Inégalités mondiales : les absurdes statistiques d'Oxfam

"Les 1% les plus riches vont bientôt détenir 50% de la richesse mondiale, soit plus que les 99% restant", "85 personnes détiennent autant que 3.5 milliards d'autres" voilà quelques uns des titres que vous avez pu lire hier suite à la publication d'un nouveau rapport de l'ONG Oxfam sur les inégalités mondiales. Le tout illustré d'infographies, ou de photos de bon goût mettant en abîme des Africains aux yeux couverts de mouches et des ploutocrates allumant leur gros cigare avec des billets de 100 dollars dans une Lamborghini plaquée or.

Les inégalités sont un sujet important, ce qui est une raison de les traiter sur la base de faits. Or les données d'Oxfam, fondées sur un rapport de la banque Credit Suisse dont ils ont prolongé les courbes, sont trompeuses. Pour afficher des chiffres choc, qui seront aisément repris sans regard critique dans toute la presse, l'ONG donne une image totalement trompeuse des inégalités. Le journaliste Félix Salmon dénonce régulièrement ces données et leur utilisation.

Qui sont les pauvres?

Pour comprendre le problème, on peut regarder ce graphique issu de l'étude de départ, qui montre où se trouvent les patrimoines élevés et bas dans le monde :

gra

Vous voyez tout de suite quelque chose de bizarre : il n'y a aucun Chinois parmi les 10% les plus pauvres du monde. Par contre (triangle en haut à gauche) environ 7.5% des 10% les plus pauvres sont... américains. Comment est-ce possible?

C'est simple : la mesure utilisée est le patrimoine net, c'est-à-dire les actifs des personnes moins leurs dettes. Et de nombreux Américains sont endettés, ont donc un patrimoine net négatif, ce qui les rend plus pauvres que des gens qui n'ont rien du tout.

Précisons : selon ce mode de calcul, un étudiant américain à Harvard, qui a pris un crédit pour faire ses études, est plus pauvre qu'un réfugié syrien qui cherche à survivre dans les montagnes libanaises. La personne la plus pauvre du monde n'est pas un Africain affamé : c'est Jérôme Kerviel, qui depuis sa condamnation doit environ 5 milliards d'euros à la Société Générale, ce qui lui vaut le patrimoine net le plus bas du monde, à moins 5 milliards.

Les Américains qui ont pris un crédit auto sont plus pauvres que des Chinois qui n'ont rien du tout. Selon ce calcul, deux milliards de personnes ont un actif net négatif, ce qui veut dire que même si vous n'avez rien, vous appartenez déjà aux 70% les plus riches; mon neveu, qui joue avec une pièce de 50 centimes d'euros, se retrouve d'un coup plus riche que 2.5 milliards de personnes.

Qui sont les riches?

A l'absurdité de prendre en compte l'actif net s'ajoute celle de faire un calcul au niveau mondial, agrégeant des situations nationales extrêmement différentes. Se poser la question des 1% les plus riches en France, ou aux USA, peut être pertinent; mais les "riches" au niveau mondial correspondent à des situations tellement différentes que ce groupe ne représente rien de précis. Pour entrer dans les 50% les plus riches au niveau mondial, il suffit d'un patrimoine net d'environ 3000 euros. Cette somme se trouve sur le livret A de nombreux Français qui n'ont probablement pas l'impression d'être parmi les plus riches.

De la même façon, appartenir aux 1% les plus riches mondialement dans ce rapport nécessite un patrimoine net de 650 000 euros. Ce n'est pas rien, bien évidemment. Mais cela signifie que la personne typique appartenant à cette catégorie n'est pas un jet-setter qui prend des bains de champagne en buvant des pina-colada avec des jeunes filles nommées Amber et Tiffany : c'est un retraité récent qui a acheté un appartement dans une grande ville française il y a une vingtaine d'années; ou le propriétaire d'un petit deux-pièces à Londres, et l'essentiel des propriétaires de résidences secondaires.

