Nouveau-Mexique : Voyage au coeur de l'unique désert de sable blanc au monde

Cette semaine, nous avons emmenons au Nouveau-Mexique, dans le sud-ouest des États-Unis, à la découvert du désert de sable blanc baptisé White Sands.

Située dans le bassin de Tularosa, entourée de montagnes, la cuvette de White Sands abrite le plus grand désert de gypse du monde, avec une superficie de 715 km². Les cristaux qui forment ces dunes sont du gypse (espèce minérale composée de sulfate de calcium), déposé là il y a plusieurs millions d'années quand cette vaste étendue blanche était encore un lac. Celui-ci s'est ensuite évaporé mettant à nu des petits blocs de gypse.

Ce sable est encore plus fin que celui du Sahara. Tellement fin que, vu du ciel, on le voit s'échapper, poussé par le vent. Les bourrasques sont particulièrement fortes de février à mars. Le sable façonne alors des dunes à la forme de vagues, particulièrement appréciées des photographes.

Un site dunaire mis au service de l'armée 

Près du désert de White Sands se trouvent plusieurs terrains militaires, en activité depuis la Seconde Guerre Mondiale. C'est ici que sont testés les nouveaux armements, les tirs d'essai de missile, ainsi que les nouvelles technologies spatiales. Le lieu a notamment servi de piste d'atterrissage à la navette spatiale américaine lors de la mission STS-3 en mars 1982. Pour des raisons de sécurité, les routes à proximité de White Sands peuvent être fermées au public pendant ces expérimentations.

Reportage de Valérie Astruc, Laurent Desbois, Andréane Williams et Arielle Monange 

Donald Trump, l'homme qui change d'avis plus vite que son ombre

Samedi dernier, une jeune femme est décédée lors d'une manifestation à Charlottesville (Virginie) opposant des suprémacistes blancs et des militants antiracistes. Les réactions contradictoires de Donald Trump quant à ces violences ont indigné l'Amérique. Retour sur quatre jours de déclarations incohérentes.  

Acte 1 : Samedi 12 août, Donald Trump évoque évasivement les violences à Charlottesville

Donald Trump prend la parole pour la première fois le samedi 12 août, jour des affrontements à Charlottesville. À ce moment là, il est encore dans son golf de Bedminster dans le New Jersey, où il passe ses vacances. Pendant son allocution, le président condamne les actes de brutalité, sans toutefois désigner explicitement les agresseurs : "Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces excès de haine, d'intolérance et de violence venus de tous les côtés, de tous les côtés !"

Il ignore par la suite les questions des journalistes lui demandant s’il dénonce aussi l’idéologie nationaliste. Cette déclaration teintée d'indulgence à l'égard des mouvements extrémistes a laissé des milliers d'Américains confus. Ces derniers déplorent l'absence de prise de position stricte par le président.

Acte 2 : Lundi 14 août, Donald Trump condamne fermement le racisme

Lundi 14 août, face aux nombreuses critiques, Donald Trump quitte alors précipitamment sa propriété dans le New Jersey pour regagner la Maison-Blanche, située à Washington D.C. Devant les caméras, il change alors de ton blâmant avec autorité les actes racistes des groupes d'extrême droite. "Le racisme c'est le mal. Et ceux qui déchaînent la violence en son nom sont des criminels, des voyous y compris le Ku Klux Klan, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres groupes haineux qui s'opposent à tout ce qui nous est cher en tant qu'Américains" a-t-il affirmé.

Acte 3 : Mardi 15 août, Donald Trump fait volte-face en accusant les deux camps de militants 

Mardi 15 août, Donald Trump donne une conférence de presse depuis la Trump Tower à New York. Il revient alors sur les heurts qui ont éclaté à Charlottesville : "Vous aviez un groupe d’un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l’autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire sauf moi". Dans son discours, le président américain renvoie alors dos à dos les suprémacistes blancs et les antiracistes, avant de prendre à partie les journalistes : "Je pense qu'il y a des torts des deux côtés. J'en ai aucun doute et vous non plus". 

