de jeux ou presque ont été concernés, ce qui permet d'en faire une bonne conférence.

    La conférence était bonne, c'est la console qui ne l'est pas. Tant de restrictions rendent cette conférence si réussie peu attrayante. 
    - Connexion 1 fois par jour à internet pour jouer, avec un débit minimum obligatoire. Vous déménagez ? Rêvez ! Vous aller jouer chez pépé et mémé qui n'ont qu'un vieux modem ? Subissez !
    - Anti-occasion. Le système est particulièrement pervers et économiquement intelligent.
    Sur un jeu d'occasion, l'éditeur ne touche pas un rond pourtant il subit des charges. Avec le système de Microsoft, vous ne pourrez plus vendre ou échanger vos jeux. Seules des boutiques qui ont passé un contrat avec Microsoft pourront vendre et racheter ces jeux, car les jeux sont liés au compte d'un joueur. 
    Si encore ça se limitait à ça, l'occasion serait partiellement sauvée par ces boutiques agrées. Or les éditeurs tiers, dont certains sont peu scrupuleux, auront une liberté totale pour fixer une taxe.

    Quel est leur intérêt ? Mettre une taxe élevée, en prétextant que ça leur permet de toucher l'argent qui leur est dû. Disons 25€ de taxe sur un jeu d'occasion.
    Que se passe-t-il ? La boutique rachète le jeu à un joueur, puis ensuite il faut rajouter la taxe de l'éditeur et la TVA française ainsi que sa marge. Le prix d'un jeu en occasion devient par conséquent PLUS cher qu'un jeu neuf.
    Ou alors autre logique, on rachète des clopinettes les jeux aux joueurs, puisque de toute façon les boutiques ont l'exclusivité pour vendre et racheter ! Et ainsi les boutiques peuvent garder une marge conséquente leur permettant de ne pas sombrer. Car les boutiques de JV ne survivent que grâce à l'occasion. Sur les jeux neufs c'est impossible, les grandes surfaces vendent à perte (COD en vente à 54€ par exemple).

    Et si les boutiques rachètent des clopinettes les jeux aux joueurs, ceux-ci vont-ils tenter de les vendre ? Non.

    Dans tous les cas, on arrive à un constat simple :
    - Soit les jeux en occasion sont très chers, et par conséquent autant acheter un jeu neuf. L'éditeur vend un jeu neuf au lieu d'un en occasion, et donc touche 2 fois plus d'argent. Si plus d'occasion, plus de boutiques de JV. 
    - Soit les jeux sont rachetés des clopinettes, et les joueurs ne les vendent plus. Les boutiques de JV ferment faute de ventes et de marge. Plus d'occasion si aucun acteur ne remplit ce rôle.

    Dans tous les cas, les éditeurs ont la possibilité de tuer le système de l'occasion et les boutiques de JV par ce système, puisqu'ils ont la puissance. Et le méchant dans tout ça aux yeux des joueurs ? La boutique qui vend l'occasion soit trop cher, soit rachète les jeux pas assez cher.

    La PS4 a fait fort, elle a pris le contre-pied de ce système. Et pour la peine, elle est boudée par les éditeurs importants : EA, Ubisoft, Activision. Les jeux sur PS4 présentés cette nuit étaient... très peu nombreux. La conférence était mal ciselée, la première heure fut interminable et ennuyante. Tout a changé quand ils s'en sont pris à la XBOX.

    Les consoles ont de réelles différences, et c'est là que le combat se joue plutôt que sur les jeux. Reste à savoir si la situation changera ou non, si les joueurs sauront faire abstraction de la montagne de jeux promis sur la console bridée qu'est la XBOX ONE.

    A cela rappelons que Kinect, caméra même infrarouge, ne peut être débranchée mais qu'on ne peut la désactiver que si le logiciel le permet. Etant donné que des brevets ont été déposé pour des fonctionnalités permettant d'enregistrer tout, de calculer le nombre de personnes pour savoir si on fait payer les personnes en trop et d'enregistrer les expressions faciales (repérer la satisfaction, devant une série TV par exemple) c'est très peu rassurant.

    Microsoft a joué la carte des jeux, la population n'était pas prête à tant de nouveautés si néfastes.

    Concernant l'online payant sur PS4, il faut savoir que le PS+ à 5€ par mois (même moins puisque c'est 50€ par an et qu'on peut trouver des boites moins cher) offre ceci :
    - 3 jeux par mois gratuits sur PS3. 3 par an également, qu'on peut récupérer à tout moment.
    - 2 jeux par mois gratuits sur VITA. 2 par an également, à récupérer à tout moment pendant cette année.
    - 1 jeu par mois sur PS4 pour l'instant.
    Tout ça sur un même compte, et tant qu'on est abonné. Et il y a des réductions, allant aisément jusqu'à 50% sur certains jeux. C'est très rentable, puisqu'à chaque fois ils prennent la peine d'offrir un jeu très bien noté (plus de 15/20 ou 7.5/10 sur les sites français).

    Microsoft offrira 2 jeux par mois, ils s'alignent ainsi sur le PS+ qui existe depuis 1 an au moins.