Il y a de bonnes chances, si vous êtes en train de lire cet article, que les 1%, ce soient vos papy et mamie. Si vous avez l'accès internet qui vous permet de vous indigner devant le rapport d'Oxfam, vous avez d'assez bonnes chances d'appartenir à ces mêmes riches que le rapport dénonce.

Projections hasardeuses

Pour prévoir l'évolution des inégalités de fortune au cours des prochaines années, le rapport s'appuie sur ce graphique qui prolonge les tendances depuis 2010:

Screen Shot 2015-01-19 at 5.26.39 PM

Sauf que, lorsqu'on prend le graphique sur plus longue période, on obtient ceci :

Screen Shot 2015-01-19 at 5.25.12 PM

Ce qui pose deux problèmes. Premièrement, une illusion de précision : les données sur la richesse mondiale sont imprécises, et les fluctuations qu'on observe sont plus le résultat de cette imprécision que de réels changements. Deuxièmement, pourquoi choisir spécialement l'année 2010 comme déterminant des tendances? Les mêmes données pourraient justifier le titre "les inégalités de fortunes mondiales sont revenues au niveau de l'an 2000" ce qui, vous en conviendrez, est un titre nettement moins porteur que "les 1% les plus riches vont devenir plus riche que tout le monde en 2016", mais plus exact.

 Sensationnalisme nuisible

Soyons clairs : les inégalités sont un sujet important, et leur augmentation dans les pays développés justifie que l'on s'en préoccupe. Mais se fonder sur des statistiques dépourvues de sens, présentées uniquement pour produire un effet de choc médiatique, est contre-productif. Parce que cela encourage les stéréotypes. On entretient les clichés sur l'Afrique misérable et en guerre permanente, oubliant que la réalité de ce continent au cours des dernières années, c'est une croissance économique forte. Lorsque les pays émergents s'enrichissent, les inégalités de fortune y augmentent, parce que tout le monde ne s'y enrichit pas en même temps ; mais cela signifie que le nombre de pauvres diminue, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Lorsque vos statistiques conduisent à considérer que Jérôme Kerviel est plus pauvre qu'un réfugié africain se noyant dans la Méditerranée; que pour réduire les inégalités de fortune mondiales, il faudrait supprimer l'aide au développement et la remplacer par une subvention aux étudiants de Harvard. Avez-vous vraiment éclairé le débat sur les inégalités? Les images-choc sont peut-être nécessaires aux prises de conscience, mais lorsqu'elles sont tellement faussées, elles risquent surtout de conduire à l'indifférence et l'ignorance.

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  • Josette

    Je serais un peu plus reservé. Je pense que le patrimoine net est une bonne indication de la richesse, que suggerez vous d'autre a la place ?

    Les etudiants en amerique meme s'ils ont un tres bon train de vie comparativement aux autres populations d'autre pays, sont effectivement tres endettés et sont dans une situation où leur echec scolaire n'est pas permis. Et je pense qu'il est correct de dire qu'a un instant T ces etudiants américains sont effectivement les plus pauvres de la planete, ils ont juste un bon reseau qui leur font confiance et mise sur eux en leur donnant des moyens temporaire (les usa et leurs banques en l'occurence).

    Mais c'est vrai que je n'aurais pas dis non a ce que le rapport nous fasse une deuxieme analyse en se rapportant aussi sur d'autres indicateurs comme les acitfs sans prendre en compte les dettes. Mais selon moi cette statistique serait nettement moins fiable. Mais question de point de vue je suppose, apres tout si une personne arrive a avoir un pret c'est qu'il est hautement probable qu'il soit capable de le rembourser.

    Quant a se poser la question de l'inégalité de façon national ou mondial, il est vrai qu'il est logique de dire que le patrimoine est inéquitable mondialement dû aux différences économique bien connu des pays. Mais dans la réalité cela ne change pas grand chose, car l'inégalité est aussi nationale. Il me semble qu'aux usa, 1% des plus riches détient 35% des richesse ce qui n'est pas loin des 50%. Par contre pour rentrer dans le top1% il faut 20millions de patrimoine au contre les 650K a l'echelle mondial.
    A noter qu'a l'interieur du top1% les inégalités sont tres forte, ainsi le top0.1% a un patrimoine 5 fois superieur au top1% et le top 0.01% 20 fois superieur au top1%.