Trop, c'est trop

Ses propos sont jugés inacceptables par les soutiens de Donald Trump et les réactions en cascade ne se font pas attendre. Huit de ses conseillers économiques et grands patrons ont annoncé leur démission. Parmi eux, Brian Krzanich, directeur général des puces informatiques Intel, Kevin Plank, fondateur de l'équipementier sportif Under Armour, et enfin Kenneth Frazier, patron du géant pharmaceutique Merck & Co.

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Dans cette affaire, le locataire de la Maison-Blanche peut compter sur un fidèle appui : David Duke. L'ancien responsable du Ku Klux Klan a salué le "courage" du président américain qui s'en est, selon lui, pris au "terrorisme gauchiste"

Yelen Bonhomme-Allard

Le nombre de mouvements d’extrême droite a doublé en 17 ans

Selon l'association Southern Poverty Law Center (SPLC), chargée de recenser et d'analyser l'évolution des groupes extrémistes aux États-Unis, ceux-ci connaitraient un regain important depuis le début du XXIe siècle. Tous défendent un but commun : imposer la suprématie de la "race blanche" dans le pays.

Augmentation des groupes haineux entre 1999 et 2016 

917 : c'est le nombre de groupes extrémistes répertoriés à travers les États-Unis en 2016, contre 457 en 1999. Leur effectif a donc été multiplié par deux en 17 ans. Comme en témoigne la carte intéractive réalisée par SPLC, ces mouvements racistes sont davantage concentrés sur les côtes littorales du territoire.

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Voici le classement des cinq États américains qui concentrent le plus d'extrémistes :

  1. 79 groupes en Californie
  2. 63 groupes en Floride
  3. 55 groupes au Texas
  4. 47 groupes à New-York (État)
  5. 42 groupes en Virginie

Cependant, bien que le nombre de ces organisations ait doublé en 17 ans, il a atteint son maximum en 2011 avec 1018 réseaux identitaires. "L'augmentation s'est accélérée en 2009, année où le président Barack Obama a pris ses fonctions. Puis elle a diminué en partie car un grand nombre d'extrémistes utilisaient internet pour partager leurs idées et s'éloignaient donc des activités sur le terrain", explique sur son site l'association SPLC.

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L'arrivée au pouvoir de Donald Trump aurait alors permis à ces mouvements de trouver un ambassadeur qui  incarnerait l'idéologie suprémaciste.

Les divers groupes extrémistes rassemblés par catégories

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L'association SPLC a également réparti les 917 groupes extrémistes recensés sur le territoire, selon leur appartenance idéologique. Dix catégories ont pu être identifiées, dont voici le classement des cinq entités les plus importantes :

  1. Les Séparatistes Noirs (193 groupes)
  2. Le Ku Klux Klan (130 groupes)
  3. Les Anti-Musulmans (101 groupes)
  4. Les Nationalistes Blancs (100 groupes)
  5. Les Néo-nazistes (99 groupes)

Les corporations incluant les Néo-confédérés, les anti-LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans) et les racistes "skinhead" seraient les moins influentes, toujours selon l'étude menée par Southern Poverty Law Center.

Yelen Bonhomme-Allard 

Le retrait d'une statue controversée libère la parole suprémaciste

Depuis le début de l'été, Charlottesville dans l'État de Virginie est devenue le lieu de rassemblement des mouvements d'extrême-droite les plus radicaux. Ces derniers s'opposent au déboulonnement de la statue de Robert E. Lee située dans l'un des parcs de la ville. Pourquoi ce personnage historique, mort depuis 147 ans, fait-il encore tant polémique 

Depuis 1924, la statue équestre de Robert Edward Lee domine Emancipation Park, anciennement Lee Park, l'un des jardins publics de Charlottesville. Le général est représenté digne sur son cheval, avec un chapeau à la main et une barbe généreuse qui lui donne un air impérieux.

