Ouragan, tempête, typhon : pourquoi leur donne-t-on un prénom ?

Alors que la saison des ouragans bat son plein, deux interrogations surgissent : qui baptise ces dépressions climatiques et pourquoi ? Retour sur une tradition très codifiée, datant de la moitié du XXe siècle.

Tout d'abord, les dépressions climatiques accompagnées de vents d'au moins 118 km/h sont désignées par le terme "ouragan", uniquement si elles se forment dans l'Atlantique-nord et le Pacifique nord-est. Si elles se créent dans le Pacifique nord-ouest, elles prennent alors le nom de "typhon", ou bien "cyclone tropical" dans l'Océan Indien. Concernant le bassin Atlantique nord, les ouragans portent des noms anglais, espagnols ou français en référence aux pays qui bordent l'océan.

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L'intensité des vents est mesuré de 1 à 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson. En dessous de 118km/h, les dépressions climatiques sont catégorisées en tant que tempêtes tropicales.

Une tradition du XXe siècle 

Les météorologues ont commencé à baptiser les ouragans en 1953. Avant cette date, ces catastrophes climatiques étaient nommées selon le Saint du jour où elles dévastées un pays. Par exemple, si un ouragan frappait le jour de la Saint Nicolas, il était par conséquent appelé l'ouragan Nicolas. Mais ce processus se heurtait à une limite : dans le cas - bien que très rare - où deux ouragans se formaient le même jour, sur deux années différentes, il était alors difficile de les distinguer.

Des patronymes recyclés tous les 6 ans 

Depuis 1953, l'attribution des prénoms des ouragans est dirigée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Les appellations sont assignées par ordre alphabétique, suivant une rotation de six listes, chacune composée de 21 prénoms. La première tempête de l'année en cours hérite d'un patronyme commençant par la lettre A, la seconde par un nom en B, et ainsi de suite. Ainsi, en suivant cette logique, la liste de 2017 sera de nouveau utilisée en 2023.

Après Harvey, Irma, Jose et Katia, les prochaines dépressions s'appellent donc Lee et Maria. Née samedi, Lee ne représente aucune menace pour les Antilles. Cependant, Maria classée en catégorie 5, a frappé hier la Dominique et la Martinique - cette deuxième île a été relativement épargnée - avant de s'abattre aujourd'hui sur la Guadeloupe, privant 80 000 foyers d'électricité.

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Liste des noms d’ouragans de 2017 à 2023 dans l’océan Atlantique.

Quelques exceptions

Entre 1954 et 2016, 84 noms ont été bannis de ce tableau. Lorsque la catastrophe naturelle a été particulièrement dévastatrice et/ou meurtrière, l'appellation n'est jamais réemployée afin d'éviter tout traumatisme supplémentaire. C'est notamment le cas de l'ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle-Orléans (Louisiane) en 2005, tuant 1833 personnes. Harvey et Irma, survenus respectivement au Texas le 25 août et en Floride le 10 septembre, pourraient connaître le même sort.

En revanche, les lettres Q, U, X, Y et Z, trop pauvres en choix d'appellations, ont été exclues du catalogue des propositions.

Rare irrégularité 

Dans l'éventualité d'une saison record qui comptabiliserait plus de 21 tempêtes - un fait exceptionnel - celles-ci seront alors nommées selon l'alphabet grec : Alpha, Bêta, Gamma, Delta etc.

La parité des prénoms...

Pendant 26 années, seuls des prénoms féminins étaient utilisés. Mais en 1979, les mouvements féministes se sont opposés à cette tradition, jugeant néfaste l'association des prénoms féminins à des éléments climatiques souvent meurtriers. Depuis cette date, les prénoms masculins ont donc été introduits, favorisant une alternance genrée des patronymes. Il faut également préciser que les années paires débutent par un prénom masculin, tandis que les années impaires commencent par un prénom féminin. Le 20 avril 2017, la tempête tropicale Arlene a lancé la valse des vents.

... source de préjugés

Selon une étude menée en 2014 par des chercheurs de l'université de l'Illinois, les ouragans portant un prénom féminin seraient plus mortels que ceux portant un prénom masculin. Les scientifiques ont répertorié tous les ouragans qui ont secoué les États-Unis entre 1950 et 2012, soit 94 événements climatiques, en excluant Katrina (1833 morts en 2005) et Audrey (416 morts en 1957). Après avoir additionné le nombre de victimes, ils ont comptabilisé 1473 morts lorsque le cyclone portait un nom féminin, alors que ceux portant un prénom masculin comptent 427 décès.

En conclusion de leur enquête, les chercheurs présument qu'à l'approche d'un ouragan portant le nom d'une femme, les habitants prendraient moins de mesures pour se protéger, le jugeant moins dangereux. Les préjugés homme/femme seraient donc la source d'un taux de mortalité plus ou moins important.

Yelen Bonhomme-Allard

Irma : les coulisses de l'ouragan racontés par les journalistes de France 2

Pourquoi les journalistes qui couvrent les ouragans se filment-ils dans la tempête malgré le danger? Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont posés la question et ont critiqué une pratique qu'ils jugent à risque. Pour répondre à leurs interrogations, l'équipe du bureau de France 2 à Washington révèle les dessous du tournage.

Nos journalistes : qui sont-ils ?