    Quant a la projection elle m'a moi aussi fait tilt dans mon esprit. Mais je ne suis pas si surprise que cela. Je pense que derriere tout ça il y a une analyse qui veut que le prix des actifs (actions et autres) vont tres fortement augmenter dans les 5ans qui viennent avec une tendance deflationniste pour les biens de la consommation courante. Je ne pense pas que l'argent injecté par la fed ou bce va profiter au peuple, la majorité de l'argent va aller dans des actifs financier. Je le pense quand je regarde la masse monétaire M0 et M2 aux USA. L'injection de masse monétaire M0 (qui a du etre doublé) en 2008 aux usa ne s'est pas repercuté en M2 meme 5ans apres. Ce qui prouve que les banques n'ont absolument pas preté a la population lambda, mais s'est en servi en tant que reserve et investissement. Et je redoute que cela fasse la meme chose avec la bce en europe aujourd'hui.

    Cependant je vous comprends et vous rejoins car jouer les nostradamus n'est pas une science exact et la prédictions des inégalités est malvenue dans le rapport selon moi.

    Vous sous entendez a la fin, que l'augmentation de l'inégalité n'est pas synonyme de plus de pauvreté, cela me gene un peu. C'est d'ailleurs une idée de bill gates qui a fait grand bruit il y a quelque années. En europe, la pauvreté est calculé de façon relative (niveau inferieur a 60% de la mediane du niveau de vie de la pop), alors qu'aux us, l'idéologie se porte plus sur le fait d'avoir acces a un certain niveau technologique. Personnellement je pencherais plus pour que la pauvreté se mesure relativement. On est riche ou pauvre par rapport a quelqu'un avant tout, c'est en tout cas ce que nous fait ressortir notre société, les gens se comparent implicitement avec leur reussite sociale. La compétition ou meme l'envie de faire travailler quelqu'un a notre place pour des idéologies qu'on defend y est toujours forte, pouvoir faire cela est synonyme de richesse, et etre soumis a cette possession synonyme de pauvreté, je raisonne donc en terme relatif, mais apres tout peut-etre que dans notre inconscient, nous confondons pouvoir sur autrui et richesse. Mais selon moi, etre soumise a quelqu'un de façon economique mais ne pas etre considéré comme "pauvre" est une aberration et c'est pourquoi je refute la notion de "pauvreté en terme absolue".

    Apres si dans une société, la richesse permettrait d'acheter plus sans soumettre les autres humains (grace a des robots par exemple) alors je serais prete à reconsiderer ma position sur la definition de la pauvreté.

    • ph11

      Franchement, considérer qu'un étudiant à Harvard endetté est plus pauvre qu'un Éthiopien famélique, faut le faire, non ?

      D'autres biais dans cette étude : la mesure du patrimoine. D'après Hernando de Soto, les pays du 1/3 monde possèdent un patrimoine énorme, mais non cadastré, faisant à peu près 1/5 du PIB mondial…

      Et puis patrimoine =/= argent sur un compte. Personne n'a 50 milliards sur son compte. Un Bill Gates possède avant tout les actions de son entreprise. Si son entreprise fait faillite, ce patrimoine ne vaudra plus rien.

  • tyler durden

    "Jérôme Kerviel, qui depuis sa condamnation doit environ 5 milliards d'euros"... ce jugement à été cassé depuis... il ne doit plus cette somme

  • dreamer4

    "il y a de bonnes chances, si vous êtes en train de lire cet article, que les 1%, ce soient vos papy et mamie."
    Et donc? ca rend la chose moins choquante?
    Ah oui, il faudrait prendre les millionnaires, et les diviser par la richesse mondiale, mais celle-ci étant largement masquée ( paradis fiscaux) difficile de savoir vraiment
    Ca reste extremement choquant.