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Ce militaire (1807-1870) a dirigé les troupes confédérées des États esclavagistes durant la Guerre de Sécession de 1861 à 1865. Cette guerre civile a opposé les États-Unis d'Amérique "l'Union" (au nord), menés par Abraham Lincoln, aux États confédérés d'Amérique, "la Confédération" (au sud), dirigés par Jefferson Davis. Le pays était alors divisé en deux : les défenseurs des droits des Noirs au nord, face aux partisans de l'esclavagisme au sud. 

Lorsque les États esclavagistes sudistes ont déclaré la guerre en 1861, le général Lee est resté fidèle au président Abraham Lincoln. Mais à partir du moment où son État d’origine, la Virginie, a quitté l’Union, il a décidé de rejoindre à son tour les États confédérés.

Une icône historique controversée 

Robert Lee a longtemps été présenté comme un héros de guerre et un fervent opposant de l'esclavagisme. Selon The Atlantic, le général aurait écrit une lettre à son épouse en 1856 dans laquelle il confiait : "L'esclavage est un mal moral et politique". Mais cette version tronquée, souvent reprise par ses admirateurs, ne dévoile pas la fin du message.

La suite de cette missive explique au contraire les bienfaits de l'asservissement. "Les Noirs sont définitivement mieux ici [États-Unis] qu'en Afrique, moralement, socialement et physiquement, décrivait le militaire à sa femme. L'éprouvante discipline qu'on leur apprend est nécessaire pour leur éducation et leur race (...)". Robert Lee possédait d'ailleurs plusieurs domestiques sur sa propriété. 

Un modèle de la suprématie blanche 

En protestant contre le retrait de la statue à Charlottesville, l'extrême-droite tente de certifier la supériorité du peuple blanc, et exprime sa nostalgie quant au passé esclavagiste du pays. Cette reconnaissance de l'Histoire est d'ailleurs partagée à l'échelle nationale, dans la mesure où plusieurs établissements scolaires et places publiques portent le nom de Robert Lee. À la fin de la Guerre de Sécession et jusqu'à sa mort (de 1865 à 1870), l'ancien militaire a été le directeur de la Washington and Lee University, le campus artistique de Lexington en Virginie.

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La Nouvelle-Orléans a, quand à elle, décidé de prôner la tolérance ethnique et de tourner le dos à son héritage raciste. Le 19 mai 2015, quatre statues à l'effigie de personnalités controversées, dont celle de Robert Lee, ont été déboulonnées. Durant la manœuvre, les applaudissements approbateurs s'étaient alors heurtés aux marques hostiles des opposants.

Cette décision avait été prise après l'assassinat de neuf personnes noires dans une église de Caroline du Sud, à Charleston. L'auteur de cette tuerie, Dylann Roof, un jeune blanc de 21 ans, voulait déclencher "une guerre raciale". Il a été condamné à mort en janvier 2017.

Vers une montée du nationalisme blanc ?

Les manifestations des groupes radicaux reflètent le désir d'un retour vers cet héritage patriotique. Cette volonté s'est notamment affirmée à travers l'élection du président américain Donald Trump. "Il ne fait aucun doute que l'élection de 2016 a servi à bien des égards à une reconnaissance publique du nationalisme blanc américain marginalisé depuis les années 1960. Les défenseurs de la suprématie blanche ont toujours été présents aux États-Unis. Mais le sentiment est qu'ils ont maintenant une légitimité en tant que défenseurs de l'État américain blanc", explique David Billings auteur de l'ouvrage Deep Denial, The Persistence of White Supremacy in United States History and Life.

Yelen Bonhomme-Allard 

De la ségrégation raciale à la mixité démographique, dans les rues de Washington D.C

Depuis les années 50, certains quartiers de Washington D.C subissent une transformation urbaine et démographique. La rue U, située dans le nord-ouest de la capitale, en est un exemple. 

