Du « fun » pour mieux digérer la crise

pasa47

Il est souvent bien difficile de faire changer d’avis les autres, de les convaincre d’adopter de nouveaux comportements. Classiquement, les outils de persuasion utilisés sont de deux types : le langage verbal, d’une part, illustré très souvent dans les actualités politiques (par exemple, les débats actuels sur le « mariage pour tous » donnent lieu à des échanges de point de vue interminables qui aboutissent rarement à des remises en question). La codification des pratiques, d’autre part, consiste en la création de lois par un gouvernement. Celles-ci assurent en général un contrôle sur les comportements par la répression. Le mode d’influence des lois est donc basé sur un contrôle dit aversif ; par exemple, si vous ne réduisez pas votre vitesse en voiture, vous devrez payer une amende et l’on vous retirera un certain nombre de points sur votre permis.

Ces contraintes sociales sont efficaces pour la plupart des gens, mais ont deux inconvénients majeurs. Le premier est qu’elles ne permettent pas aux populations d'apprendre des comportements alternatifs plus appropriés. Le second est de provoquer des effets secondaires désagréables chez le citoyen, comme la culpabilité ou la honte par exemple. Ces sentiments sont le résultat d’un conditionnement de nos comportements sociaux, en lien justement avec des conséquences punitives instituées (le fait de mentir par exemple provoque généralement un mal être physiologique nommé culpabilité, qui n’est rien d’autre que le résultat d’un apprentissage : tromper autrui a souvent été suivit d’une réprimande).

Il existe pourtant une autre façon de changer les comportements, beaucoup plus « fun ». En 2009, l’entreprise Volkswagen, a organisé un concours, « The fun theory », qui s’inspire d’un principe psychologique appelé le renforcement positif. Il s’agissait pour les participants de proposer un projet permettant de changer un comportement d’intérêt social ou sanitaire en utilisant ce principe de renforcement positif. Le gagnant du concours a mis au point un « radar loterie ». Son invention a permis de réduire la vitesse des automobilistes en les motivant à participer à un tirage au sort : à chaque fois qu’ils respectaient la limite de vitesse autorisée (30 km/h), leur plaque d’immatriculation était photographiée puis tirée au sort chaque jour pour gagner de l’argent ou des bons d’achat. Sur les 3 jours d’expérience, le taux de réduction de la vitesse moyenne a été de 22%.

 

Pour visionner toutes les expériences du concours, allez sur le site www.thefuntheory.com

De telles expériences pourraient largement inspirer nos gouvernements. Car dans le contexte social et politique actuel, il est certain qu’un peu de « fun » pourrait nous aider à nous lever chaque matin.