  • Marc

    Merci pour cet éclairage. Je suis sidéré de la manière dont de nombreux médias ont repris ces conclusions sans faire de travail d'analyse et de croisement des sources. Travail qui, il me semble, est à la base du travail de journaliste.

  • Geneviève Chénier

    Les enfants ne sont pas comptés puisqu'ils n'ont normalement pas de d'actifs ni de dettes.

  • Oxfam France

    Nous regrettons que M. Delaigue n’ai pas pris la peine de nous contacter pour parler de ces questions.

    Depuis la première publication de son analyse en janvier 2014, Oxfam a été transparente sur la méthodologie utilisée dans le cadre de son étude sur les inégalités.

    Toutes les données sont extraites de l’institut de recherche du Crédit Suisse, une banque d’investissement privée, qui produit ces chiffres tous les ans depuis 2000 : https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=5521F296-D460-2B88-081889DB12817E02

    Les données du Crédit Suisse sont considérées comme une des plus fiables dans la mesure des inégalités de richesse, ce qui n’est pas une tâche facile. La méthodologie permet de prendre en compte l’état réel des richesses, puisque si elle retranche en effet les dettes d’un côté, elle ajoute de l’autre à la fois les revenus, les actifs financiers mais également le patrimoine (propriétés
    foncières notamment), ce qui rend compte de manière plus complète des
    inégalités. Résultat : nous retrouvons parmi les plus 10% les plus pauvres
    27% de personnes en Afrique, 24% en Asie Pacifique ou encore 18% en Inde, qui ont un très faible revenu et pas d’actifs financiers ou non financiers.

    Pour en savoir plus sur notre méthodologie :

    http://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/oxfam_france_-_inegalites_de_richesse_note_methodologique.pdf

    Par ailleurs, aucune des critiques qui se sont exprimées sur notre méthodologie n’a mis en avant de méthode alternative, ou a produit des conclusions qui seraient sensiblement différents des nôtres.

    Concernant les reproches de « Sensationnalisme nuisible », nous ne pouvons
    que souscrire au refus de l’auteur d’entretenir les clichés sur l'Afrique
    misérable et en guerre permanente ». Dans les 135 pages de notre rapport
    « A Egalité » publié en octobre dernier, il n’y a pas une seule « images-choc »,
    au contraire, nous présentons de nombreux exemples positifs, par exemple nous rappelons que le monde a connu des avancées impressionnantes dans le domaine de l’enseignement primaire, qui ont permis à des dizaines de millions d’enfants pauvres d’aller à l’école pour la première fois. En Ouganda, les inscriptions ont augmenté de 73 % en un an seulement (passant de 3,1 millions à 5,3 millions) à la suite de la suppression des frais de scolarité.

    Quant à la question de savoir si le débat sur les inégalités est plus « éclairé », nous répondons avec modestie que le débat ne fait que commencer, à Davos cette semaine, à Addis Abeba dans les prochains mois pour la conférence sur le financement du développement, à l’OCDE, au FMI, à la Banque mondiale et dans de nombreux autres lieux de débat et d’échanges.

    Pour toutes celles et ceux qui voudraient en savoir plus, notre rapport « A Egalité » est disponible ici :
    http://www.oxfamfrance.org/rapports/a-egalite-il-est-temps-mettre-fin-aux-inegalites-extremes

    Nous sommes pour notre part ouverts à la discussion et au dialogue.

    • 1337

      Allez dire cela à ceux qui utilisent vos chiffres pour leur propagande.
      Vos études ne servent uniquement, dans la presse et sur les réseaux sociaux, à affirmer que le "capitalisme dans lequel nous vivons est la raison du mal sur Terre". Je ne caricature pas, on trouve ce genre de propos ici même.

      • TM

        c'est vrai, le capitalisme ne contribue aucunement à différentes misères sociales, économiques, écologiques, morales, on en a tous les jours la preuve.

        • 1337

          ah c'est sur, tous les esclaves des pays communistes sont tellement tellement riches et ces pays sont tellement moraux et écolo.

          • TM

            que vient faire le communisme là-dedans...?

          • 1337

            Je vous retourne la question : que vient faire le capitalisme là-dedans ?