Dans les années 1950, la ségrégation sévissait dans le pays, séparant les communautés blanche et noire. La capitale américaine était organisée de sorte que les Noirs habitaient en banlieue, notamment dans le nord-est de Washington D.C. U street était l'un des quartiers emblématiques de la communauté afro-américaine. Aujourd'hui, cette rue connaît une hétérogénéité démographique.

Un quartier mondain pour la communauté noire  

La famille Lee en est un des visages. Depuis 1945, quatre générations se sont succédées dans l'unique boutique de fleurs de la rue. Elle a connu les grands moments de l'Histoire pour l'égalité des droits des personnes noires, depuis la fin de la ségrégation en 1964 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008, en passant par l'assassinat de Martin Luther King, le 4 avril 1968.

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De gauche à droite : Kristie Lee, Chase Tyler, le neveu, et Stacie Lee Banks. Les deux soeurs sont les propriétaires du Lee's FlowerShop depuis 2012

"U street était une frontière. Les personnes noires n'avaient pas le droit de se rendre en centre-ville, habité par les Blancs, raconte Stacie Lee, 54 ans, petite-fille du premier propriétaire de la boutique 'Flower Shop'. Dans les années 1950, il y avait une sorte d'effervescence qui animait le quartier, où la classe moyenne fréquentait les restaurants, les clubs de jazz et les trois cinémas du quartier." U street était alors surnommé le Black Broadway.

En 1945, ses grands-parents, William P. Lee et Winnifred Lee, achètent le bâtiment où ils y établissent leur boutique de fleurs. Leur affaire prospère jusqu'en avril 1968, date de l'assassinat de Martin Luther King. Durant trois nuits, plusieurs magasins sont brûlés suite aux affrontements entre des policiers blancs et les activistes des droits des Noirs. "On a dû mettre un panneau sur la porte pour dire que c'était un magasin tenu par des Noirs...", se souvient Stacie, alors âgée de 5 ans. Après cet épisode, les activités commerciales de la rue ont été abandonnées sous les cendres.

1968, l'année du basculement 

À partir de cette date, les classes moyennes et riches s'exilent, laissant le quartier entre les mains des vendeurs de drogue et des prostituées. Jusqu'à la fin des années 1980, la violence règne sur le quartier, faisant de Washington D.C l'une des villes les plus dangereuses du pays.

Seuls trois établissements ont survécu au déclin : l'Industrial Bank, la banque de la communauté noire, installée en 1938, le Lee's FlowerShop et le Ben's Chili Bowl crée en 1958. Ce célèbre restaurant de hot-dogs, reconnaissable à sa devanture jaune, est un lieu prisé par les personnalités de la communauté afro-américaine. De Martin Luther King à Barack Obama en passant par Usher, ils ont tous goûté au fameux hot-dog à la sauce piquante.

Extérieur du Ben's Chili Bowl sur U street

Extérieur du Ben's Chili Bowl sur U street

Virginia Ali est propriétaire du restaurant avec son mari (décédé en 2009) depuis sa création en 1958. Aujourd'hui âgée de 83 ans, elle raconte avec précision la fin de la ségrégation et le début de l'intégration des Noirs dans la société américaine. Un souvenir en particulier lui revient en mémoire : "Pendant les trois jours d'altercations entre les autorités et le peuple noir, nous étions le seul restaurant à rester ouvert jusqu'à 3 heures du matin, malgré le couvre-feu imposé (de 21h à 7h du matin). À l'époque, nous étions déjà très populaires."

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A droite, Virginia Ali, propriétaire du Ben's Chili Bowl depuis 1958

La période des années 1968 à 1988 ont été particulièrement difficiles pour le restaurant. La population du quartier ayant changée, les clients respectables ont laissé place aux délinquants. "Après la mort de Martin Luther King, le quartier est devenu un ghetto, un couloir pour la drogue. C'était très effrayant", décrit-elle.

