« 3% », la série d’anticipation brésilienne qui flirte avec une sombre réalité

La première série brésilienne de Netflix décrit un futur dans lequel 3% de la population vit dans le luxe et l’opulence, mis à l’écart des 97% les plus pauvres. Une fiction aux frontières du réel ?

« Le monde est divisé en deux cotés, l’un abondant, l’autre aux ressources très limitées. Entre les deux, repose un processus de sélection ». Voici le message qui apparait lors des toutes premières secondes du premier épisode de « 3% ». Dans un futur dit dystopique (c’est à dire que contrairement à l’utopie, la société imaginée est invivable et ne doit surtout pas être prise en modèle), seul 3% des jeunes âgées de 20 ans auront accès à l’île « Le Large », un monde parfait et abondant. A travers une série de tests de logique, d’effort et d’intellect, ils tenteront de quitter leur milieu de pauvreté extrême afin de rejoindre les 3% de la population qui vivent à l’écart, dans une société parfaite où rien ne manque.

La réalité d'un monde actuel ?

Lancée le 25 novembre dernier sur Netflix, cette série 100% brésilienne réalisée par César Charonne (le réalisateur de La Cité de Dieu), fait déjà un tabac au Brésil. Car « 3% » appelle le public à se questionner sur son monde actuel. « Je pense que ça correspond bien à notre vision de la politique et de la société dans laquelle nous vivons. » observe sur le site O Globo Pedro Aguilera, le scénariste et producteur de la série. Et d’ajouter : « le thème de la méritocratie est typique de nos société et va encore l’être pendant des décennies ».

Dans « 3% », le spectateur fera rapidement le parallèle avec l’immigration, les classes favorisées, mais encore la justice, l’entraide… Des thématiques qui résonnent au Brésil : le pays est considéré comme ayant l’un des plus forts taux d’inégalité de revenus de la planète. En 2015, l’Institut brésilien de géographie et de statistique révélait que 10% des plus pauvres gagnaient un revenu mensuel de 72 euros, alors que les 10% les plus riches obtenaient un revenu moyen de 2000 euros. Le Correiro Braziliense lance même un appel à son lectorat l'incitant à regarder la série, notamment parce qu’elle « représente la diversité de la population brésilienne » et qu’elle « relate une réalité extrême, basée sur une situation actuelle ».

Le public brésilien conquis et un succès international

Pas facile en tant que série Netflix, de se faire une place parmi les nombreuses télé-novelas dont le public brésilien est friand. Certains médias critiquent également une réalisation jugée un peu bancale à certains moments. Mais la série surnommée le « Hunger Games brésilien » semble ravir le public brésilien.

Tweet d'une fan sur le compte officiel de la série : Attention : La deuxième saison de 3% a été annoncée! Et nous, qu'est ce que ça nous fait ?

Un succès qui résonne même à l’international, comme aux Etats-Unis, où le très célèbre site de critique de cinéma IndieWire s’avoue « surpris » et « impressionné » par cette première saison.

Entre conspirations, mensonges et pauvreté urbaine, « 3% » n’a pas finit d’interroger la société actuelle brésilienne. La série est prometteuse, Netflix a d’ailleurs confirmé qu’une deuxième saison était en route.

Marlène Haberard pour Fanny Lothaire.

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  • pmespace

    Je suppose que c'est à raison que ce sont "Des thématiques qui RESONNENT au Brésil...".
    Attention, le Canard Enchaîné risque de vous épingler là.