Chris Christie, faux pro-Obama, vrai cheval de Troie de Romney

Le gouverneur du New Jersey Chris Christie rencontre des responsables locaux à Avalon, dans le New Jersey, le 30 octobre 2012 après le passage de la tempête Sandy. (Talk Radio News Service / Flickr)

A quoi joue Chris Christie ? C'est la question que se posent tous les journalistes de Washington à propos du gouverneur du New Jersey, grande gueule invétérée du parti républicain. Depuis lundi 29 octobre et le passage dévastateur de la tempête Sandy dans cet Etat, Christie ne tarit pas d'éloge sur la gestion de la catastrophe par Barack Obama. De quoi sérieusement irriter Mitt Romney, qu'il est censé soutenir... Et s'interroger sur les motifs de ce politicien très en vue.

"Je veux remercier personnellement le président"

Les premières louanges sont distribuées mardi matin, alors que les autorités du New Jersey prennent les premières mesures pour tenter de réparer les dégâts causé par Sandy. "Je dois dire que l'administration, le président et (le directeur de l'agence chargée de la gestion des catastrophes naturelles) ont été extraordinaires avec nous", déclare le gouverneur Christie devant les caméras de la chaîne ABC, en expliquant que Barack Obama l'a appelé deux fois lundi tard dans la soirée pour lui demander quels étaient ses besoins.

"Notre collaboration est excellente, et je veux remercier personnellement le président pour l'attention personnelle qu'il porte à la catastrophe". Et pour ceux qui ne regardent pas la télé, il réitère ses louanges sur Twitter.

 

Un enthousiasme bien mal à propos...

Cette chaleur soudaine envers le président fait tout de suite hausser quelques sourcils : Chris Christie, un temps pressenti pour être colistier de Mitt Romney, fait campagne depuis des mois pour le candidat. Travailler en bonne intelligence avec le président sur cette affaire est une chose, le mettre sur un piédestal à une semaine des élections en est une autre...

D'autant plus que pendant ce temps-là, Mitt Romney ne sait plus quoi faire pour rester visible, alors que tout le pays a les yeux tournées vers les victimes de la catastrophe. Barack Obama, lui, n'a pas besoin de s'en faire : sa posture de président en alerte ne peut que lui être favorable à une semaine des élections...

Le gouverneur, loin de se repentir, persiste et signe sur Fox News, chaîne conservatrice pro-Romney. Au journaliste qui lui tend la perche en lui demandant si Mitt Romney pourrait parcourir le New Jersey aux côtés de Mitt Romney, il répond vertement : "Je n'en ai pas la moindre idée et c'est le cadet de mes soucis. La côte de mon Etat est dévastée, le nord est inondé, alors la politique de la campagne, je n'en ai rien à faire et si vous pensez l'inverse, c'est que vous ne me connaissez pas." 

...et sans doute quelques arrière-pensées

Déclarations spontanées sous le coup de l'émotion ? Pas sûr. Parmi les journalistes politiques américains, on formule plusieurs hypothèses pour expliquer l'attitude de Chris Christie. Certains évoquent le caractère émotif et sanguin du gouverneur, habitué à dire (très fort) ce qu'il pense.

Mais l'explication qui revient le plus est la suivante : Chris Christie, en pleine ascension politique et après avoir joué les bons petits soldats auprès de Mitt Romner, aurait décidé de penser à la suite. Celui qui était pressenti comme possible colistier du candidat viserait déjà la présidentielle de 2016.

Un objectif tangible si et seulement si Barack Obama est réélu pour un deuxième mandat, au terme duquel toutes les portes seront ouvertes pour les républicains les plus en vue...

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  • albert.lander

    C'est le jeu politicien savoir se placer