L'arrivée du métro, un nouveau souffle pour le quartier

Stacie est formelle, ce qui a sauvé le voisinage c'est l'arrivée du transport en commun souterrain : "Avec l'installation du métro, les prix immobiliers se sont envolés, de nouvelles personnes issues de diverses communautés culturelles sont arrivées." Une information confirmée par Virginia : "En 1958, on ne voyait pas d'étrangers ici." Les nouveaux habitants ont permis une re-dynamisation des rues autour du U street en lançant de nouveaux commerces.

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Julian Everett, coiffeur-barbier pour hommes de la rue U street

Quelques mètres plus loin sur le même trottoir, Julian Everett est l'un de ces nouveaux visages. Il a ouvert son commerce en tant que coiffeur-barbier pour hommes, il y a un an. Lui-même remarque un changement démographique, encore perceptible aujourd'hui. "De plus de plus de personnes aisées, de tous horizons, investissent dans le quartier, ce qui est bon pour mon business. Je voulais, moi aussi, faire partie de cette nouvelle croissance économique."

Yelen Bonhomme-Allard & Aliénor Vinçotte

 

Le statut institutionnalisé de la Première dame aux États-Unis

En France, Emmanuel Macron souhaite accorder un statut légal à sa femme Brigitte Macron. Quelle est la place de la Première dame aux États-Unis ? 

À l'origine, le terme "First Lady" (Première dame en français) concernait uniquement la femme du président des États-Unis, qui assumait un rôle protocolaire aux côtés de son conjoint. Bien qu'il ne soit pas inscrit dans la Constitution, ce statut est plus institutionnalisé qu'en France. Au pays de l'Oncle Sam, dans une société où les valeurs chrétiennes sont très importantes, l'image de la famille traditionnelle prime. Ainsi, lors des apparitions publiques du président, les Américains apprécient qu'il soit entouré de sa femme et de leurs enfants.

Depuis la loi du 2 novembre 1978, entrée en vigueur sous la présidence de Jimmy Carter, l'épouse du chef d'État ne perçoit pas de salaire. Cette dernière est avant tout l'hôtesse de la Maison-Blanche. Un bureau lui est mis à disposition afin de recevoir son équipe de conseillers. Elle possède également un compte Twitter, sous le pseudonyme FLOTUS "First Lady of the United States".

Lorsque son mari accède au pouvoir, la First Lady a l'obligation de cesser ses activités professionnelles afin de se consacrer à des actions caritatives ou humanitaires.

Retour sur l'engagement des quatre dernières First Ladies américaines 

Melania Trump, l'effacée

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Avant d'épouser Donald Trump le 22 janvier 2005, Melania Trump était mannequin pour plusieurs grandes maisons de haute couture. Depuis 2006, elle consacre la totalité de son temps à l'éducation de leur fils, Barron. Interrogée par le New York Times, pendant la campagne électorale de son mari, sur son rôle en tant que potentielle First Lady, elle avait déclaré vouloir s'engager contre la cybercriminalité. Mais depuis son entrée à la Maison-Blanche, il y a 7 mois, Melania se fait très discrète.

Son statut de Première dame est en quelque sorte substitué par sa belle-fille Ivanka Trump. Cette dernière apparaît régulièrement aux côtés de son père lors d'événements officiels, tels que les visites du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et de la Chancelière allemande, Angela Merkel. 

Michelle Obama, la militante

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Michelle Obama, quant à elle, a été l'une des First Ladies les plus impliquées dans l'Histoire de la Maison-Blanche par son engagement au sein de la vie politique et de la société américaine. Diplômée de la faculté de droit d'Harvard, spécialité marketing et propriété intellectuelle, l'ancienne First Lady a lutté contre l'obésité infantile et s'est battue en faveur de l'éducation durant les deux mandats du président sortant, Barack Obama. En tant que Première dame, elle avait créé la campagne Let's Move dans le but de promouvoir, chez les jeunes, la nécessité d'une alimentation équilibrée accompagnée d'une pratique sportive. 