Arielle Monange, monteuse vidéo à Washington depuis 1997
Laurent Desbois, caméraman à Washington depuis août 2009
Agnès Vahramian, nouvelle correspondante à Washington depuis septembre 2017

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À Miami, tournage dans un décor de carte postale.

Jeudi 7 septembre : En fin de matinée, Agnès Vahramian et Arielle Monange s'envolent pour Fort Lauderdale, en Floride. Objectif de la mission : montrer comment les habitants de la région se préparent à l'approche de l'ouragan. Avant de partir, les deux journalistes attrapent l'unique paire de bottes de pluie du bureau, et un t-shirt de rechange. Au cas où. "On ne pensait pas rester longtemps donc on est parties avec peu de choses" se souvient Agnès. Irma, encore loin des côtes américaines, est sensée s'abattre sur le sud de la Floride dimanche matin.

Dès leur arrivée en Floride, nos deux journalistes se rendent sur la plage de Miami Beach pour y réaliser un direct destiné au journal de 13h du lendemain. On y voit les habitants qui profitent de la quiétude temporaire de l'océan. Difficile  d'imaginer qu'un ouragan viendra tout balayer dans quelques jours.

Plus tard dans la journée, Agnès et Arielle rencontrent une famille française de Miami. Inquiète, celle-ci décide de fuir vers la ville de Tampa, au centre-ouest de la Floride, en compagnie d'une dizaine d'expatriés. Les deux jeunes filles du couple font leurs valises à la hâte, devant la caméra de notre équipe. La tension est palpable.

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La météo est encore clémente dans les Keys.

Vendredi 8 septembre : Agnès et Arielle guettent la trajectoire de l'ouragan. Celui-ci frappera les îles des Keys en premier. L'archipel composé d'un millier d'îlots est situé à l'extrémité sud de la Floride, à 145 kilomètres seulement de Cuba. Face à l'arrivée imminente d'Irma, les autorités ont émis un ordre d'évacuation dès le mardi. Les touristes désertent les hôtels et les supermarchés baissent leurs grilles. La vie s'arrête. "À partir de ce moment, la situation a commencé à se compliquer", raconte Agnès. "Sur les conseils des locaux, on s'est rendues à la Trading Post, la seule épicerie de la ville encore ouverte". Le petit commerce sert de lieu de tournage à notre équipe qui enregistre, pour son reportage, les derniers préparatifs des propriétaires et des résidents qui y ont trouvé refuge pour la nuit.

Grâce au maire d'Islamorada, nos deux journalistes trouvent quant à elles refuge dans l'hôtel Sunset Inn. Laurent Desbois, notre caméraman, les y rejoint avec dans sa valise, un pantalon imperméable, une paire de bottes et de la nourriture.

Samedi 9 septembre :

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Au plus fort, les vents ont atteint 200 km/h samedi.

Le vent s'est renforcé durant la nuit. Pour montrer sa force, Agnès se filme en direct, en tentant de garder l'équilibre. Son apparition à l'écran déclenche le sarcasme de plusieurs internautes. Plusieurs s'interrogent sur la pertinence, pour les journalistes, de sortir durant la tempête.

"Sans filmer quelqu’un au milieu des bourrasques, on se rend pas compte de sa force. Mais bien sûr, on a fait très attention. On ne s'est pas mis sous les cocotiers", se défend Agnès.

Vers 14h00 (heure locale), l'équipe décide de descendre vers Key West, à l'extrême sud de l'archipel des Keys. Sur la route, le vent souffle. Il faut faire vite. Le Key West Marriott Beachside, le seul hôtel encore ouvert, accueille plusieurs réfugiés. La pluie est si forte qu'elle s'introduit dans les chambres. Une pièce au deuxième étage est alors utilisée comme abris pour les habitants et leurs animaux. Tous dorment à même le sol. Des vêtements mouillés sont suspendus un peu partout.

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Un festin de roi.

Pour le dîner, le personnel de l'hôtel offre à notre équipe cinq morceaux de blanc de poulet secs. Seul le Ketchup déniché par Laurent permet d'agrémenter le plat. Grâce à son générateur, l'établissement peut continuer à servir à manger et à rafraichir l'abris où se sont rassemblés les clients. "On avait l'impression qu'il ne se passait rien dehors. À l'hôtel, les gens trinquaient et n'avaient pas l'air de se rendre compte de l'urgence de la situation", ajoute Arielle interloquée.

Dimanche 10 septembre

L'ouragan a du retard. Les trois journalistes s'aventurent à l'extérieur pour filmer quelques images  près de l'océan. La limite entre la terre et la mer devient floue, et les rues sont inondées. Pourtant, quelques habitants s'aventurent à l'extérieur. Ils n'abandonneront leur maison qu'au dernier moment pour rejoindre un gymnase transformé en refuge. Quatre cent personnes environ y sont pris en charge.

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La mer inonde les routes.

En matinée, les vents sont tellement puissants qu'Agnès et Arielle doivent se mettre à deux pour fermer la portière de la voiture. C'est un signe, il est temps de se protéger. Il est 9h00 du matin lorsque l'oeil d'Irma fonce sur les Keys. Nos journalistes patientent dans à l'hôtel durant cinq longues heures. L'électricité et l'eau courante sont coupées, il est désormais impossible d'utiliser les téléphones portables.

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Après le passage de l'ouragan, les bourrasques faiblissent. Notre équipe prend la route vers 14h00 dans l'espoir de trouver une connexion internet pour envoyer leur reportage. Ils possèdent les premières images de l'archipel détruit.

