La croissance vers l'infini, et au-delà

"Celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste". Difficile, de nos jours, d'échapper à cette citation attribuée à l'économiste Kenneth Boulding. Enoncée de manière sentencieuse comme une vérité d'évidence, elle est le prélude obligé à tous les pensums qui nous engagent à changer au plus vite de mode de vie, ou plutôt de "paradigme" (le vocabulaire jargonneux est important), de nous "désintoxiquer de la croissance" car "la planète n'est pas infinie".

Chacun est libre de promouvoir les modes de vie qui lui plaisent, de la manière qui lui convient. Mais cette citation, jetée comme une évidence pour clore toute discussion, est bien moins logique qu'il n'y paraît. Elle suggère que les économistes "croient" à une croissance infinie; elle suggère que cette croyance est une "folie". Or, ces deux idées sont très discutables.

La croissance exponentielle n'est pas une idée absurde

Lorsque quelque chose augmente d'un pourcentage constant chaque année, on parle d'une croissance exponentielle. Si cette croissance exponentielle se maintient longtemps, on arrive très vite à des nombres extrêmement élevés. Par exemple, la population française croît à environ 0.5% par an. Cela peut sembler minime. Mais si ce rythme est inchangé au cours des 2000 prochaines années, la population française atteindrait environ 1 400 milliards d'individus en l'an 4000. Inutile de dire que les français se sentiraient alors un peu à l'étroit, puisque cela signifie que chaque mètre carré du territoire serait occupé par 2.5 personnes.

Une simple calculatrice permet donc de considérer qu'il est assez peu probable que la population française continue d'augmenter à ce rythme au cours des 2000 prochaines années. Mais que conclure de ce calcul? Pas grand-chose. Nous n'avons pas la moindre idée de ce que sera le monde dans 2000 ans, pas plus que nos ancêtres de l'an 14 n'avaient la moindre idée de ce qu'est le monde maintenant (à l'époque d'ailleurs, "la France" n'existait pas). Cela peut constituer un jeu intellectuel amusant, mais rien de plus.

Par contre, nous avons souvent besoin de nous projeter dans l'avenir proche. Et pour cela, projeter dans l'avenir immédiat les tendances actuelles est un exercice qui a des limites, mais qui peut être fort utile. Un scénario dans lequel la population française continue de croître pendant les 25 prochaines années comme elle l'a fait au cours des 25 précédentes est intéressant par exemple pour imaginer l'avenir des systèmes de retraites, les besoins en construction de logements, en production agricole, etc. Ce n'est pas parce que ces projections deviennent absurdes lorsqu'on les fait à des échéances très lointaines qu'elles sont inutiles à une échelle de temps raisonnable.

La question de la croissance économique se pose dans les mêmes termes. Projeter la croissance actuelle sur des millénaires dans l'avenir est absurde; en conclure que raisonner pour quelques décennies à venir sur une croissance positive n'a aucun sens est complètement crétin. Ce serait comme dire qu'on peut s'arrêter de vivre tout de suite parce que le soleil va s'éteindre dans 5 milliards d'années.

Les économistes ne croient pas à la croissance infinie

Contrairement à une légende tenace, les économistes ne sont pas une secte de lézards unifiée dans le culte de la croissance. C'est même plutôt l'inverse. Quiconque s'intéresse aux modèles économiques de croissance, à la façon dont les économistes décrivent celle-ci, fera toujours le même constat : aucun de ces modèles ne suppose la perspective d'une croissance infinie. Les économistes classiques, avec Malthus ou Stuart Mill, supposaient que les économies tendaient vers un état stationnaire, état dans lequel population et revenu par personne ne changent plus. Aujourd'hui, le modèle principal de l'analyse économique de la croissance - le modèle de Solow - aboutit lui aussi à un état stationnaire.

La seule possibilité, selon l'analyse économique, pour avoir une croissance entretenue, ne pas aller vers un état stationnaire, est le changement technologique. C'est à dire, le fait d'utiliser plus efficacement les ressources existantes. Il faut le répéter : sans cela, aucun économiste ne considère que la croissance peut se poursuivre.

Et ce qui caractérise le changement technique, c'est qu'il est imprévisible. Par définition, nous ne savons pas ce qui sera inventé dans l'avenir, puisque si c'était le cas, nous l'aurions déjà inventé. Certains modèles économiques tentent de caractériser ce phénomène, en essayant d'identifier les facteurs qui rendent les sociétés plus inventives et leurs conséquences sur la croissance; tous ces modèles reposent sur des hypothèses sur la capacité à générer des inventions. Sans cela, pas de croissance possible.