          • TM

            normalement une question est plutôt faite pour y répondre que pour la retourner (j'attends toujours). je réponds à la vôtre : le capitalisme c'est pour moi, pour résumer, la négation de la répartition des richesses, en faveur d'une accumulation du capital par un petit nombre - qui en pratique prive le reste et l'exploite. A partir de là les différentes misères s'en déduisent (notez que même celles et ceux qui sont du côté "riche" peuvent être touchés : aliénation due à la surcharge éventuelle de travail par exemple, le côté écologique dont je parle ça touche tout le monde, même si pas forcément dans les mêmes proportions, entre autres exemples).
            Mais bien sûr si ça n'a strictement rien à voir et que les causes sont toute autre je suis preneur d'une explication (sait-on jamais).

          • 1337

            Dans ce cas nous n'avons pas les mêmes définitions des mots. Ce que vous décrivez est le socialisme. Le capitalisme lui est apolitique, il n'y a pas de répartition imposé.

          • TM

            La négation du socialisme vous voulez dire.
            La répartition est imposée par les possédants des moyens de production, en tout cas en pratique.

    • Westxi

      Pourquoi ne pas intégrer les dettes , c'est de l'argent, non ?
      Elles font partie de la richesse (si j’achète un bien à crédit j'en dispose et il participe de mon niveau de vie, même si dans la pratique il appartient à mon créancier tant que je ne l'ai pas remboursé). Incidemment, les plus riches sont, parfois, les plus endettés. faut-il, pour autant, les considérer comme "pauvres" ? Sur ce point votre parti pris m'échappe.
      Il est simplement à craindre que le bilan soit alors pire encore, non ?

    • Pol Info

      Pour info : http://www.huffingtonpost.fr/2016/01/20/davos-inegalites-pauvrete-oxfam_n_9017686.html?utm_hp_ref=france
      cela donne un autre regard sur les données d'Oxfam et sur leur vision patrimoniale de la richesse en négligeant les données de la Banque mondiale...

  • Zumbi

    Je suis consterné par la tonalité de certains propos ici. Cela fait plus de quarante ans que je milite pour plus de justice sociale, on n'a jamais fait avancer le schmilblik en publiant des chiffres faux ou en dénonçant comme complices des riches les gens qui essaient de discuter rigoureusement les faits et les instruments de mesure. On n'a jamais soigné une maladie en refusant de vérifier les diagnostics ou les tests de laboratoire, ni en insultant celui qui conteste vos observations. L'abus de graphiques biaisés est un désastre, les batailles de com' remplaçant les batailles d'arguments. Et plus les attaques contre les maîtres de la richesse sont stupides, plus ils dorment tranquilles.
    Je me souviens des discussions à n'en plus finir sur "les privilèges des enseignants" alors que les chiffres qui avaient été lancés par un personnage politique à la télé étaient très au-dessus du traitement que j'ai atteint au bout quarante années d'enseignement (au demeurant le monsieur qui avait lancé ça est empêtré jusqu'au cou dans des affaires concernant des comptabilités étranges de son parti et de ses copains : lancer des chiffres n'a jamais été une garantie de sérieux en soi).
    Merci aux quatre ou cinq personnes qui donnent de réels arguments dans le débat sur les chiffres d'Oxfam, cela s'appelle un débat scientifique et démocratique, et ça prouve qu'on peut essayer d'être sérieux. Et discuter ces chiffres-là, ce n'est absolument pas contester le travail d'Oxfam par ailleurs.

  • http://1671137.fr/blog/ Cristophe

    Je n'ai pas tout le savoir, peut-être pas la capacité de tout bien comprendre, mais je veux bien qu'on me dise "c'est compliqué, bla bla" et qu'on essaie de me faire comprendre ou qu'on m'apporte un point de vue ; qu'on ne le fasse pas, qu'on simplifie à l'extrême, serait me prendre pour un idiot, prendre "les gens" en général pour des idiots, mais peut-être ai-je tort de croire en un minimum d'intelligence... Puis toute réflexion ne m'empêche pas d'être sensible aux inégalités, ça ne m'enlève rien.