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Cette limousine a été emportée par les eaux.

Un paysage de désolation se révèle sous leurs yeux. Arielle filme la scène avec son téléphone portable. Aux commandes de la voiture, Laurent parvient à slalomer entre les arbres déracinés, les fils électriques couchés et les bateaux échoués. Une limousine noire envahie par les algues trône au milieu la chaussée. Non loin, une centaine de micro-ondes, de réfrigérateurs et d'appareils électriques flottent à la dérive. La faune a également souffert. Dans les branchages, plusieurs oiseaux et iguanes sont blessés et désorientés.

Finalement, notre équipe parvient à Key Largo, où elle passe la nuit dans un motel sans eau ni électricité. Mais le réseau cellulaire, en état de marche, permet d'envoyer le reportage à Paris.

Lundi 11 septembre

Notre équipe redescend vers le sud pour constater les dégâts. En chemin, elle croise l'armée américaine qui doit désencombrer les voies et rechercher d'éventuelles victimes. L'accès aux Keys est fermé à partir de Miami, forçant les habitants et les journalistes qui s'impatientent à attendre à la frontière.

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L'équipe a eu du mal à trouver de l'essence.

Entre-temps, les intempéries ont endommagé l'équipement de notre équipe. La caméra éclaboussée par l'eau salée ne fonctionne plus. Laurent doit donc filmer son reportage avec un Iphone. Le véhicule de location, lui, est pratiquement à court de carburant, rationné depuis plusieurs jours. "On se demandait si on allait devoir siphonner des voitures. Mais par chance, nous avons rencontré Mark et Carla qui nous ont donné dix gallons d'essence (37 litres). Ils ont même refusé qu'on les paye, car pour eux il était important d'aider son prochain", confie Agnès émue. Grâce à la générosité de ce chef d'entreprise, nos trois journalistes regagnent finalement Miami. Mission ouragan terminée.

Emmanuelle Rouillon et Yelen Bonhomme-Allard 

Retrouvez l'itinéraire de l'équipe de France 2 :

Aux Etats-Unis, les assassins homophobes américains peuvent plaider la légitime défense "anti gay et trans"

En devenant le 2e Etat à abolir la "gay-panic defence" (après la Californie en 2014), l'Illinois rappelle que dans la majorité des Etats américains, il est encore possible de plaider la légitime défense pour justifier le meurtre d'une personne issue de la communauté LBGT. 

En août 2013, James Dixon, un habitant de Harlem (New York) de 22 ans, fait du charme à Islan Nettles, une jeune femme transgenre de 21 ans. Mais quand les amis du jeune homme se moquent de lui pour avoir flirté avec une transsexuelle, James s’emporte et massacre Islan à coups de poings, la laissant giser, inconsciente, sur le trottoir. Sept jours plus tard, Islan décède à l'hôpital. James se rend à la police et reconnait les faits. Mais une fois appelé à la barre trois ans plus tard, il plaide non coupable. Ses arguments : sa « virilité » était mise en péril par le genre sexuel de sa victime. Il sera donc jugé pour homicide involontaire et écopera d’une peine très indulgente de 12 ans de prison, au lieu des 17 ans demandés par les procureurs de justice.

Dans l’Illinois, la décision d’abolir le « gay-panic defense » a été adoptée à l’unanimité par les deux chambres du Parlement. Un pas de plus pour la protection des droits des personnes LGBT, dans un pays où une personne transgenre ou homosexuelle est tuée tous les six jours, selon la Coalition nationale des programmes anti-violence (NCAVP). Entre janvier et août 2017, 33 meurtres homophobes ont été commis aux Etats-Unis.

Nicolas Gachon, consultant média spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l'université Montpellier 3, explique ce phénomène.

3 questions à Nicolas Gachon, consultant média, spécialiste des Etats-Unis, maître de conférence à l’université Montpellier 3.

1. Comment expliquer que le « gay-panic defense » existe encore aux Etats-Unis, notamment dans des Etats développés et cosmopolites, comme Washington ou New York ?

N. G.: Il faut du temps pour que les mœurs évoluent, et pour que cette évolution soit entérinée par le législateur dans un contexte politique donné. Cela ne concerne pas uniquement les Etats-Unis, un pays comme l’Australie est également concerné. Le terme « mainstream » est ici éclairant, car tout ce qui n’est pas « mainstream » est par conséquent déviant, donc menaçant. L’être humain a peur de ce qu’il ne connait pas, peur également de sa propre image, et la marche de la civilisation est généralement chaotique et très lente. Faut-il rapper qu’un amendement visant à garantir l’égalité des droits entre les sexes a été introduit dans les années 1920 et qu’il n’a toujours pas pu être ratifié (Equal Rights Amendment) ? Il s’agissait alors, et s’agit toujours, d’égalité entre hommes et femmes.

2. Est-ce que l’arrivée de Donald Trump au pouvoir risque d’augmenter les crimes envers les personnes issues de la communauté LGBT ?

