Comment "pourrir" le Noël de vos enfants ?

Sosun

La réponse à cette question est simple : offrez-leur un cadeau affreux, à place de ce qu'ils auraient tant voulu. Vous verrez alors vos enfants réagir à peu près ainsi :

Cette vidéo fut diffusée dans l'émission américaine Jimmy Kimmel Live. Elle illustre de façon tout à fait nette la difficulté qu’ont la plupart des enfants à gérer leurs frustrations face à des évènements qui nous paraissent pourtant anodins, voire drôles !

Dans le même genre, les enfants peuvent également se mettre dans tous leurs états, "simplement" par ce qu'on leur dit que l'on a mangé tous leurs bonbons le soir d’Halloween :

Comment peut-on expliquer des réactions si "disproportionnées" chez les enfants ?

Un principe comportemental de base

Dans les théories de l’apprentissage, il existe un principe qui permet de mieux comprendre les réactions d’impulsivité. En psychologie, on dit en effet que l’individu préfère un bénéfice moindre et plus proche dans le temps qu'un plus grand bénéfice mais plus éloigné dans le temps.

Ce principe est illustré dans le fameux test du chamallow : des enfants ont le choix entre manger un seul chamallow tout de suite ou bien attendre 15 minutes pour pouvoir en manger deux. 70% des enfants ne résistent pas et mangent le chamallow avant les 15 minutes :

 La frustration chez les enfants

Ce principe est valable pour tous les êtres humains, enfants comme adultes. Par exemple, les adultes ont beaucoup de difficultés pour arrêter de fumer, notamment parce que le bénéfice d’une cigarette à court terme est souvent préféré au bénéfice à long terme de l’arrêt du tabac. Ce principe est donc universel. Néanmoins, les enfants y sont beaucoup plus sensibles, et cela pour 2 raisons majeures :

1/ Tout d’abord, les enfants ont souvent beaucoup moins de centres d’intérêts que les adultes. Lorsqu’un objet préféré n’est pas disponible tout de suite, il leur est donc plus difficile de compenser cette perte, autrement dit de différer l’accès à leur objet favori.

Il faut en effet du temps pour développer ses centres d’intérêts. Ainsi, à la naissance, l’apprentissage des comportements du nourrisson est principalement lié à la nourriture, l’eau, l’oxygène, et plus globalement à ce que l’on nomme des renforçateurs primaires, nécessaires à sa survie. Progressivement, le bébé apprend à varier ses intérêts qui ne sont plus liés directement à sa survie. On dit alors que l’enfant accède à des renforçateurs secondaires : jouets, sports, culture, créations artistiques, interactions sociales, etc. Plus le nombre de renforçateurs secondaires est important, moins élevé est le risque de voir apparaître des comportements de frustration (le renforçateur secondaire ultime étant l’argent).

Bien évidemment, les comportements de frustration de l’enfant sont plus intenses si le cadeau ou le bonbon sont une source de motivation élevée (aux Etats-Unis, Halloween est considéré comme un évènement très important. Halloween sans bonbons peut donc plus facilement être vécu comme un « drame » pour les enfants de ce pays, par rapport à d’autres pays comme la France par exemple).

2/ Si les enfants sont plus sensibles à un bénéfice à court terme, c’est également parce que leur perception du temps est très différente de celle l’adulte. Rappelez-vous, à l’école primaire, une semaine semblait durer une éternité ! Il existe d’ailleurs plusieurs théories explicatives pour essayer de comprendre ce phénomène (certains auteurs avancent par exemple que la même unité de temps n’est pas perçue de la même façon en fonction de l’âge de la personne, eu égard à leurs temps respectifs déjà passé sur terre).

Même si les théories en psychologie nous aident à mieux comprendre les comportements humains, il existe cependant des variations entre chaque individu. Ainsi, certains enfants gèrent beaucoup mieux la frustration que d’autres, tout comme il existe des adultes ayant des seuils très bas de réaction à la frustration.