Investiture: Qu'est-ce-qu'il se passera à la Maison-Blanche sous l'administration Trump?

Que compte faire Donald J. Trump dès son arrivée à la maison blanche?

A exactement midi (18 heures, heure française) Trump deviendra le 45ème président des Etats-Unis. Il avait promis qu'il commencerait à faire des changements drastiques dès le premier jour de son mandat, mais il est revenu sur quelques-unes de ses déclarations et en atténué d'autres.

Investiture de Bush Jr en 2005

Investiture de Bush Jr en 2005

"Meeting après meeting, Donald Trump a construit un édifice de promesses sur ce qu'il ferait dès son premier jour: construire un mur, arrêter la "guerre du charbon", cataloguer la monnaie chinoise comme monnaie manipulatrice. Son entourage se vante de tout ce qui pourra être accompli vendredi," explique Ashley Parker dans son article pour le Washington Post.

Comme souligné dans notre article "Investiture: comment se déroule la cérémonie," publié mercredi 18 janvier, "Il y a deux jours, Donald Trump a expliqué que "lundi sera le premier jour de son administration", s'attirant les moqueries des politiques et des médias." Sous-entendu; les premières décisions de son mandat ne seront pas prises le jour de son investiture, comme il l'avait annoncé quelques mois plus tôt.

La Maison-Blanche restera-t-elle blanche ou deviendra-t-elle dorée, comme certains s'amusent à dire sur Twitter?

Est ce que la Maison-Blanche deviendra-t-elle dorée maintenant que Mélanie va la décorer?

Est ce que la Maison-Blanche deviendra-t-elle dorée maintenant que Mélanie va la décorer?

"On ne peut pas tout soudainement peindre l'extérieur d'une maison en dorée. En réalité, la présidence reflète non seulement l'histoire qui s'écrit dans ces murs mais également la personne qui y vit," explique William Daley, chef de cabinet du Président Obama au Boston Globe, " La personnalité du Président Obama se mariait parfaitement avec le style de la Maison-Blanche, historique, traditionnel et conservateur en un certain sens. Trump se fout de tout cela."

Donald Trump rencontre Barack Obama à la Maison-Blanche le lendemain de l'élection

Donald Trump rencontre Barack Obama à la Maison-Blanche le lendemain de l'élection

Donald J. Trump respectera-t-il les traditions?

Depuis le début de la campagne présidentielle, Trump en a surpris plus d'un en ne respectant pas certaines traditions implantées depuis des années dans les campagnes présidentielles et à la Maison-Blanche: il refuse d'avoir une presse accréditée le suivant dans tous ses déplacements, ce que tous les candidats se sont toujours respectés de faire.

Photo/National Review

Photo/National Review

Il ne s'adresse que rarement à la presse et préfère de loin se défendre ou accuser des médias, journalistes et autres personnalités sur Twitter. Donald J. Trump est très actif sur ce réseau social, l'utilisant comme une arme contre les critiques à son égard. Il a également refusé de reprendre en main le compte officiel de la Maison-Blanche pour le président, préférant garder son compte personnel. 

Matt Viser, journaliste au Boston Globe questionne également les intentions du nouveau président quant à son envie de perpétrer les traditions qui représentent aujourd'hui les valeurs et la grandeur des Etats-Unis.

Le nouveau Président-élu recevra-t-il toujours les dîners d'Etats? Cela est devenu l'une des traditions les plus populaires suivies par les journalistes à la Maison-Blanche.

Comment prendra-t-il en main les rencontres avec les dirigeants internationaux? Continuera-t-il d'accueillir des équipes de sport, des militaires, des civiles et des personnalités pour des remises de prix et de médailles? "Sous la présidence de Trump, est-ce-que tout, même le pardon de la dinde de Thanksgiving sera toujours pareil?", se demande le Boston Globe.

La question que les médias se posent beaucoup en ce moment est: va-t-il embaucher un photographe officiel pour documenter son mandat? A moins de 24 heures de son investiture, il en a toujours pas nommé un, s'il décidait de n'embaucher personne, il romprait une tradition vieille de 54 ans, mise en place par le Président Lyndon Johnson en 1963.