N. G. : L’arrivée au pouvoir de Donald Trump ne multiplie pas mécaniquement, directement le nombre de crimes envers la communauté LGBT. Cela étant, les dommages collatéraux liés à la propagation, dès la campagne électorale, d’un discours d’exclusion, à portée tantôt racisante, tantôt misogyne est extrêmement anxiogène et propice à toutes sortes de dérives. Le sort de la communauté LGBT est extrêmement représentatif du malaise existentiel qui gagne nos sociétés, sans que cela ait nécessairement toujours à voir avec des questions d’orientation sexuelle. On sait ainsi, par exemple, que les agressions homophobes au Royaume-Uni ont augmenté de 147% dans les trois mois qui ont suivi le vote sur le Brexit. Aux Etats-Unis, par conséquent, la colère et la frustration contre les élites, ce qu’on a qualifié de "backlash" et de "whitelash" peut trouver une expression soudain décomplexée dans le contexte du discours offensif et souvent offensant du 45e président des Etats-Unis. L’augmentation des crimes envers la communauté LGBT est indissociable de l’augmentation de crimes envers d’autres minorités, au premier rang desquels les Africains Américains.

3. Comment expliquer que ces crimes soient plus visibles aux Etats-Unis qu’en France ? 

N. G. : Comme toutes les victimes ne portent pas plainte, et que la médiatisation est moindre en France par rapport aux Etats-Unis, il est difficile de comparer. Les contextes historiques sont différents, avec des implications idéologiques très marquées aux Etats-Unis puisque la défense des droits de la communauté homosexuelle s’est inscrite à la fin des années 1960. Il y a là un marqueur idéologique très fort pour le Parti républicain, qui a longtemps parlé de « culture wars ». Cela contribue notamment à expliquer le retard pris dans la lutte contre l’épidémie du sida sous l’administration Reagan. Curieusement, d’un point de vue franco-français, les deux catégories, celle des droits civiques et celle des droits de la communauté LGBT, sont historiquement liées aux Etats-Unis. Les Américains utilisent d’ailleurs le terme « hate crimes » pour qualifier les crimes à l’encontre des minorités, qu’il s’agisse d’ethnicité ou d’orientation sexuelle, ce qui rend certaines statistiques moins directement exploitables. Les violences sont en hausse dans les deux pays, de l’ordre de 25% dans les grandes villes américaines en 2017. Les positions de Trump sur le recrutement de soldats transgenres dans l’armée américaine, ainsi que la bataille lancée sur la question des toilettes pour les personnes transgenres compliquent inutilement la situation. S’agissant de l’armée américaine, le « don’t ask, don’t tell » préconisé en son temps par Bill Clinton était bien plus pacifiant.

Emmanuelle Rouillon 

Les cinq anciens présidents américains appellent aux dons pour les sinistrés de Houston

Dans une vidéo publiée le 7 septembre sur YouTube, cinq anciens président des États-Unis se sont unis dans une campagne d'appel aux dons, pour soutenir les victimes de Houston suite au passage de la tempête tropicale Harvey.

Les premières secondes de la vidéo s'ouvrent sur la déclaration de Bill Clinton, 42eme président des États-Unis : "L'ouragan Harvey a entrainé de terribles destructions, mais il a aussi révélé le meilleur de l'humanité". Puis Barack Obama, Jimmy Carter, George W. Bush et George H. W. Bush prennent successivement la parole.

Tous sollicitent la générosité des Américains pour aider le Texas à se reconstruire après le passage de la tempête tropicale Harvey le 25 août dernier et le week-end qui a suivi. Dans sa course, le phénomène métrologique a détruit des milliers de foyers, tué soixante personnes et causé des milliards de dégâts. Harvey avait ensuite soufflé en direction de la Louisiane.

Les dons récoltés par le biais de la plateforme en ligne OneAmericaAppeal permettront également de venir en aide à la Floride, touchée depuis dimanche par l'ouragan Irma classé en catégorie 5. À ce jour, trois millions de foyers sont sans électricité et des millions d'habitants ont été contraints de s'exiler sur les routes du nord. Irma se dirige désormais vers l'État de la Georgie où les vents resteront forts, mais perdront légèrement de leur intensité.

Donald Trump prend part à l'initiative après coup 

Dans un tweet publié sur Twitter le 7 septembre en début de soirée, Donald Trump a emboîté le pas à ses cinq prédécesseurs. "Nous ferons face à N'IMPORTE QUEL défi, peu importe la violence des vents ou la hauteur de l'eau. Je suis fier de me battre avec les présidents en faveur de One American Appeal" a rédigé l'actuel locataire de la Maison-Blanche.

L'absence de Donald Trump au sein de la vidéo a suscité de nombreuses moqueries de la part des internautes, qui saluent toutefois l'action solidaire des anciens présidents américains.

Yelen Bonhomme-Allard 

Mon supermarché est un parc d'attractions, visite XXL au pays de la démesure

Nous vous emmenons à Minneapolis, à la découverte du plus grand centre commercial des États-Unis. 520 magasins côtoient un véritable parc d'attractions. Ce concept insolite attire de nombreux consommateurs toute l'année. 

C'est une ville dans la ville. C'est surtout le temple de la consommation à l'américaine. Bienvenue au Mall of America, le plus grand centre commercial du pays. Avec ses 520 magasins et ses 40 manèges, ce supermarché XXL peut accueillir des visiteurs toute l'année et par toute saison. Résultat : 120 000 personnes s'y pressent chaque jour, soit 40 millions d'individus par an, l'équivalant de la population du Canada.

