L'Italie aujourd'hui : Les fêtes locales sur le gril des abus

© Andrea MEROLA/ANSA®

On les appelle les « Sagre » : des fêtes populaires, organisées autour d’un produit typique, du vin, du fromage, de la charcuterie, et avec parfois une connotation religieuse. Mais nombre d'entre elles font preuve d’abus commercial, comme le révèle aujourd’hui une enquête de la fédération italienne des professionnels du tourisme et de la restauration (Fipe).

Au total, 42 000 sagre sont organisées chaque année en Italie. Pour un chiffre d’affaires qui dépasse les 5 milliards d’euros par an (et pèse pour 1,8 milliard d’euros dans le PIB). Mais les abus sont nombreux, dénoncés dans une enquête de la fédération italienne des professionnels du tourisme et de la restauration (Fipe) publiée aujourd'hui.

En premier lieu, beaucoup de sagra n’ont aucun lien avec des produits typiques. Pire, elles utilisent, à tort, des appellations d’origines contrôlées (Dop et IGP). « Dans certains plats, on retrouve des produits à l’origine douteuse, ou entièrement déconnectés des produits qui font l’excellence du territoire » » souligne Luciano Sbraga, directeur du centre de recherche de la Fipe. Une vraie arnaque pour les consommateurs.

A côté, fleurissent également de « faux » restaurants, tourisme rural, centres culturels et sportifs ne respectant pas la loi.

La cause ? Il n’existe aucune réglementation nationale qui uniformise les conditions d’exercice des sagre. L’unique condition à respecter : la demande d'ouverture d'une sagra doit être faite par l’office du tourisme, avec l’objectif de promouvoir et de développer le territoire, en échange d'allègements fiscaux.

Aucun contrôle sanitaire

 

« La prolifération incontrôlée de ces fausses sagre a un impact important sur la trésorerie et sur tous les bars et restaurants alentours qui sont eux, dans la légalité » soulève Luciano Sbraga, directeur du centre de recherche de la Fipe. La perte de bénéfice pour ces derniers est estimée à 710 millions d’euros.

Enfin, par cette chaleur, les aliments sont soumis à aucun contrôle sanitaire. « Les produits proposés ne sont pas contrôlés. La majeure partie des sagre ne sont pas en règles en matière d'hygiène mais aussi de droit du travail. Beaucoup de personnes sont de simples bénévoles, qui ne mesurent pas les risques qu’ils courent. »

La seule initiative pour tenter de réglementer les sagre vient de la région Lombardie. En avril 2016, elle a promu une loi dédiée au commerce sur les aires publiques et a établi une liste pour reconnaître les sagre authentiques. Elle a également mis en place un calendrier annuel des manifestations avec des amendes pour qui organise une sagra sans y être inscrit.

Publié par François Beaudonnet / Catégories : Non classé

A lire aussi

  • Aucun article