Les limites de la planète ne sont pas des limites de la croissance économique

Le PIB mondial a été multiplié par 55 depuis l'an 1500; pourtant, la taille de la planète terre n'a pas beaucoup augmenté dans cette même période. Cela devrait suggérer que, si tant est que la "finitude" de la planète est une limite potentielle à la croissance économique, cette limite est plus difficile à déterminer qu'on ne le croit. Il est clair que la croissance passée a reposé sur l'utilisation de sources d'énergie (charbon, pétrole) qui ne sont pas infinies. Mais il est tout à fait possible d'avoir une croissance économique positive avec une énergie plus rare et plus coûteuse. Déjà, toute la consommation d'énergie mondiale ne nécessite qu'une part minime de l'énergie solaire qui arrive sur la planète. De manière générale, déduire de contraintes physiques des limites de la croissance économique signifie qu'on ne comprend pas de quoi est faite la croissance économique.

Celle-ci n'est en effet rendue possible que par l'accumulation d'idées et de nouvelles techniques. Le pétrole n'était qu'un polluant des nappes phréatiques avant qu'on n'invente des techniques chimiques permettant de le transformer en matières utilisables. Savoir combien de temps durera encore la croissance économique ne dépend pas de calculs sur les limites énergétiques des techniques existantes mais de la capacité future à inventer des techniques permettant d'utiliser de manière toujours plus efficace les ressources existantes.

On connaît un peu les mécanismes sociaux permettant de générer de nouvelles idées, mais ceux-ci restent largement mystérieux, et résistants aux idées simples. Si une ressource est très utilisée, son prix va augmenter, ce qui fait qu'il devient financièrement avantageux d'inventer des nouvelles techniques. Par exemple, la raréfaction du pétrole pousse à la recherche de nouvelles sources d'énergie. Mais ce mécanisme ne fonctionne pas toujours : le prix payé pour utiliser l'atmosphère terrestres pour y déposer des tonnes de CO2 reste obstinément égal à zéro. On n'a pas encore réussi à mettre en oeuvre un mécanisme social efficace qui permettrait d'éviter que cela ne cause des catastrophes; peut-être que nous n'y parviendrons pas et que les catastrophes arriveront. Il y a même des modèles économiques qui décrivent l'apocalypse qui survient dans les sociétés qui ne parviennent pas à résoudre ce genre de problème.Encore une fois, le problème n'est pas l'épuisement d'une ressource, mais l'absence d'idée d'un mécanisme social permettant d'éviter les catastrophes que cela pourrait causer. Les limites de la croissance sont intellectuelles, pas physiques.

La vraie nature de la croissance

Nathan Rothschild, à sa mort en 1836, était l'homme le plus riche du monde, avec une fortune personnelle de l'ordre de 120 milliards de dollars d'aujourd'hui, soit plus que la personne la plus riche du monde actuel. Toute sa fortune ne lui a pas permis de survivre à une septicémie consécutive à un abcès mal soigné. Aujourd'hui, les antibiotiques (inventés dans les années 1930) qui auraient permis de le soigner sans dommages coûtent quelques euros. Même les personnes les plus pauvres de la planète peuvent aujourd'hui se payer ce que Nathan Rothschild n'a pas pu s'offrir.

C'est cela, la croissance économique. Très peu de gens aujourd'hui pourraient se payer l'immense propriété, les centaines de domestiques, dont disposait Nathan Rothschild. Mais de très nombreuses personnes d'aujourd'hui n'ont pas besoin de domestiques pour allumer les bougies de la maison, vider les pots de chambre, et entretenir les feux de cheminée, parce qu'ils ont des ampoules électriques, l'eau courante et le chauffage central; peuvent utiliser une voiture qui coûte 6 mois de salaire médian pour se déplacer à une vitesse, et avec un confort, inconnu à l'époque; et envoyer des photos de chat à la planète entière bien plus vite que le réseau de pigeons voyageurs qui a, selon la légende, fait la fortune de Rothschild.

La vraie question pour la croissance future n'est pas celle de l'épuisement des ressources utilisées aujourd'hui; c'est la faillite de l'imagination de sociétés tellement nombrilistes qu'elles n'imaginent pas que l'avenir puisse être autrement que le présent. C'est cette faillite de l'imagination sous la pression du managérialisme. Il est tout à fait possible que cela conduise à la fin de la croissance; mais si cela arrive, nous ne pourrons que nous le reprocher, plutôt que de croire que c'est la conséquence inéluctable d'un mode de vie insoutenable.