Certaines familles n'hésitent pas à conduire plusieurs heures pour jouir des nombreux divertissements qu'offre le complexe. En additionnant les dépenses liées aux achats, à la nourriture et aux attractions, la facture peut vite devenir salée à la fin de la journée. Une aubaine pour le centre commercial américain qui affiche un taux de fréquentation 30% supérieur à ceux de ses concurrents dispersés dans le pays.

Reportage de Jacques Cardoze, Laurent Desbois et Louise Dewast 

"Les extrémistes ont promis qu'ils reviendraient. Ils le feront j'en suis sûr"

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© Photo : Laurent Cerino / ADE 

Vincent Michelot est spécialiste des institutions américaines et ancien directeur de l'Institut d'études politiques de Lyon. Il partage son temps entre l'université de Virginie à Charlottesville et la France, où il enseigne la politique et les relations France/États-Unis. Il nous donne son ressenti à la suite des récentes manifestations qui ont opposé des suprémacistes blancs à des protestants antiracistes à Charlottesville.

1. Au moment des manifestations à Charlottesville, vous étiez en France. Avez-vous été surpris par la tournure des événements ?

M. V. : Ce n'est pas la première fois que le campus connaît des mouvements d'opposition, mais d'ordinaire ils sont beaucoup plus pacifiques. Le niveau de violence démontré le 12 aout dernier est sans précédent.

La venue de Tom Garrett (représentant républicain de la 5ème circonscription de Virginie), le 31 mars dernier, avait entraîné une grande mobilisation de la part des étudiants. Des membres de Black Lives Matter et autres organisations antiracistes ou progressistes du campus avaient fait irruption pendant le discours du politique, en déployant une banderole sur laquelle on pouvait lire : "No Dialogue With White Supremacy" ("Pas de dialogue avec la suprématie blanche" en français). Face à eux, il y avait des miliciens habillés en treillis militaire et munis d'armes de poing. C'était frappant une telle démonstration sur un campus universitaire.

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Des étudiants antiracistes interrompent le discours de Tom Garrett. © Photo : Vincent Michelot

La dernière manifestation de Charlottesville m'a laissé une forme de blessure profonde et un traumatisme. J'ai des valeurs qui sont à l'opposé de cette haine mise en scène les 12 et 13 août derniers. Tout ceci est une forme d'insulte à tout ce que je pense être essentiel à la démocratie américaine. Lorsque que l'on voit apparaître les prémices de l'Allemagne nazie dans un lieu qui nous est cher, on se sent sali. Cela a fait naître un désir de mobilisation pour protéger ce lieu auquel je suis humainement très attaché.

2. Le choix de Charlottesville comme point de rassemblement des idées extrémistes n'est donc pas surprenant ?

M. V. : Charlottesville n'a pas été choisie au hasard. Plusieurs leaders d'extrême droite tels que Richard Spencer et Jason Kessler ont été diplômés de la faculté de Virginie. Cet État incarne la contradiction de ce sud qui change à vitesse croissante. Jusque dans les années 60, cette université était seulement réservée aux étudiants blancs et masculins. C'était le bastion des élites. Peu à peu, l'État est devenu plus progressiste et donc par conséquent moins conservateur.

Le changement de nom du jardin public Emancipation park, anciennement baptisé Lee Park, et plus récemment le déboulonnement de la statue de Robert E Lee étaient des occasions parfaites pour les groupuscules racistes d'attirer l'attention. En organisant la manifestation à Charlottesville, ils savaient qu'ils auraient de nombreux opposants et que les médias seraient présents. Ils cherchaient l'affrontement. Ils l'ont eu.

L'intervention de la police a renforcé le discours des groupes d'extrême droite selon lequel leur liberté d'expression a été atteinte. Celle-ci est protégée par le premier amendement de la Constitution américaine mise en place en 1789. Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, est l'auteur de la Déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776, mais également le fondateur de l'université de Virginie en 1819. Manifester sur le campus de la liberté d'expression a donc une dimension hautement symbolique. Malmenés, les extrémistes ont promis qu'ils reviendraient. Ils le feront j'en suis sûr.

3. Quelle est la différence entre les conceptions françaises et américaines de la liberté d'expression au sein de l'espace public ? 

M. V. : Au États-Unis, il existe depuis sa ratification en 1791, un débat passionnant sur la signification du Premier amendement et le type de discours qu'il protège. De manière très simple, il faut faire la distinction entre discours et incitation à la haine ou à la violence. On peut dire ouvertement son mépris pour tel groupe de personnes, telle religion ou culture, mais l'appel au meurtre ou à la violence n'est évidemment pas protégé. Tout n'est donc pas permis, mais il y a une plus grande tolérance qu'en France. Aux États-Unis, nos lois mémorielles, antinégationnistes seraient frappées d'inconstitutionnalité car elles seraient contraires au Premier amendement.

La police française dispose d'une marge de manoeuvre beaucoup plus forte pour interdire ce genre de manifestations (comme celles de Charlottesville, ndlr) et réprimer des actes violents. Dans l'état actuel du droit français, on n'entendra jamais des manifestants d'extrême droite scander ouvertement des slogans antisémites ou racistes.

4. Depuis les récentes manifestations, comment se vivent les relations interraciales sur le campus ?

M. V. : Le choix de Charlottesville par les organisateurs de la manifestation appelée Unite the Right n'a strictement rien à voir avec le fonctionnement interne de l'université de Virginie, et sa politique en matière de lutte contre les discriminations.

