Une pratique sexuelle hors normes

djwingsia

Pour eux, il est difficile d'en parler. Il est vrai que le sujet concerne une minorité d'individus dont les comportements sexuels ne font pas écho au modèle classique proposé par la société. Néanmoins, certaines personnes commencent à faire leur coming out. Une journée à même été consacrée pour leur permettre d'évoquer haut et fort cette particularité libidinale1.

Mais de quel comportement sexuel s'agit-il au juste ?

- l'onanisme ? non, trop banal

- l'homosexualité ? non, le coming out des personnes homosexuelles est déjà bien entamé

- la bisexualité ? non plus

- le polyamour ? non, encore trop minoritaire

- la zoophilie ? non plus, il est encore trop tôt pour un coming out

En réalité, il s'agit de l'asexualisme. Les personnes concernées, les asexuels, n’éprouveraient pas de désir sexuel et seraient 1% dans le monde. Tout a commencé en 2001 avec un forum anglophone consacré au sujet et qui compte aujourd'hui plus de 30 000 inscrits. En France, l'association AVA (Association pour la Visibilité Asexuelle)2 entend faire respecter cette différence, faire connaître et revendiquer l’asexualité et aider les personnes souffrant de cette situation. Car dans notre société où une sexualité épanouie est hautement valorisée, l'absence de désir peut être montrée du doigt avec beaucoup de sarcasme.

Reste à définir les origines de l'asexualité (abstinence contrôlée, dégoût voire phobie, dérèglement physiologique ou encore exigence sexuelle tellement sélective que les occasions d'être excité ne se présentent presque jamais). Les causes pourraient alors permettre de suggérer une thérapeutique avant de revendiquer définitivement son asexualisme… À suivre.

 
1. Le 26 avril dernier a eu lieu pour la première fois une journée consacrée à ceux qui n'éprouvent pas de désir sexuel :

http://journeeasexualite.tumblr.com/

2. http://www.asexualite.org/p/association.html

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  • lyseam

    Je cite
    "Reste à définir les origines de l'asexualité (abstinence contrôlée,
    dégoût voire phobie, dérèglement physiologique ou encore exigence sexuelle
    tellement sélective que les occasions d'être excité ne se présentent presque
    jamais). Les causes pourraient alors permettre de suggérer une thérapeutique
    avant de revendiquer définitivement son asexualisme… À suivre."

     

    J'avoue
    ne pas connaître le sujet mais je peux raisonner.

    Déjà, il faudrait définir si l'asexualité pour en être doit s' inscrire dans le temps ou pas., hors facteurs extérieurs comme l'âge par exemple 

    Si c'est
    de l'abstinence contrôlée (ou pas ) par choix  , il n'y a pas de traitement à moins que
    certains ne considèrent que ce choix est forcément mauvais parce que eux ne le
    feraient pas (!) alors qu'il n' y a rien d'immoral à faire un tel choix et qu'à
    moins de l'infliger brutalement à son/sa partenaire ou à d'autres qui n'en veulent pas, cela n'a pas de conséquence
    pour les autres. Ce n'est pas une maladie , c'est une conviction (peut-être religieuse ?)

    Si c'est une abstinence qui s'impose au cerveau comme l'homosexualité ou la bisexualité ou l'hétérosexualité , et ne fait souffrir personne (les personnes souffrant par égoïsme et projection de leur désir de normes de vie sur les autres sont exclues), ce n'est pas une maladie mais une façon d'être.

    Imaginez-vous un traitement de l'homosexualité ?(oui je sais qu'hélas certains y croient )

    Cela dit je reste dubitative sur le fait de revendiquer son ressenti de façon générale : la seule bonne raison étant de défendre sa liberté, et de se prémunir d'agressions physiques ou pas (cas de l'homosexualité par exemple) .

    Or les asexuels ne me semblent pas pourchasser, ni même visibles et s'ils se sentent agressés par la sexualisation et l'affichage de la sexualité à outrance dans notre société et de l'image de la vie qu'elle vend (ce que je comprends !), je continue à avoir du mal à comprendre comment cela peut devenir une revendication affichée de ne plus avoir de sexualité pour soi (par réaction ?)

    Je perçois comme une certaine mauvaise foi dans de telles revendications : "puisqu'on n'a pas le choix (renoncement) , faisons comme si cela en était un " ?
    Quant à l'abstinence par défaut (célibat sexuel ) : en quoi est ce une maladie -ça en fait des malades en couple ou pas ! et ce bien loin de la "norme " affichée par une société perdue dans des images vides de réalité ? et ceux-là n'iront pas le clamer sur les toits.

    En revanche, je reste d'accord pour considérer la zoophilie et toute pratique sexuelle basée sur la dévalorisation d'au moins un des pratiquants (humains SVP) ou de l'état d'humanité -SM//échangisme etc..- comme des pratiques pathologiques.

    S'il s'agit de dégoût voire phobie (traumatisme? ) ou exigence démesurée (pathologie narcissique ?)
     ou dérèglement physiologique (hormonal ?)
    ET que la personne demande de l'aide car en  souffre ou en fait souffrir quelqu'un, (et en est consciente )mettons va pour la thérapie psy ou l'action médicale (Mais cette personne n'ira alors pas revendiquer être asexuelle , tout en reconnaissant souffrir ou en reconnaissant faire souffrir, .... ou alors il s'agit d'un déni pathologique sévère)Et si ce qui était à soigner n'était pas tant l'asexualité mais plutôt ce qui se cache derrière  le besoin d'affichage de celle-ci (ou de sa sexualité)  hors de toute raison ?Finalement là où ça blesse (selon moi) c'est plutôt de faire sortir de l'intimité, l'intime, trop systématiquement comme une nécessité pour exister et ce en dehors de toute réalité, comme si le nouveau" tabou" était maintenant d'en avoir : afficher , revendiquer , se gargariser de sa sexualité ou de son asexualité ça revient un peu au même.Mais cela est un mal social ou sociétal très actuel. 

  • jeromelichtle

    Bonjour,
    La thérapie intervient pour diminuer la souffrance, sans forcément proposer un traitement pour retrouver le désir sexuel.

    • lyseam

      Mais si il y a souffrance (réelle et continue) de l'absence de désir  et que la thérapie est là pour diminuer la dite souffrance sans proposer un traitement, cela ne veut il pas dire que la thérapie consiste "simplement" à faire accepter un état de fait qui (a)  fait souffrir -en supposant que l'acceptation diminue la souffrance-,  là où il est finalement plus sain d'y réagir et en attendant une amélioration, de souffrir.
      La thérapie est à deux doigts de mener à l'asexualité volontaire en partant de l'abstinence forcée.....

      Plus généralement que penser de thérapies qui consistent en l'acceptation ?
      Vous êtes ceci cela, en manque de sexe (ou d'amour), votre vie est malheureuse sur un point ou sur plusieurs et surtout pour des raisons qui échappent à votre volonté (vous subissez un état/une situation/quelqu'un/ etc et ne pouvez pas y faire grand chose) ? Apprenez à faire glisser sur vous, fondez vous dans l'acceptation (de ce qui n'est pas acceptable)... à chaque fois : un conditionnement pur et simple.. et factice.
      Je ne crois pas que l'aide que viennent chercher ces patients-là soit cela, je crois qu'ils demandent de l'aide vraiment, un changement du stimulus ou de l'environnement perturbateur extérieurs (et non un changement de leur ressenti  de celui-ci qui est correct). Et peut-être faut il envisager que la psychologie/psychopathologie/psychiatrie sont impuissantes dans certains cas (sauf pour une écoute)....car cela n'en relève pas.