G20 : après les « jours de chaos », la polémique ne s’éteint pas [Revue de presse 10/07]

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Deux jours après la fin du G20, la presse allemande consacre encore une large couverture à la polémique sur la gestion de sécurité en marge du sommet. Pourquoi les incidents ont-ils été si graves ? Pourquoi les policiers ont semblé débordés ? Qui sont les casseurs et comment ont-ils pu agir impunément ? La Bild de ce matin met à la une les photos de plusieurs d’entre eux et invite ses lecteurs à contacter la police s’ils ont des informations qui permettraient de les arrêter. Le journal affiche sans détour son soutien aux forces de l’ordre en y consacrant une page entière sous le titre « Merci la police ». Un commissaire de police précise que ses hommes ont été sur le pont de « jeudi 14h à Dimanche, 3h du matin. Durant tout ce temps, nous avons dormi que six heures ». Hambourg est la ville « avec la scène d’extrême gauche la plus violente d’Allemagne », écrit la Bild. Le représentant d’un syndicat de policiers explique au quotidien populaire: « nous avions prévenu et déconseillé d’organiser le G20 à Hambourg. Olaf Schulz [maire de Hambourg] a clairement dit à la chancelière Angela Merkel en 2016 que les risques étaient trop élevés à causes de la situation à Hambourg ». Le maire de la ville assurait pourtant récemment au Tagespiegel qu’il « pourrait en assurer la sécurité ». Le chef de la police de Hambourg, Ralf-Marin Meyer, a en effet annoncé que le temps de réaction des 20 000 policiers présents dans la ville était de moins d’une minute. Cela n’a pas empêché les émeutes et la casse, et ce bilan: 476 policiers blessés et plus de 200 arrestations.

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Dès hier matin, des habitants de Hambourg sont sortis de chez eux avec des seaux et des balais pour nettoyer les rues. Et leur colère envers les autorités est grande, à l’image de cette inscription sur une vitrine : « Merci Olaf pour ces trois jours vécus dans la peur, quand est-ce que tu démissionne ? ». Le maire de la ville a avoué que tout ne s’était pas passé « comme prévu » et promet de réparer aussitôt que possible les dommages causés par les manifestants. La Süddeutsche Zeitung pointe alors du doigt l’échec des manifestants : « au lieu de parler de la raison pour laquelle ils ont manifesté, l’attention est focalisée sur les dégâts qu’ils ont causés ». Die Tageszeitung ajoute : « En remerciant les policiers et en promettant d’indemniser les résidents de Hambourg dont les biens ont été endommagés, la chancelière Merkel a marqué des points, même parmi ceux qui ont critiqué à la fois le sommet et l’opération de police. La chancelière peut remercier la foule criminelle de ce week-end, qui ui a donné l’occasion de faire oublier le vide flagrant du sommet ».

Bonne journée.

Toute l'équipe du bureau de Berlin.

Publié par Amaury Guibert / Catégories : Non classé

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