Je dirais que l'état des relations raciales sur le campus est typique de l'ensemble des grandes universités américaines dans le Sud. On ne peut tout simplement pas oblitérer le passé - qui n'est d'ailleurs pas si lointain - mais il existe une forme de consensus pour identifier, puis éradiquer toute forme de politique ou de pratique qui puisse avoir des effets discriminatoires. La construction de l'égalité est un projet complexe et de très longue haleine à l'université de Virginie comme dans tous les campus américains.

5. Comment imaginez-vous l'avenir sur le campus après le passage des suprémacistes ?

M. V. : À l'université de Virginie, on a longtemps eu le sentiment de vivre dans une espèce de bulle protégée des agressions les plus violentes de la société, ce qui était normal dans une communauté universitaire très fortement éduquée. Les 12-13 août représentent donc l'irruption dans cette communauté de tout ce qu'elle abhorre et combat.
Paradoxalement, les événements sont plutôt rassembleurs pour la communauté. Avant les 12-13 août, celle-ci était divisée sur le fait de savoir si la manifestation aurait dû être interdite, si la municipalité avait fait assez pour l'empêcher ou en limiter le danger. Aujourd'hui ces débats continuent avec plus d'acuité entre tenants de l'absolutisme du Premier Amendement et ceux qui estiment que la protection de la liberté d'expression ne s’applique pas aux groupes violents.
Les heurts ont sans aucun doute provoqué ou accentué une prise de conscience sur plusieurs questions politiques. Depuis l'élection de Donald Trump, le campus est devenu en partie un lieu de résistance où la nécessité de transmettre les valeurs démocratiques ou de les inculquer s'avère être vitale et urgente. On le voit en particulier dans la protection des minorités (raciales, religieuses, sexuelles, nationales...) qui semblent particulièrement menacées.

Yelen Bonhomme-Allard

En 1991, Vincent Michelot a obtenu la bourse Fulbright lui permettant de réaliser sa thèse sur les nominations à la Cour suprême des États-Unis, et ce, sur le campus de l'université de Virginie à Charlottesville.

Le nombre de mouvements d’extrême droite a doublé en 17 ans

Selon l'association Southern Poverty Law Center (SPLC), chargée de recenser et d'analyser l'évolution des groupes extrémistes aux États-Unis, ceux-ci connaitraient un regain important depuis le début du XXIe siècle. Tous défendent un but commun : imposer la suprématie de la "race blanche" dans le pays.

Augmentation des groupes haineux entre 1999 et 2016 

917 : c'est le nombre de groupes extrémistes répertoriés à travers les États-Unis en 2016, contre 457 en 1999. Leur effectif a donc été multiplié par deux en 17 ans. Comme en témoigne la carte intéractive réalisée par SPLC, ces mouvements racistes sont davantage concentrés sur les côtes littorales du territoire.

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Voici le classement des cinq États américains qui concentrent le plus d'extrémistes :

  1. 79 groupes en Californie
  2. 63 groupes en Floride
  3. 55 groupes au Texas
  4. 47 groupes à New-York (État)
  5. 42 groupes en Virginie

Cependant, bien que le nombre de ces organisations ait doublé en 17 ans, il a atteint son maximum en 2011 avec 1018 réseaux identitaires. "L'augmentation s'est accélérée en 2009, année où le président Barack Obama a pris ses fonctions. Puis elle a diminué en partie car un grand nombre d'extrémistes utilisaient internet pour partager leurs idées et s'éloignaient donc des activités sur le terrain", explique sur son site l'association SPLC.

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L'arrivée au pouvoir de Donald Trump aurait alors permis à ces mouvements de trouver un ambassadeur qui  incarnerait l'idéologie suprémaciste.

Les divers groupes extrémistes rassemblés par catégories

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L'association SPLC a également réparti les 917 groupes extrémistes recensés sur le territoire, selon leur appartenance idéologique. Dix catégories ont pu être identifiées, dont voici le classement des cinq entités les plus importantes :

  1. Les Séparatistes Noirs (193 groupes)
  2. Le Ku Klux Klan (130 groupes)
  3. Les Anti-Musulmans (101 groupes)
  4. Les Nationalistes Blancs (100 groupes)
  5. Les Néo-nazistes (99 groupes)

Les corporations incluant les Néo-confédérés, les anti-LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans) et les racistes "skinhead" seraient les moins influentes, toujours selon l'étude menée par Southern Poverty Law Center.

Yelen Bonhomme-Allard 

Le retrait d'une statue controversée libère la parole suprémaciste

Depuis le début de l'été, Charlottesville dans l'État de Virginie est devenue le lieu de rassemblement des mouvements d'extrême-droite les plus radicaux. Ces derniers s'opposent au déboulonnement de la statue de Robert E. Lee située dans l'un des parcs de la ville. Pourquoi ce personnage historique, mort depuis 147 ans, fait-il encore tant polémique 

Depuis 1924, la statue équestre de Robert Edward Lee domine Emancipation Park, anciennement Lee Park, l'un des jardins publics de Charlottesville. Le général est représenté digne sur son cheval, avec un chapeau à la main et une barbe généreuse qui lui donne un air impérieux.