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  • Gilbert Kantin

    La croissance est comme la science, elle est infinie.
    Pour ce qui concerne les ressources matérielles, la finitude ne concerne que notre planète. Toute cette théorie sur la croissance finie n'est qu'un avatar du malthusianisme.

  • enfaitpourquoi

    L'article est intéressant, mais sa conclusion est archi fausse. L'imagination de nos siciétés est en perdition? ah bon? mais quid des inventions en médecine, de celles en spatial, des technologies informatiques, robotiques, de l'ingéniérie génétique, des nanotechs,... la liste est longue des inventions de notre présent.

    • adoque

      " L'article est intéressant, mais sa conclusion.... "

      Hé, c'est un Professeur d'économie qui nous parle d'économie 😉
      pensez-vous qu'il puisse en faire abstraction ?

    • ol2

      Oui, tant que nous faisons de la recherche.
      Or, aujourd'hui, la recherche souffre fortement et les jeunes ne trouvent plus de postes. Tout est "managé", les postes de travail désindividualisé, anonymisé, le monde du travail, des entreprises, hormis les petites entreprises, est asceptisé, l'employé n'est plus qu'un robot qui fait ce qu'on lui dit, rares sont ceux qui peuvent encore avoir de l'initiative, innover, sortir un peu des clous ... Non, tout est contrôlé sous statistiques, DLA, indicateurs, ...
      Notre recherche est en train de mourrir, surtout en France. Mais c'est aussi pareil ailleurs. Les seuls domaines encore viables sont ceux des lobbies sur les ressources existantes (pour mieux les utiliser jusqu'au bout, comme le pétrole), en rien l'innovation en d'autres domaines qui tueraient ces lobby.
      Regardez bien ! L'électricité et le pétrole ont tué l'industrie du charbon, et aujourd'hui l'industrie du pétrole, très puissante, lutte pour ne pas disparaitre à son tour (c'est de l'inovation pensez vous ? Non, toute notre économie est basée dessus ... et pourtant elle ne fonctionne plus !).
      Y a-t-il des recherches pour contourner le pétrole ? Oui. Mais tout est fait pour les décourager d'une part, et pour pas qu'elle se déploie d'autre part.
      L'ampoule à incandescence a tué l'industrie des chandelles.
      Le moteur a explosion a tué les maréchals ferrands.
      La poste a tué les pigeons voyageurs.
      L'informatique a tué la dactylographie (les armées de secrétaires ...), tue la poste, tue les journaux, ... libérant tout autant de ressources (pétrole, papier, ...) car l'informatique est une ressource.
      Mais que fait-on ? Plutôt que d'essayer de changer le modèle économique et social vieillissant, on tente à tout prix de le préserver, le sauver.
      L'espèce qui survit n'est pas l'espèce la plus forte mais celle qui sait le mieux s'adapter au changement.
      Or, planétairement, économiquement, socialement, sociologiquement, scientifiquement, ... le changement est initié, il est là. Mais nous ne nous y adaptons pas, on essait toujours de coller l'ancien système sur le nouveau ... Ca ne peut pas fonctionner.
      L'age d'or de la science a révolutionné les choses durant le 20e siècle et encore aujourd'hui mais il faut prendre garde que cet age d'or que nous connaissons n'amène pas un age noir derrière ou, comme au moyen age, nous nous replions sur nous même sans vouloir que les choses ne changent.

      • Hotsoup

        2 aberrations dans votre commentaire:
        - Le pétrole a tué le charbon: renseignez-vous, le charbon ne s'est jamais porté aussi bien qu'aujourd'hui. Et sa production n'a cessé de croitre. Il n'y a qu'en France grâce au nucléaire qu'on s'en passe relativement.
        - L'âge noir du moyen-âge... Là, il faudrait carrément revoir vos certitudes. Cette "théorie" a été très largement revue, le moyen-âge a aussi été une période très fructueuse de découvertes/redécouvertes.

    • Olivier Khai

      Absolument. On n'arrête pas d'inventer. D'une manière générale, identifier avec certitude inventivité technologique avec croissance, est un raccourci trop simple, que Delaigue ne démontre pas du reste. Certaines inventions produisent de la croissance, d'autres vont dans le sens inverse. Rien n'assure que des évolutions technologiques majeures à venir se traduisent inévitablement par de la croissance. Le croire est aussi absurde que penser que la croissance se traduira nécessairement par de la création nette d'emplois.