  • tlefeuvre

    Cher monsieur, ne faisons pas comme si les inégalités dans le monde n'étaient pas le mal du siècle... Je ne parle pas de Kerviel mais bien des 4 milliards de personnes sur terre qui n'ont pas accès a l'eau potable. En ce sens, votre article est encore plus nuisible que les chiffres auxquels vous faites référence.

  • Lvovschi Didier

    Soyons sérieux ! Ce sont les NIVEAUX DE VIE qui sont à prendre en compte ! Un étudiant américain est logé, nourri, roule en voiture, a un apple book, un Iphone, la TV, un soutien familial ou un job, une couverture sociale même s'il rembourse un crédit sur le long terme. Le réfugien syrien n'a que les yeux pour pleurer ! Voilà où mènent les théories néo-libérales : à zapper le Reel. Bienvenue dans la mondialisation heureuse où tout le monde s'enrichit...sauf les pauvres !

    • 1337

      Mais vous lisez ? Si oui alors vous ne comprenez rien ?

  • JB

    Dommage que Delalgue soit le premier à employer les méthodes qu'il critique chez les autres... Ça lui enlève beaucoup de crédibilité et ne le fait pas du tout passer pour quelqu'un d'honnête...
    FTL...

  • 1337

    Comme si la richesse avait de l'importance. Vous semblez tous oublier que la plupart des habitants de cette planète n'ont pas accès aux banques, au crédit, à la finance, à l'investissement et tous les services qui vont avec. A quoi me servirait tout l'argent du monde si je ne peux rien en faire ? La liberté économique est le problème des peuples et cette liberté est entravé par les États.

  • Vehk Ansu-Gurleht

    "leur augmentation dans les pays développés justifie que l'on s'en préoccupe."
    Parce que leur augmentation dans les pays où on ne peut pas boire d'eau potable non contaminée par les excréments du voisin, pas manger autre chose que de la boue ou de l'écorce d'arbre, pas aller à l'école mais plutôt aller à la mine sous le regard malveillant de mercenaires... L'augmentation dans ces autres pays ne "justifierait pas qu'on s'en occupe" ???

    Votre article, Môssieur, semble avoir été écrit tout entier pour préserver les privilèges de classe de la partie la plus riche du monde, et masquer une vérité qui dérange les opportunistes voulant se hisser au sommet en marchant sur les autres.

  • Pol Info

    Entièrement d'accord.

  • http://about.me/ThierryCurty Thierry Curty

    "Qui sont les riches?" exactement la question que pose mon article publié sur mon blog (mais un jour avant, mdr), qui apprend aux gens qu'en gagnant 28'700€/an en France, on est déjà dans le 1%.

    http://lemondeenchantier.com/blog/le-1-detient-99-de-la-richesse/

    Dénoncer l'inégalité, c'est bien, mais en réalité une bonne part de l'inégalité provient surtout de l'absence de richesse dans une partie du monde, plus que de l'injustice.

    Le nombre de pauvres a été divisé par trois en 20 ans, mais selon NOS critères. L'indien d'Amazonie est-il pauvre? Se pense-t-il pauvre?

