La nouvelle loi électorale qui isole le mouvement 5 étoiles

Le vote, hier à la Chambre, de la réforme de la loi électorale pourrait mettre fin à des semaines de débats et confrontations entre partis. Il ne lui reste plus désormais qu’à passer au Sénat, assurée d’être adoptée fin octobre. L’enjeu : favoriser les coalitions pour mettre fin à l’instabilité politique, à quelques mois des élections législatives du printemps.

Les fervents défenseurs de la « Rosatellum » (du nom du chef du groupe parlementaire du Parti démocrate Ettore Rosato) ne cachaient pas leur satisfaction. Ses deux principaux promoteurs : le PD (Parti Démocrate) de l’ancien président du Conseil Matteo Renzi et Forza Italia, parti de Silvio Berlusconi. S’y ajoute le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, la Ligue du Nord. Cette loi est selon eux une des clés pour plus de stabilité politique.
Son adversaire le plus féroce : le Mouvement 5 étoiles et son ex leader Grillo, ainsi que l’extrême gauche. Les manifestations devant le Parlement et protestations de ces trois derniers jours n’ont pas suffi à empêcher le vote. Parmi les critiques du mouvement : la décision du gouvernement de Paolo Gentiloni de faire adopter la loi par le biais d’une motion de confiance, évitant ainsi qu’elle soit rejetée ou amendée. Une méthode qualifiée de « fasciste » par le parti. Sur son blog, le fondateur du M5S, Beppe Grillo, affirme que la nouvelle législation a été voulue et préparée par « les magouilleurs qui veulent garder leur place ».
Contrairement au système actuel, la réforme autorisera la formation de larges coalitions avant une élection. Or le M5S, actuellement en tête dans les sondages, a toujours refusé d’appartenir à des alliances.
Dans le cadre de ce texte, 36% des sièges (de la Chambre des députés comme du Sénat) seront attribués selon un scrutin majoritaire uninominale et 64% le seront selon un scrutin proportionnel. Les grandes lignes sont claires : favoriser les coalitions et garantir la présence au Parlement des petits partis, avec un seuil minimal de 3 %.

Un enjeu politique de taille à quelques mois des élections

Les sondages placent le Parti démocrate (PD) et le M5S, dirigé par le jeune Luigi Di Maio, 31 ans, au coude-à-coude en tête des intentions de vote aux élections législatives programmées le 4 mars 2018.
Mais si le PD avait la possibilité de s’allier en amont d’une élection avec de plus petites formations du centre et de la gauche, il dépasserait très probablement le M5S.
A droite, la nouvelle loi pourrait également profiter à Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et à la Ligue du Nord. Les enquêtes d’opinion montrent que les deux formations seraient en mesure de remporter les élections en cas d’alliance.
Pas de doute pour Danilo Toninelli, un élu du mouvement antisystème : « le seul objectif de cette loi est de permettre aux autres de se liguer contre nous ».

Publié par François Beaudonnet / Catégories : Non classé

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  • Ferruccio Cittadini

    Ce qui échappe à la presse étrangère (à l'Italie) est que, ni l'alliance de droite, ni l'alliance de gauche, ne pourront atteindre le 50% des sièges.
    Conséquence logique: une alliance après élections entre les plus grands groupes de chaque alliance (Renzi + Belusconi + "buissons" divers avec leur pouvoir de chantage), pour former une alliance qui n'a pas participé aux élections et donc sans un programme voté par les italiens. Et on continuera avec une politique des "places à prendre" et pas une politique pour le peuple.
    PS: techniquement aussi, il s'agit d'une loi effrayante, où on vote pour quelqu'un et on donne un vote à quelqu'un d'autre.