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Ce militaire (1807-1870) a dirigé les troupes confédérées des États esclavagistes durant la Guerre de Sécession de 1861 à 1865. Cette guerre civile a opposé les États-Unis d'Amérique "l'Union" (au nord), menés par Abraham Lincoln, aux États confédérés d'Amérique, "la Confédération" (au sud), dirigés par Jefferson Davis. Le pays était alors divisé en deux : les défenseurs des droits des Noirs au nord, face aux partisans de l'esclavagisme au sud. 

Lorsque les États esclavagistes sudistes ont déclaré la guerre en 1861, le général Lee est resté fidèle au président Abraham Lincoln. Mais à partir du moment où son État d’origine, la Virginie, a quitté l’Union, il a décidé de rejoindre à son tour les États confédérés.

Une icône historique controversée 

Robert Lee a longtemps été présenté comme un héros de guerre et un fervent opposant de l'esclavagisme. Selon The Atlantic, le général aurait écrit une lettre à son épouse en 1856 dans laquelle il confiait : "L'esclavage est un mal moral et politique". Mais cette version tronquée, souvent reprise par ses admirateurs, ne dévoile pas la fin du message.

La suite de cette missive explique au contraire les bienfaits de l'asservissement. "Les Noirs sont définitivement mieux ici [États-Unis] qu'en Afrique, moralement, socialement et physiquement, décrivait le militaire à sa femme. L'éprouvante discipline qu'on leur apprend est nécessaire pour leur éducation et leur race (...)". Robert Lee possédait d'ailleurs plusieurs domestiques sur sa propriété. 

Un modèle de la suprématie blanche 

En protestant contre le retrait de la statue à Charlottesville, l'extrême-droite tente de certifier la supériorité du peuple blanc, et exprime sa nostalgie quant au passé esclavagiste du pays. Cette reconnaissance de l'Histoire est d'ailleurs partagée à l'échelle nationale, dans la mesure où plusieurs établissements scolaires et places publiques portent le nom de Robert Lee. À la fin de la Guerre de Sécession et jusqu'à sa mort (de 1865 à 1870), l'ancien militaire a été le directeur de la Washington and Lee University, le campus artistique de Lexington en Virginie.

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La Nouvelle-Orléans a, quand à elle, décidé de prôner la tolérance ethnique et de tourner le dos à son héritage raciste. Le 19 mai 2015, quatre statues à l'effigie de personnalités controversées, dont celle de Robert Lee, ont été déboulonnées. Durant la manœuvre, les applaudissements approbateurs s'étaient alors heurtés aux marques hostiles des opposants.

Cette décision avait été prise après l'assassinat de neuf personnes noires dans une église de Caroline du Sud, à Charleston. L'auteur de cette tuerie, Dylann Roof, un jeune blanc de 21 ans, voulait déclencher "une guerre raciale". Il a été condamné à mort en janvier 2017.

Vers une montée du nationalisme blanc ?

Les manifestations des groupes radicaux reflètent le désir d'un retour vers cet héritage patriotique. Cette volonté s'est notamment affirmée à travers l'élection du président américain Donald Trump. "Il ne fait aucun doute que l'élection de 2016 a servi à bien des égards à une reconnaissance publique du nationalisme blanc américain marginalisé depuis les années 1960. Les défenseurs de la suprématie blanche ont toujours été présents aux États-Unis. Mais le sentiment est qu'ils ont maintenant une légitimité en tant que défenseurs de l'État américain blanc", explique David Billings auteur de l'ouvrage Deep Denial, The Persistence of White Supremacy in United States History and Life.

Yelen Bonhomme-Allard 

De gauche à droite : Michelle Obama, Laura Bush, Hillary Clinton, Barbara Bush, et Rosalynn Carter, le 25 avril 2013 à Dallas (Texas). © Lawrence Jackson

Le statut institutionnalisé de la Première dame aux États-Unis

En France, Emmanuel Macron souhaite accorder un statut légal à sa femme Brigitte Macron. Quelle est la place de la Première dame aux États-Unis ? 

À l'origine, le terme "First Lady" (Première dame en français) concernait uniquement la femme du président des États-Unis, qui assumait un rôle protocolaire aux côtés de son conjoint. Bien qu'il ne soit pas inscrit dans la Constitution, ce statut est plus institutionnalisé qu'en France. Au pays de l'Oncle Sam, dans une société où les valeurs chrétiennes sont très importantes, l'image de la famille traditionnelle prime. Ainsi, lors des apparitions publiques du président, les Américains apprécient qu'il soit entouré de sa femme et de leurs enfants.

Depuis la loi du 2 novembre 1978, entrée en vigueur sous la présidence de Jimmy Carter, l'épouse du chef d'État ne perçoit pas de salaire. Cette dernière est avant tout l'hôtesse de la Maison-Blanche. Un bureau lui est mis à disposition afin de recevoir son équipe de conseillers. Elle possède également un compte Twitter, sous le pseudonyme FLOTUS "First Lady of the United States".

Lorsque son mari accède au pouvoir, la First Lady a l'obligation de cesser ses activités professionnelles afin de se consacrer à des actions caritatives ou humanitaires.

Retour sur l'engagement des quatre dernières First Ladies américaines 

Melania Trump, l'effacée

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Avant d'épouser Donald Trump le 22 janvier 2005, Melania Trump était mannequin pour plusieurs grandes maisons de haute couture. Depuis 2006, elle consacre la totalité de son temps à l'éducation de leur fils, Barron. Interrogée par le New York Times, pendant la campagne électorale de son mari, sur son rôle en tant que potentielle First Lady, elle avait déclaré vouloir s'engager contre la cybercriminalité. Mais depuis son entrée à la Maison-Blanche, il y a 7 mois, Melania se fait très discrète.