    • bigben

      ???
      Vous devriez relire la conclusion : il dit que ce qui pourrait conduire à des problèmes de croissance, c'est la faillite de l'imagination (un peu différente de la recherche, au passage).

  • xavier

    La croissance est le fruit de l'imagination de l'Homme mais la Terre a des ressources finies. Bien sûr que les ressources en pétrole diminuent et même en forant d'autres puits nous arriverons à exploiter encore cette ressource durant quelques décennies . Comme le disait Lavoisier "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" le pétrole se transforme en gaz grâce à la combustion, l'uranium se transforme en d'autres atomes radioactifs que l'on qualifie de déchets... Tout cela pour dire que prenons un élément fossile qui sert à créer de l'énergie ou à concevoir un objet pour créer de l'énergie ( panneau photovoltaïque, éoliennes ... ) il faudra toujours avoir de la matière pour créer des choses or on connait l'ensemble des atomes sur la planète et on ne risque pas d'en trouver d'autres grâce au progrès technologique. En somme, on en arrive bien au fait que toute matière étant disponible en une quantité donnée à force de l'exploiter on tend vers la complète disparition de cette ressource qui a été transformé . Et épuiser des ressources et des ressources pour satisfaire des lois économique ça s'appelle du pillage !
    Donc les limites de la croissance sont physiques, pas intellectuelles. A moins qu'un jour nous trouvions comment à partir de 100% de matière A qui se transforme en des produits de B à Z à refaire 100% de la matière A de départ. Or à chaque transformation physique et chimique il y a des pertes même infimes mais qui deviennent énorme en les additionnant !

    On ne peut pas comparer Rothschild à des personnes vivant de nos jours avec des conditions de vie sommaire , on est pas dans la même époque. Par contre on peut comparer Bill Gates et ces personnes là on voit le gouffre ! C'est comme si on comparait Homo Habilis à une personne vivant en 2014 bien sûr que ce n'est pas le même niveau de vie ! Comparons ce qui est comparable !

    • HEPHENDY

      Si vous reconnaissez la loi de Lavoisier, vous ne pouvez pas dire plus bas, dans vos explications, qu'il y a des pertes infimes. Qu'il y ait des transformations que l'on arrive pas à quantifier, peut-être. Mais des pertes, non.

      • xavier

        Merci de votre commentaire.
        Par "perte" je veux dire que les produits vont devenir des réactifs qui vont réagir et se transformer en d'autres produits qui n'est pas forcément celui de départ .
        Plus précisément quand on a une ressource A brut elle se transforme en plusieurs produits de B à Z ( par exemple CO2(g), NOx(g) , H20(g) ... ) et qu'il est impossible du moins aujourd'hui de refaire à 100% le produit A à partir des produits B à Z. Parce que d'une part des réactions sont irréversibles et d'autres part même si certaines sont réversible dans un système ouvert comme l'environnement de notre Terre ces produits B à Z vont devenir à leur tour des réactifs qui vont réagir pour donner des produits, d'où la loi de Lavoisier : "tout se transforme" . Or ce qu'on voudrait c'est avoir 100% du produit A c'est à dire une réaction cyclique , or vu que nous ne somme pas dans un système fermé ( un thermos est un système fermé ) cette matière va se transformer en d'autres produits .
        J'analyse les choses avec mes connaissances de deux années de licence de Physique-Chimie ce qui est bien sûr une approximation car je n'ai pas toutes les connaissances et que je vulgarise pour que tout le monde puissent comprendre.

        • HEPHENDY

          Il est vrai qu'aujourd'hui, nous gaspillons beaucoup parce que nous croyons posséder des réserves intarissables. Nous perdons la moitié de la production électrique dans le transfert THT. Nous envoyons l'eau chaude que nous utilisons directement à l'égout, sans récupérer les calories. Depuis que nous extrayons le pétrole, nous avons brûlé dans les torchères des millions de tonnes de gaz. Alors que l'on peut faire des quantités de choses avec 1 litre de pétrole, nous préférons le brûler. La liste serait encore longue, mais un jour, quand nous serons au bout des ressources, nous chercherons comment faire autrement. Le problème est que nous nous y prenons toujours lorsqu'il est trop tard.

        • Yves Lrx

          La terre n'est pas un système fermée ? ...