    • marc

      Qui sont les riches pourrait être remplacé par qui sont les nouveaux pauvres ? Petites retraites,stagiaires payés uniquement par l'état,travailleurs pauvres,emplois saisonniers,temps partiel etc..... La situation s'est dégradé depuis les années Reagan-Thatcher en favorisant les riches par des baisses d'impôts pendant que l'endettement a explosé .Comment peut-on oser comparer un Indien d'Amazonie avec nous ? J'ai vécu en Guyane et pour des motifs de basse politique le pouvoir en place a voulu de nouveaux Français ,donnant des CNI à des indiens ,cartes de vote et des allocations financières . Super me direz vous la civilisation a porté ses bienfaits au sauvage ? Les pauvres se sont retrouvé avec de l'argent pour la première fois et des personnes pour leur créer de nouveaux besoins ( pour les débarrasser de leur argent ) . Résultat alcoolisme,abandon de la chasse ,destruction de culture millénaire . Merci à la civilisation .Qui est les civilisé ? Celui qui crée des besoins qui détruisent l'habitat ,qui détruisent les hommes ,qui anéantit des groupes organisés ( tribu) pour apporter la nationalité Française ? Nous discutons de qui est pauvre ou pas ,sans même voir les SDF TOUS les jours dans nos rues .QUI sont ils,ou plutôt QUI étaient ils ? Ex classes moyennes,divorcés,licenciés,alcooliques...........On ne les voit plus,vous ne les voyez pas ,vous voyez ou pensez voir le monde sans même voir en bas de chez vous votre propre concierge,votre propre voisin qui se débat dans des problèmes insurmontables . IL est rassurant de feindre de s'occuper de ce qui se passe au loin ,cela permet de se débarrasser du quotidien et de la réalité .

  • TM

    certes l'auteur s'est un peu protégé en écrivant "les inégalités sont un sujet
    important" (premier prix de la phrase la plus bateau du monde), et je suis complètement d'accord le sensationnalisme c'est pas terrible en soi
    (d'ailleurs merci à france tv info pour le titre de son article).
    et leurs chiffres sont sans doute un peu pourris. cela dit, on s'en fiche
    un peu, si c'est pas 62 pour 3.5 milliards ou je sais pas combien, mais
    10000 pour 1 milliard, c'est déjà problématique.
    leur argument selon lequel le sensationnalisme pour "éveiller les
    consciences" ça n'aide pas du tout à réduire les inégalités, on pourrait
    aussi y répondre qu'écrire un article où on passe largement les 3/4 du
    temps à démonter l'autre article dont l'intérêt réside plutôt dans sa
    conclusion, en se contentant d'écrire juste deux fois un timide "les
    inégalités sont un sujet important", et sans donner la moindre idée de
    mesure alternative, ça aide pas des masses non plus.
    Ce à quoi l'auteur s'empresserait de dire certainement oui mais non en fait
    c'est pas plus des 3/4 ça dépend comment on compte, par nombre de
    lignes, et si j'avais écrit en anglais ou en morse ça change, ou par
    nombre de caractères, et puis aussi combien de caractères t'attribues à
    un graphique, etc.
    Dans le tout petit quart qui reste (les deux derniers paragraphes), il y fait enfin un peu de fond. Et tout compte fait il aurait pu s'en passer.
    "l'Afrique misérable et en guerre permanente", il doit bien y avoir des raisons
    pour lesquelles ce "cliché" est souvent ressorti, un peu liées justement
    à ce que dénonce l'article d'oxfam, mais passons.
    L'idée importante c'est le classique tirage par le haut, "Lorsque les pays
    émergents s'enrichissent, les inégalités de fortune y augmentent, parce
    que tout le monde ne s'y enrichit pas en même temps ; mais cela signifie
    que le nombre de pauvres diminue, ce qui est plutôt une bonne
    nouvelle." [aïe ce "plutôt" l'a trahi^^], autrement dit la caution des
    inégalités sous couvert de bénéfices ridicules aux plus pauvres. En soi
    oui peut-être dans un premier temps leur "niveau de vie" (santé etc) de
    ces "pauvres" s'améliore en moyenne, pour peu qu'on redistribue un peu
    (il suffit d'assez peu quand on part de très bas pour avoir des
    résultats), mais après ? les inégalités restent.
    "Lorsque vos statistiques conduisent à considérer que Jérôme Kerviel est plus
    pauvre qu'un réfugié africain se noyant dans la Méditerranée; que pour
    réduire les inégalités de fortune mondiales, il faudrait supprimer
    l'aide au développement et la remplacer par une subvention aux étudiants
    de Harvard. Avez-vous vraiment éclairé le débat sur les inégalités?" :
    un esprit de déduction et de bonne foi à couper le souffle, dénués de
    tout stéréotype ou sensationnalisme dénoncés plus haut.

  • Christian Abel

    Vous êtes un rebus de l'éducation nationale.