Laura Bush, la féministe

U.S. first lady Laura Bush pauses before a speech at the World Economic Forum on Saturday, May 21, 2005, in Southern Shuneh, Jordan. (AP Photo/Evan Vucci)

Laura Bush, femme de George W. Bush et belle-fille de Georges H. W. Bush (président des Etats-Unis de 1989 à 1993), a été la Première dame du pays de 2001 à 2009. Cette ancienne institutrice avait à coeur de promouvoir le droit des femmes en Afghanistan ainsi que l'accès à l'éducation pour les enfants défavorisés. En hommage à sa mère, qui a survécu à un cancer, elle soutenait la lutte contre les maladies cardiaques chez les femmes. En mai 2005, elle a également effectué un voyage au Moyen-Orient en tant qu'ambassadrice de la paix.

Hillary Clinton, la politique

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Lors de son premier mandat entre 1992 et 1996, Bill Clinton avait confié à sa femme Hillary la mission de réfléchir sur le système de santé américain. Cette tentative s'était cependant soldée par un échec en 1994, lui enlevant toute crédibilité. Une partie de la population américaine pensait que la First Lady s'impliquait trop dans la politique de son mari. Par la suite, elle a continué de défendre son projet d'amélioration du système de santé américain par le biais de campagnes de vaccinations obligatoires pour les enfants. En 2016, elle a été candidate à l'élection présidentielle américaine pour le Parti des Démocrates. Si elle avait été élue, son mari, Bill Clinton, serait alors devenu le premier First Gentleman de la Maison-Blanche. 

Yelen BONHOMME-ALLARD

 

"Les Américains ressentent désormais les effets du changement climatique"

Le New York Times a obtenu une copie d'un rapport fédéral démontrant l'impact des activités humaines sur le climat. L'étude, publiée sur le site du quotidien américain hier, n'a toujours pas été approuvée par l'administration Trump et contredit la position de la Maison-Blanche sur les changements climatiques. 

Les températures moyennes aux Etats-Unis ont augmenté rapidement et de manière importante depuis 1980. Ces dernières décennies auraient d'ailleurs été les plus chaudes depuis 1500 ans. C'est ce que souligne un rapport fédéral sur le changement climatique réalisé par des scientifiques américains de treize agences environnementales. "Les Américains ressentent dès à présent les effets du changement climatique", rapporte l'étude de 500 pages.

"Les preuves d'un éventuel changement climatique se multiplient, venant du haut de l'atmosphère jusqu'aux profondeurs des océans", note le rapport. Les auteurs de ce projet précisent que des milliers de recherches, conduites par des centaines de scientifiques, ont relevé des changements climatiques sur la terre et dans l'air. "De nombreuses preuves démontrent que les activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, sont les principaux responsables des récents changements climatiques observés", expliquent les spécialistes américains dans leur rapport.

Une administration américaine climatosceptique 

D'après le New York Times, ce document "contredit directement ce qui est soutenu par le président Trump et les membres de son cabinet qui affirment que la contribution humaine au changement climatique est incertaine, et que la possibilité de prévoir ses effets est limitée."

Ce rapport, intégré à l'évaluation nationale sur le climat aux Etats-Unis, est réalisé tous les quatre ans. "Ce rapport est important parce qu'il est réalisé à la demande du Congrès. J'espère qu'il sera approuvé", indique Jim Kossin, un des auteurs du rapport et membre du National Centers for Environnemental Information (NCEI). 

Le professeur en Géosciences et Affaires Internationales à la prestigieuse université de Princeton, Michael Oppenheimer, se montre plus pessimiste. "J'ai le pressentiment que l'administration Trump fera fi du rapport et je doute qu'il puisse affecter sa position sur les changements climatiques", confie-t-il.