    • Axonn Brutaka

      "En somme, on en arrive bien au fait que toute matière étant disponible en une quantité donnée à force de l'exploiter on tend vers la complète disparition de cette ressource qui a été transformé"

      Il y a une limite quelque part, oui. Mais à quel horizon ? Un iPhone d'aujourd'hui est fabriqué avec autant de métaux rares que le 1er agenda électronique Apple (échec commercial total). Or, sa mémoire est 1000 fois supérieure, etc. D'ailleurs on pourrait le fabriquer à partir de déchets électroniques anciens. C'est juste que pour l'instant ça coûte moins cher de le produire à partir des mines.

      L'utilisation de la matière à 100% de ses possibilités est très lointaine. Même au rythme de croissance actuel, pas sûr qu'on l'atteigne avant la fin de l'Humanité. Oh, de toute façon je doute qu'on tienne jusqu'à la fin du Soleil, qu'on applique les recettes des décroissants ou non.

    • lyseam

      "Or à chaque transformation physique et chimique il y a des pertes même infimes mais qui deviennent énorme en les additionnant !"

      pas vraiment non. A moins de réactions nucléaires ou d'envoi dans l'espace (et encore on reçoit bien des météorites de l'espace)

      en revanche il va être assez long (voire devenir impossible) de reproduire à temps pour un renouvellement la matière première : tout ne se recycle pas assez vite et ou à moindre coût environnemental et/ou temporel (et recycler de l'un industriellement consomme de l'autre) par exemple le charbon ou le méthane. Le dioxyde (ou parfois monoxyde) de carbone produit lors de la combustion ne nous est pas très utile pour retrouver -restituer à la nature- in fine du charbon ou du méthane (gaz de ville). Même en passant par la respiration des arbres (qui disparaissent globalement) il faudrait une éternité pour refixer dans un composant solide qui nous soit utile de façon aussi compétitive que le charbon ou le gaz (ou etc..) le carbone de l'ensemble du dioxyde de carbone gazeux produit par combustion.....

      sinon d'accord pour le reste

      bien sûr comparons ce qui est comparable

      mais cet article n'est pas une démonstration c'est un sophisme , une manipulation oratoire qui commence dès que le journaliste fait semblant de reconnaître le fait que la croissance infinie n'existe pas et que la démographie galopante est une catastrophe : au lieu de le reconnaître en l'illustrant de façon raisonnable , il force le trait pour que l'argumentation qui remet en cause l'idéologie (suicidaire) de la croissance (en personnes comme en biens) paraisse tout de suite au lecteur ridicule (énorme de ridicule) puis ensuite il se positionne à très courte échelle, éludant le problème réel . Il réutilise cette méthode un peu plus loin avec sa comparaison d'à travers les âges (illustration ridiculisant l'argumentation anti-écofumiste pardon anti-économiste) mais éludant totalement le contexte pourtant primordial de la réalité !

      ou encore comment se raccrocher aux branches en se contorsionnant et ne pas avoir l'air trop idiot alors qu'un jour la réalité rattrape et donne malheureusement raison à ceux qui dénonce les pro-croissance pro-consommation à tout va...

      La réalité est toujours sentencieuse.

    • bigben

      Attention, la terre n'a pas "des ressources finies". Elle a une quantité de matière finie et elle reçoit de manière constante une quantité d'énergie qui peut donc être "infinie" (au sens où si on pouvait l'empiler, le tas augmenterait sans limite).
      Sur le fait de ne pas comparer, je ne suis pas d'accord : c'est le travers des approches écologistes du type "mesurez votre empreinte planétaire").
      Elles oublient une hypothèse de base : "si les technologies ne changent pas). La terre pouvait nourrir quelques dizaines de milliers de chasseurs cueilleurs de la préhistoire et elle nourrit bien aujourd'hui 7 milliards d'humains.
      Après, je suis d'accord qu'il y a un problème de partage des ressources (on produit assez d'aliments pour nourrir l'humanité mais 80 millions de gens souffrent de la faim)
      Toutefois, cela ne contredit pas le pont de vue de l'auteur sur la croissance "infinie"

  • HEPHENDY

    Les économistes ne sont pas des physiciens et s'ils ne croient peut être plus à la croissance infinie, ils continuent à se comporter comme si elle n'avait pas de fin.

  • DCE

    Je résume ce que j'ai compris en essayant de retranscrire le ton (arrogant et condescendant) :
    "bande d'idiots, nous les économistes, ne sommes pas tous pour la croissance, mais de toute façon, on est quand même pour, puisque vous n'avez rien compris à la définition de la croissance, et que nous, dans notre définition à nous de la croissance qui bien sûr est la seule possible, savons qu'elle est possible."