Son statut de Première dame est en quelque sorte substitué par sa belle-fille Ivanka Trump. Cette dernière apparaît régulièrement aux côtés de son père lors d'événements officiels, tels que les visites du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et de la Chancelière allemande, Angela Merkel. 

Michelle Obama, la militante

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Michelle Obama, quant à elle, a été l'une des First Ladies les plus impliquées dans l'Histoire de la Maison-Blanche par son engagement au sein de la vie politique et de la société américaine. Diplômée de la faculté de droit d'Harvard, spécialité marketing et propriété intellectuelle, l'ancienne First Lady a lutté contre l'obésité infantile et s'est battue en faveur de l'éducation durant les deux mandats du président sortant, Barack Obama. En tant que Première dame, elle avait créé la campagne Let's Move dans le but de promouvoir, chez les jeunes, la nécessité d'une alimentation équilibrée accompagnée d'une pratique sportive. 

Laura Bush, la féministe

U.S. first lady Laura Bush pauses before a speech at the World Economic Forum on Saturday, May 21, 2005, in Southern Shuneh, Jordan. (AP Photo/Evan Vucci)

Laura Bush, femme de George W. Bush et belle-fille de Georges H. W. Bush (président des Etats-Unis de 1989 à 1993), a été la Première dame du pays de 2001 à 2009. Cette ancienne institutrice avait à coeur de promouvoir le droit des femmes en Afghanistan ainsi que l'accès à l'éducation pour les enfants défavorisés. En hommage à sa mère, qui a survécu à un cancer, elle soutenait la lutte contre les maladies cardiaques chez les femmes. En mai 2005, elle a également effectué un voyage au Moyen-Orient en tant qu'ambassadrice de la paix.

Hillary Clinton, la politique

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Lors de son premier mandat entre 1992 et 1996, Bill Clinton avait confié à sa femme Hillary la mission de réfléchir sur le système de santé américain. Cette tentative s'était cependant soldée par un échec en 1994, lui enlevant toute crédibilité. Une partie de la population américaine pensait que la First Lady s'impliquait trop dans la politique de son mari. Par la suite, elle a continué de défendre son projet d'amélioration du système de santé américain par le biais de campagnes de vaccinations obligatoires pour les enfants. En 2016, elle a été candidate à l'élection présidentielle américaine pour le Parti des Démocrates. Si elle avait été élue, son mari, Bill Clinton, serait alors devenu le premier First Gentleman de la Maison-Blanche. 

Yelen BONHOMME-ALLARD

 

"Les Américains ressentent désormais les effets du changement climatique"

Le New York Times a obtenu une copie d'un rapport fédéral démontrant l'impact des activités humaines sur le climat. L'étude, publiée sur le site du quotidien américain hier, n'a toujours pas été approuvée par l'administration Trump et contredit la position de la Maison-Blanche sur les changements climatiques. 

Les températures moyennes aux Etats-Unis ont augmenté rapidement et de manière importante depuis 1980. Ces dernières décennies auraient d'ailleurs été les plus chaudes depuis 1500 ans. C'est ce que souligne un rapport fédéral sur le changement climatique réalisé par des scientifiques américains de treize agences environnementales. "Les Américains ressentent dès à présent les effets du changement climatique", rapporte l'étude de 500 pages.

"Les preuves d'un éventuel changement climatique se multiplient, venant du haut de l'atmosphère jusqu'aux profondeurs des océans", note le rapport. Les auteurs de ce projet précisent que des milliers de recherches, conduites par des centaines de scientifiques, ont relevé des changements climatiques sur la terre et dans l'air. "De nombreuses preuves démontrent que les activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, sont les principaux responsables des récents changements climatiques observés", expliquent les spécialistes américains dans leur rapport.

Une administration américaine climatosceptique 

D'après le New York Times, ce document "contredit directement ce qui est soutenu par le président Trump et les membres de son cabinet qui affirment que la contribution humaine au changement climatique est incertaine, et que la possibilité de prévoir ses effets est limitée."

Ce rapport, intégré à l'évaluation nationale sur le climat aux Etats-Unis, est réalisé tous les quatre ans. "Ce rapport est important parce qu'il est réalisé à la demande du Congrès. J'espère qu'il sera approuvé", indique Jim Kossin, un des auteurs du rapport et membre du National Centers for Environnemental Information (NCEI). 

Le professeur en Géosciences et Affaires Internationales à la prestigieuse université de Princeton, Michael Oppenheimer, se montre plus pessimiste. "J'ai le pressentiment que l'administration Trump fera fi du rapport et je doute qu'il puisse affecter sa position sur les changements climatiques", confie-t-il.

La semaine dernière, le gouvernement américain avait confirmé par écrit auprès de l'ONU sa volonté de se retirer de l'accord de Paris* sur le climat. Il a toutefois précisé que le pays continuerait à participer aux négociations internationales. Donald Trump honorait ainsi l'une de ses promesses électorales, en retirant les Etats-Unis de ce traité signé en décembre 2015 par 195 pays à Paris.

Aliénor Vinçotte

*L'accord de Paris visait à engager les pays du monde entier vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius.