Pertes records dans l’énergie allemande, avant l’éclaircie [Revue de presse 15/03]

Guten Morgen ! Bonjour ! 

Le géant allemand de l’énergie EON a annoncé ce matin une perte de 8,45 milliards d’euros en 2016. Un record, après une année 2015 déjà noire qui avait vu le groupe perdre 7 milliards d’euros. EON est en pleine restructuration, avec la séparation de ses activités fossiles et la dépréciation massive d’actifs. Mais l’entreprise veut réussir le tournant de la transition énergétique, et « se libérer des charges du passé », comme l’a expliqué son patron Johannes Thyssen. Et ses lourdes pertes annoncent peut-être des jours meilleurs: le bénéfice net devrait progresser cet année, et un petit dividende pourrait même être versé aux actionnaires. RWE, qui possédait le plus gros parc à charbon d’Europe, est dans la même dynamique. Après avoir opté pour la même stratégie et déprécié ses actifs liés aux énergies fossiles, le groupe s’attend à faire plus de un milliard d’euros de bénéfice net cette année. La transition énergétique a été violente pour ces géants de l’énergie, mais ils voient peut-être aujourd’hui le bout du tunnel.

Un nazi notoire, sauf pour la justice et la police

Le tribunal de Bautzen (est) vient de rendre un jugement pour le moins étonnant… Jugé pour avoir tirer sur un foyer de réfugiés avec un pistolet d’alarme, le dénommé Robert S. n’a écopé que de six mois de prison avec sursis, mais surtout les magistrats n’ont pas retenu le mobile xénophobe. Dans le rapport de police qui a été soumis au tribunal, et dont rend compte le Tagespiegel ce matin, les enquêteurs écrivent: « Le prévenu est connu des services. Les renseignements ne font pas apparaître dans le passé de délits commis sur des motifs politiques ». Pourtant, le même quotidien et la chaîne régionale MDR avaient publié en janvier une enquête montrant très clairement que le même Robert S. faisait partie de la scène néo-nazie locale, décrivant Bautzen ainsi: « quartier nazi, notre ville, nos règles ». Et en mars 2016 il avait publié une vidéo sur Facebook dans laquelle on voyait un chauffeur de bus et l’on entendait ce commentaire: « tous les étrangers à bord, nous allons à Auschwitz ». Et cela, les juges du tribunal de Bautzen, comme les policiers locaux, ne pouvaient l’ignorer car une enquête est ouverte depuis janvier.

Un fan de foot + une plaque d’immatriculation = une folie typiquement allemande 

Il pensait avoir touché le Graal. Enfin le Graal pour un fan de foot et de voiture. Norbert adore le club de Hamburg et avait réussi à obtenir LA plaque d’immatriculation que tous les ultras du HSV rêvent d’obtenir: HH-SV 1887, 1887 étant l’année de création du club. Il est en effet possible en Allemagne de demander des lettres et numéros spécifiques lorsqu’on achète une nouvelle voiture. Sauf que l’administration veut aujourd’hui lui reprendre cette plaque qui avait été à l’origine attribuée pour la voiture de sa fille. Lui habitant dans la région voisine du Schleswig-Holstein, sa voiture ne peut être immatriculée à Hambourg… Ce « drame » fait l’objet d’une demi-page dans la Bild de ce matin. Le quotidien explique que l’administration a toutefois décidé de bloquer l’attribution du numéro « HH SV 1887 » pour plusieurs années. La folie entourant cette plaque mythique, enfin surtout pour les fans du HSV, semble en effet hors de contrôle, certains n’hésitant pas à proposer des sommes folles à l’administration, jusqu’à 10.000 euros, pour l’obtenir. 

Bonne journée !

Toute l'équipe du bureau de Berlin.

Publié par Amaury Guibert / Catégories : Non classé

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