Débat d'urgence au Parlement européen sur la crise catalane

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Alors que la crise catalane se cristallise entre le gouvernement de Madrid et le président catalan Carles Puigdemont, les députés européens réunis à Strasbourg doivent débattre de la situation en Catalogne ce mercredi 4 octobre.

Dès lundi, la question catalane s’est imposée dans les débats entre les eurodéputés. Plusieurs élus de gauche ou écologistes ont dénoncé « la brutalité et les violences policières », lors du référendum dimanche. Cette crise « bien plus que le Brexit, menace, peut mettre à mal l’esprit même de l’intégration européenne » a scandé Philippe Lamberts, président des Verts au Parlement européen. D’autres parlementaires ont appelé à « une médiation internationale » avec « l’implication européenne ».

Un député espagnol du parti Populaire (PPE), de Mariano Rajoy, a quant à lui estimé que l’Espagne n’a « pas besoin de tutelle », ni « de médiateur ». « Si aujourd’hui vous laissez la Catalogne briser l’unité de l’Espagne, cela déclenchera un effet domino sur tout le continent. Au lieu d’une Europe à 27, nous aurons une non-Europe de mini-Etats », a-t-il ajouté.

La décision du Parlement européen de bousculer son ordre du jour et d’ajouter au dernier moment un débat sur la question catalane, est intervenue alors que la Commission européenne est accusée d’être restée trop longtemps silencieuse face à la crise catalane.

Dans son intervention devant les eurodéputés à Strasbourg, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a réaffirmé l’illégalité du référendum d’autodétermination de dimanche.

« Le gouvernement régional de Catalogne a décidé d’ignorer la loi en organisant le référendum ». Or, « si la loi, le droit, ne vous offre pas ce que vous souhaitez, vous pouvez vous opposer à la loi, vous pouvez travailler pour modifier la loi, mais vous n’êtes pas en droit de l’ignorer » a-t-il lancé à l’égard des autorités de Barcelone. Au sujet des violences policières, le vice-président de la Commission a déclaré que « la tâche de respecter et défendre l’Etat de droit pouvait « parfois nécessiter un usage proportionné de la force », tout en ajoutant que « la violence ne résout rien en politique ».

Chez les parlementaires, les chefs de file des trois principaux groupes politiques se sont montrés particulièrement critiques vis-à-vis d’une éventuelle déclaration d’indépendance. « Je ne pense pas qu’il soit dans l’intérêt de vos concitoyens de poursuivre dans ce séparatisme à tout prix », a ainsi jugé le libéral Guy Verhofstadt, à l’attention des séparatistes catalans.

Mais mercredi soir, le dirigeant de la Catalogne Carles Puigdemont a surenchéri dans le duel avec Madrid en déclarant que le roi Felipe VI a « délibérément ignoré des millions de Catalans », en réponse à son discours de fermeté. De son côté, Madrid a officiellement rejeté l’éventualité d’une médiation venue de l’extérieur, tant que le président régional catalan ne retirerait pas « sa menace de rupture ».

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