La semaine dernière, le gouvernement américain avait confirmé par écrit auprès de l'ONU sa volonté de se retirer de l'accord de Paris* sur le climat. Il a toutefois précisé que le pays continuerait à participer aux négociations internationales. Donald Trump honorait ainsi l'une de ses promesses électorales, en retirant les Etats-Unis de ce traité signé en décembre 2015 par 195 pays à Paris.

Aliénor Vinçotte

*L'accord de Paris visait à engager les pays du monde entier vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius.

Plus d'un demi-siècle après sa mort, John Kennedy est encore présent dans les mémoires

Cette semaine nous vous emmenons sur les traces de John Fitzgerald Kennedy, devenu une icône source de glamour et d'intrigue. Il est le deuxième président le plus apprécié de l'histoire des États-Unis, derrière Abraham Lincoln.

John Fitzgerald Kennedy, également connu par ses initiales JFK, est né le 29 mai 1917 à Brookline (Massachusetts) et a été assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas (Texas). Il est le second d'une famille de neuf enfants. Entré en fonction à la Maison-Blanche le 20 janvier 1961 à l'âge de 43 ans, il est le 35e président des États-Unis mais aussi le plus jeune président élu dans l'histoire du pays. Après seulement trois ans à la tête du pouvoir, JFK a été tué par balles, en service, sous les yeux de sa femme.

Marié à Jacqueline Bouvier le 12 septembre 1953, JFK deviendra le père d'une fille Caroline en 1957 et d'un garçon John en 1960. Deux autres enfants, Arabella mort-née (1956) ainsi que Patrick naît prématurément et mort deux jours plus tard (1963) reposent au cimetière National d'Arlington, dans la balnlieue de Washington D.C, auprès du couple.

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John Fitzgerald Kennedy a marqué l'histoire du pays par sa gestion de la crise des missiles de Cuba, son autorisation du débarquement de la baie des Cochons, son engagement dans le cadre de la course à l'espace, son opposition à la construction du mur de Berlin et enfin sa politique d'égalité entre les personnes blanches et celles de couleurs. Il aurait eu 100 ans en mai 2017.

Reportage de Jacques Cardoze, Régis Massini, Louise Dewast et Arielle Monange

Les recherches sur le suicide en plein boom depuis la sortie de "13 Reasons Why"

La série très controversée 13 Reasons Why aurait entraîné une augmentation des recherches sur le suicide sur Google depuis sa diffusion sur Netflix. 

"Comment mettre fin à ses jours ?" Depuis la sortie de la série télévisée 13 Reasons Why (13 Raisons Pourquoi en français) sur Netflix, - dont l'héroïne raconte, à travers des cassettes audio, comment et pour quels motifs elle s'est donnée la mort - les recherches sur les manières de s'enlever la vie ont augmenté de 26% sur Google.

Une étude publiée le lundi 31 juillet, dans le Journal of the American Medical Association, Internal Medicine dévoile un constat alarmant : durant les 19 jours qui ont suivi la diffusion de la série, les recherches sur le net incluant les mots clés "se suicider" ont augmenté de 19%, soit 900 000 à 1,5 million d'intérêts de plus que d'ordinaire. Si l'expression "Comment mettre fin à ses jours" a connu une hausse de 9%, la formule "Comment se suicider" bat tous les records avec un bond de 26%.

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Estimations des renseignements sur le suicide entre le 31 mars et 18 avril 2017.

Dans la présentation de son étude, l'équipe de chercheurs explique n'avoir conservé que les données engendrées entre le 31 mars, premier jour de diffusion, et le 18 avril : "La date de fin a été choisie dans le but de précéder le suicide du joueur de football américain Aaron Hernandez le 19 avril 2017, de sorte que nos estimations ne soient pas erronées".

Quand la réalité rattrape la fiction 

Dès sa sortie, la série avait rencontré un énorme succès auprès des moins de 18 ans. Ses détracteurs l'avaient accusé de glorifier et de banaliser le suicide à l'égard des adolescents. Toutefois, les chercheurs n'ont pas pu confirmer si ces derniers étaient à l'origine de l'augmentation des recherches sur internet, ni de démontrer une hausse des suicides depuis la diffusion des épisodes. Les supporters de la série soutenaient quant à eux qu'elle aurait mis la lumière sur l'intimidation et le harcèlement sexuel, fléaux au sein des établissements scolaires.