Tous les présidents lui succédant ont toujours eu leurs photographes officiels, les suivants dans tous les déplacements et les moments clés de leurs présidences. Pete Souza passera vendredi son dernier jour en tant que photographe officiel de Barack Obama. Très populaire sur Instagram, il aura pris plus de 2 millions de photos lors des deux mandats du président.

"Dans le passé, les photographes ont capturé des moments émouvants et historiques tels que la Situation Room à la Maison-Blanche lors du raid de Ben Laden, le Président Bush lors du 11 septembre 2001, et la fusillade visant le Président Reagan en 1981," raconte le New York Post.

 

Photo de Pete Souza

Photo de Pete Souza

Cette décision d'avoir un photographe officiel restant avec le président dans tous ses mouvements venait de l'idée de rendre la vie du président à la Maison-Blanche la plus transparente possible, documentant chaque moment, qu'ils soient importants ou que ce soit de simples moments de la vie quotidienne.

La Maison-Blanche conserve toutes ces photos dans des albums papiers pour garder une trace de chaque passage d'un nouveau président à la Maison-Blanche.

Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis: la liberté de la presse

Après une campagne présidentielle plus que chaotique et des relations tendues entre les médias Américains et Donald J. Trump, les journalistes s'inquiètent de l'avenir de la liberté de la presse.

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La liberté de la presse "Freedom of Press, Freedom of Speech",  est l'un des amendements les plus importants pour les Américains. Les journalistes accrédités à la Maison-Blanche ont publié une Lettre Ouverte à l'intention du Président-élu sur le site internet de la Columbia Journalism Review, affirmant que même si Donald J. Trump leur rend leur travail plus difficile à accomplir, cela ne les empêchera pas de le couvrir et de pointer du doigt les dysfonctionnements ou les réussites de son administration.

"Vous avez interdit à certains médias de vous couvrir, vous vous êtes emparé de Twitter pour vous moquer et menacer des journalistes en encourageants vos fans de faire la même chose," expliquent les journalistes faisant partie de 'la presse accréditée' à la Maison-Blanche dans sa Lettre Ouverte.

"Vous avez évité la presse dès que vous le pouviez et avez brouillé les pistes aux journalistes chargés de vous suivre dans vos déplacements. Vous avez ridiculisé un journaliste qui avait écrit quelque chose que vous n'aimiez pas, juste parce qu'il avait un handicap physique", continue la lettre.

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Dans un ton strict mais respectueux,  les journalistes ayant publié cette Lettre Ouverte font comprendre au Président-élu que leur limiter l'accès à son administration ne les empêcheront pas de faire leur travail correctement. Au contraire, les journalistes voient cela comme un défi.

"Vous pouvez décider que donner accès à votre administration aux journalistes ne vous servira à rien. Nous pensons que cela est une erreur de votre part, mais c'est votre choix. Nous sommes très bons pour trouver différents moyens pour trouver l'information que l'on veut."

Certains proches de Donald J. Trump avaient expliqué aux médias que le Président-élu voulait fermer la salle de presse de la Maison-Blanche pour en ouvrir une autre, plus grande, mais en dehors de la Maison-Blanche cette fois-ci, empêchant encore plus les journalistes de faire leur travail. Mike Pence, le Vice-president de Donald J. Trump a démenti cette rumeur jeudi 19 janvier lors d'une conférence de presse à Washington, DC.

Les journalistes ont accès à la Maison-Blanche depuis 1902 lorsque le Président Theodore Roosevelt leur a donné un espace de travail dans l'Aile Ouest, selon The White House Historical Association. "Les membres de la presse ont un espace de travail qui leur est dédié à la Maison-Blanche depuis l'agrandissement de l'Aile Ouest en 1902.

En soi, Donald J. Trump ne pourra pas remettre en question le Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis mais cela ne l'empêchera pas de réduire l'accès de la presse à son administration et tout simplement, des hauts lieux du pouvoir américain: la Maison-Blanche et le Capitole.

Clémentine Boyer-Duroselle

 

Publié par France 2 Washington / Catégories : Non classé