    Bref, merci de ne pas vulgariser, de ne pas accepter le débat en parlant d'une autre notion de croissance que celle utilisée dans le débat public, et donc de faire l'anguille.
    De la réponse d'économiste, en somme.

    • lyseam

      excellent commentaire de DCE !

      • bigben

        Vous êtes ironique, j'espère : on a l'impression que DCE n'a lu que le titre !

        Puis que, comme c'est un économiste, il a tort : superbe réponse !

  • bigben

    Magnifique article !
    Et c'est amusant, certains commentateurs, pour le contredire, partent du constat que "les ressources de notre planète sont finies".
    hé bien non .... (cf l'article ou ma propre réponse)

  • Ivan THE

    Je pense que tout le monde à raison, le problème c’est de définir ce qu’est la croissance!

    Pour moi la croissance est infinie si l’on entend par croissance l’évolution humaine vers un mode vie meilleur pour l’ensemble de la planète. L’humain imaginera toujours des moyens d'améliorer son mode de vie.

    Même le faite de revenir en arrière ou d’arrêter une technique peut s’avérer être de la croissance si cela nous permet de mieux vivre. Par exemple il y a quelques années tout été fait pour favoriser les déplacements en voiture (la vie dans les villes en est devenue insupportable à certains endroits, ex: Paris) alors qu’aujourd’hui la tendance et plutôt inverse (on favorise les transports en commun, des routes sont fermées pour redonner de l’espace au piéton, ex: Berge de Seine, etc). Pour moi cela aussi c’est de la croissance puisque cela améliore la vie quotidienne.

    Mais le développement intellectuel, psychique et de la conscience et une croissance qui elle est infinie.

    Par contre la croissance du pétrole elle est finie il n'y a pas de doute.

    ....

    Enfaite tout le problème de cette citation "celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste" et de l'article c'est le mot croissance qui sans mise en contexte, sans mise en parallèle avec un sujet précis ne veut rien et tout dire. Ce mots et trop vague pour êtres utilisés tout seul. Tout le monde y comprend ce qu'il veut.

    -----
    Réponse de jardinier qui ne comprend pas forcément tout en économie et en physique mais qui sait qu'il est très compliqué de discuter en se fessant comprendre.

    • http://www.pierrejenni.ch/ Pierre Jenni

      Vous voulez sans doute parler de prospérité et non pas de croissance.

  • Mathieu

    * même à moyen terme ( 25 prochaines années ) la croissance du PIB a des conséquences catastrophiques (cf Meadows)
    * si les économistes classiques, avec Malthus ou Stuart Mill, supposent que les économies tendent vers un état stationnaire, pourquoi demandent-ils encore et toujours plus de points de croissance ?
    * "utiliser plus efficacement les ressources existantes pour continuer la croissance"... encore une grande confiance en la technologie, hors d'échelle vu la vitesse à laquelle on franchit la limite de la production terrestre annuelle chaque année
    ==> le seul moyen d' "utiliser plus efficacement les ressources existantes" est de changer les comportements, mais surement pas de "consommer plus"

  • curbet_robert

    peu de chances de réponse de la part de l'auteur, mais je tente:
    Que faites vous du paradoxe de William Stanley Jevons ?

  • http://www.pierrejenni.ch/ Pierre Jenni

    "Le problème n'est pas l'épuisement d'une ressource, mais l'absence d'idée d'un mécanisme social permettant d'éviter les catastrophes que cela pourrait causer. Les limites de la croissance sont intellectuelles, pas physiques."
    Mouais...
    Sauf que l'augmentation de la population est plus qu'exponentielle et on ne peut plus physique. Expliquez-moi quel mécanisme social pourrait réguler une telle explosion :
    1800 1 milliard d'habitants
    2014 7 milliards
    2050 9 milliards
    2100 11 millirads.
    En l'espace de 300 petites années, ce qui n'est rien à l'échelle de l'histoire des hommes sur cette planète, nous aurons pratiquement décuplé.
    Alors, à moins d'un séisme d'envergure, genre arche de Noé, ou un Ebola ravageur, la projection semble inéluctable.
    La réponse de Alexandre Delaigue est donc bien une réponse d'économiste qui se débarrasse facilement de certains paramètres incontournables qui ne sont pas juste des projections intellectuelles ou des phatasmes écologiques absurdes, mais bien des réalités physiques dans un monde physique limité.