Des incidents ont cependant laissé croire que 13 Reasons Why aurait eu une influence négative sur certains jeunes. En juin dernier, Franco Alonso Lazo Medrano, un Péruvien de 23 ans, s'était défenestré depuis le quatrième étage de son immeuble. Un chagrin d'amour avait motivé le jeune homme à mettre fin à ses jours. La police avait alors découvert deux lettres dans son  appartement, l'une adressée à une certaine Claudia dont il était amoureux ; l'autre contenait des instructions et des noms de personnes pour lesquelles des cassettes audio avaient été préalablement enregistrées.

Yelen BONHOMME-ALLARD


John Kelly, celui qui va (peut-être) remettre de l'ordre à la Maison-Blanche

Donald Trump a nommé, vendredi dernier, John Kelly au poste de secrétaire général de la Maison-Blanche. L'ancien ministre à la Sécurité intérieure remplace Reince Priebus limogé quelques jours auparavant par le président. Dès sa prise de fonctions, John Kelly, ancien général dans la Marine de 67 ans, a montré sa volonté de mettre de l'ordre au sein de la Maison-Blanche. 

Le feuilleton politique continue dans le Bureau Ovale. Dès sa prise de fonctions, le nouveau secrétaire général de Trump a démontré qu'il savait gérer la situation en obtenant le renvoi d'Anthony Scaramucci. Le sulfureux ex-nouveau directeur de la communication de la Maison-Blanche n'aura survécu que 10 jours au sein de l'administration de Trump.

Le renvoi de Scaramucci, première décision majeure de Kelly

Anthony Scaramucci avait choqué l'opinion publique jeudi dernier, avec la publication dans le New Yorker d'une retranscription de sa conversation avec un journaliste du magazine, Ryan Lizza, dans laquelle il n'hésitait pas à s'en prendre aux collaborateurs du président américain. Il a ainsi traité au passage Reince Priebus de "paranoïaque schizophrène" et insulté Steve Bannon (conseiller de Trump) dans un langage d'une rare vulgarité.

En obtenant le renvoi de Scaramucci comme première décision majeure, l'ancien général semble vouloir démontrer être le seul à pouvoir mettre de l'ordre à la Maison-Blanche. Selon l'analyse du New Yorker, John Kelly a su gagner la confiance du milliardaire républicain durant son bref mandat comme ministre de la Sécurité intérieure, en le persuadant par exemple d'utiliser des moyens technologiques de surveillance plutôt que de construire un mur à la frontière avec le Mexique.

"Nous venons de faire prêter serment au général Kelly. Il fera un travail spectaculaire, je n'ai aucun doute, en tant que secrétaire général", a déclaré le président à l'issue de la prestation de serment. "Ce qu'il a accompli en matière de sécurité intérieure a brisé les records, si vous regardez la frontière, si vous regardez les résultats extraordinaires que nous avons obtenus", a-t-il ajouté.

Une position précaire selon les analystes  

Jusqu'à présent, John Kelly incarnait avant tout la politique migratoire renforcée, voulue par le président républicain. Il a travaillé sur de nombreux sujets emblématiques, comme la lutte contre les clandestins, le projet d'interdiction d'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de six pays à majorité musulmane et l'engagement à construire un mur le long de la frontière avec le Mexique.

Plusieurs observateurs croient que toutefois que le nouveau secrétaire général n'est pas à l'abri d'un échec. "Kelly, un général à la retraite, n'a pas les compétences nécessaires pour cette position de pouvoir, qui est un poste politique et non pas une position de direction et de commandement", explique le journaliste Albert R. Hunt dans le Chicago Tribune

Aliénor Vinçotte